Fiqh islamique > Les waqfs et la propriété > La location des biens de waqf
Frapper le waqf de revenus : les baux de longue durée, la location au devant (hikr), les règles des loyers et leur affectation.
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Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
La location du bien waqf est licite par accord, et le droit d'autoriser revient au gérant (nazar), nommé par le fondateur ou installé par le juge. Le bénéficiaire désigné ne détient que sa jouissance gratuite : les hanafites lui refusent la location, sauf clause du fondateur ou permission du juge ; les shafi'ites lui laissent louer sa part de jouissance en l'absence de gérant ; les malikites refusent la location d'un waqf fait à une personne précise pour sa jouissance personnelle.
Accord : il n'est pas permis de louer le waqf au-dessous du loyer du semblable sans nécessité. Les conséquences se séparent : hanafites valident le contrat et font payer au locataire le complément jusqu'au loyer du semblable ; malikites font garantir au gérant la différence, ou révoquent au profit d'un second preneur offrant mieux ; shafi'ites invalident le contrat. Le propre bénéficiaire peut louer à lui-même ou à autrui chez shafi'ites et hanbalites. La nécessité ouvre l'exception : bien sans preneur au prix du marché, ruine à relever, dette de réparation pesant sur le waqf.
La condition du fondateur est suivie par accord des quatre écoles, sauf nécessité ; une voie shafi'ite la rejette comme contraignant le bénéficiaire. Sans clause : hanafites bornent la terre à trois ans et la maison ou boutique à un an, le juge seul pouvant dépasser pour l'intérêt du waqf ; malikites : deux ou trois ans sur un waqf à bénéficiaires précis, davantage sur un waqf d'intérêt général ; shafi'ites et hanbalites suivent l'usage de chaque bien : une terre cent ans, une maison trente, une monture dix. La nécessité lève toute limite : au temps du juge Ibn Badis à Kairouan, une maison waqf écroulée fut baillée pour de longues années à charge de la rebâtir. Ibn al-Qayyim dénonce la ruse des baux successifs signés dans un même conseil pour atteindre cent ans, contournant la clause du fondateur (I'lam al-Muwaqqi'in).
La majorité : le contrat signé au loyer du marché ne se défait pas si le marché monte ensuite, l'opération ayant été faite de bonne foi à sa date. Avis hanafite retenu : si la hausse devient choquante, le gérant défait le bail et le renouvelle avec le même locataire acceptant la hausse. Une voie shafi'ite admet la résiliation sur demande crédible ; une autre limite cet effet aux baux d'un an au plus.