Fiqh islamique > Les transactions financières > Le sarf : le change de monnaies
Échanger de l'or contre de l'or, une devise contre une autre : les règles du change, l'obligation de la séance et l'application aux devises modernes.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Le sarf est l'échange des monnaies riba, l'or et l'argent. Même nature : équivalent contre équivalent, main dans la main. Natures différentes : le surplus est admis, le différé interdit. Malik ibn Aws vint trouver Talha ibn Ubayd Allah pour échanger des dirhams ; Talha proposa de payer plus tard ; Umar objecta : « par Allah, ou tu lui donnes son argent immédiatement, ou tu lui rends son or : le Prophète a dit : l'argent contre l'or est du riba, sauf main dans la main... » (Muslim 1586).
L'or contre l'or, l'argent contre l'argent, le blé contre le blé, l'orge contre l'orge, les dattes contre les dattes, le sel contre le sel : équivalent contre équivalent, main dans la main ; celui qui donne plus ou prend plus fait du riba.al-Bukhari 2177, Muslim 1584
Ibn al-Mundir rapporte que tous les savants s'accordent : le change est invalide si les parties se séparent avant la prise mutuelle ; Abu Hanifa seul admet la séparation avant la prise, les hanafites exigeant la prise simultanée à mains nues ; les malikites exigent une même séance et un même instant (« hāʾ et hāʾ »). Mandataire et appel derrière un mur ne valent pas pour le sarf, la prise étant de l'essence du contrat, à la différence de la vente ordinaire.
Pourquoi le riba de surplus court-il sur l'or et l'argent ? Malik, ash-Shafi'i et Ahmad (une version) répondent : parce qu'ils sont les prix des choses, l'étalon universel de la valeur ; Abu Hanifa et Ahmad (l'autre version) disent : parce qu'ils sont pesés. Ibn al-Qayyim préfère la première réponse : la monnaie doit garder une fonction unique d'évaluation ; si la monnaie devient marchandise échangée pour profit, les affaires des gens se corrompent et l'injustice s'étend. C'est pourquoi le flous (monnaie de cuivre) ne suit pas la même règle selon la majorité (madhhab shafi'ite, un avis hanbalite, les hanafites hormis Muhammad) : surplus et différé y sont admis, même quand il circule largement ; Malik se méfiait du flous différé contre l'or et l'argent.
Monnaie frappée et or brut sont égaux : « son brut et son monnayé sont égaux » (Abu Dawud 3349, an-Nasa'i 4563). Le bon et le mauvais sont égaux, comme les dattes de Khaybar : « ne le fais pas ; vends le mélange, puis achète le bon » (al-Bukhari 2202, Muslim 1593). L'orfèvre qui vendait son ouvrage au-dessus du poids de son or fut contredit par Abdullah ibn Umar ; Mu'awiya le fut de même par Umar pour un vase d'or vendu au-dessus de son poids.
Pour tout change de monnaies moderne : même devise, même montant, même instant ; devises différentes, montant libre, même instant. La règle n'a pas vieilli.