Cette page présente la sourate Yusuf (يوسف) mot à mot, dans son intégralité : 12ème sourate du Coran, mecquoise, révélée à La Mecque, 111 versets, 1 777 mots. Chaque verset est affiché en arabe avec sa traduction française, puis découpé en mots, chacun accompagné de sa translittération et de sa signification.
Avec 1 777 mots à découvrir, la sourate Yusuf devient accessible même sans savoir lire l'arabe : la translittération guide la prononciation et la signification donne le sens. Répétez chaque mot, puis relisez le verset entier : c'est la méthode la plus efficace pour mémoriser cette sourate, comprendre ce que l'on récite dans la prière et enrichir son vocabulaire du Coran.
Nous te relatons, à travers cette révélation du Coran, les récits les plus sublimes et les plus édifiants dont tu n’avais jusqu’ici aucune connaissance.
Jacob dit : « Mon fils ! Garde-toi de décrire ton rêve à tes frères qui pourraient, par jalousie, chercher à te nuire. Satan est en effet l’ennemi déclaré de l’homme.
C’est ainsi que ton Seigneur portera son choix sur toi en t’enseignant l’interprétation des rêves et en te comblant, toi et la famille de Jacob, de Ses faveurs comme Il a comblé auparavant tes pères Abraham et Isaac. Ton Seigneur est Omniscient et infiniment Sage. »
Les frères de Joseph se dirent un jour : « Joseph et son frère sont plus chers à notre père que nous qui pourtant sommes plus nombreux. Notre père est manifestement dans l’erreur !
Tuons Joseph ou abandonnons-le en quelque terre éloignée afin que notre père n’ait d’yeux que pour nous. Nous nous comporterons ensuite en hommes vertueux. »
Mais l’un d’entre eux dit : « Ne tuez pas Joseph ! Jetez-le plutôt, si vous êtes décidés à agir, au fond d’un puits où quelque voyageur de passage pourra le recueillir. »
قَالَqālaA dit
قَآئِلٌۭqāilunquelqu’un qui parle
مِّنْهُمْmin'humparmi eux :
لَاlā« Ne
تَقْتُلُوا۟taqtulūtuez (pas)
يُوسُفَyūsufaJosef
وَأَلْقُوهُwa-alqūhumais jetez-le plutôt
فِىfīdans
غَيَـٰبَتِghayābati(le) fond
ٱلْجُبِّl-jubi(du) puits sans gaine (=sans pierres aux parois),
Jacob répondit : « Je serai bien triste de vous voir l’emmener. Je redoute que, dans un moment d’inattention de votre part, un loup ne vienne le dévorer. »
Lorsque, déterminés à l’abandonner au fond d’un puits, ils eurent emmené Joseph avec eux, Nous lui révélâmes : « Tu leur rappelleras un jour ce forfait, sans qu’ils te reconnaissent. »
فَلَمَّاfalammāEt ensuite, quand
ذَهَبُوا۟dhahabūils sont partis
بِهِۦbihiavec lui
وَأَجْمَعُوٓا۟wa-ajmaʿūet se sont mis d’accord
أَنande
يَجْعَلُوهُyajʿalūhule placer
فِىfīdans
غَيَـٰبَتِghayābati(le) fond
ٱلْجُبِّ ۚl-jubi(du) puits sans gaine (=sans pierres aux parois), …
وَأَوْحَيْنَآwa-awḥaynāEt Nous avons révélé
إِلَيْهِilayhià lui :
لَتُنَبِّئَنَّهُمlatunabbi-annahum« Tu les informeras très certainement
بِأَمْرِهِمْbi-amrihimde leur affaire
هَـٰذَاhādhā-ci
وَهُمْwahumalors qu’ils
لَاlāne
يَشْعُرُونَyashʿurūnaremarqueront (pas).
Verset 16 - Sourate Yusuf : 4 mots
وَجَآءُوٓ أَبَاهُمْ عِشَآءًۭ يَبْكُونَ
La nuit tombée, ils retournèrent en pleurs auprès de leur père.
وَجَآءُوٓwajāūEt ils sont arrivés
أَبَاهُمْabāhum(chez) leur père
عِشَآءًۭʿishāanentre le crépuscule et le milieu de la nuit
Ils dirent : « Père ! Nous sommes allés rivaliser d’adresse, en laissant Joseph près de nos effets. C’est alors qu’un loup est venu le dévorer. Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité ! »
Ses fils lui présentèrent alors la tunique de Joseph, tachée d’un sang qu’ils attribuèrent faussement à leur frère. Jacob répliqua : « Voilà plutôt un forfait que vous vous êtes plu à tramer. Il ne me reste plus qu’à m’armer de patience avec la plus grande dignité. Qu’Allah me donne la force de supporter vos mensonges ! »
وَجَآءُوwajāūEt ils on apporté
عَلَىٰʿalāsur
قَمِيصِهِۦqamīṣihisa tunique
بِدَمٍۢbidamin[] du sang
كَذِبٍۢ ۚkadhibinfaux.
قَالَqālaIl a dit :
بَلْbal« Plutôt,
سَوَّلَتْsawwalatont embelli
لَكُمْlakumpour vous
أَنفُسُكُمْanfusukumvos âmes
أَمْرًۭا ۖamranune affaire.
فَصَبْرٌۭfaṣabrunDonc endurance
جَمِيلٌۭ ۖjamīlunbelle.
وَٱللَّهُwal-lahuEt Allâh (est)
ٱلْمُسْتَعَانُl-mus'taʿānuCelui dont l’aide est demandée
Une caravane fit halte à proximité du puits et envoya un homme tirer de l’eau. Après avoir jeté son seau, l’homme dit : « Heureuse trouvaille ! Un jeune garçon ! » Ils dissimulèrent leur découverte, résolus à le vendre comme une vulgaire marchandise. Mais Allah savait parfaitement ce qu’ils faisaient.
وَجَآءَتْwajāatEt est arrivée
سَيَّارَةٌۭsayyāratunune caravane
فَأَرْسَلُوا۟fa-arsalūet ils ont ensuite envoyé
وَارِدَهُمْwāridahumcelui qui tire l’eau (parmi) eux
L’Egyptien qui en fit l’acquisition fit cette recommandation à son épouse : « Traite-le convenablement. Il nous sera peut-être utile ou alors pourrons-nous l’adopter. » C’est ainsi que Nous avons établi Joseph dans ce pays afin de lui enseigner l’interprétation des rêves. Nul, en vérité, ne saurait contrecarrer la volonté d’Allah, ce que la plupart des hommes ignorent.
وَقَالَwaqālaEt a dit
ٱلَّذِىalladhīcelui qui
ٱشْتَرَىٰهُish'tarāhul’a acheté
مِنmind’
مِّصْرَmiṣ'raÉgypte
لِٱمْرَأَتِهِۦٓli-im'ra-atihià sa femme :
أَكْرِمِىakrimī« Honore
مَثْوَىٰهُmathwāhusa résidence !
عَسَىٰٓʿasāIl se peut
أَنanqu’
يَنفَعَنَآyanfaʿanāil nous bénéficiera
أَوْawou
نَتَّخِذَهُۥnattakhidhahu(que) nous le prendrons
وَلَدًۭا ۚwaladan(en tant que) fils.
وَكَذَٰلِكَwakadhālikaEt ainsi
مَكَّنَّاmakkannāavons-Nous établi
لِيُوسُفَliyūsufa[pour] Josef
فِىfīsur
ٱلْأَرْضِl-arḍila terre
وَلِنُعَلِّمَهُۥwalinuʿallimahuet (Nous l’avons fait) afin de lui enseigner
La maîtresse de maison tenta de le séduire. Après avoir fermé toutes les portes, elle s’exclama : « Viens ! Je suis à toi ! » Joseph répliqua : « Qu’Allah m’en préserve ! Comment pourrais-je trahir mon maître qui m’a si généreusement accueilli ? Les traîtres peuvent-ils espérer prospérer ? »
وَرَٰوَدَتْهُwarāwadathuEt a essayé de le détourner
ٱلَّتِىallatīcelle qui
هُوَhuwail (est)
فِىfīdans
بَيْتِهَاbaytihāsa maison
عَنʿande
نَّفْسِهِۦnafsihilui-même (=de l’inciter à des actes intimes)
Elle le désira et lui-même l’aurait désirée s’il n’avait vu un signe de son Seigneur. C’est ainsi que Nous l’avons préservé du péché et de l’infamie, lui que Nous avons élu parmi Nos serviteurs.
Alors que tous deux se précipitaient vers la porte, elle déchira sa tunique par derrière. Arrivés à la porte, ils se retrouvèrent face au maître de maison auquel la femme dit : « Quelle sanction mérite celui qui a voulu abuser de ton épouse sinon d’être jeté en prison ou d’être impitoyablement châtié ? »
« C’est elle qui a tenté de me séduire », se défendit Joseph. Un parent de l’épouse dit : « Si la tunique de Joseph est déchirée par devant, elle dit la vérité et c’est lui qui ment.
قَالَqālaIl a dit :
هِىَhiya« Elle
رَٰوَدَتْنِىrāwadatnīa essayé de me détourner
عَنʿande
نَّفْسِى ۚnafsīmoi-même (=de m’inciter à des actes intimes).
Constatant que la tunique était déchirée par derrière, le mari dit : « Voilà bien une ruse dont les femmes sont coutumières ! Vos ruses sont redoutables ! »
Puis, se tournant vers Joseph, il dit : « Joseph, oublie ce qui s’est produit », avant d’ajouter à l’adresse de son épouse : « Et toi, implore pardon pour le péché dont tu t’es rendue coupable. »
Des femmes, en ville, disaient : « L’épouse du grand Intendant tente de séduire son serviteur dont elle est éperdument amoureuse. Elle est manifestement dans l’erreur. »
۞ وَقَالَwaqālaEt ont dit
نِسْوَةٌۭnis'watunquelques femmes
فِىfīdans
ٱلْمَدِينَةِl-madīnatila ville :
ٱمْرَأَتُim'ra-atu« (La) femme
ٱلْعَزِيزِl-ʿazīzi(du) ministre
تُرَٰوِدُturāwiduessaye de détourner
فَتَىٰهَاfatāhāson esclave
عَنʿande
نَّفْسِهِۦ ۖnafsihilui-même (=de l’inciter à des actes intimes).
Blessée par leurs propos qui étaient parvenus à ses oreilles, elle décida de les inviter à une collation. Après les avoir installées dans un salon préparé à cet effet, elle remit à chacune un couteau avant d’ordonner à Joseph de paraître. Troublées par sa vision, incapables de contrôler leurs émotions, les femmes se tailladèrent les mains en s’exclamant : « A Allah ne plaise ! Il ne peut s’agir d’un simple mortel ! Ce ne peut être qu’un ange merveilleux ! »
فَلَمَّاfalammāDonc quand
سَمِعَتْsamiʿatelle a entendu
بِمَكْرِهِنَّbimakrihinnade leur ruse,
أَرْسَلَتْarsalatelle a envoyé
إِلَيْهِنَّilayhinnavers elles (une invitation)
وَأَعْتَدَتْwa-aʿtadatet a préparé
لَهُنَّlahunnapour elles
مُتَّكَـًۭٔاmuttaka-ande la nourriture à manger ensembles
Elle leur dit : « Voilà celui que vous me faites le reproche d’aimer. J’ai effectivement tenté de le séduire, mais il a résisté à mes avances. Or, s’il ne se plie pas à ma volonté, il sera certainement jeté en prison et vivra dans l’humiliation. »
قَالَتْqālatElle a dit :
فَذَٰلِكُنَّfadhālikunna« Voici donc
ٱلَّذِىalladhīcelui dont
لُمْتُنَّنِىlum'tunnanīvous me blâmiez
فِيهِ ۖfīhiau sujet de Lui.
وَلَقَدْwalaqadEt très certainement
رَٰوَدتُّهُۥrāwadttuhuj’ai essayé de le détourner
عَنʿande
نَّفْسِهِۦnafsihilui-même (=de l’inciter à des actes intimes)
فَٱسْتَعْصَمَ ۖfa-is'taʿṣamamais il s’est protégé.
وَلَئِنwala-inEt certainement si
لَّمْlamne pas
يَفْعَلْyafʿalil fait
مَآmāce que
ءَامُرُهُۥāmuruhuje lui ordonne,
لَيُسْجَنَنَّlayus'janannail sera très certainement emprisonné
Joseph dit : « Je préfère, Seigneur, me retrouver en prison plutôt que de céder à leurs avances. Mais si Tu ne me préserves pas de leurs intrigues, je crains de me comporter en ignorant et de succomber à la tentation. »
Deux jeunes gens entrèrent en même temps que lui en prison. L’un d’eux lui dit : « Je me suis vu en rêve en train de presser du raisin », tandis que l’autre affirma : « Quant à moi, j’ai rêvé que je portais sur la tête du pain que des oiseaux venaient picorer. Donne-nous l’interprétation de ces rêves. Tu en as visiblement la capacité. »
Joseph répondit : « Je vous expliquerai vos rêves avant que votre repas ne vous soit apporté. Cela fait partie des facultés que j’ai reçues de mon Seigneur après avoir renoncé au culte d’un peuple qui ne croit ni en Allah, ni au Jour dernier,
قَالَqālaIl a dit :
لَاlā« Ne
يَأْتِيكُمَاyatīkumāvous viendra (pas)
طَعَامٌۭṭaʿāmunde la nourriture
تُرْزَقَانِهِۦٓtur'zaqānihi(dont) vous êtes approvisionnés (de) lui
pour suivre la religion de mes ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. Il ne nous appartient pas d’associer une quelconque divinité à Allah. Cette foi pure de toute idolâtrie est une grâce d’Allah envers nous et envers les hommes, mais la plupart d’entre eux ne sont pas reconnaissants.
Mes deux compagnons de prison. Est-il préférable d’adorer une multitude de divinités ou Allah, le Dieu unique qui a soumis à Son pouvoir l’ensemble de la Création ?
Vous n’adorez, en dehors d’Allah, que des noms sans aucune réalité que vous et vos ancêtres avez inventés sans vous fonder sur la moindre preuve révélée par Lui. Il n’est d’autorité que celle d’Allah qui vous a ordonné de Lui vouer un culte exclusif et sincère. Telle est la vraie religion, mais la plupart des hommes l’ignorent.
مَاmāNe pas
تَعْبُدُونَtaʿbudūnavous adorez
مِنmind’
دُونِهِۦٓdūnihien-dehors (de) lui
إِلَّآillāsauf
أَسْمَآءًۭasmāandes noms
سَمَّيْتُمُوهَآsammaytumūhā(qui) vous les avez nommés,
Mes deux compagnons de captivité ! L’un de vous deux recommencera à servir du vin à son maître, tandis que l’autre sera crucifié avant que les oiseaux ne viennent se nourrir de sa tête. Sachez que les rêves dont vous avez demandé l’interprétation se réaliseront. »
يَـٰصَـٰحِبَىِyāṣāḥibayiÔ mes deux compagnons
ٱلسِّجْنِl-sij'ni(de) la prison !
أَمَّآammāQuant à
أَحَدُكُمَاaḥadukumā(l’)un (de) vous,
فَيَسْقِىfayasqīalors il donnera à boire
رَبَّهُۥrabbahu(à) son maître
خَمْرًۭا ۖkhamrandu vin.
وَأَمَّاwa-ammāEt quant à
ٱلْـَٔاخَرُl-ākharul’autre,
فَيُصْلَبُfayuṣ'labualors il sera crucifié
فَتَأْكُلُfatakuluet mangeront ensuite
ٱلطَّيْرُl-ṭayrules oiseaux
مِنminde
رَّأْسِهِۦ ۚrasihisa tête.
قُضِىَquḍiyaA été décidée
ٱلْأَمْرُl-amrul’affaire
ٱلَّذِىalladhīdont
فِيهِfīhiau sujet d’elle
تَسْتَفْتِيَانِtastaftiyānivous demandez un jugement. »
Se tournant vers celui dont il savait qu’il aurait la vie sauve, il dit : « Evoque mon cas devant ton maître. » Mais Satan lui fit oublier la requête de Joseph qui demeura donc plusieurs années en prison.
Le roi dit : « J’ai vu en rêve sept vaches grasses dévorées par sept vaches décharnées, mais aussi sept épis verts et sept autres desséchés. Donnez-moi l’explication de cette vision vous autres, grands d’Egypte, si vous êtes en mesure d’interpréter les rêves. »
Se souvenant de Joseph après plusieurs années, celui des deux hommes qui eut la vie sauve dit : « Moi, je vous en donnerai l’explication. Laissez-moi aller m’enquérir de leur signification. »
Une fois en sa présence, l’homme dit : « Joseph ! Toi, l’homme véridique ! Donne-nous l’interprétation de ce rêve où l’on voit sept vaches grasses dévorées par sept vaches décharnées, mais aussi sept épis verts et sept autres desséchés, afin qu’à mon retour, ceux qui m’ont envoyé en soient informés. »
Joseph répondit : « Les récoltes seront abondantes sept années consécutives au cours desquelles vous laisserez en épis les céréales que vous aurez moissonnées, à l’exception du minimum nécessaire à votre consommation.
قَالَqālaIl a dit :
تَزْرَعُونَtazraʿūna« Vous sèmerez
سَبْعَsabʿa(pendant) sept
سِنِينَsinīnaannées
دَأَبًۭاda-aban(de manière) habituelle,
فَمَاfamādonc quoi que
حَصَدتُّمْḥaṣadttumvous aurez récolté en fauchant,
Viendront ensuite sept années de disette qui épuiseront ce que vous aurez mis en réserve pour les affronter, sauf une petite quantité que vous conserverez.
Informé, le roi ordonna : « Qu’on m’amène cet homme ! » Mais lorsque l’envoyé du roi fut en sa présence, Joseph lui dit : « Retourne chez ton maître et interroge-le sur l’histoire de ces femmes qui se sont tailladé les mains. Mon Seigneur connaît parfaitement leurs intrigues. »
Le roi interrogea alors ces femmes : « Que s’est-il donc passé lorsque vous avez tenté de séduire Joseph ? » Elles dirent : « A Allah ne plaise ! Il n’a, à notre connaissance, commis aucun mal ! » La femme du grand Intendant décida de passer aux aveux : « La vérité éclate à présent. Il dit vrai, c’est moi qui ai tenté de le séduire.
قَالَqālaIl a dit :
مَاmā« Quelle (est)
خَطْبُكُنَّkhaṭbukunnavotre affaire
إِذْidhquand
رَٰوَدتُّنَّrāwadttunnavous avez essayé de détourner
يُوسُفَyūsufaJosef
عَنʿande
نَّفْسِهِۦ ۚnafsihilui-même ?
قُلْنَqul'naElles ont dit :
حَـٰشَḥāsha« Perfection
لِلَّهِlillahià Allâh !
مَاmāNe pas
عَلِمْنَاʿalim'nānous avons connu
عَلَيْهِʿalayhiau sujet de lui
مِنminde
سُوٓءٍۢ ۚsūinmal. »
قَالَتِqālatiA dit
ٱمْرَأَتُim'ra-atu(la) femme
ٱلْعَزِيزِl-ʿazīzi(du) ministre :
ٱلْـَٔـٰنَl-āna« Maintenant
حَصْحَصَḥaṣḥaṣaest devenue établie
ٱلْحَقُّl-ḥaqula vérité.
أَنَا۠anāMoi
رَٰوَدتُّهُۥrāwadttuhuj’ai essayé de le détourner
عَنʿande
نَّفْسِهِۦnafsihilui-même (=de l’inciter à des actes intimes).
J’affirme cela afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en son absence et parce que je sais qu’Allah n’assiste jamais les traîtres dans leur entreprise.
Je ne cherche pas pour autant à m’innocenter. L’homme est sans cesse poussé au mal par son âme, excepté celui que mon Seigneur, par miséricorde, préserve du péché. Mon Seigneur, en vérité, est Très Clément et Très Miséricordieux. »
۞ وَمَآwamāEt ne pas
أُبَرِّئُubarri-uje rend désavouée (de toute faute)
نَفْسِىٓ ۚnafsīmon âme.
إِنَّinnaCertes,
ٱلنَّفْسَl-nafsal’âme (est)
لَأَمَّارَةٌۢla-ammāratuncertainement très ordonnatrice
Le roi dit : « Qu’on me l’amène ici ! Je souhaite me réserver sa compagnie. » Après s’être entretenu avec lui, le roi lui dit : « Nous t’élevons aux plus hautes dignités et t’investissons de notre confiance aujourd’hui. »
وَقَالَwaqālaEt a dit
ٱلْمَلِكُl-malikule roi :
ٱئْتُونِىi'tūnī« Amenez-moi
بِهِۦٓbihi[] lui
أَسْتَخْلِصْهُastakhliṣ'hu(afin que) je le réserve
C’est ainsi que Nous avons assis l’autorité de Joseph dans ce pays où il pouvait désormais s’installer là où il le désirait. Nous touchons de Notre grâce qui Nous voulons, sans jamais laisser se perdre la récompense des hommes de bien.
وَكَذَٰلِكَwakadhālikaEt ainsi
مَكَّنَّاmakkannāavons-Nous établi
لِيُوسُفَliyūsufaJosef
فِىfīsur
ٱلْأَرْضِl-arḍila terre,
يَتَبَوَّأُyatabawwa-uil se logeait avec satisfaction
Après avoir pourvu à leur ravitaillement, il leur dit : « Revenez accompagnés d’un frère que vous avez de votre père. Ne voyez-vous pas que je fais bonne mesure et réserve le meilleur accueil ?
Joseph ordonna à ses serviteurs : « Replacez dans leurs bagages l’argent qu’ils ont déboursé, en espérant qu’en le découvrant, une fois de retour chez eux, ils seront incités à revenir. »
De retour auprès de leur père, ils dirent : « Père ! Il nous sera à l’avenir interdit de nous ravitailler si nous nous présentons sans notre frère. Laisse-le donc venir avec nous, nous saurons veiller sur lui. »
فَلَمَّاfalammāEt ensuite, quand
رَجَعُوٓا۟rajaʿūils sont retournés
إِلَىٰٓilāvers
أَبِيهِمْabīhimleur père,
قَالُوا۟qālūils ont dit :
يَـٰٓأَبَانَاyāabānā« Ô notre père !
مُنِعَmuniʿaA été empêchée
مِنَّاminnāde nous
ٱلْكَيْلُl-kaylula nourriture à volume mesuré,
فَأَرْسِلْfa-arsilenvoie donc
مَعَنَآmaʿanāavec nous
أَخَانَاakhānānotre frère
نَكْتَلْnaktal(afin que) nous obtenions de la nourriture à volume mesuré.
وَإِنَّاwa-innāEt certes, nous
لَهُۥlahu(serons) à lui
لَحَـٰفِظُونَlaḥāfiẓūnacertainement des gardiens. »
Il répondit : « Dois-je vous le confier comme autrefois je vous ai confié la garde de son frère ? Mais Allah, dont la miséricorde est sans égale, saura veiller sur lui mieux que vous. »
Découvrant, en déballant leurs bagages, que leurs biens leur avaient été rendus, ils dirent : « Que désirer de plus, père ? Nos biens nous ont été restitués. Si nous repartons avec lui, nous pourrons ravitailler notre famille, tout en veillant sur notre frère qui, par sa seule présence, nous permettra d’obtenir facilement la charge d’un âne supplémentaire. »
وَلَمَّاwalammāEt quand
فَتَحُوا۟fataḥūils ont ouvert
مَتَـٰعَهُمْmatāʿahumleurs biens,
وَجَدُوا۟wajadūils ont trouvé
بِضَـٰعَتَهُمْbiḍāʿatahumleurs marchandises
رُدَّتْruddat(dans l’état où) elles ont été rendues
إِلَيْهِمْ ۖilayhimà eux,
قَالُوا۟qālūils ont dit :
يَـٰٓأَبَانَاyāabānā« Ô notre père !
مَاmāQue
نَبْغِى ۖnabghīchercherions-nous (de plus) ?
هَـٰذِهِۦhādhihiCelles-ci (sont)
بِضَـٰعَتُنَاbiḍāʿatunānos marchandises
رُدَّتْruddat(dans l’état où) elles ont été rendues
إِلَيْنَا ۖilaynāà nous !
وَنَمِيرُwanamīruEt nous ramènerons de la provision
Jacob dit : « Je ne le laisserai vous accompagner que si vous jurez par Allah de me le ramener à moins d’être totalement vaincus. » Ayant reçu cet engagement de ses fils, il leur dit : « Allah est témoin de ce que nous disons. »
قَالَqālaIl a dit :
لَنْlan« Jamais
أُرْسِلَهُۥur'silahuje (ne) l’enverrais
مَعَكُمْmaʿakumavec vous
حَتَّىٰḥattājusqu’à-ce que
تُؤْتُونِtu'tūnivous me donniez
مَوْثِقًۭاmawthiqanun engagement
مِّنَmina(juré) sur
ٱللَّهِl-lahiAllâh
لَتَأْتُنَّنِىlatatunnanī(que) très certainement vous m’amènerez
Il leur fit cette recommandation : « Mes fils ! Gardez-vous de pénétrer dans la cité où vous vous rendez par une seule et même entrée, mais plutôt par des portes séparées. Mes conseils ne vous seront toutefois d’aucune utilité contre les décrets d’Allah auquel appartient toute décision et auquel je m’en remets entièrement. C’est à Lui, en effet, que doivent s’en remettre ceux qui cherchent un appui sûr. »
وَقَالَwaqālaEt il a dit :
يَـٰبَنِىَّyābaniyya« Ô mes fils !
لَاlāN’
تَدْخُلُوا۟tadkhulūentrez (pas)
مِنۢminpar
بَابٍۢbābinune porte
وَٰحِدٍۢwāḥidinseule
وَٱدْخُلُوا۟wa-ud'khulūmais entrez
مِنْminpar
أَبْوَٰبٍۢabwābindes portes
مُّتَفَرِّقَةٍۢ ۖmutafarriqatindifférentes.
وَمَآwamāEt ne pas
أُغْنِىugh'nīje servirai
عَنكُمʿankumà vous
مِّنَminacontre
ٱللَّهِl-lahiAllâh
مِنminen
شَىْءٍ ۖshayinquoi que ce soit.
إِنِiniN’(est) pas
ٱلْحُكْمُl-ḥuk'mule jugement
إِلَّاillāsauf
لِلَّهِ ۖlillahià Allâh.
عَلَيْهِʿalayhiEn lui
تَوَكَّلْتُ ۖtawakkaltuj’ai placé ma confiance.
وَعَلَيْهِwaʿalayhiEt en Lui
فَلْيَتَوَكَّلِfalyatawakkalique placent donc leur confiance
ٱلْمُتَوَكِّلُونَl-mutawakilūnaceux qui placent leur confiance. »
Leur entrée dans la ville, conformément aux recommandations de leur père, ne pouvait en rien les soustraire au décret d’Allah. Il s’agissait seulement d’une précaution que Jacob ressentit le besoin de prendre. Il savait parfaitement, comme Nous le lui avons enseigné, que rien ne peut modifier Nos arrêts, ce que la plupart des hommes ignorent.
Lorsqu’ils se présentèrent à Joseph, ce dernier dit en aparté à son frère Benjamin : « Je suis ton frère. Ne sois donc plus attristé par leur conduite passée. »
Après avoir fait charger leurs montures, Joseph ordonna qu’une coupe soit dissimulée dans les bagages de son frère. Puis un homme les interpella : « Caravaniers ! Vous êtes des voleurs ! »
فَلَمَّاfalammāEt ensuite, quand
جَهَّزَهُمjahhazahumil leur a fourni
بِجَهَازِهِمْbijahāzihim[] leur provision,
جَعَلَjaʿalail a placé
ٱلسِّقَايَةَl-siqāyatale récipient à boire
فِىfīdans
رَحْلِraḥli(la) sacoche
أَخِيهِakhīhi(de) son frère
ثُمَّthummapuis
أَذَّنَadhanaa annoncé
مُؤَذِّنٌmu-adhinunun annonciateur :
أَيَّتُهَاayyatuhā« Ô
ٱلْعِيرُl-ʿīru[la] caravane !
إِنَّكُمْinnakumCertes, vous (êtes)
لَسَـٰرِقُونَlasāriqūnacertainement des voleurs ! »
Ils répondirent : « Nous cherchons la coupe du roi. Celui qui la rapportera obtiendra la charge d’un âne. » « Je m’en porte garant », ajouta l’un d’eux.
Les frères de Joseph dirent : « Par Allah ! Vous savez très bien que nous ne sommes pas venus dans ce pays pour commettre le mal et que nous ne sommes pas des voleurs. »
Ils répondirent : « Celui dans les bagages duquel la coupe sera découverte devra, en punition de son geste, être livré à sa victime. C’est ainsi que nous punissons les voleurs. »
قَالُوا۟qālūIls ont dit :
جَزَٰٓؤُهُۥjazāuhu« Sa récompense non-diminuée,
مَنmanquiconque
وُجِدَwujidail est trouvé
فِىfīdans
رَحْلِهِۦraḥlihisa sacoche,
فَهُوَfahuwaalors il (est lui-même)
جَزَٰٓؤُهُۥ ۚjazāuhusa récompense (=le voleur deviendra esclave de celui dont il a volé).
Joseph commença par examiner leurs bagages avant ceux de son frère dont il finit par extraire la coupe. C’est ainsi que Nous avons inspiré cette manœuvre à Joseph qui ne pouvait se saisir de son frère selon la loi du pays, à moins qu’Allah n’en décide ainsi. Nous élevons en rang qui Nous voulons. Mais il n’est d’érudit qui ne trouve plus savant que lui.
فَبَدَأَfabada-aEt il a ensuite commencé
بِأَوْعِيَتِهِمْbi-awʿiyatihimpar leurs récipients
Les frères de Joseph dirent : « S’il a volé, l’un de ses frères a dû agir de la sorte avant lui. » Joseph, qui ne montra aucune réaction, se dit en lui-même : « Votre conduite est encore plus infâme. Mais Allah sait la vilénie de vos calomnies. »
Joseph répondit : « Qu’Allah nous garde de retenir un autre homme que celui chez qui nous avons retrouvé notre bien. Nous serions vraiment injustes en agissant ainsi. »
Désespérant de le fléchir, ils se mirent à l’écart pour se concerter. L’aîné dit : « Avez-vous oublié que vous avez pris un engagement envers votre père et que déjà vous avez manqué à votre parole au sujet de Joseph ? Je ne quitterai donc pas ce pays avant que mon père ne me l’ait permis ou qu’Allah, le plus équitable des juges, n’ait rendu Son jugement en ma faveur.
Retournez auprès de notre père et dites-lui : « Père ! Ton fils a commis un vol. Nous ne rapportons que ce dont nous avons été témoins, sans savoir ce qui s’est réellement produit.
Le père répliqua : « Voilà plutôt un forfait que vous vous êtes plu à tramer. Il ne me reste plus qu’à m’armer de patience avec la plus grande dignité. Allah, l’Omniscient, l’infiniment Sage, me les rendra peut-être tous un jour. »
Se détournant d’eux, il ajouta : « Comme je suis triste de l’absence de Joseph ! » La prunelle de ses yeux avait blanchi à cause de la douleur qui l’accablait et qu’il avait de la peine à contenir.
Mes fils ! Allez donc vous enquérir du sort de Joseph et de son frère, sans jamais désespérer de la miséricorde d’Allah. Seuls les impies désespèrent de la miséricorde du Seigneur. »
Lorsqu’ils furent en présence de Joseph, ils dirent : « Grand Intendant ! Nous souffrons, nous et les nôtres, de la disette et n’avons apporté qu’une somme modique. Fais-nous, malgré cela, bonne mesure et sois charitable. Allah récompense toujours les âmes charitables. »
Ils s’exclamèrent : « Serais-tu Joseph ?! » Il répondit : « Je suis, en effet, Joseph et celui-ci est mon frère. Allah nous a comblés de Ses faveurs. Que celui qui craint le Seigneur et supporte patiemment les épreuves sache qu’Allah ne laisse jamais se perdre la récompense des hommes de bien. »
L’homme qui lui apporta l’heureuse nouvelle plaça la tunique sur le visage de Jacob qui aussitôt recouvra la vue. Il dit : « Ne vous ai-je pas dit qu’Allah m’a révélé des choses que vous ignorez ? »
فَلَمَّآfalammāEt ensuite, quand
أَنan[qu’]
جَآءَjāaest arrivé
ٱلْبَشِيرُl-bashīrul’annonciateur de bonnes nouvelles,
Lorsque Jacob et sa famille se présentèrent à Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère en disant : « Entrez en Egypte où, par la volonté d’Allah, vous vivrez en toute sécurité. »
فَلَمَّاfalammāEt ensuite, quand
دَخَلُوا۟dakhalūils sont entrés
عَلَىٰʿalāauprès de
يُوسُفَyūsufaJosef,
ءَاوَىٰٓāwāil a pris
إِلَيْهِilayhivers lui
أَبَوَيْهِabawayhises deux parents
وَقَالَwaqālaet a dit :
ٱدْخُلُوا۟ud'khulū« Entrez
مِصْرَmiṣ'ra(l’)Égypte,
إِنinsi
شَآءَshāa(le) veut
ٱللَّهُl-lahuAllâh,
ءَامِنِينَāminīna(en étant) des gens en sécurité. »
Il fit asseoir ses père et mère à ses côtés sur son trône, puis tous se prosternèrent devant lui. Joseph dit : « Père ! Voici que mon rêve d’autrefois se réalise par la volonté d’Allah qui m’a comblé de Ses faveurs en me faisant sortir de prison et en vous faisant venir du désert après que Satan eut semé la division entre mes frères et moi. Mon Seigneur, l’Omniscient, l’infiniment Sage, se montre bienveillant envers qui Il veut.
Seigneur ! Tu m’as investi d’une part d’autorité et m’as appris à interpréter les rêves. Toi, Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon Maître ici-bas et dans l’au-delà. Fais-moi rejoindre, à ma mort, les croyants vertueux en homme entièrement soumis à Ta volonté ! »
۞ رَبِّrabbiMon Maître !
قَدْqadCertainement
ءَاتَيْتَنِىātaytanīTu m’as donné
مِنَminade
ٱلْمُلْكِl-mul'kila souveraineté
وَعَلَّمْتَنِىwaʿallamtanīet Tu m’as enseigné
مِنminde
تَأْوِيلِtawīli(l’)explication
ٱلْأَحَادِيثِ ۚl-aḥādīthi(des) récits (de rêves).
فَاطِرَfāṭiraCréateur qui rend manifeste sa création
ٱلسَّمَـٰوَٰتِl-samāwāti(des) cieux
وَٱلْأَرْضِwal-arḍiet (de) la terre !
أَنتَantaTu es
وَلِىِّۦwaliyyīmon Allié Protecteur
فِىfīdans
ٱلدُّنْيَاl-dun'yāl’ici-bas
وَٱلْـَٔاخِرَةِ ۖwal-ākhiratiet l’au-delà !
تَوَفَّنِىtawaffanīFais-moi mourir
مُسْلِمًۭاmus'liman(en tant que) musulman
وَأَلْحِقْنِىwa-alḥiq'nīet fais-moi rejoindre
بِٱلصَّـٰلِحِينَbil-ṣāliḥīna[avec] les vertueux. »
Ce sont là des événements inconnus de toi que Nous te révélons. Tu n’étais pas parmi eux lorsque les frères de Joseph décidaient de commettre leur forfait.
Dis : « Voici ma voie : j’appelle les hommes, avec la plus grande clairvoyance, à vouer un culte exclusif et sincère à Allah, imité en cela par ceux qui me suivent. Gloire à Allah ! Je ne suis point du nombre des païens. »
Nous n’avons suscité avant toi, pour recevoir Nos révélations, que des hommes vivant dans les cités. N’ont-ils pas parcouru le monde et médité le sort de leurs devanciers ? La Demeure dernière est bien meilleure pour ceux qui craignent le Seigneur. Etes-vous donc dépourvus de toute raison ?
C’est seulement lorsque les Messagers perdaient tout espoir de voir les leurs croire en eux que Nous leur portions secours, sauvant alors ceux que Nous choisissions. Notre châtiment ne saurait être écarté des criminels.
حَتَّىٰٓḥattā(Ils les ont démentis) jusqu’à-ce que,
إِذَاidhāquand
ٱسْتَيْـَٔسَis'tayasaont désespéré
ٱلرُّسُلُl-rusuluLes Messagers
وَظَنُّوٓا۟waẓannūet (qu’)ils (=les mécréants) ont pensé
Il est certainement dans leur récit des leçons pour des hommes doués de raison. Le Coran n’est pas une invention, mais la confirmation des Ecritures antérieures et l’exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour les croyants.