Accueil > Religions et croyances > Le christianisme vu par l'islam > Pourquoi le Coran dit-il que Jésus n'a pas été crucifié ?
Le verset de la négation (4:157), sa lecture islamique, la position chrétienne de la croix rédemptrice, et l'état du débat historique, sans caricature ni part et d'autre.
Le Coran affirme que ceux qui ont prétendu tuer Jésus « ne l'ont ni tué ni crucifié, mais il leur a semblé ainsi », et qu'Allah l'a élevé vers Lui (Coran 4:157-158). Pour l'islam, la crucifixion n'a donc pas eu lieu : un autre a été rendu semblable à Jésus, et Allah a sauvé Son messager. C'est l'une des divergences historiques les plus nettes avec le christianisme, qui fonde le salut sur la croix (1 Corinthiens 15:3) ; pour l'islam, nul ne porte le fardeau d'autrui (Coran 6:164).
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureLe Coran s'adresse aux enfants d'Israël à propos de leur prétention : « Et à cause de leur parole : nous avons tué le Messie, Issa, fils de Marie, le messager d'Allah, alors qu'ils ne l'ont ni tué ni crucifié, mais il leur a semblé ainsi. Ceux qui divergent à son sujet sont dans le doute : ils n'en ont aucune connaissance, ils ne suivent que la conjecture. Ils ne l'ont certainement pas tué, mais Allah l'a élevé vers Lui. Allah est Puissant et Sage » (Coran 4:157-158). Le verset pose trois choses : la crucifixion n'a pas eu lieu ; une apparence a trompé les témoins ; Issa a été élevé vers Allah.
Les tafsirs classiques expliquent qu'Allah a rendu un homme semblable à Issa, qui a été saisi à sa place pendant qu'Issa était élevé. Sur l'identité de cet homme, les savants ont proposé plusieurs lectures sans en faire un article de foi : la certitude islamique porte sur la négation de la crucifixion d'Issa, pas sur l'identité de celui qui a subi cette apparence. Son élévation vivante explique, dans la croyance musulmane, son retour à la fin des temps (rapporté par al-Bukhari et Muslim) : un messager vivant au ciel peut revenir achever sa vie terrestre.
La croix est le centre du salut chrétien : « le Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures » (1 Corinthiens 15:3). Le Catéchisme de l'Église catholique présente la mort du Christ comme le sacrifice unique qui rachète l'humanité. Réfuter la crucifixion, c'est donc, aux yeux des chrétiens, toucher le cœur de leur foi ; l'islam l'assume : pour lui, la rédemption par le sang d'un innocent n'existe pas, car « nul pécheur ne portera le fardeau d'un autre » (Coran 6:164). Le pardon se reçoit directement d'Allah par le repentir, comme Il pardonne à qui revient vers Lui (Coran 39:53).
Les sources anciennes (Tacite, les mentions de Josèphe) rapportent l'exécution d'un homme nommé Jésus sous Ponce Pilate, et c'est ce que répètent les manuels d'histoire. Trois précisions du côté islamique : premièrement, le récit de la passion diverge dans les Évangiles eux-mêmes (l'heure de la crucifixion : « c'était la troisième heure » chez Marc 15:25, « environ la sixième heure » chez Jean 19:14 ; les dernières paroles diffèrent entre les synoptiques et Jean), ce qui montre un récit reconstruit, pas une chronique. Deuxièmement, l'idée de substitution n'est pas une invention du VIIe siècle : des courants anciens, comme les basilidiens du IIe siècle, enseignaient qu'un autre avait été crucifié à la place, comme le rapporte Irénée (Contre les hérésies). Troisièmement, et surtout : le musulman n'a pas besoin que les historiens confirment sa croyance. Le Coran est pour lui la parole d'Allah, qui sait ce qui s'est passé mieux que toute reconstruction. La foi ne se vote pas à la majorité des sources.
Elle change tout, en pratique : pas de péché originel hérité à racheter, pas de sacrifice nécessaire, pas d'intermédiaire. Chacun naît pur, répond de ses propres actes, et revient vers un Allah qui pardonne directement (Coran 39:53). La croix n'est pas le centre de l'islam : la miséricorde d'Allah et le tawhid le sont.
Oui. Le Coran 4:157 est explicite et fait partie de la croyance : la crucifixion telle que racontée n'a pas eu lieu, et Issa a été élevé vivant vers Allah.
Le Coran ne le nomme pas. Les tafsirs classiques proposent plusieurs lectures (un ennemi rendu semblable à lui, un volontaire), sans consensus. La certitude islamique porte sur la négation, pas sur l'identité de l'autre homme.
Les sources anciennes mentionnent l'exécution de Jésus sous Ponce Pilate, mais le récit de la passion diverge dans les Évangiles eux-mêmes (heures de la crucifixion, dernières paroles), et des courants anciens (comme les basilidiens, rapportés par Irénée) enseignaient déjà la substitution. Le musulman fonde sa certitude sur le Coran, pas sur les reconstructions historiques.