Accueil > Sira > L'Islam à Médine après l'allégeance : l'histoire de 'Amr ibn al-Jamouh
L’Islam à Médine après la seconde allégeance : l’idole Manat de ’Amr ibn al-Jamouh jetée chaque nuit dans une fosse par les jeunes Musulmans, le sabre pendu à son cou, sa conversion et ses vers contre l’idolâtrie, d’après Ibn Ishaq.
Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07
Ibn Ishaq a dit : lorsque les Ansar qui prêtèrent serment au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) la nuit d’al-’Aqaba rentrèrent à Médine, l’Islam y devint manifeste. Il y restait toutefois des anciens de leurs peuples attachés à leur religion d’association, parmi eux ’Amr ibn al-Jamouh ibn Zayd ibn Haram ibn Ka’b ibn Ghannam ibn Ka’b ibn Salama, dont le fils Mou’adh ibn ’Amr avait assisté à l’Aqaba. ’Amr ibn al-Jamouh était l’un des chefs et des notables des Bani Salama.
Il avait pris une idole de bois dans sa demeure, appelée Manat, comme le faisaient les notables : il la prenait pour une divinité qu’il vénérait et purifiait. Lorsque les jeunes gens des Bani Salama eurent embrassé l’Islam : son fils Mou’adh et Mou’adh ibn Jabal :, ils venaient de nuit à cette idole de ’Amr, la portaient et la jetaient tête renversée dans une fosse des Bani Salama où allaient les impuretés des gens. Au matin, ’Amr disait : « Malheur à vous ! Qui est passé sur notre divinité cette nuit ? » Puis il partait à sa recherche ; lorsqu’il la trouvait, il la lavait, la purifiait et la parfumait, puis disait : « Par Allah, si je savais qui te fait cela, je l’humilierais. » Le soir, quand ’Amr dormait, ils revenaient à la charge et faisaient la même chose, et au matin il retrouvait l’idole dans le même état, la lavait, la purifiait et la parfumait de nouveau.
Lorsqu’ils eurent multiplié les expéditions contre elle, il la sortit de son endroit avec force un jour, la lava, la purifia et la parfuma, puis apporta son sabre et le suspendit à son cou en lui disant : « Je ne sais, par Allah, qui te fait ce que je vois ; s’il y a en toi du bien, défends-toi : voici le sabre avec toi. » Le soir venu, ’Amr dormit, ils revinrent à la charge, prirent le sabre de son cou, puis saisirent un chien mort, l’attachèrent à l’idole par une corde et la jetèrent dans un puits des Bani Salama rempli d’impuretés. Au matin, ’Amr ibn al-Jamouh ne la trouva plus à sa place : il sortit à sa recherche jusqu’à la retrouver dans ce puits, renversée, accouplée à un chien mort. En la voyant, il en aperçut la réalité. Ceux de son peuple qui avaient embrassé l’Islam lui parlèrent, et il embrassa l’Islam par la miséricorde d’Allah, et son Islam fut excellent.
Lorsqu’il eut embrassé l’Islam et reconnu d’Allah ce qu’il en reconnut, il évoquait son idole, ce qu’il en avait vu, et remerciait Allah de l’avoir sauvé de l’aveuglement et de l’égarrement où il était :
« Par Allah, si tu avais été une divinité, tu n’aurais pas été … toi et un chien au milieu d’un puits, attachés ; »
« Honte d’avoir été pour toi une divinité, ô toi qui étais étamé : … la crevasse t’a détourné du mal du puits ; »
« Louange à Allah, le Très-Haut, Riche en faveurs, … le Donateur, le Pourvoyeur, le Juge de tout jugement ; »
« C’est Lui qui m’a sauvé avant que … je ne sois dans les ténèbres d’une tombe tenue en gage. »