Le khiyar : les options d'annulation dans la vente

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Se rétracter ou retourner la marchandise : le khiyar de la séance, du défaut, de la description et de la condition, avec leurs preuves.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Les options dans la vente

Les khuyar sont des droits d'annuler ou de confirmer une vente conclue. La base coranique est le consentement mutuel : « ne consommez pas vos biens entre vous avec injustice, sauf si c'est un commerce de commun accord » (sourate an-Nisa 29).

L'option de séance (khiyar al-majlis)

« Les deux parties restent libres tant qu'elles ne se sont pas séparées » (al-Bukhari 2079, Muslim 1532). Les écoles shafi'ite et hanbalite prennent la séparation des corps comme limite de l'option ; les hanafites et les malikites ne la retiennent pas, arguant du devoir général d'honorer les pactes (sourate al-Ma'ida 1) et d'autres textes généraux ; pour eux le hadith répond au cas d'une double vente dans une même séance.

L'option de condition (khiyar ash-shart)

Une ou les deux parties peuvent stipuler le droit d'annuler dans un délai connu. Les savants s'accordent sur sa validité dans les ventes sans riba : « quand tu achètes, dis : pas de tromperie ; et tu as le choix pendant trois nuits pour tout bien que tu achètes » (al-Bukhari 2117, Muslim 1533 ; Ibn Majah 2355). an-Nawawi tient le consensus pour la preuve la plus forte. Elle n'est pas permise dans l'échange des biens riba (sarf, nourriture contre nourriture), la séparation avant prise mutuelle y étant interdite, ni dans le salam pour la majorité des savants, contre les malikites qui admettent de le différer de trois jours.

L'option de vice (khiyar al-ayb)

L'acheteur qui découvre un vice ignoré, non accepté après information et non couvert par une clause de garantie, peut rendre le bien ou le garder. Les juristes définissent le vice comme une altération par rapport à l'état naturel (hanafites) ou tout attribut blâmable dont l'usage attend l'absence (al-Ghazali), le critère étant l'usage des marchands et des artisans, car le vice fait baisser le prix. Pour le maintien avec ristourne (arsh) : hanafites et shafi'ites n'admettent que le rendu ou le maintien sans ristourne, sauf accord du vendeur ; les malikites admettent le maintien avec réduction quand le vice pouvait être dissimulé et baisse notablement le prix ; Ibn Juzayy distingue le vice négligeable, celui compensable quand le bien périt, et celui qui emporte la restitution quand il est grave.

L'option de vue (khiyar ar-ru'ya)

Les hanafites et Ahmad (une version) donnent à l'acheteur d'un bien non vu une option à la première vue, même après avoir dit « j'accepte », et même si le bien correspond à la description. Les malikites et le madhhab hanbalite rendent la vente par description contraignante si le bien livré y correspond, sans option de vue sauf stipulation ; ash-Shafi'i (position de son école) invalide la vente du non vu, y voyant un gharar majeur, tandis que Malik admet le bien absent vendu par description quand la description le protège du changement.

L'option d'épreuve (khiyar at-tasriya)

Pour la bête laitière achetée pour la traite : malikites, madhhab hanbalite et un avis shafi'ite accordent trois jours d'épreuve ; les hanafites tiennent l'option immédiate seulement.

Note pratique

Entre l'option stipulée, l'option de vice et l'option de vue, l'acheteur n'est jamais lié à ce qui lui était caché : la loi de la vente protège la connaissance contre la hâte.

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