Fiqh islamique > Les transactions financières > Le najash et la tromperie commerciale
Enchérir sans intention d'acheter, cacher les défauts, truquer les prix : les pratiques commerciales interdites et les remèdes de l'acheteur.
Le najash consiste à surenchérir sans vouloir acheter, pour gonfler le prix ; les savants s'accordent sur son interdiction (al-Bukhari 2043, Muslim 1515). Hanafites, shafi'ites et hanbalites tiennent la vente conclue pour valide et contraignante, le péché retombant sur le najish ; les malikites et un avis hanbalite l'annulent, donnant priorité au droit d'Allah. La même logique interdit l'entente pour arrêter les enchères et le fait de vendre sur la vente de son frère (al-Bukhari 2042, Muslim 1413) : tout artifice sur le prix est une fraude contre la transparence du marché.
Sommaire :
Mis à jour le 07 octobre 2026
Le najash consiste à surenchérir sur une marchandise offerte sans vouloir l'acheter, pour tromper autrui et l'entraîner à monter le prix, ou à vanter le bien faussement, y compris par le vendeur lui-même. Les savants s'accordent sur l'interdiction : « ne pratiquez pas le najash » (al-Bukhari 2043, Muslim 1515 ; al-Bukhari 2094, Muslim 1516).
La vente conclue sur une telle enchère est-elle valide ? Hanafites, shafi'ites et madhhab hanbalite la tiennent pour valide et contraignante, le péché retombant sur le najish, l'interdiction protégeant le droit de l'acheteur, réparé par une option ou une baisse de prix.
Les malikites et un avis hanbalite annulent la vente, donnant priorité au droit d'Allah dans l'interdiction. Quant au remède de l'acheteur : les hanafites et l'avis shafi'ite le plus sûr ne lui donnent pas d'option, la tromperie portant sur le prix et non sur le bien ; à l'inverse de l'avis le plus sûr, les shafi'ites accordent l'option quand le vendeur a cautionné l'enchère ; les malikites donnent à l'acheteur averti le choix entre garder le bien au prix payé et le rendre à la valeur du jour, le najash étant assimilé à un vice ; les hanbalites accordent l'option quand le prix dépasse le cours habituel (ghabn hors coutume).
Le même chapitre interdit au sédentaire d'agir à la place du bédouin : le but est de protéger les habitants de la ville, selon Ibn Rushd, ou d'épargner l'ignorance des prix chez le bédouin (Ibn Qudama) : « laissez les gens, Allah fait vivre les uns par les autres » (Muslim 1522). Le simple conseil est discuté : Malik désapprouvait de lui révéler les prix ; les hanbalites admettent de le conseiller sans vendre pour lui, sur le geste de Talha envers le bédouin.
Enchères et marchés vivent de la transparence : tout artifice sur le prix (enchérisseur fictif, coalition, courtier partial) est la même fraude que le Prophète a condamnée.