Fiqh islamique > Les waqfs et la propriété > Les servitudes et les droits de voisinage
Passages, eaux, murs mitoyens, vues et nuisances : les droits réels du voisinage fixés par le fiqh autour de la règle du préjudice.
Sommaire :
Mis à jour le 31 août 2026 à 03h55
Le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) réserva un pâturage pour les montures et bêtes de la collecte, privilège propre à sa fonction. Sur les califes : shafi'ites dans un avis le refusent, sur « il n'y a de réserve qu'pour Allah et Son Messager » (al-Bukhari 2241) ; la majorité (hanafites, malikites, shafi'ites dans l'avis le plus apparent, hanbalites) l'admet au profit des musulmans : pâturage des chevaux du jihad, des bêtes de la zakat et des bêtes faibles, sans nuire aux gens. Abu Bakr réserva al-Rabadhah, Umar la région d'al-Sharaf et écrivit à son agent : « Replie ton aile devant les gens, crains l'invocation de l'opprimé ; fais entrer le petit troupeau, et tiens éloignés les troupeaux des riches : s'ils perdent leurs bêtes, ils retournent à leurs palmeraies et à leurs champs » (rapporté par Malik dans le Muwatta). Uthman développa son pâturage sans que personne n'y voie à redire.
Malikites et shafi'ites dans l'avis le plus sûr accordent au gouverneur délégué le même droit de réserve qu'à l'imam ; al-Mawardi exige sa permission, sauf nécessité pour les bêtes de la zakat. an-Nawawi tranche : ni l'imam ni ses délégués ne peuvent prendre une rémunération pour le pâturage dans la réserve ou la terre morte. L'eau, l'herbe et le feu restent communs entre les gens, règle sur laquelle les savants s'accordent.
Accord sans désaccord rapporté : les voies, écoulements d'eau, dépotoirs et lieux de défense d'un habitat ne peuvent être mis en valeur ni appropriés ; Ibn Qudama les exclut sans restriction, et Ibn Rushd mesure la terre lointaine de l'habitat par l'étendue des parcours et du ramassage de bois. L'herbe poussée dans un bien possédé : Abu Hanifa n'en fait pas une propriété, al-Shafi'i la rattache au sol, Ahmad a deux narrations, Malik la rattache au propriétaire si la terre est murée.
Malik : le propriétaire d'un puits ou d'une rivière en pleine nature doit donner gratuitement le surplus au-delà de ses besoins ; dans sa propriété murée, il n'y est tenu que si le puits du voisin s'effondre. Abu Hanifa et les compagnons d'al-Shafi'i : la boisson des hommes et des bêtes lui est due sans prix, l'irrigation peut être payée, le don restant le mieux ; Ahmad a deux narrations, la plus apparente imposant le don gratuit pour la boisson et le voyage.