Accueil > Religions et croyances > Le judaïsme vu par l'islam
Ce que croient les juifs d'après leurs textes (Torah, Tanakh, principes de Maïmonide), ce que le Coran dit des enfants d'Israël et de Moïse, les points d'accord et les divergences, avec le respect exigé par l'islam.
Le judaïsme est la religion du peuple d'Israël, centrée sur la Torah révélée à Moïse, l'alliance d'Abraham et l'attente du Messie. L'islam honore Moïse comme grand prophète (Coran 19:51) et la Torah comme révélation d'Allah où il y a « guide et lumière » (Coran 5:44). Sur le monothéisme pur, les deux religions sont doctrinalement proches. La divergence centrale : l'islam enseigne que Mohamed est le dernier messager (Coran 33:40), message universel, quand le judaïsme reste une religion d'un peuple et n'attend pas de prophète postérieur.
Sommaire :
Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 4 min de lectureLe judaïsme repose sur la Torah (la Loi révélée selon la tradition à Moïse au Sinaï), complétée par les Prophètes et les Écrits (l'ensemble forme le Tanakh), puis sur l'interprétation rabbinique. Son cœur liturgique est le Shema : « Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel » (Bible du Rabbinat, Deutéronome 6:4) : un monothéisme absolu, sans trinité, sans incarnation, sans image. Les treize principes de foi formulés par Maïmonide (XIIe siècle) résument la croyance juive classique : un Dieu créateur unique, la prophétie, la vérité de la Torah et son immuabilité, la connaissance divine, la venue du Messie (un roi humain qui restaurera Israël), la résurrection des morts et le jugement. La vie juive s'organise autour de l'alliance : circoncision, chabbat (repos hebdomadaire), lois alimentaires (cachrout), prière et étude.
Précision importante : le judaïsme n'est pas une religion universelle à adhésion ouverte comme l'islam ou le christianisme ; il est la religion d'un peuple, Israël, défini par la naissance et l'alliance. Le converti y est admis par une procédure stricte (la giyour), mais la vocation juive reste liée au peuple élu.
Le Coran honore Moussa (Moïse) parmi les prophètes les plus mentionnés : « Mentionne dans le Livre Moussa. C'était vraiment un élu, et il était messager et prophète » (Coran 19:51). La Torah est pour l'islam une révélation authentique : « Nous avons fait descendre la Torah, où il y a guide et lumière » (Coran 5:44). Les enfants d'Israël reçoivent dans le Coran des rappels bienveillants : « Ô fils d'Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés » (Coran 2:40). Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron, David et Salomon sont les héros des récits coraniques comme des récits bibliques : une terre commune immense.
Elles sont nettes et se concentrent sur trois points. Premièrement, la clôture de la prophétie : le judaïsme attend le Messie mais ne reconnaît aucun prophète après l'époque biblique ; l'islam enseigne que Mohamed est le sceau des prophètes (Coran 33:40), annoncé dans la Torah elle-même (Coran 7:157). Le Coran décrit le paradoxe : les savants des enfants d'Israël reconnaissaient Mohamed « comme ils reconnaissent leurs fils », certains ont caché la vérité qu'ils connaissaient (Coran 2:146). Deuxièmement, le statut du message : la religion juive reste celle d'un peuple, l'islam est universel, adressé à toute l'humanité jusqu'à la fin des temps (Coran 34:28). Troisièmement, les textes : le Coran confirme l'origine divine de la Torah tout en signalant des altérations de texte commises à l'époque par certains scribes (Coran 2:79, 5:13) ; le musulman juge donc la Torah actuelle à la lumière du Coran, dernier critère (Coran 5:48).
Sur tous ces points, la règle éditoriale de ce dossier est celle du Coran lui-même : discuter des textes et des doctrines, jamais des personnes ni des peuples. Le reproche d'altération s'adresse à des scribes d'une époque, pas aux communautés juives d'aujourd'hui, et nul verset n'autorise l'hostilité envers des individus pour leur foi.
L'islam définit un cadre clair avec les juifs : ils sont des gens du Livre, avec qui le mariage et la nourriture sont permis (Coran 5:5), avec qui on discute « de la meilleure manière » (Coran 29:46), et envers qui la justice et la bienfaisance sont ordonnées tant qu'ils ne combattent pas les musulmans pour leur religion : « Allah ne vous interdit pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion » (Coran 60:8). L'histoire l'a souvent illustré : les communautés juives ont vécu des siècles de protection et de floraison en terre d'islam, notamment en Andalousie. Le désaccord doctrinal, réel et assumé, n'est pas une licence d'hostilité : il s'accompagne d'un devoir de justice et de proximité humaine.
Oui : le Dieu d'Abraham, Isaac et Jacob est le Dieu d'Adam et de Mohamed. Le Coran le dit aux gens du Livre : « Notre Dieu et votre Dieu sont un seul et même Dieu » (Coran 29:46). Les doctrines sur Ses lois et Ses messagers divergent, pas l'identité du Créateur.
Leurs critères attendent un Messie issu de David qui restaure le royaume d'Israël, et ne placent pas de prophète après la clôture de la prophétie biblique. Le Coran répond que Mohamed était « écrit » dans leur Torah et qu'ils le reconnaissaient « comme ils reconnaissent leurs fils » (Coran 2:146).
Le Coran confirme son origine divine : « Nous avons fait descendre la Torah, où il y a guide et lumière » (Coran 5:44). Il reproche en revanche à certains scribes de l'époque d'avoir écrit de leurs mains ce qu'ils présentaient comme parole d'Allah (Coran 2:79) : c'est un point doctrinal sur des textes, jamais un jugement sur un peuple.