Khabbab ibn al-Aratt

Mis à jour le 11 avril 2026 à 01h05

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Biographie de Khabbab ibn al-Aratt

Les généalogistes divergent sur l'origine de Khabbab Ibn Al-Aratt: certains le disent khuzai, mais la majorité le rattache aux Tamim. Sa lignée est donnée ainsi: Khabbab Ibn Al-Aratt Ibn Jandala Ibn Saad Ibn Khuzayma Ibn Kaab Ibn Saad Ibn Zayd Manat Ibn Tamim. Il fut connu sous la kunya Abou Abdallah; d'autres traditions donnent Abou Muhammad ou Abou Yahya.

C'était un Arabe qui fut capturé avant l'islam puis vendu à La Mecque. Selon une version, il était allié des Banu Zuhra. Ibn Manda et Abou Nouaym rapportent qu'il était le client d'Outba Ibn Ghazwan; d'autres le présentent comme l'affranchi d'Oumm Anmar Bint Siba Al-Khuzaiyya. Celle-ci appartenait aux alliés des Banu Zuhra. Khabbab était donc tamimite par la naissance, khuzai par le lien de clientèle et zuhri par alliance, car sa maîtresse Oumm Anmar était alliée d'Awf Ibn Abd Awf Ibn Abd Al-Harith Ibn Zuhra, père d'Abd Ar-Rahman Ibn Awf.

Khabbab figura parmi les tout premiers musulmans et parmi ceux que l'on tortura pour Allah. Il était le sixième d'un groupe de six croyants. Moujahid disait que les premiers à afficher leur islam furent le Messager d'Allah ﷺ, Abou Bakr, Khabbab, Souhayb, Bilal, Ammar et Soumayya, mère d'Ammar. Abou Talib protégea le Messager d'Allah ﷺ et le clan d'Abou Bakr protégea ce dernier. Quant aux autres, les polythéistes leur revêtaient des cuirasses de fer puis les exposaient au soleil brûlant. La chaleur du métal et celle du soleil les accablaient autant qu'Allah le permettait.

Ash-Shabi rapporte que Khabbab demeura ferme et ne céda rien aux mécréants. Ceux-ci le traînèrent sur des pierres chauffées jusqu'à ce que la chair de son dos disparaisse. Khabbab raconta: "Nous nous plaignîmes au Messager d'Allah ﷺ alors qu'il reposait sur son manteau, à l'ombre de la Kaaba. Nous lui demandâmes: 'Ne demandes-tu pas la victoire pour nous?'" Le Prophète ﷺ se redressa, le visage rougi, et répondit: "Parmi ceux qui vous ont précédés, on saisissait un homme, on creusait une fosse pour lui puis on plaçait une scie sur sa tête et on le séparait en deux, sans que cela le détourne de sa religion. On peignait avec des peignes de fer sa chair jusqu'aux os et aux nerfs, sans que cela le détourne de sa religion. Par Allah, cette cause s'accomplira au point qu'un cavalier voyagera de Sanaa à Hadramawt sans craindre qu'Allah, ni le loup pour ses moutons. Mais vous êtes pressés."

Abou Salih rapporte que Khabbab était forgeron et fabriquait des épées. Le Messager d'Allah ﷺ se rendait familièrement auprès de lui. Quand sa maîtresse l'apprit, elle chauffa du fer et le posa sur sa tête. Khabbab s'en plaignit au Prophète ﷺ, qui invoqua: "O Allah, secours Khabbab." Oumm Anmar fut ensuite atteinte à la tête et hurlait comme un chien. On lui prescrivit la cautérisation; Khabbab prenait alors le fer chauffé et lui cautérisait la tête.

Khabbab participa à Badr, à Ouhoud et à toutes les expéditions du Messager d'Allah ﷺ. Omar Ibn Al-Khattab lui demanda un jour ce que les polythéistes lui avaient fait subir. Khabbab répondit: "O Commandeur des croyants, regarde mon dos." Omar le regarda et déclara n'avoir jamais vu un dos pareil. Khabbab expliqua: "On allumait pour moi un feu sur lequel on me traînait; rien ne l'éteignait hormis la graisse fondue de mon dos."

Après son émigration, le Messager d'Allah ﷺ établit la fraternité entre lui et Tamim, affranchi de Khirash Ibn As-Simma. Selon une autre version, il le lia à Jabr Ibn Atik. Parmi ceux qui rapportèrent de lui figurent son fils Abdallah, Masrouq, Qays Ibn Abi Hazim, Shaqiq, Abdallah Ibn Sakhbara, Abou Maysara Ibn Shurahbil, Ash-Shabi, Haritha Ibn Moudarrib et d'autres.

Khabbab rapporte que le Messager d'Allah ﷺ accomplit un jour une prière particulièrement longue. Les Compagnons lui demandèrent s'il avait prié d'une manière nouvelle. Il répondit: "Oui. C'était une prière d'espérance et de crainte. J'ai adressé trois demandes à Allah. Il m'en a accordé deux et m'en a refusé une. Je Lui ai demandé de ne pas anéantir ma communauté par une famine générale, et Il me l'a accordé. Je Lui ai demandé de ne pas donner à un ennemi extérieur le pouvoir de la dominer, et Il me l'a accordé. Je Lui ai demandé de ne pas faire goûter à certains de ses membres la violence des autres, mais Il me l'a refusé."

Abou Khalid rapporte que Khabbab entra un jour dans la mosquée, s'assit et garda le silence. Les gens lui dirent: "Tes compagnons se sont réunis pour que tu leur parles ou que tu leur donnes des ordres." Il répondit: "Que leur ordonnerais-je? Peut-être leur commanderais-je une chose que je ne fais pas moi-même."

Tariq rapporte qu'un groupe de Compagnons du Messager d'Allah ﷺ rendit visite à Khabbab et lui dit: "Réjouis-toi, Abou Abdallah, tu retrouveras tes frères auprès du Bassin." Il répondit: "Vous me rappelez des frères qui sont partis sans avoir reçu ici-bas quoi que ce soit de leur récompense. Quant à nous, nous leur avons survécu jusqu'à acquérir de ce monde des biens dont nous craignons qu'ils ne constituent la récompense de nos oeuvres."

Khabbab souffrit longtemps d'une grave maladie. Qays Ibn Abi Hazim raconte: "Nous lui rendîmes visite alors qu'il avait subi sept cautérisations. Il dit: 'Si le Messager d'Allah ﷺ ne nous avait pas interdit de souhaiter la mort, je l'aurais demandée.'"

Il s'établit à Koufa et y mourut en l'an 37 de l'Hégire. Il fut le premier Compagnon enterré dans l'espace découvert à l'extérieur de Koufa. Zayd Ibn Wahb rapporte qu'au retour de Siffin, Ali aperçut sept tombes à droite de la porte de Koufa. Il demanda ce qu'elles étaient. On lui expliqua que Khabbab était mort après son départ pour Siffin et qu'il avait demandé à être enterré hors de la ville. Jusqu'alors, les habitants enterraient leurs morts dans leurs cours ou près de leurs maisons; lorsqu'ils virent le choix de Khabbab, ils commencèrent à enterrer les leurs au même endroit.

Ali (رضي الله عنه) dit alors: "Qu'Allah fasse miséricorde à Khabbab. Il embrassa l'islam de plein gré, émigra par obéissance, vécut en combattant et fut éprouvé dans son corps. Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants." Arrivé près des tombes, il ajouta: "Que la paix soit sur vous, habitants de ces demeures parmi les croyants et les musulmans. Vous nous avez précédés et nous vous rejoindrons bientôt. O Allah, pardonne-nous ainsi qu'à eux et accorde-nous ainsi qu'à eux Ton pardon. Heureux celui qui se rappelle le Jour de la Résurrection, accomplit de bonnes oeuvres en vue du Jugement, se contente du nécessaire et agrée Allah."

Abou Omar situe également sa mort en l'an 37, après qu'il eut participé à Siffin et à Nahrawan aux côtés d'Ali, lequel dirigea sa prière funéraire. Khabbab avait alors 73 ans. Une tradition isolée affirme toutefois qu'il mourut en l'an 19 et qu'Omar pria sur lui.

Variantes d'écriture du nom Khabbab ibn al-Aratt

Le nom Khabbab ibn al-Aratt est aussi écrit sous les graphies suivantes :

  • Khoubab ibn al-Aratt
  • Khoubab bin al-Aratt
  • Khoubab ben al-Aratt
  • Khoubab b. al-Aratt
  • Khoubab ibn el-Aratt
  • Khoubab ibn Aratt
  • Khubab ibn al-Aratt
  • Khoubab bin Aratt
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