Les dettes : délai, rééchelonnement et remise

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Quand le débiteur ne peut pas payer : l'ordre coranique du délai, la remise recommandée, l'insolvabilité et la dette qui accompagne jusqu'à l'au-delà.

Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55

Le verset règle l'insolvable : « et si [le débiteur] est dans la difficulté, accordez-lui un délai jusqu'à l'aisance ; et que vous remettiez la dette est meilleur pour vous, si vous saviez » (sourate al-Baqara 280).

Les trois niveaux de bienfaisance

Celui qui accorde un délai à un endetté ou remet la dette, Allah le met à Son ombre.Muslim 1563
  • Le délai (muhla) : un droit du débiteur en difficulté ; refuser le délai à l'insolvable est une injustice signalée par le verset.
  • Le rééchelonnement : restructurer la dette en échéances adaptées aux capacités, par écrit ; l'AAOIFI lui a consacré sa norme n° 3 « le débiteur qui retarde » (al-madin al-mu'attir), qui distingue l'insolvable véritable du retardeur capable de payer et organise le traitement de chaque cas, jusqu'à la vente du gage si la dette ne peut être résorbée autrement.
  • La pénalité de retard, jamais un profit : la norme n° 8 (Murabaha) de l'AAOIFI impose de verser toute compensation de retard en charité, sans l'intégrer aux revenus du créancier : on peut dissuader le retard, on n'en tire jamais un gain.
  • La remise (al-ibra') : pardonner tout ou partie : « le meilleur pour vous » ; le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) a pardonné des dettes entières à ses compagnons et donnait du sursis à qui vivait dans l'aisance.

Les droits et devoirs du débiteur

  • L'honnêteté sur sa situation : ne pas simuler l'insolvabilité pour échapper ; payer les capacités disponibles.
  • La priorité des dettes : les dettes se règlent avant les dépenses superflues ; la zakat du débiteur se calcule net de dettes (voir sa page) ; les dettes envers Allah (zakat, kaffaras) se règlent aussi.
  • La retenue de l'âme endettée : « l'âme du croyant est suspendue à sa dette jusqu'à ce qu'elle soit acquittée » (at-Tirmidhi 1078) : le Prophète demandait refuge contre le péché et la dette ; l'endettement gratuit est déconseillé, le remboursement est un pacte sacré (sourate al-Isra 34 : « le pacte sera interrogé »).
  • La dette d'argent illicite (jeu, intérêts) : l'engagement honnête de restitution ; l'argent d'intérêt reçu : purifié en charité (voir la page banque).

L'insolvabilité déclarée et l'après

  • Les procédures civiles (saisines, plans de redressement) : le musulman les utilise honnêtement ; ne pas fuir le créancier, communiquer, proposer : c'est la sunna du paiement (le Prophète dépassait les échéances par générosité, jamais par fuite).
  • La mort endetté : les dettes précèdent les héritages (voir la page dettes et funérailles) ; le Prophète priait sur l'endetté dont quelqu'un s'était porté garant (al-Bukhari 2331) : régler la dette du parent est une des meilleures œuvres en son nom.
  • La dette envers Allah (jeûnes, zakat, kaffaras) : rattrapable ou substituable selon les règles ; les héritiers ou un substitué l'accomplissent.

Note pratique

La méthode d'apurement : lister toutes les dettes (montant, créancier, urgence), payer le minimum vital d'abord (logement, nourriture), rééchelonner par écrit le reste, et donner la remise quand on est le créancier : c'est l'éthique coranique complète de la dette.

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