Les intérêts bancaires et la banque islamique
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Les intérêts bancaires et la banque islamique
Compte courant, épargne rémunérée, crédit : que faire des intérêts bancaires au quotidien, comment les traiter, et ce qu'offre la banque islamique.
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Le compte bancaire moderne mélange service licite (dépôt, transfert, carte) et mécanismes d'intérêt. Le fiqh contemporain a dégagé une méthode quotidienne claire, appuyée sur des verdicts académiques et des normes bancaires nommées.
Le compte courant : licite avec règles
- Le dépôt : le compte courant (non rémunéré) est licite, traité comme un prêt au service du dépôt (la banque utilise la trésorerie) ; les juristes admettent la banque moderne comme un cas de usage courant (urf) sous conditions de destination des fonds.
- Les intérêts versés par la banque (livret, découvert créditeur) : illicites comme revenus ; la méthode approuvée des savants : les verser intégralement à la charité sans intention de récompense (purification, pas sadaqa), sans les réintroduire dans son patrimoine.
- Les frais bancaires : licites pour services réels ; les frais de découvert à taux d'intérêt : à éviter, le découvert étant un prêt à intérêt.
Le crédit bancaire classique
Allah a maudit celui qui consomme le riba, celui qui le paie, ses deux témoins et son rédacteur.Muslim 1598
- La qualification académique : l'Académie internationale du fiqh islamique (OCI), résolution n° 10 (10/2) (2e session, Djeddah, 1985), déclare que tout surplus stipulé sur le principal d'un prêt est du riba interdit, quelle que soit sa destination (consommation ou production), et que le prêteur soit un particulier, une banque ou un État.
- Le prêt à intérêt est donc interdit dans ses deux bouts (emprunteur et prêteur) selon la majorité des savants ; les académies orientent vers les alternatives (voir murabaha, ijara).
- L'emprunt d'urgence sans alternative : la nécessité peut délier selon certains savants (règle de la darura), avec l'obligation d'en sortir vite ; c'est un cas par cas savant, jamais un confort.
La banque islamique
- Les normes qui la cadrent : l'AAOIFI a codifié les produits de la finance islamique dans ses normes de Charia : n° 8 (Murabaha), n° 9 (Ijara et ijara muntahia bi-t-tamlik), n° 12 (Sharika et sociétés modernes), n° 13 (Mudaraba), complétées par la norme n° 17 (soukuk d'investissement).
- Ses produits : murabaha, ijara, moudaraba, mouchaaraka, soukuk : tous fondés sur des actifs et le partage du risque (voir les pages correspondantes).
- L'institution pionnière : la Banque islamique de développement, créée par l'OCI et établie à Djeddah en 1975, a montré la viabilité d'une finance sans riba à l'échelle multilatérale.
- Ses dépôts : compte courant sans intérêt, compte d'investissement à partage de profits/pertes (mudaraba) : conforme quand le comité charia est réel.
- Ses limites honnêtes : les critiques des savants portent sur la conformité formelle de certains produits ; choisir des institutions avec comité charia indépendant et rapports d'audit religieux publiés.
Note pratique
Méthode quotidienne en zone non islamique : compte courant sans livret, virements et carte pour les services, aucun crédit à intérêt (ou urgence encadrée), intérêts éventuels versés à la charité, et épargne productive conforme dès que possible.