Hadith 22 de Nawawi : « Que penses-tu : si j'accomplis les prières obligatoires, jeûne… »

Accueil > Les 40 Hadiths de Nawawi > Hadith 22 de Nawawi

Hadith numéro 22 du recueil des 40 hadiths de l'imam an-Nawawi, en traduction française fidèle.

Mis à jour le 10 septembre 2026 à 02h45

📖 22 min de lecture

Texte du hadith

D'après Abou Abdallah Jabir ibn Abdallah al-Ansari (qu'Allah agrée les deux), qu'un homme interrogea le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et dit : « Que penses-tu : si j'accomplis les prières obligatoires, jeûne le mois de Ramadan, tiens pour licite ce qui est licite et pour illicite ce qui est illicite, sans rien ajouter à cela, entrerai-je au Paradis ? » Il dit : « Oui. » Rapporté par Mouslim.

Le recueil

Ce hadith appartient au recueil des 40 hadiths de l'imam an-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde), le recueil le plus étudié au monde : fondements de la foi, de l'adoration et du caractère, toutes des narrations authentiques.

Version arabe avec le commentaire d'Ibn Rajab

rendent licite son licite, interdisent son interdit, sans le déformer de ses places.

Ce qui est entendu par le licenciement et l'interdiction

Le visé par l'interdiction et le licenciement est l'acte du licite, et l'évitement de l'illicite, comme mentionné dans ce hadith. Allah, le Très-Haut, a dit, au sujet des mécréants changeant l'interdiction des mois sacrés :

« Le mois décalé n'est qu'une addition dans la mécréance : les mécréants s'y égarent : ils le rendent licite une année, et l'interdisent une année : pour s'accorder au nombre de ce qu'Allah a interdit. »

At-Tawba, 37

Le sens : ils combattaient en un mois sacré une année, le rendant licite par cela ; s'abstenaient du combat une année, l'interdisant par cela. Et Allah, le Puissant et Majestueux, a dit :

« ô vous qui avez cru ! N'interdisez pas les bonnes choses qu'Allah vous a rendues licites, et ne dépassez pas : Allah n'aime pas les dépassants. Et mangez de ce qu'Allah vous a attribué, licite et bon. »

Al-Ma'ida, 87-88

Ce verset descendit à cause d'un peuple s'abstenant de prendre certaines bonnes choses, par détachement du bas-monde et ascèse ; certains se l'interdirent à eux-mêmes, soit par serment juré, soit par interdiction sur soi : tout cela ne rend pas la chose illicite en elle-même ; certains s'en abstenaient sans serment ni interdiction : tous furent nommés interdiction, visant l'abstention : nuisant à l'âme et la retenant de ses désirs.

On dit en exemples : « un tel ne licencie pas et n'interdit pas », quand il ne s'abstient pas de faire un illicite, ni ne s'arrête quand il lui est permis : quand bien même il croirait l'illicite interdit : ils font alors de celui qui a fait l'illicite sans s'en garder un licencieur, quand bien même il ne croirait pas sa licéité. En tout état, ce hadith indique que celui qui accomplit les obligatoires et s'abstient des interdits entre au Paradis.

La multiplicité des hadiths en ce sens

Les hadiths du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) en ce sens, ou proche, sont multiples (tawatur) : an-Nasa'i, Ibn Hibban et al-Hakim rapportent du hadith d'Abou Hourayra et d'Abou Sa'id, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « Nul serviteur qui fait les cinq prières, jeûne Ramadan, donne la zakat, et évite les sept grands péchés : sans que les portes du Paradis ne lui soient ouvertes : il entre par laquelle il veut. » Puis il récita :

« Si vous évitez les grands péchés dont on vous interdit : Nous expierons vos mauvaises actions, et vous ferons entrer par une entrée honorable. »

An-Nisa, 31

Et l'imam Ahmad et an-Nasa'i rapportent du hadith d'Abou Ayyoub al-Ansari, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « Celui qui adore Allah sans Lui associer rien, établit la prière, donne la zakat, jeûne Ramadan, et évite les grands péchés : le Paradis lui est dû, ou il entre au Paradis. » Et dans le Mousnad, d'Ibn Abbas, qu'Allah agrée les deux : Dammam ibn Tha'laba fit une délégation au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : il lui mentionna les cinq prières, le jeûne, la zakat, le pèlerinage, et les lois de l'islam toutes ; quand il finit, il dit : j'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, et que Mouhammad est le messager d'Allah ; j'accomplirai ces obligatoires, et éviterai ce dont tu m'interdis : sans augmenter ni diminuer. Il dit (le Messager d'Allah, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : « s'il dit vrai : il entre au Paradis. » Et at-Tabarani le rapporte par une autre voie ; et dans son hadith il dit : « et le cinquième n'a aucun intérêt pour moi », c'est-à-dire les turpitudes ; puis il dit : « je les éviterai ; et celui qui m'obéit » : le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit : « s'il dit vrai : il entrera au Paradis. » Et dans le Sahih de Boukhari, d'Abou Ayyoub al-Ansari, qu'Allah l'agrée : un homme dit au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : informe-moi d'une œuvre qui me fait entrer au Paradis. Il dit : « Adore Allah sans Lui associer rien, établis la prière, donne la zakat, et maintiens la parenté. » Mouslim le rapporte, sauf que chez lui il dit : « informe-moi d'une œuvre qui me rapproche du Paradis et m'éloigne du Feu. » Et chez lui, dans une narration, quand il tourna le dos, le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit : « s'il s'accroche à ce dont il fut ordonné : il entrera au Paradis. » Et dans les deux recueils authentiques, d'Abou Hourayra, qu'Allah l'agrée : un Bédouin dit : ô Messager d'Allah ! Oriente-moi vers une œuvre : si je l'accomplis, j'entre au Paradis. Il dit : « Adore Allah sans Lui associer rien, établis la prière prescrite, donne la zakat obligatoire, et jeûne Ramadan. » Il dit : par Celui qui t'a envoyé avec la vérité : je n'y ajouterai jamais rien, ni n'en diminuerai. Quand il partit, le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit : « Celui qui se réjouit de regarder un homme des gens du Paradis : qu'il regarde celui-ci. » Et dans les deux recueils authentiques, de Talha ibn Obayd Allah, qu'Allah l'agrée : un Bédouin vint au Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), les cheveux dénoués, et dit : ô Messager d'Allah ! Informe-moi de ce qu'Allah m'a prescrit de prière. Il dit : « les cinq prières, sauf si tu es volontaire pour quelque chose. » Il dit : informe-moi de ce qu'Allah m'a prescrit de jeûne. Il dit : « le mois de Ramadan, sauf si tu es volontaire pour quelque chose. » Il dit : informe-moi de ce qu'Allah m'a prescrit de zakat. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) l'informa des lois de l'islam : il dit : par Celui qui t'a honoré avec la vérité : je ne serai volontaire pour rien, ni ne diminuerai de ce qu'Allah m'a prescrit quoi que ce soit. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit : « il a réussi, s'il dit vrai » ; ou : « il entrera au Paradis, s'il dit vrai. » Et son libellé est celui de Boukhari. Et dans le Sahih de Mouslim, d'Anas, qu'Allah l'agrée : un Bédouin interrogea le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : il le mentionne dans le sens, et ajoute : « le pèlerinage de la Maison, pour qui en trouve le chemin. » Il dit : par Celui qui t'a envoyé avec la vérité : je n'y ajouterai pas, ni n'en diminuerai. Le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit : « s'il dit vrai : il entrera au Paradis. »

Le dessein du Bédouin

Le dessein du Bédouin : ne pas augmenter sur la prière prescrite, la zakat obligatoire, le jeûne de Ramadan et le pèlerinage de la Maison, en quelque chose de volontaire : non qu'il ne veut agir par rien des lois de l'islam et de ses obligatoires hors cela.

Pourquoi l'évitement des interdits n'est-il pas mentionné ?

Dans ces hadiths, l'évitement des interdits n'est pas mentionné : car le questionneur lui demanda les œuvres par lesquelles son auteur entre au Paradis : et ce sont ces œuvres.

Ce sont ces œuvres

At-Tirmidhi rapporte du hadith d'Abou Oumama, qu'Allah l'agrée, qui dit : j'ai entendu le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) prêcher au pèlerinage de l'adieu, disant : « ô gens ! Craignez Allah, faites vos cinq prières, jeûnez votre mois, donnez la zakat de vos biens, et obéissez à votre chef : vous entrerez au Paradis de votre Seigneur. » Et il dit : bien, authentique. Et l'imam Ahmad le rapporte : chez lui : « adorez votre Seigneur », à la place de sa parole : « craignez Allah. » Et Buqi ibn Makhlad le rapporte dans son Mousnad par une autre voie, le libellé de son hadith : « faites vos cinq prières, jeûnez votre mois, pèlerine votre Maison, donnez la zakat de vos biens, l'âme contente : vous entrerez au Paradis de votre Seigneur. » Et l'imam Ahmad rapporte par sa chaîne d'Ibn al-Mountafiq, qui dit : je suis venu au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), alors qu'il était à Arafat, et j'ai dit : deux choses je T'interroge : ce qui me sauve du Feu, et ce qui me fait entrer au Paradis ? Il dit : « si tu as été bref dans la question, tu as demandé grand : retiens-toi donc de moi : adore Allah sans Lui associer rien, établis la prière prescrite, donne la zakat obligatoire, jeûne Ramadan, et ce que tu aimes que les gens te fassent : fais-le-leur ; et ce que tu détestes qu'ils te viennent : laisse-le-leur. » Et dans une narration de lui aussi, il dit : « crains Allah sans Lui associer rien, établis la prière, donne la zakat, pèlerine la Maison, et jeûne Ramadan » : sans ajouter plus. On dit : ce Compagnon est le délégué des fils d'al-Mountafiq, nommé Laqit. Ces œuvres sont donc des causes suffisantes d'entrée au Paradis.

Commettre les interdits peut empêcher l'entrée au Paradis

Commettre les interdits peut être des obstacles : l'indique ce que rapporte l'imam Ahmad du hadith d'Amr ibn Mourra al-Juhani, qui dit : un homme vint au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et dit : ô Messager d'Allah ! J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, et que tu es le messager d'Allah ; j'ai fait les cinq prières, donné la zakat de mon bien, et jeûné le mois de Ramadan ? Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit : « Celui qui meurt sur cela sera avec les prophètes, les véridiques et les martyrs au Jour de la Résurrection, ainsi » ; et il dressa ses deux doigts ; « sauf s'il désobéit à ses parents. »

L'énoncé de l'entrée au Paradis par certaines œuvres

L'entrée au Paradis par l'accomplissement de certaines de ces œuvres, comme la prière, est venue : dans le hadith célèbre : « Celui qui fait les prières à leurs heures a auprès d'Allah un pacte qu'Il le fasse entrer au Paradis. » Et dans le hadith authentique : « Celui qui fait les deux prières froides entre au Paradis. »

Des œuvres ne suffisant pas sans autres œuvres

Tout cela est de la mention de la cause suffisante dont l'œuvre ne s'accomplit que par la réunion de ses conditions et l'absence de ses obstacles : l'indique ce que rapporte l'imam Ahmad de Bachir ibn al-Khasasiyya, qui dit : je suis venu au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) pour lui prêter serment : il me conditionna d'attester qu'il n'y a de divinité qu'Allah, que Mouhammad est Son serviteur et Son messager, d'établir la prière, de donner la zakat, de faire le pèlerinage de l'islam, de jeûner Ramadan, et de combattre dans le chemin d'Allah. Je dis : ô Messager d'Allah ! Deux choses, par Allah, je ne les supporterai pas : le jihad, et l'aumône. (Car ils prétendirent que celui qui donne l'arrière-train devient porteur de la colère d'Allah : je craignis donc, si cette situation survenait, que mon âme fût avide, détestant la mort ; et l'aumône : par Allah, je n'ai que du butin et dix chameaux, étant la charge de ma famille et leurs montures.) Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) saisit donc sa main, puis la remua, et dit : « ni jihad ni aumône : par quoi donc entrerais-tu au Paradis ? » Je dis : alors, ô Messager d'Allah : je te prêterai serment. Je lui prêtai donc serment sur tout cela.

Des majeurs empêchant l'entrée au Paradis

Dans ce hadith donc : ces attributs ne suffisent pas pour l'entrée au Paradis sans la zakat et le jihad. Et il est établi dans les hadiths authentiques que commettre certains majeurs empêche l'entrée au Paradis : comme sa parole : « n'entrera pas au Paradis le coupable d'injustice » ; et sa parole : « n'entrera pas au Paradis celui qui a dans son cœur le poids d'une fourmi d'orgueil » ; et sa parole : « vous n'entrerez pas au Paradis tant que vous ne croirez pas, et vous ne croirez pas tant que vous ne vous aimerez pas. » Et par la dette : les hadiths venus sur l'empêchement d'entrée au Paradis jusqu'au paiement. Et par les injustices : dans le recueil authentique : quand les croyants traversent le Pont, ils sont retenus sur un pont : on leur réclame les injustices survenues entre eux dans le bas-monde. Et par le péché : certains pieux anciens disent : « l'homme peut être retenu à la porte du Paradis cent ans par un péché qu'il commettait dans le bas-monde. » Tout cela est des obstacles.

L'apparent du sens des autres hadiths

De là apparaît le sens des hadiths venus sur l'entrée au Paradis par le seul unicité : dans les deux recueils authentiques, d'Abou Dhar, qu'Allah l'agrée, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « Nul serviteur qui dit : il n'y a de divinité qu'Allah, puis meurt sur cela : sans entrer au Paradis. » Je dis : quand bien même il forniquerait et volerait ? Il dit : « quand bien même il forniquerait et volerait » ; il le dit trois fois ; puis dit à la quatrième : « malgré le nez d'Abou Dhar ! » Abou Dhar sortit donc en disant : quand bien même le nez d'Abou Dhar serait humilé ! Et dans les deux, d'Obada ibn as-Samit, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « Celui qui atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, seul, sans associé, et que Mouhammad est Son serviteur et Son messager, et que Issa est le serviteur d'Allah et Son messager, Sa parole qu'Il jeta en Maryam, et un esprit de Lui, et que le Paradis est vrai, et le Feu vrai : Allah le fait entrer au Paradis, sur ce qui fut de l'œuvre. » Et dans le Sahih de Mouslim, d'Abou Hourayra ou d'Abou Sa'id (avec le doute), du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qu'il a dit : « Celui qui atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, et que je suis le messager d'Allah : ne rencontre pas Allah avec ces deux un serviteur doutant d'eux, sans être voilé du Paradis. » Et dans le même recueil, d'Abou Hourayra, qu'Allah l'agrée, que le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) lui dit un jour : « Celui que tu rencontres attestant qu'il n'y a de divinité qu'Allah, son cœur en étant convaincu : annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis. » Dans le sens, des hadiths très nombreux. Et dans les deux recueils authentiques, d'Anas : que le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit un jour à Mou'adh : « Nul serviteur attestant qu'il n'y a de divinité qu'Allah, et que Mouhammad est Son serviteur et Son messager, sans qu'Allah ne l'interdise au Feu. » Et dans les deux, d'Itban ibn Malik, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « Allah a interdit au Feu celui qui dit : il n'y a de divinité qu'Allah, recherchant par elle le visage d'Allah. »

Ce que visent ces hadiths

Une partie des savants a dit : la parole d'unicité est une cause suffisante d'entrée au Paradis et de salut du Feu : mais elle a des conditions : l'apport des obligatoires ; et des obstacles : l'évitement des majeurs.

La condition du salut par la parole d'unicité

Al-Hasan dit au Farazdaq : « il y a des conditions à il n'y a de divinité qu'Allah : garde-toi de lancer sur les protégées. » On rapporte de lui : « voici le poteau : où est la corde ? » : la parole d'unicité est le poteau de la tente : mais la tente ne tient pas sans ses cordes : qui sont les actes des obligatoires et le laisser des interdits. On dit à al-Hasan : des gens disent : celui qui dit : il n'y a de divinité qu'Allah : entre au Paradis ? Il dit : « celui qui dit : il n'y a de divinité qu'Allah, accomplissant son droit et ses obligations : entre au Paradis. » On dit à Wahb ibn Mouannabih : n'est-ce pas : il n'y a de divinité qu'Allah : la clé du Paradis ? Il dit : « oui : mais pas de clé sans dents : si tu viens avec une clé ayant des dents : elle t'ouvre ; sinon elle ne t'ouvre pas. » Cela ressemble à ce qui est rapporté d'Ibn Omar : interrogé sur la parole d'unicité : une œuvre nuit-elle avec elle, comme une œuvre ne sert pas avec son abandon ? Ibn Omar dit : « compte dix, et ne t'y laisse pas abuser. »

Une autre explication du visé

Une partie d'entre eux, parmi eux ad-Dahhak et az-Zouhri, a dit : cela fut avant les obligatoires et les punitions. Certains d'entre eux ont indiqué qu'elle fut abrogée : d'autres ont dit : plutôt des conditions y furent ajoutées : et l'addition de conditions est-elle une abrogation ou non ? Désaccord célèbre entre les théologiens. Tout cela est discutable : car beaucoup de ces hadiths sont postérieurs aux obligatoires et aux punitions. Et ath-Thawri a dit : « les obligatoires et les punitions les ont abrogée » : il est donc possible que son dessein soit celui de ces gens : et il est possible que son dessein soit que l'obligation des obligatoires et des punitions montre par elle que les punitions du bas-monde ne tombent pas par les seules deux attestations : pareillement les punitions de l'au-delà. Et pareille explication et levée d'ambiguïté : les pieux anciens l'appelaient abrogation : sans être abrogation au sens technique célèbre.

Une troisième explication

Une partie a dit : ces textes absolus sont venus restreints : qu'il les dise avec vérité et sincérité : et leur sincérité et vérité empêchent avec eux la persistance dans la désobéissance. Et dans les moursal d'al-Hasan, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : « Celui qui dit : il n'y a de divinité qu'Allah, avec sincérité : entre au Paradis. » On dit : et quelle est sa sincérité ? Il dit : « qu'elle te retienne de ce qu'Allah a interdit. » Et cela est rapporté relié par d'autres voies faibles.

L'explication de la parole d'al-Hasan al-Basri

Al-Hasan indiqua peut-être par sa parole que nous avons rapportée de lui précédemment cela : car le cœur qui se réalise par le sens de la parole d'unicité, sa vérité et sa sincérité requièrent que s'y enracine la divinisation d'Allah seul : par vénération, révérence, crainte, amour, espérance, exaltation et confiance : s'y remplissant par cela : et la divinisation de tout autre des créatures s'en exclut : quand il est ainsi, il ne reste en lui ni amour ni volonté ni recherche de ce qu'Allah ne veut pas et n'aime pas : toutes les passions des âmes, leurs volontés et les obsessions du démon sont exclues du cœur. Celui donc qui aime quelque chose ou lui obéit, aimant par lui et haïssant par lui : celui-là est son dieu. Celui qui n'aime et ne hait que pour Allah, ne s'allie et ne s'oppose que pour Lui : Allah est véritablement son dieu.

Celui qui fait de sa passion son dieu

Celui qui aime pour sa passion, hait pour elle, s'y allie et s'y oppose : sa passion est son dieu : comme dit le Très-Haut :

« As-tu vu celui qui fait de sa passion son dieu ? »

Al-Fourqane, 43

Al-Hasan a dit : « c'est celui qui ne désire rien sans s'y plonger. » Et Qatada a dit : « c'est celui qui, chaque fois qu'il désire une chose, s'y plonge ; et chaque fois qu'il envie une chose, y va : ni scrupule ni piété ne l'en retiennent. » Et on rapporte du hadith d'Abou Oumama, en forme élevée : « Nul dieu adoré en dehors d'Allah sous l'ombre du ciel plus grand auprès d'Allah qu'une passion suivie. » Et pareillement celui qui obéit au démon dans la désobéissance d'Allah l'a adoré : comme dit Allah, le Puissant et Majestueux :

« Ne t'ai-Je pas engagé, ô fils d'Adam, à ne pas adorer le démon ? Il est pour toi un ennemi manifeste. »

Ya-Sin, 60

Quand le sens de la parole d'unicité se réalise-t-il ?

Il apparaît donc par cela que le sens de la parole « il n'y a de divinité qu'Allah » ne se réalise véritablement que pour celui dont le cœur n'a ni persistance dans l'amour de ce qu'Allah déteste, ni volonté de ce qu'Allah ne veut pas : quand il y a dans le cœur quelque chose de cela : c'est une déficience dans l'unicité : c'est une espèce de l'associationnisme caché. C'est pourquoi Moujahid, à Sa parole :

« Et ne Lui associez rien. »

An-Nisa, 48

a dit : « n'aimez rien autre que Moi. » Et dans le Sahih d'al-Hakim, d'Aicha, qu'Allah l'agrée, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « L'associationnisme est plus caché que la démarche de la fourmi sur le rocher, dans la nuit obscure : et le plus proche de cela : aimer sur quelque injustice, et haïr sur quelque justice : et qu'est-ce que la religion, sinon l'amour et la haine ? Allah, le Puissant et Majestueux, dit : »

« Dis : si vous aimez Allah, suivez-moi : Allah vous aimera. »

Al Imran, 31

[Aimer ce qu'Allah déteste : associationnisme :] Voilà un texte que l'amour de ce qu'Allah déteste, et la haine de ce qu'Allah aime : suivant la passion, l'alliance dessus et l'opposition : sont de l'associationnisme caché. Et Ibn Abi ad-Dunya rapporte du hadith d'Anas, en forme élevée : « il n'y a de divinité qu'Allah » « ne cesse de retenir les serviteurs de la colère d'Allah, tant qu'ils ne préfèrent pas leur bas-monde au marché de leur religion : quand ils préfèrent le marché de leur bas-monde à leur religion, puis disent : il n'y a de divinité qu'Allah : Allah la leur rend, et dit : vous avez menti. »

La clarté du sens de la parole d'unicité

Le sens de sa parole apparaît donc par cela : « celui qui atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, véridique de son cœur : Allah l'interdit au Feu » : et que celui des gens de cette parole qui entre au Feu : c'est par la rareté de sa véracité en la disant : car cette parole, quand elle est véridique : purifie du cœur tout ce qui est autre qu'Allah : celui donc qui est véridique en disant « il n'y a de divinité qu'Allah » n'aime pas autre qu'Allah, n'espère que Lui, ne craint qu'Allah, ne se fie qu'à Allah : il ne lui reste rien de la trace de son âme et de sa passion. Quand il reste dans le cœur une trace d'autre qu'Allah : c'est par la rareté de la véracité en sa parole.

Des effets de l'unicité

Le feu de la Géhenne s'éteint par la lumière de la foi des unicistes : comme dans le hadith célèbre : « le Feu dit au croyant : approche, ô croyant : ta lumière a éteint ma flamme. » Et dans le Mousnad de l'imam Ahmad, de Jabir, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « il ne restera ni vertueux ni pervers sans entrer en elle : elle sera sur les croyants fraîcheur et salut, comme elle le fut sur Ibrahim : au point que le Feu a un vacarme de leur fraîcheur. » Voilà un héritage que les croyants héritèrent de l'état d'Ibrahim, sur lui la paix et le salut : le feu de l'amour dans les cœurs des croyants, le feu de la Géhenne le craint. Al-Jounayd, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : le Feu dit : ô Seigneur ! Si je ne T'obéissais pas : me châtierais-Tu par quelque chose plus dur que moi ? Il dit : oui : Je ferais régner sur toi Mon grand feu. Elle dit : et y a-t-il un feu plus grand et plus dur que moi ? Il dit : oui : le feu de Mon amour, que J'ai fait demeurer dans les cœurs de Mes amis croyants. De cela certains disent : « dans le cœur de l'amant est un feu de passion... plus chaud que le feu de la Géhenne : le plus froid d'eux. » Le témoigne le hadith de Mou'adh, du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), qui dit : « Celui dont la dernière parole est : il n'y a de divinité qu'Allah : entre au Paradis. » Le mourant ne la dit presque qu'avec sincérité, repentir, regret de ce qui est passé, et résolution de ne pas revenir à pareil. Al-Khattabi a préféré cet avis dans un livre singulier sur l'unicité : et c'est bien.