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Halima as-Sa’diyya, nourrice du Prophète Mohamed : l’année de sécheresse, la bénédiction du lait, la fente de la poitrine par Jibril, le sceau de la prophétie et la grâce envers Hawazin à Hunayn.
Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07
Le chapitre de l’allaitement du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) par la noble nourrice Halima bint Abi Dhou’ayb as-Sa’diyya, et des bénédictions et des signes de prophétie qui se manifestèrent à cette occasion. Ibn Ishaq a dit : on chercha pour lui (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) une nourrice, et ce fut Halima bint Abi Dhou’ayb as-Sa’diyya. Son fils était nommé Abdallah ibn al-Harith ibn Chijna ibn Jabir ibn Rizam ibn Nasira ibn Sa’d ibn Bakr ibn Hawazin ibn Mansour ibn Ikrima ibn Khasafa ibn Qays ibn Aylan ibn Mudar. Le mari de Halima, qui partagea avec elle son allaitement, était al-Harith ibn Abd al-Ouzza ibn Rifa’a ibn Mallan ibn Nasira ibn Sa’d ibn Bakr ibn Hawazin. Les frères et sœurs de lait du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) étaient Abdallah ibn al-Harith, Ounaysa bint al-Harith, et Houzafa bint al-Harith, qui était Chayma’ : et l’on rapporte qu’elle tenait le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dans ses bras, avec sa mère, lorsqu’il demeurait chez eux.
Ibn Ishaq a dit : me raconta Jahm ibn Abi Jahm, affranchi d’une femme de Banu Tamim qui demeurait chez al-Harith ibn Hatib, d’après celui qui entendit Abdallah ibn Ja’far ibn Abi Talib, d’après ce qui fut rapporté de Halima fille d’al-Harith : « Je vins à La Mecque avec des femmes de Banou Sa’d, cherchant à prendre des nourrissons : et al-Waqidi mentionna, par sa propre chaîne, qu’elles étaient dix femmes de Banou Sa’d ibn Bakr venues pour cela. Ce fut une année blanche de sécheresse : j’étais montée sur une ânesse grisonnante, épuisée par la route, avec notre nourrisson et notre fils aîné. Par Allah, elle ne donnait pas une goutte, et nous ne dormions pas deux nuits entières avec ce nourrisson : mon sein ne donnait rien qui pût le rassasier, et notre chamelle rien qui pût le nourrir. Mais nous espérions la pluie et le soulagement. »
« Ma monture était si accablée par la caravane que cela parut à tous une faiblesse et une maigreur. Nous arrivâmes à La Mecque, et par Allah, je ne connus pas une seule femme de nos compagnes qui n’eût déjà pris un nourrisson : et le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avait été présenté à chacune, et chacune l’avait refusé quand on disait : c’est un orphelin, nous l’avons laissé ; et nous disions : que pourrait bien nous faire sa mère ? On n’attend de générosité que du père : mais que pourrait bien nous faire sa mère ? Par Allah, il ne resta aucune de mes compagnes qui n’eût pris un nourrisson autre que moi. »
« Lorsque nous ne trouvâmes que lui, et que nous résolûmes de repartir, je dis à mon mari al-Harith ibn Abd al-Ouzza : par Allah, il me déplaît fort de rentrer de chez mes compagnes sans nourrisson : allons donc vers cet orphelin et prenons-le. Il dit : rien ne t’empêche de le faire, et peut-être qu’Allah placera en lui une bénédiction pour nous. Je partis donc le prendre, et par Allah, je ne le pris que faute de mieux. À peine l’eus-je pris et ramené à ma monture que mes seins débordèrent de lait : il but jusqu’à satiété, et son frère but jusqu’à satiété. Mon mari se leva vers notre vieille chamelle et la trouva pleine : il en traita autant qu’elle en donna, et nous bûmes jusqu’à satiété, et nous passâmes la meilleure des nuits. Au matin, mon mari dit : ô Halima, par Allah, je vois que tu as pris une créature bénie : n’as-tu pas vu la nuit de bien et de bénédiction que nous avons passée depuis que nous l’avons pris ? »
« Il ne cessa de nous accroître en bien à cause de lui. Nous partîmes vers notre pays, et par Allah, mon ânesse dépassa la caravane au point que rien ne pouvait la suivre, au point que mes compagnes disaient : malheur à toi, fille d’Abi Dhou’ayb, est-ce bien là l’ânesse sur laquelle tu es partie avec nous ? Je répondais : oui, par Allah, c’est bien elle. Elles disaient : par Allah, elle a quelque chose d’inhabituel. »
« Lorsque nous atteignîmes le pays de Banou Sa’d, je ne connaissais pas de terre d’Allah plus aride que la nôtre : et mon troupeau allait paître, puis rentrait repu de lait. Nous trayions à volonté, et cela devant tous : tandis qu’autour de nous, personne ne recevait une goutte de lait. Leurs brebis rentraient affamées, au point qu’ils disaient à leurs bergers : malheur à vous, regardez où paît le troupeau de la fille d’Abi Dhou’ayb, et faites-le paître avec le sien. Ils faisaient paître avec mon troupeau partout où il allait, mais leurs brebis rentraient affamées, sans une goutte de lait, tandis que les miennes rentraient repues : nous trayions à volonté. Et Allah ne cessa de nous montrer cette bénédiction que nous reconnaissions, jusqu’à ce qu’il eût atteint sa deuxième année : il devint un garçon robuste comme nul autre enfant. Lorsqu’il eut deux ans, et que nous fûmes las de partager sa bénédiction, nous le ramenâmes à sa mère. »
Halima dit : « Lorsque sa mère nous vit, nous lui dîmes : ô nourrice, laisse-nous emmener ton fils une année de plus : nous craignons pour lui la peste de La Mecque. Elle nous le permit, et nous repartîmes avec lui. Nous demeurâmes avec lui un ou deux mois, jusqu’au jour où il était derrière nos maisons, avec son frère de lait, près du troupeau. Son frère accourut vers nous et dit : ce frère qurayshite, deux hommes en habits blancs sont venus à lui, l’ont couché et ont ouvert son ventre ! Je courus, moi et son père, vers lui, et nous le trouvâmes debout, livide. Son père le serra dans ses bras et dit : mon fils, qu’as-tu ? »
« Il dit : deux hommes en habits blancs sont venus à moi, m’ont couché, ont ouvert mon ventre, en ont extrait quelque chose, puis l’ont remis comme il était. Nous le ramenâmes avec nous, et son père dit : ô Halima, je crains que mon fils n’ait été atteint de quelque chose : emmène-le-nous, rendons-le à sa famille avant que n’apparaisse ce que nous redoutons. Halima dit : nous le montâmes donc, et sa mère ne cessa de recevoir les visiteurs avec lui. Lorsque nous fûmes arrivés auprès d’elle, elle dit : qu’est-ce qui vous fait le ramener, vous qui étiez si attachés à lui ? Nous répondîmes : par Allah, Allah nous a suffi, nous avons accompli notre devoir, et nous craignons les malheurs et les accidents : nous le rendons à sa famille. Elle dit : ce n’est pas là ce qui vous amène : dites-moi franchement votre histoire. Elle ne nous lâcha pas jusqu’à ce que nous lui eussions raconté tout ce qui s’était passé. Elle dit : craigniez-vous donc pour lui le diable ? Non, par Allah : le diable n’a aucune voie sur lui. Par Allah, ce fils de moi aura une grande destinée. Voulez-vous que je vous raconte son histoire ? Nous répondîmes : oui. Elle dit : je le portai, et je ne portai jamais de grossesse plus légère que lui. Et lorsque je le portai, je vis en songe qu’une lumière était sortie de moi, illuminant les palais de Syrie. Et quand je l’eus enfanté, il se posa sur ses deux mains, la tête levée vers le ciel : puis il invoqua pour lui. »
Ibn Kathir dit : ce récit fut rapporté par d’autres voies : il est parmi les hadiths célèbres, transmis parmi les gens de la sira et des expéditions.
al-Waqidi rapporta, d’après Mou’adh ibn Mohamed ibn Ata ibn Abi Rabah, d’après Ibn Abbas : Halima se mit à la recherche du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) alors que la chaleur était accablante, et elle le trouva avec sa sœur de lait. Elle dit : dans une telle chaleur ! Sa sœur répondit : ô maman, mon frère n’a nullement souffert de la chaleur : j’ai vu un petit nuage qui l’ombrageait, qui s’arrêtait quand il s’arrêtait et avançait quand il avançait, jusqu’à cet endroit-ci.
Ibn Ishaq rapporta, d’après Thawr ibn Yazid, d’après Khalid ibn Ma’dan, d’après des Compagnons du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : ils lui dirent : parle-nous de toi-même. Il dit : « Oui : je suis la réponse à l’invocation de mon père Ibrahim, et l’annonce de ’Issa. Ma mère vit, lorsqu’elle me portait, qu’une lumière était sortie d’elle, illuminant les palais de Syrie. Je fus allaité chez Banou Sa’d ibn Bakr, et un jour que j’étais près du troupeau, deux hommes vinrent à moi, en habits blancs, avec un bassin d’or rempli de neige. Ils me couchèrent, ouvrirent mon ventre, en extrayèrent mon cœur, le fendirent et en retirèrent une tache noire qu’ils jetèrent. Puis ils lavèrent mon cœur et mon ventre avec cette neige, jusqu’à ce qu’ils l’eussent purifié. L’un dit alors à l’autre : pèse-le contre dix de sa communauté. Je fus pesé contre dix, et je les dépassai. Puis il dit : pèse-le contre cent de sa communauté. Je fus pesé contre cent, et je les dépassai. Puis il dit : pèse-le contre mille de sa communauté. Et lorsque je les dépassai, il dit : laisse-le : si tu le pesais contre toute sa communauté, il la dépasserait. » Ibn Kathir dit : c’est une chaîne bonne et solide.
Le hafiz Abou Nou’aym rapporta dans ad-Dala’il, par la voie d’Oumar ibn Sobh, qui est Abou Nou’aym, d’après Thawr ibn Yazid, d’après Mak’houl, d’après Chaddad ibn Aws, ce récit en une version très longue. Mais cet Oumar ibn Sobh est un rapporteur abandonné, menteur, soupçonné de fabrication de hadiths : voilà pourquoi nous n’avons pas cité le texte de ce hadith, car on ne peut s’en réjouir.
Ibn Kathir dit ensuite : nous a rapportés Abou Amr ibn Hamdan, d’après al-Hassan ibn Nufayr, d’après Amr ibn Outhman, d’après Baqiyya ibn al-Walid, d’après Bouhayr ibn Sa’id, d’après Khalid ibn Ma’dan, d’après Abd ar-Rahman ibn Amr as-Soulami, d’après Otba ibn Abd, qu’un homme questionna le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : comment furent tes premiers jours, ô messager d’Allah ? Il dit : « Ma nourrice était de Banou Sa’d ibn Bakr. Je partis avec son fils près du troupeau, sans emporter de provisions, et je dis : mon frère, va nous chercher des provisions auprès de notre mère. Mon frère partit, et je demeurai auprès du troupeau. Puis deux oiseaux blancs, semblables à deux aigles, vinrent à moi. L’un dit à l’autre : est-ce lui ? L’autre répondit : oui. Ils se précipitèrent sur moi, me saisirent, me couchèrent sur le dos et ouvrirent mon ventre. Puis ils en tirèrent mon cœur, le fendirent, en retirèrent deux taches noires, et l’un dit à l’autre : apporte de l’eau de neige. Ils lavèrent mes entrailles avec elle. Puis il dit : apporte de l’eau fraîche : et ils lavèrent mon cœur avec elle. Puis il dit : apporte la sérénité : et ils la répandirent dans mon cœur. »
« Puis l’un dit à l’autre : cette pierre-ci et cette pierre-là : et il scella mon cœur du sceau de la prophétie. Puis l’un dit à l’autre : mets-le dans un plateau, et mille hommes de sa communauté dans un autre. Je regardais les mille, placés au-dessus de moi, craignant que l’un d’eux ne tombât sur moi. Alors il dit : si sa communauté tout entière était pesée contre lui, il la dépasserait. Puis les deux s’en allèrent et me laissèrent, et je fus pris d’une frayeur extrême. Je m’en allai informer ma mère de ce que j’avais rencontré, et elle craignit qu’on n’eût substitué quelqu’un à ma place. Elle dit : je te mets sous la protection d’Allah. Elle harnacha pour moi un chameau, me monta sur la selle, puis monta derrière moi, jusqu’à ce que nous eussions atteint ma mère. Elle dit : j’ai rempli mon dépôt et mon engagement : puis elle raconta à sa propre mère ce qu’elle avait rencontré, et celle-ci ne s’en alarma pas. Elle dit : j’ai vu sortir de moi une lumière, illuminant les palais de Syrie. » Ahmad rapporta ce hadith de Baqiyya ibn al-Walid : et de même le rapportèrent Abdallah ibn al-Moubarak et d’autres, de Baqiyya ibn al-Walid.
Ibn Asakir rapporta, par la voie d’Abou Dawoud at-Tayalisi, d’après Ja’far ibn Abdallah al-Qurachi, d’après Oumar ibn Urwa : j’ai entendu Urwa ibn az-Zoubayr, d’après Abou Dharr al-Ghifari : je dis : ô messager d’Allah, comment as-tu su que tu étais Prophète, et quand as-tu acquis cette certitude ? Il dit : « Ô Abou Dharr, deux anges vinrent à moi, alors que j’étais dans une partie de la plaine de La Mecque. L’un d’eux se posa sur terre, et l’autre demeura entre ciel et terre. L’un dit à l’autre : est-ce lui ? L’autre répondit : c’est lui. Puis il dit : pèse-le contre un homme. Je fus pesé contre un homme, et je le dépassai. » Il mentionna ensuite la fin du récit, la fente de la poitrine et sa couture, et le sceau placé entre ses deux épaules, puis il dit : « dès qu’ils se détournèrent de moi, c’était comme si je voyais les choses de mes propres yeux. » Ibn Asakir rapporta aussi ce récit, semblable, d’après Oubayy ibn Ka’b : et d’après Chaddad ibn Aws, en une version plus ample.
Est attesté dans le Sahih de Mouslim, d’après Hammad ibn Salama, d’après Thabit, d’après Anas ibn Malik : Jibril vint au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) alors qu’il jouait avec les garçons. Il le saisit, le renversa, ouvrit sa poitrine, en tira le cœur, en retira une tache noire et dit : « ceci est la part du diable en toi. » Puis il le lava dans un bassin d’or, avec l’eau de Zamzam, le rejoignit, puis le remit à sa place. Les garçons accoururent vers sa mère de lait en disant : Mohamed a été tué ! Puis ils le rencontrèrent revenant, et il était livide. Anas dit : j’ai vu moi-même la trace de cette couture sur sa poitrine.
Ibn Asakir rapporta aussi, par la voie d’Ibn Wahb, d’après Amr ibn al-Harith, d’après Abd Rabbih ibn Sa’id, d’après Thabit al-Bounani, d’après Anas : c’est à Médine que la prière fut prescrite. Deux anges vinrent au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), l’amenèrent à Zamzam, ouvrirent son ventre, en tirèrent les entrailles dans un bassin d’or, les lavèrent avec l’eau de Zamzam, puis remplirent son intérieur de sagesse et de science.
Et par la voie d’Ibn Wahb également, d’après Ya’qoub ibn Abd ar-Rahman az-Zouhri, d’après son père, d’après Abd ar-Rahman ibn Amir ibn Otba ibn Abi Waqqas, d’après Anas : on vint au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) pendant trois nuits, et il fut dit : « prenez le meilleur d’eux et leur maître. » On prit donc le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), on l’amena à Zamzam, on ouvrit son ventre, on le lava dans un bassin d’or, puis on le remplit de sagesse et de foi.
Ce récit est également attesté de Soulayman ibn al-Mughira, d’après Thabit, d’après Anas ; dans les deux Sahihs, de Charik ibn Abi Namir, d’après Anas ; d’az-Zouhri, d’après Anas ; d’Abou Dharr et de Qatada, d’après Anas ; et de Malik ibn Sa’sa’a, du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dans le hadith du voyage nocturne, comme sera racontée en son lieu l’histoire de la fente de la poitrine cette nuit-là : et il y fut lavé à l’eau de Zamzam. Il n’y a là aucune contradiction : car cet événement put se produire deux fois : une fois dans son enfance, et une fois la nuit du voyage nocturne, afin qu’il fût préparé à se présenter devant l’assemblée la plus haute, et à l’entretien avec son Seigneur, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui.
Ibn Ishaq a dit : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) disait à ses Compagnons : « Je suis le plus éloquent d’entre vous : je suis qurayshite, et j’ai été allaité chez Banou Sa’d ibn Bakr. » Ibn Ishaq mentionna que Halima, lorsqu’elle le ramena à sa mère après le sevrage, passa près d’un groupe de chrétiens, qui se levèrent vers lui, l’examinèrent et dirent : nous allons emmener ce garçon à notre roi, car une grande destinée l’attend. Elle ne leur échappa qu’avec peine. Il mentionna aussi que lorsqu’elle le rendit à sa famille, redoutant pour lui quelque accident, et qu’elle approcha de La Mecque, elle perdit sa trace et ne le trouva pas. Elle alla en informer son grand-père Abd al-Mouttalib, qui sortit avec un groupe d’hommes à sa recherche, et le trouva auprès de Waraqa ibn Nawfal et d’un homme de Quraysh. On l’apporta à son grand-père, qui le prit sur son épaule : puis il fit le tour avec lui, le protégeant par des invocations et invoquant pour lui : puis il le rendit à sa mère Amina.
al-Oumawi mentionna, d’après Outhman ibn Abd ar-Rahman al-Waqassi (et ce rapporteur est faible), d’après az-Zouhri, d’après Sa’id ibn al-Moussayyab, l’histoire de la naissance du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et de son allaitement par Halima, autrement que Mohamed ibn Ishaq. Il mentionna qu’Abd al-Mouttalib ordonna à son fils Abdallah de le faire circuler parmi les clans des Arabes, afin de lui trouver une nourrice : Abdallah circula donc, puis engagea Halima pour son allaitement. Il mentionna qu’il demeura chez elle six ans, et que son grand-père le faisait venir chaque année. Lorsque survint la fente de sa poitrine chez eux, elle le rendit à sa famille : il demeura dès lors auprès de sa mère, jusqu’à l’âge de huit ans, où elle mourut. Son grand-père Abd al-Mouttalib le prit en charge : puis celui-ci mourut alors que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avait dix ans. Ses oncles az-Zoubayr et Abou Talib, frères de son père, le prirent en charge.
Lorsqu’il eut une dizaine d’années, il partit avec son oncle az-Zoubayr pour le Yémen : et il est mentionné qu’on vit de lui, dans ce voyage, des signes dont celui-ci : un chameau mâle avait coupé la route dans un vallon que la caravane devait traverser. Lorsque le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) l’aperçut, il s’en approcha, le caressa jusqu’à ce que son genou touchât le sol, puis il monta dessus. Et il traversa avec eux un torrent dévastateur qu’Allah assécha pour eux, jusqu’à ce qu’ils eussent passé. Puis son oncle az-Zoubayr mourut, alors qu’il avait quatorze ans, et Abou Talib resta seul à le prendre en charge.
La conclusion est que sa bénédiction (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se manifesta sur Halima as-Sa’diyya et sa famille lorsqu’il était petit : puis elle revint sur les Hawazin dans sa plénitude, lorsqu’il les fit prisonniers après la bataille de Hunayn, survenue un mois après la conquête de La Mecque. Ils se tournèrent alors vers lui en invoquant le lien de l’allaitement : il les affranchit, se montra tendre envers eux et leur fit du bien, comme il sera détaillé en son lieu, si Allah le veut.
Ibn Ishaq a dit, au sujet de la bataille de Hawazin, d’après Amr ibn Chou’ayb, d’après son père, d’après son grand-père : nous étions avec le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) à Hunayn, et lorsqu’il eut pris leurs biens et leurs captifs, la délégation de Hawazin le rejoignit à al-Ji’rana, ayant embrassé l’islam. Ils dirent : ô messager d’Allah, nous sommes une race et une parenté, et le malheur nous a frappés comme tu le sais : accorde-nous donc la faveur qu’Allah t’a accordée. Leur orateur, Zouhayr ibn Sard, se leva et dit : ô messager d’Allah, les captives des enclos sont tes tantes et tes mères de lait, celles qui t’ont élevé. Si nous avions infligé cela au fils d’Abi Chamar ou à an-Nou’man ibn al-Moundhir, puis t’avions demandé de nous les rendre, tu l’aurais espéré, et tu les aurais traités avec bonté : et tu es le meilleur des nourrissons. Puis il récita :
Fais-nous grâce, ô messager d’Allah, avec largesse : car tu es l’homme que nous espérons, et en qui nous plaçons notre réserve.
Fais grâce à un clan que le destin a frappé : dont le lien est déchiré, et le rang dispersé par les années.
Le temps nous a laissés en pleurs et en deuil : des cœurs noyés de chagrin et d’abîme.
Si Na’ma ne vient pas les secourir et déployer leur bannière, ô toi le plus indulgent des hommes à l’heure de l’épreuve...
Fais grâce aux femmes que tu allaitais, quand ta petite bouche se remplissait de leur pur lait.
Fais grâce aux femmes que tu allaitais, quand elles te montraient ce qu’elles apportaient et ce qu’elles laissaient.
Ne nous traite pas comme celui que son autruche abandonne : et fais-nous vivre, car nous sommes un peuple d’élite.
Nous savons gré des bienfaits, même quand on les dénie : et après ce jour, nous avons des réserves placées auprès de toi.
Cette histoire fut également rapportée par la voie d’Oubaydallah ibn Roumahsa al-Kalbi ar-Ramli, d’après Ziyad ibn Tareq al-Jouchami, d’après Abou Sourd Zouhayr ibn Jarwal, qui était le chef de son peuple. Il dit : lorsque le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous fit prisonniers le jour de Hunayn, et qu’il séparait les hommes et les femmes, je m’assis devant lui, et il me fit entendre le poème que je me rappelais depuis ma jeunesse, ayant grandi chez Hawazin, là où il avait été allaité :
Fais-nous grâce, ô messager d’Allah, avec largesse : car tu es l’homme que nous espérons, et en qui nous attendons.
Fais grâce à un clan que le destin a frappé : dont le lien est déchiré, et le rang dispersé par les années.
La guerre nous a laissés en pleurs et en deuil : des cœurs noyés de chagrin et d’abîme.
Si Na’ma ne vient pas les secourir et déployer leur bannière, ô toi le plus indulgent des hommes à l’heure de l’épreuve...
Fais grâce aux femmes que tu allaitais, quand ta petite bouche se remplissait de leur pur lait.
Alors que tu étais un petit enfant, que les femmes allaitaient : quand elles te montraient ce qu’elles apportaient et ce qu’elles laissaient.
Ne nous traite pas comme celui que son autruche abandonne : et fais-nous vivre, car nous sommes un peuple d’élite.
Nous savons gré des bienfaits, même quand on les dénie : et après ce jour, nous avons des réserves placées auprès de toi.
Revêts donc le pardon celles que tu allaitais parmi tes mères de lait : car le pardon est chez toi une chose connue.
Nous espérons de toi un pardon que tu revêts aux gens, lorsque tu pardonnes et que tu secours.
Pardonne donc : qu’Allah pardonne ce dont tu es le gardien, le jour de la Résurrection, où la victoire t’est accordée.
Il dit : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « ce qui m’appartient, et ce qui appartient aux fils d’Abd al-Mouttalib, est à Allah et à vous. » Les Ansar dirent : « et ce qui nous appartient est à Allah et à Son messager. » Il sera ensuite mentionné qu’il leur rendit leur progéniture : ils étaient six mille, entre enfants et femmes : et il leur fit don de nombreux troupeaux et d’hommes en grand nombre, au point qu’Abou al-Houssayn ibn Faris dit : la valeur de ce qu’il leur libéra ce jour-là fut de cinq cent mille fois mille dirhams, soit cinq cent millions de dirhams. Tout cela relève de sa bénédiction immédiate en ce bas-monde : que dire alors de sa bénédiction sur quiconque le suit dans l’au-delà.