Biographie de Hassan ibn Thabit
Hassan Ibn Thabit Ibn Al-Moundhir Ibn Haram Ibn Amr Ibn Zayd Manat Ibn Adi Ibn Amr Ibn Malik Ibn An-Najjar, dont le nom était Taym Allah Ibn Thaalaba Ibn Amr Ibn Al-Khazraj Al-Ansari Al-Khazraji, appartenait aux Banou Malik Ibn An-Najjar. Sa kunya était Abou Al-Walid; d'autres traditions donnent Abou Abd Ar-Rahman ou Abou Al-Houssam, en raison de sa défense du Messager d'Allah ﷺ et des attaques qu'il lançait contre l'honneur des polythéistes. Sa mère était Al-Fouraya Bint Khalid Ibn Khounays (1) Ibn Louthan Ibn Abd Wudd Ibn Zayd Ibn Thaalaba Ibn Al-Khazraj Ibn Kaab Ibn Saida Al-Ansariya. On l'appelait le poète du Messager d'Allah ﷺ. Décrivant le Messager d'Allah ﷺ, Aicha dit: "Par Allah, il était tel que Hassan l'a décrit: Lorsque son front apparaît dans l'obscurité... il brille comme une lampe flamboyante au coeur des ténèbres. Qui donc, présent ou à venir, pourrait être semblable à Ahmad... lui qui repousse le faux par la vérité ou par le châtiment?" (2)
Le Messager d'Allah ﷺ faisait dresser pour Hassan une chaire dans la mosquée. Il y montait pour défendre avec fierté le Messager d'Allah ﷺ, qui disait: "Allah soutient Hassan par l'Esprit saint tant qu'il défend le Messager d'Allah ﷺ." Parmi les polythéistes de Qouraych qui composaient des satires contre le Messager d'Allah ﷺ figuraient Abou Soufyan Ibn Al-Harith Ibn Abd Al-Mouttalib, Abdallah Ibn Az-Zibara, Amr Ibn Al-As et Dirar Ibn Al-Khattab. Quelqu'un dit à Ali Ibn Abi Talib: "Je peux répondre à ceux qui nous tournent en dérision." Ali répondit: "Je le ferai si le Messager d'Allah ﷺ me l'autorise." Mais le Messager d'Allah ﷺ déclara: "Ali n'est pas fait pour cela." Puis il demanda: "Qu'est-ce qui empêche ceux qui ont soutenu le Messager d'Allah ﷺ de leurs épées de le soutenir aussi de leur langue?"
Hassan répondit: "J'en suis l'homme." Saisissant le bout de sa langue, il ajouta: "Par Allah, je ne l'échangerais pas contre tout ce qui se trouve entre Bousra et Sanaa." Le Messager d'Allah ﷺ lui demanda: "Comment les satiriseras-tu alors que je suis des leurs? Comment satiriseras-tu Abou Soufyan, qui est mon cousin?" Hassan répondit: "Ô Messager d'Allah, je t'extrairai d'entre eux comme on retire un cheveu de la pâte." Le Prophète ﷺ lui dit: "Va trouver Abou Bakr, car il connaît mieux que toi les généalogies de ce peuple." Hassan se rendait donc auprès d'Abou Bakr, qui l'informait de leurs filiations et lui disait: "Epargne Untel et Untel, mais cite Untel et Untel." Hassan se mit alors à les satiriser. Lorsque les Qouraych entendirent ses vers, ils dirent: "Voilà une poésie à laquelle Ibn Abi Qouhafa n'est pas étranger."
Hassan dit notamment d'Abou Soufyan Ibn Al-Harith (4): "Le sommet de la gloire appartient à la famille de Hachim... aux fils de la fille de Makhzoum, tandis que ton père n'était qu'un serviteur. Parmi eux naquirent aussi les enfants de Zahra... nobles, sans parenté avec tes aïeules. Tu n'es semblable ni à Al-Abbas ni au fils de sa mère... mais tu es un homme vil dont nul ne tiendra compte de la fierté (5). Sa mère était Soumayya... et celle de son père, Samra la repoussante (6), même s'il déploie tous ses efforts." Lorsque ces vers parvinrent à Abou Soufyan, il déclara: "Ibn Abi Qouhafa n'est pas étranger à cette poésie."
Par "la fille de Makhzoum", Hassan désignait Fatima Bint Amr Ibn Aidh Ibn Imran Ibn Makhzoum, mère d'Abou Talib, d'Abdallah et d'Az-Zoubayr, fils d'Abd Al-Mouttalib. Par "ceux auxquels Zahra donna naissance", il entendait Hamza et Safiyya, dont la mère était Hala Bint Wouhayb Ibn Abd Manaf Ibn Zahra. Al-Abbas et "le fils de sa mère", Dirar Ibn Abd Al-Mouttalib, avaient pour mère Natila, une femme des Banou An-Nimr Ibn Qasit. Soumayya était la mère d'Abou Soufyan, et Samra celle de son père Al-Harith.
Ibn Sirin raconte que trois hommes des Ansar furent chargés de répondre aux attaques poétiques des polythéistes contre le Messager d'Allah ﷺ: Hassan, Kaab Ibn Malik et Abdallah Ibn Rawaha. Hassan et Kaab leur opposaient leurs événements, leurs journées de bataille et leurs hauts faits, tout en rappelant leurs défauts. Abdallah Ibn Rawaha leur reprochait leur mécréance et l'adoration de ce qui n'entend ni ne profite. A cette époque, les paroles d'Abdallah leur semblaient les moins pénibles, tandis que celles de Hassan et de Kaab les blessaient davantage. Mais lorsqu'ils embrassèrent l'islam et en comprirent les règles, les paroles d'Abdallah devinrent les plus dures à leurs yeux.
Omar Ibn Al-Khattab interdit de réciter les poèmes qui ravivaient les affrontements entre les Ansar et les polythéistes de Qouraych. Il expliqua: "Ils insultent les vivants et les morts et renouvellent les rancunes, alors qu'Allah a anéanti l'époque préislamique par l'islam qu'Il a apporté."
Ibn Dourayd rapporte d'après Abou Hatim, d'après Abou Oubayda: "Hassan s'est distingué parmi les poètes de trois façons: il fut le poète des Ansar durant l'époque préislamique, le poète du Prophète ﷺ durant la prophétie, et le poète de tout le Yémen en islam" (1). Abou Oubayda dit encore: "Les Arabes s'accordaient à placer au premier rang des poètes de Moudar ceux de Yathrib, puis Abd Al-Qays, puis Thaqif, et à placer Hassan au premier rang des poètes de Yathrib." Al-Asmai observait: "La poésie prospère dans le malheur et le mal, mais s'affaiblit lorsqu'elle entre dans le domaine des récits" (2). Hassan avait en effet été l'un des plus puissants poètes de l'époque préislamique, mais la venue de l'islam affaiblit sa poésie. On lui demanda: "Pourquoi ta poésie a-t-elle perdu de sa vigueur, ô Abou Al-Houssam?" Il répondit: "Ô fils de mon frère, l'islam interdit le mensonge."
Il voulait dire que l'excellence poétique exige d'exagérer ses propos, ce qui constitue un mensonge interdit par l'islam; la poésie perd alors de sa force. Abou Al-Fadl Al-Mansour Ibn Abi Al-Hassan Ibn Abi Abdallah At-Tabari, le juriste chafiite, rapporte avec sa chaîne remontant à Ahmad Ibn Ali Ibn Al-Mouthanna, d'après Hawthara, d'après Hammad Ibn Salama, d'après Hicham, d'après son père, que le Messager d'Allah ﷺ fit infliger quatre-vingts coups de fouet à ceux qui avaient accusé Aicha de ce qu'elle n'avait pas commis: Hassan Ibn Thabit, Mistah Ibn Outhatha et Hamna Bint Jahch.
Hassan comptait, selon certains, parmi ceux qui s'étaient engagés dans l'affaire de la Calomnie, et il fut fouetté pour cela. D'autres le contestent. Ils racontent qu'Aicha accomplissait les circumambulations en compagnie d'Oumm Hakim Bint (3) Khalid Ibn Al-As et d'Oumm Hakim Bint Abdallah Ibn Abi Rabia. Celles-ci mentionnèrent Hassan Ibn Thabit et le maudirent. Aicha leur dit: "J'espère qu'Allah le fera entrer au Paradis parce qu'il a défendu le Prophète ﷺ de sa langue. N'est-ce pas lui qui a dit:"