Biographie de Ibn Asakir (Abu al-Qasim al-Dimashqi) telle que rapportée par le hafiz ad-Dhahabi dans Siyar A lam al-Nubala.
Aktualisiert am 14 September 2026 um 20h10
📖 21 Min. Lesezeit[...] d'Abou Ghalib al-Baqdari ; de Manoujhar ibn Tourkanchah ; et d'Abou Muhammad al-Moubarak ibn Ali ibn at-Tabbakh, à La Mecque.
N° 354 : Ibn Asakir, Thiqat ad-Din, Abou al-Qasim ad-Dimashqi.
L'imam, le très savant, le grand hafiz, le maître accompli, le traditionniste de Syrie, Thiqat ad-Din, Abou al-Qasim ad-Dimashqi, le Shafi'ite, auteur de la « Chronique de Damas ».
J'ai transcrit sa notice de la main de son fils, le traditionniste Abou Muhammad al-Qasim ibn Ali, qui dit :
« Il naquit en Mouharram, au début du mois, en l'année quatre cent quatre-vingt-dix-neuf. Son frère Sa'in ad-Din Hibbatallah le fit entendre en l'année cinq cent cinq et après. Il partit pour l'Irak en l'année vingt, et accomplit le pèlerinage en l'année vingt et un. »
Je dis : il partit pour le Khorasan par la route de l'Azerbaïdjan en l'année cinq cent vingt-neuf.
Il est Ali, fils du cheikh Abou Muhammad al-Hasan ibn Hibbatallah ibn Abdallah ibn al-Husayn. Quant à Asakir, je ne sais s'il s'agit du surnom de l'un de ses aïeux ; c'est peut-être le nom de l'un d'eux.
Il entendit : le chérif Abou al-Qasim an-Nasib, chez qui se trouvaient les vingt fascicules que son maître le hafiz Abou Bakr al-Khatib avait composés pour lui : nous les avons entendus en chaîne continue. Il entendit de : Qawam ibn Zayd, compagnon d'Ibn Hazarmard as-Sarifini ; d'Abou al-Wachh Soubay' ibn Qirat, compagnon d'al-Ahwazi ; d'Abou Tahir al-Hinna'i ; d'Abou al-Hasan ibn al-Mawazini ; d'Abou al-Fada'il al-Massih ; de Muhammad ibn Ali ibn Abi al-Ala' al-Massissi ; d'al-Amin Hibbatallah ibn al-Akfani ; d'Abd al-Karim ibn Hamza ; de Tahir ibn Sahl al-Isfarayini ; et de gens, à Damas.
Il résida cinq ans à Bagdad, accumulant la science. Il entendit de : Hibbatallah ibn al-Housseyn ; Ali ibn Abd al-Wahid ad-Daynawari ; Qaratkine ibn As'ad ; Abou Ghalib ibn al-Banna ; Hibbatallah ibn Ahmad ibn at-Tabar ; Abou al-Hasan al-Bari' ; Ahmad ibn Malouk al-Warraq ; le juge Abou Bakr ; et une multitude.
À La Mecque : d'Abdallah ibn Muhammad al-Misri, surnommé al-Ghazal.
À Médine : d'Abd al-Khallaq ibn Abd al-Wassi' al-Harawi.
À Ispahan : d'al-Husayn ibn Abd al-Malik al-Khallal ; de Ghanim ibn Khalid ; d'Isma'il ibn Muhammad le hafiz ; et de gens.
À Nishapur : d'Abou Abdallah al-Furawi ; d'Abou Muhammad as-Sayyidi ; de Zahir ach-Chachchami ; d'Abd al-Moun'im ibn al-Qouchayri ; de Fatima bint Za'bal ; et de gens.
À Merv : de Youssouf ibn Ayyoub al-Hamadhani l'ascète ; et de gens.
À Hérat : de Tamim ibn Abi Sa'id le pédagogue ; et de plusieurs.
À Koufa : d'Umar ibn Ibrahim az-Zaydi le chérif ; ainsi qu'à Hamadhan, Tabriz et Mossoul.
Il composa « Quarante » hadiths par contrées.
Le nombre de ses maîtres figurant dans son « Recueil » : mille trois cents cheikhs par audition ; quarante-quatre cheikhs qui lui récitèrent ; deux cent quatre-vingt-douze cheikhs par autorisation ; le tout dans son « Recueil » ; et près de quatre-vingt-six femmes possédant un petit « Recueil » qu'il entendit d'elles.
Il narra à Bagdad, au Hedjaz, à Ispahan et à Nishapur.
Il composa beaucoup.
Il était perspicace, mémorisateur, exact, intelligent, versé en cette matière : nul ne pouvait rivaliser avec lui, sa nuée ne se pouvait égaler, et il n'eut point de pareil en son temps.
Rapportèrent de lui : Ma'mar ibn al-Fakhkhar ; le hafiz Abou al-Ala' al-Attar ; le hafiz Abou Sa'd as-Sam'ani ; son fils al-Qasim ibn Ali ; l'imam Abou Ja'far al-Qourtoubi ; le hafiz Abou al-Mawahib ibn Sassra ; son frère Abou al-Qasim ibn Sassra ; le juge de Damas Abou al-Qasim ibn al-Harastani ; le hafiz Abd al-Qadir ar-Rouhawi ; le mufti Fakhr ad-Din Abd ar-Rahman ibn Asakir ; ses deux frères Zayn al-Oumana' Hasan et Abou Nasr Abd ar-Rahim ; leur frère Taj al-Oumana' Ahmad ; son fils al-Izz le généalogiste ; Younous ibn Muhammad al-Fariqi ; Abd ar-Rahman ibn Nassim ; le juriste Abd al-Qadir ibn Abi Abdallah al-Baghdadi ; le juge Abou Nasr ibn ach-Chirazi ; Ali ibn Hajjaj al-Batalhi ; Abou Abdallah Muhammad ibn Nasr al-Qourachi, neveu du cheikh Abou al-Bayan ; Abou al-Ma'ali As'ad et as-Sadid Makki, fils de Moussallam ibn Allane ; Muhammad ibn Abd al-Karim ibn al-Hadi le censeur de marché ; Fakhr ad-Din Muhammad ibn Abd al-Wahhab ibn ach-Chiraji ; Abou Ishaq Ibrahim et Abd al-Aziz, fils d'Abou Tahir al-Khouchou'i ; Abd al-Wahid ibn Ahmad ibn Abi al-Mada' ; Nasrallah ibn Abd ar-Rahman ibn Fityan al-Ansari ; Abd al-Jabbar ibn Abd al-Ghani ibn al-Harastani ; Muhammad ibn Ahmad al-Maksini ; Mahassine ibn Abi al-Qasim al-Joubarani ; Sayf ad-Dawla Muhammad ibn Ghassan ; Abd ar-Rahman ibn Chou'la al-Bayt Sawwa'i ; Khattab ibn Abd al-Karim al-Mizzi ; Atiq ibn Abi al-Fadl as-Salmami ; Umar ibn Abd al-Wahhab ibn al-Baradhi'i ; Muhammad ibn Roumiyan as-Saqbani ; ar-Rachid Ahmad ibn al-Mouslama ; Baha' ad-Din Ali ibn al-Joumayzi ; et des gens.
Il transmit, pour mes propres maîtres, une quarantaine de personnes parmi les disciples du hafiz, à qui j'ai consacré un fascicule.
Il possédait des autorisations élevées. Lui donnèrent autorisation : Mousnad Bagdad le chambellan Abou al-Hasan ibn al-Allaf ; Abou al-Qasim ibn Bayan ; Abou Ali ibn Nabhan le secrétaire ; Abou al-Fath Ahmad ibn Muhammad al-Haddad ; Ghanim al-Barji ; Abou Ali al-Haddad le réciteur ; Abd al-Ghaffar ach-Chirawi ; le compagnon du juge Abou Bakr Ahmad ibn al-Hasan al-Hiri ; et une foule d'autres lui donnèrent autorisation alors qu'il était enfant.
Son fils al-Qasim dit : « Des éléments de ses œuvres furent transmis de lui par autorisation de son vivant. Son nom se répandit sur la terre. Dans sa jeunesse, il étudia le fiqh auprès de Jamal al-Islam Abou al-Hasan as-Sulami et d'autres. Il profita de la compagnie de son grand-père maternel, le juge Abou al-Moufad-dal Isa ibn Ali al-Qourachi, en grammaire. Il nota des questions de divergence d'après Abou Sa'd ibn Abi Salih al-Kermani, à Bagdad. Il s'attacha à l'étude et au fiqh à la Nizamiyya de Bagdad, composa et collecta avec excellence. »
Il dit : « Parmi cela, sa "Chronique" en huit cents fascicules. » Je dis : le fascicule vaut vingt feuillets : cela fait seize mille feuillets.
Il dit : « Il rassembla les "Mouwafaqat" en soixante-douze fascicules ; les "Awali Malik" ; leur "Supplément" en cinquante fascicules ; les "Raretés de Malik" en dix fascicules ; le "Recueil" en douze fascicules. » Je dis : c'est une transmission nue, dans laquelle il ne fit pas de notices sur ses maîtres.
Il dit : « Il possède les "Mérites des jeunes gens" en quinze fascicules ; les "Mérites des gens du hadith" en onze fascicules ; le "Mérite du vendredi", un volume ; la "Révélation du mensonge du calomniateur au sujet de ce qui fut attribué à al-Ach'ari", un volume ; les "Chaînes enchaînées", un volume ; les "Suba'iyyat", sept fascicules ; "Celui dont la kunya coïncide avec la kunya de son épouse", quatre fascicules ; "Sur la fondation de Dar as-Sunna", trois fascicules ; "Le jour d'al-Mazid", trois fascicules ; "Les ascètes du témoignage", un volume ; "Les voies de la saisie de la science" ; "Le hadith du hoquet" ; "Le hadith de la descente et son authenticité" ; "Les chaînes d'al-Awza'i et son état", deux fascicules. »
Parmi les œuvres délicates d'Ibn Asakir : « Les quintaines », un fascicule ; « Les sextaines », un fascicule ; « Les noms des lieux où il entendit » ; « Le knissage » ; « Le renforcement de l'Hégire quand vient à manquer le secours » ; « Le discours éclatant » ; « Le mérite de l'écriture du Coran » ; « Celui qui n'est pas digne de confiance ne sera pas muezzin » ; « Le mérite de la générosité envers les gens du sanctuaire » ; « Sur le creusement du fossé » ; « La parole d'Uthman : je n'ai pas chanté » ; « Les noms des compagnons du Musnad » ; « Les hadiths qui ouvrent le chapitre de Chou'ba » ; « Les récits de Sa'id ibn Abd al-Aziz » ; « La chaîne enchaînée de la fête » ; « La fraternité de lait » ; « Les mérites des Dix », deux fascicules ; « Celui qui habita la Mizza » ; « Sur la Rabwa et an-Nayrab » ; « Sur l'incrédulité de Sousse » ; « La transmission des gens de Sanaa » ; « Les gens d'al-Himrayyan » ; « Fadhaya » ; « La maison de Qoufa » ; « Le palais » ; « La tombe de Sa'd » ; « Jisrine » ; « Koufr Batna » ; « Harasta » ; « Douma et Misraba » ; « Bayt Sawwa » ; « Djourkane » ; « Jadaya et Tarmis » ; « Zamlaka » ; « Joubar ».
Il composa aussi : « Bayt Lihya » ; « Barza » ; « Maynine » ; « Ya'qouba » ; « Les hadiths de Baalbek » ; « Le mérite d'Ascalon » ; « Jérusalem » ; « Médine » ; « La Mecque » ; le « Livre de l'effort » ; « Le Musnad d'Abou Hanifa et de Mak'houl » ; « La coïté » et d'autres choses ; « Les Quarante longs », un volume ; « Les Quarante du pays », un fascicule ; « Les Quarante de l'effort » ; « Les Quarante des pieux substituts » ; « Le mérite d'Achoura », trois fascicules ; « Les voies de la saisie de la science », un fascicule ; le « Livre des séismes », un volume ; « L'épreuve par l'enfant », deux fascicules ; « Les maîtres de Nablous », un volume ; « Les chaînes de Chou'ba », douze fascicules ; « Les chaînes de Soufyan », quatre fascicules ; le « Recueil des villages et des cités », un fascicule ; et il narra pour lui plusieurs œuvres.
Il dit : « Il dicta quatre cent huit séances. »
Il dit : « Il était assidu à la prière en commun et à la récitation du Coran : il en achevait la lecture chaque semaine, et l'achevait chaque jour en Ramadan. Il se retirait en dévotion dans la tour orientale. Il multipliait les prières surérogatoires et les évocations ; il veillait la nuit du milieu de Chaabane et celles des deux fêtes par la prière et la glorification ; et il se jugeait pour tout instant qui s'écoulait en dehors de l'obéissance. Il me dit : »
« Quand ma mère fut enceinte de moi, elle vit en songe quelqu'un qui disait : tu enfanteras un garçon qui aura du relief. »
« Et il me rapporta que son père vit en songe un songe signifiant : il te naîtra un enfant par qui Allah fera vivre l'année. Et lorsqu'il résolut de voyager, Abou al-Hasan ibn Qoubays lui dit : j'espère qu'Allah, par toi, fera vivre ce relief. »
« Mon père me rapporta : un jour, je lisais devant Abou al-Fath al-Moukhtar ibn Abd al-Hamid tandis qu'il conversait avec l'assemblée. Il dit : nous est venu Abou Ali ibn al-Wazir, et nous dîmes : nous n'avons rien vu de pareil. Puis nous vint Abou Sa'd as-Sam'ani, et nous dîmes : nous n'avons rien vu de pareil. Puis celui-ci nous vint, et nous ne vîmes point de pareil. »
Al-Qasim dit : « Abou al-Hasan Ali ibn Ibrahim al-Ansari le Hanbalite me rapporta, d'Abou al-Hasan Sa'd al-Khayr, qui dit : je n'ai vu, de mon vivant, le pareil du hafiz Abou al-Qasim. »
« Taj Muhammad ibn Abd ar-Rahman al-Mas'oudi nous rapporta : j'ai entendu le hafiz Abou al-Ala' al-Hamadhani dire à certains de ses étudiants, qui lui avaient demandé l'autorisation de voyager, il dit : si tu connais un maître plus savant que moi, ou mon pareil en mérite, alors je t'autorise à voyager vers lui, sauf si tu voyages vers le hafiz Ibn Asakir : car il est un hafiz comme il se doit. »
Je dis : « Qui est ce hafiz ? »
Il dit : « Le hafiz de Syrie, Abou al-Qasim, qui demeure à Damas », et il le loua.
« Son nom courait chez le maître de son maître, le prédicateur Abou al-Fadl ibn Abi Nasr at-Tousi, qui disait : nous ne savons qui mérite aujourd'hui ce titre, le hafiz, et qui en serait la réalité, si ce n'est lui. » Telle fut la relation d'Abou al-Mawahib ibn Sassra.
Il dit : « Lorsque j'entrai à Hamadhan, le hafiz Abou al-Ala' le loua et me dit : je sais mieux que quiconque que nul ne rivalise avec le hafiz Abou al-Qasim en sa matière. S'il se rendait aux gens et les taquinait comme le font les autres, alors l'accordant et le dissident se réuniraient sur lui. »
Abou al-Ala' me dit un jour : « Qu'est-ce qui lui fut ouvert ? Et comment vois-tu les gens à son égard ? » Je dis : « Il est au-dessus de tout cela : depuis quarante ans il ne s'occupa que de collecte, de composition et d'audition, jusque dans ses promenades et ses retraites. »
Il dit : « Louange à Allah : tel est le fruit de la science. Sache que nous, il nous est arrivé cette demeure, les livres et la mosquée. Ceci atteste la rareté des parts des gens de la science dans vos pays. »
Puis il me dit : « Abou al-Qasim, à Bagdad, n'était appelé qu'une flèche de feu, par son embrasement, son intelligence et sa belle compréhension. »
Zayn al-Oumana' rapporta : Ibn al-Qazwini nous rapporta, de son père, enseignant à la Nizamiyya, qui dit : « Al-Furawi nous rapporta : nous est venu Ibn Asakir. Il lut devant moi trois jours durant, et beaucoup. Il me fatigua, et je fis vœu de fermer ma porte et me refusai. Cette pensée me vint la nuit : le lendemain se présenta quelqu'un qui dit : je suis le Messager d'Allah, que la paix et le salut d'Allah soient sur lui, envoyé à toi. Je le vis en songe. Il dit : va vers al-Furawi et dis-lui : il est venu dans ton pays un homme brun des gens de Syrie qui demande mon hadith : que ni l'ennui ni la lassitude ne te prenne de lui. »
Il dit : « Dès lors, al-Furawi ne se levait pas que le hafiz ne se fût levé le premier. »
Abou al-Mawahib dit : « Je révisais avec lui, dans ses retraites, les hafiz qu'il avait rencontrés. Il dit : à Bagdad, Abou Amir al-Abdari ; à Ispahan, Abou Nasr al-Younarti ; mais le hafiz Isma'il était plus célèbre que lui. »
Je lui dis : « C'est sur ce que notre maître a vu de son pareil. »
Il dit : « Ne dis pas cela. Allah, le Très-Haut, a dit : "Ne vous louez pas vous-mêmes" (Sourate an-Najm, verset 32). »
Je dis : « Il a dit aussi : "Et proclame la grâce de ton Seigneur" (Sourate ad-Douha, verset 11). »
Il dit : « Oui. Si quelqu'un disait : mon œil n'a pas vu mon pareil, il aurait dit vrai. »
Abou al-Mawahib dit : « Et moi je dis : je n'ai vu son pareil, ni qui réunît en lui ce qui se réunit en lui : l'attachement à une seule voie pendant quarante ans, l'assiduité à la prière en commun aux cinq prières au premier rang, sauf pour excuse, la retraite dévotionnelle en Ramadan et les dix de Dhou al-Hijja, l'absence de recherche de la constitution de biens et de construction de demeures, car il renonça à cela pour lui-même, le détournement des charges de l'imamat et de la prédication qu'il refusa après qu'on les lui eût proposées, la rareté de ses fréquents contacts avec les émirs, et son occupation de l'ordre du bien et de l'interdit du mal, sans craindre pour Allah le blâme d'aucun blâmeur. »
Il me dit : « Lorsque je résolus de transmettre le hadith, et Allah sait ce qui m'y porta, ce ne fut point l'amour de la préséance et de l'avancement ; mais je dis : quand transmettrai-je tout ce que j'ai entendu ? Et quel profit y a-t-il à laisser après moi des feuillets ? Je consultai Allah, demandai l'autorisation de mes grands maîtres et des notables du pays, et je fis le tour d'eux. Chacun dit : qui y a plus droit que toi ? »
« Je commençai cela en l'année trois et trente. Mon père, le hafiz Abou al-Qasim, me dit : mon père, le juge Abou al-Moufad-dal, m'a dit à mon retour de voyage : assieds-toi sur les sièges de ces sièges jusqu'à ce que nous nous asseyions à ta suite. Or lorsque je résolus de m'asseoir, il advint qu'il tomba malade, et il ne lui fut plus donné ensuite de sortir à la mosquée. »
Jusqu'à ce qu'Abou Muhammad al-Qasim dit :
« Mon père, qu'Allah lui fasse miséricorde, avait entendu des choses dont il n'avait pas obtenu de copies fiables, s'en remettant aux copies de son compagnon le hafiz Abou Ali ibn al-Wazir. Ce qu'ibn al-Wazir avait obtenu, mon père ne l'obtenait pas, et ce que mon père obtenait, ibn al-Wazir ne l'obtenait pas. Une nuit, je l'entendis converser avec un de ses compagnons dans la mosquée. Il dit : je suis parti sans être parti ; je pensais qu'Ibn al-Wazir apporterait les livres comme les "Deux Sahihs", les ouvrages d'al-Bayhaqi et les fascicules. Il advint qu'il résidât à Merv, et j'espérais la venue d'un autre de ses compagnons nommé Youssouf ibn Farrouwa al-Jayyani, et la venue de notre compagnon Abou al-Hasan al-Muradi. Je ne les voyais venir aucun des deux : il fallait donc un troisième voyage, l'acquisition des livres et des choses nécessaires. »
Il dit : « Quelques jours à peine passèrent qu'arriva Abou al-Hasan al-Muradi. Mon père le logea chez nous. Il apportait quatre nattes de livres entendus. Mon père s'en réjouit grandement, et Allah lui épargna les frais du voyage. Il se mit à ces livres : il copia, fit copier, et confronta. Il resta de ses auditions près de trois cents fascicules. Abou Sa'd as-Sam'ani l'aida à cet effet : il lui en transféra un ensemble, jusqu'à ce qu'il ne lui restât plus de vingt fascicules. Chaque fois qu'il obtenait un fascicule d'entre eux, c'était comme s'il avait obtenu le royaume du monde. »
Ibn an-Naqqar dit : « J'ai lu de la main de Ma'mar ibn al-Fakhkhar, dans son "Recueil" : le hafiz Abou al-Qasim me dicta à Mina, et il fut des plus grands mémorisateurs que j'aie vus. Notre cheikh Isma'il ibn Muhammad l'imam le préférait à tous ceux que nous avions rencontrés. Il vint à Ispahan et descendit chez moi. Je n'ai vu jeune homme plus mémorisateur, plus pieux ni plus exact que lui. Il était juriste, homme de lettres, noble. Je l'interrogeai sur son retard du voyage vers Ispahan. Il dit : j'ai demandé l'autorisation à ma mère de voyager vers elle, et elle ne m'a pas autorisé. »
As-Sam'ani dit : « Abou al-Qasim est d'abondante science, de riche mérite, hafiz exact, scrupuleux et excellent, de belle allure. Il réunit la connaissance des textes et des chaînes, la rectitude de la lecture, la vérification circonspecte », jusqu'à ce qu'il dise :
« Il a rassemblé ce que nul autre n'a rassemblé, et il dépassa ses pairs. Il entra à Nishapur un mois avant moi. Je l'entendis et il m'entendit. Je l'entendis de son "Recueil", et il m'obtint à Damas une copie de celui-ci. Il avait commencé la "Grande Chronique de Damas", puis ses livres me parvenaient, et j'expédiais la réponse. »
J'ai entendu le hafiz Ali ibn Muhammad dire : j'ai entendu le hafiz Abou Muhammad al-Moundhiri dire :
« J'ai interrogé notre cheikh Abou al-Hasan Ali ibn al-Moufad-dal le hafiz au sujet de quatre hommes qui se disputaient la préséance. Il dit : qui sont-ils ? Je dis : le hafiz Ibn Asakir et le hafiz Ibn Nasir. Il dit : Ibn Asakir est le plus grand mémorisateur. Je dis : Ibn Asakir et Abou Moussa al-Madini ? Il dit : Ibn Asakir. Je dis : Ibn Asakir et Abou Tahir as-Silafi ? Il dit : as-Silafi est notre maître, as-Silafi est notre maître. Je dis : il a laissé entendre qu'Ibn Asakir est le plus grand mémorisateur, mais il se montra respectueux de son maître, et formula aussi une parole admettant la préférence d'Abou Tahir : et Allah est le plus savant. »
Nous est parvenu que le hafiz Abd al-Ghani al-Maqdisi, après la mort d'Ibn Asakir, réprima quelqu'un qui lui avait emprunté quelque chose de la « Chronique de Damas ». Lorsqu'il la lut, il fut ébloui par l'étendue de la mémoire d'Ibn Asakir, et l'on dit qu'il regrettait d'avoir manqué son audition : car il y avait entre Ibn Asakir et les gens de Jérusalem une distance, qu'Allah fasse miséricorde à tous.
Abou Ali al-Husayn ibn Abdallah ibn Rawaha composa pour le hafiz Ibn Asakir cette élégie :
Laisse l'effort d'atteindre les hauteurs et les vertus :
Est parti celui vers qui tendait le nœud des départs.
Et dis au cours de l'éclair : je le pleure
D'un feu de deuil, ou de larmes au flot tombant.
Il n'était que la mer : il a sombré, et qui veut
Ses rivages ne rencontre que des flots roulants.
Allez, vous avez hérité sa science de ses transmetteurs,
Et les chaînes de son cercle ne sont point des hasards.
La lumière de la guidance vous a quittés en sa mort,
Avec elle la fermeté de la piété, et le succès des voies.
La Sunna de l'élu fut privée du défenseur secourable,
Et le plus proche de ce que nous craignons est l'innovation qui faiblit.
Il pencha pour l'imam ash-Shafi'i en toute thèse,
Et devint le remède de l'œil de tout disputeur.
Il ferma à l'anthropomorphisme la porte de l'égarement,
Et repoussa de l'assimilation l'apparence du faux.
Son auteur fut tué à 'Akka, en l'année cinq et quatre-vingts.
Et du hafiz Abou al-Qasim :
Sache que le hadith est la science la plus noble,
Et la plus honorable de ses parts : les chaînes élevées.
De tous ses types, le plus utile à mes yeux,
Le plus beau : les profits et les séances,
Car tu ne verras rien de la science que tu vérifies
Tel les bouches des hommes.
Sois donc, ô compagnon, d'un désir ardent pour lui,
Et prends-le des anciens sans lassitude,
Ne le prends pas des feuillets : tu serais jeté,
Par la déformation, dans la maladie qui ronge.
Il a aussi :
Ô âme, hélas, voici venue la vieillesse :
Que devient la parure, et que devient le badinage ?
Ma jeunesse s'en est allée comme si elle n'était pas,
Et ma vieillesse est venue comme si elle n'avait pas quitté.
C'est comme si je me voyais dans l'éblouissement,
Et que l'accord du destin sur elle était déjà prononcé.
Plût à Allah que je susse ce que je serai,
Et ce qu'Allah m'a décrété dans l'éternité.
Ibn Asakir a une belle poésie que dicta après lui une foule de ses compagnons de séances. Il y avait en lui le repli sur les gens, la bonté, et l'abandon des attestations devant les gouverneurs et de ces vanités.
Il décéda en Rajab de l'année cinq cent soixante et onze, la nuit du lundi, le onze du mois. Le pôle an-Nisabouri pria sur lui, et le sultan Salah ad-Din assista à la prière. Il fut enterré auprès de son père au cimetière de Bab as-Saghir.
L'imam Abou al-Husayn Ali ibn Muhammad ibn Ahmad al-Youmini nous informa à Baalbek, en l'année trois et quatre-vingt-dix : le juge Abd al-Wahid ibn Ahmad ibn Abi al-Mada' nous informa, en l'année six cent vingt-six, par la lecture du hafiz Abou Moussa al-Maqdisi, qui dit : Ali ibn al-Hasan ach-Chafi'i nous rapporta, par dictée à Baalbek, en l'année cinq cent cinquante et un : al-Husayn ibn Abd al-Malik nous informa à Ispahan : Abou Tahir Ahmad ibn Mahmoud ath-Thaqafi nous informa : Abou Bakr Muhammad ibn Ibrahim nous informa : Muhammad ibn al-Hasan ibn Qoutayba, Muhammad ibn al-Fayd et al-Husayn ibn Abdallah ar-Raqqi nous rapportèrent :
Ibrahim ibn Hicham ibn Yahya al-Ghassani nous rapporta : mon père me rapporta, d'Ourwa ibn Rouaym al-Lakhmi, de Hicham ibn Ourwa, de son père, de 'Aicha, qui dit : le Messager d'Allah, que la paix et le salut d'Allah soient sur lui, a dit : « Celui qui tient envers son frère musulman le rôle de médiateur auprès d'un détenteur d'autorité, pour transmettre une bonté ou faciliter une difficulté, Allah l'aidera à franchir le Pont le jour où les pas glissent. »
Abou al-Fadl Ahmad ibn Hibbatallah nous informa, de ma lecture : Zayn al-Oumana' al-Hasan ibn Muhammad nous informa : mon oncle le hafiz Abou al-Qasim Ali ibn al-Hasan nous informa : Abou al-Qasim an-Nasib nous informa : Muhammad ibn Abd ar-Rahman at-Tamimi nous informa : Youssouf ibn al-Qasim al-Mayanaji nous informa : Ahmad ibn Ali at-Tamimi nous informa : Ahmad ibn Hatim at-Tawil nous rapporta : Malik nous rapporta, d'Ibn Chihab, d'Ourwa, de 'Aicha :
Que le Prophète, que la paix et le salut d'Allah soient sur lui, lorsqu'il était malade, récitait sur lui-même les sourates de la protection et soufflait, ou qu'on soufflait sur lui.
Concorde des deux Sahihs.
Quant à Ahmad ibn Hatim ibn Makchi, de Malik, c'est un maître de Bassora ; quant à at-Tawil, c'est un Bagdadien.
Selon les sources et les modes de translittération, son nom s'écrit également : Ibn Asakir, Ibn Assakir, Ibn al-Asakir, Thiqat ad-Din Ibn Asakir, Abou al-Qasim Ibn Asakir, Ibn Asakir ad-Dimashqi. Toutes ces graphies désignent la même personnalité, telle que rapportée par le hafiz ad-Dhahabi.