Le prêt (qard) et la hawala

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Le prêt sans majoration : ses piliers et sunnas, la dette due, le transfert de dette (hawala) et ses conditions.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Le prêt (qard)

Le prêt consiste à céder un bien fongible contre la restitution de son semblable. Il est licite par le Livre, la Sunna et le consensus : « Celui qui dissipe une peine à un croyant, Allah dissipe une de ses peines au Jour de la Résurrection » (Muslim 2699) ; « Nul musulman qui prête deux fois à un musulman sans que ce soit comme une aumône » (Ibn Majah 2430) ; le Prophète avait emprunté une chamelle jeune et en a rendu une meilleure : « Le meilleur d'entre vous est le meilleur dans le remboursement » (Muslim 1600). Son essence est recommandée ; il devient obligatoire envers celui qui est dans la gêne (école shafi'ite), et refuser une demande de prêt n'est pas un péché (avis rapporté d'Ahmad). L'emprunteur doit pouvoir rendre et ne doit pas simuler la richesse ou la pauvreté.

Règles et limites

  • Prêter une esclave à qui peut avoir des relations avec elle : interdit pour la majorité (hanafites, malikites, shafi'ites, hanbalites), cela ouvrant une voie autour du mariage ; la prêter à celui pour qui elle est interdite (mahram) est admis par les malikites et les shafi'ites.
  • Prêter des avantages (une journée de travail, un logement) : non valide pour les écoles shafi'ite et hanbalite, n'étant pas conforme à l'usage ; Ibn Taymiyya l'admets avec contrepartie ; Ahmad tient le prêt valide en tout bien vendable sauf les esclaves.
  • La restitution : le semblable de ce qui a été pris ; prêter du pain est valide par la pratique constante des villes.

L'augmentation

Les savants s'accordent que si le prêteur stipule une augmentation, un cadeau ou un avantage quelconque (logement, monture, travail), le percevoir est du riba : c'est un contrat dans un contrat (interdiction du « vente et prêt combinés » rapportée par Abu Dawud 3503). Une augmentation non stipulée, versée en beau remboursement, est admise par la majorité (hanafites, shafi'ites, hanbalites), sur le modèle prophétique ; les malikites admettent l'augmentation en qualité mais pas en quantité, sauf terme écoulé. Certains savants déconseillaient de prêter à celui qui a la réputation de rembourser mieux, pour que le prêteur n'en espère rien.

La hawala (transfert de dette)

La hawala fait passer une dette d'une responsabilité à une autre : le délégant transfère au créancier la charge d'un tiers débiteur. Elle est licite par consensus (Ibn Qudama, an-Nawawi, az-Zarkashi), comme allègement quand une personne doit une dette et en détient une : recouvrer et payer en deux lieux est pénible, aussi le transfert fut-il permis. Sa nature est discutée : vente d'une dette contre une dette (Ibn Rushd), recouvrement d'un droit (an-Nawawi), ou contrat indépendant de transfert, l'avis hanbalite le plus sûr. Une fois accomplie, le délégant est libéré : pour la majorité (malikites, shafi'ites, hanbalites), le créancier ne s'y retourne jamais contre lui ; les hanafites admettent le retour si le délégataire meurt ou est déclaré en faillite, la dette retournant à son siège d'origine, et ils vérifient la solvabilité avant le transfert, le créancier qui ignore une insolvabilité connue portant sa propre négligence.

Note pratique

Le prêt sans augmentation et la hawala forment le versant humanitaire de la finance islamique : prêter sans rien attendre de stipulé, et faire voyager une dette vers qui peut réellement la payer.

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