Le début de l’Hégire de La Mecque vers Médine

Accueil > Sira > Le début de l'Hégire de La Mecque vers Médine

Le début de l’Hégire : le songe de la terre aux palmiers, l’odyssée d’Oumm Salama, Outhman ibn Talha et les clés de la Kaaba, le sacrifice de Souhayb, le repentir de Hicham ibn al-’As et l’accueil des premiers émigrés à Médine.

Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07

Le songe de la terre aux palmiers et la désignation de Médine

Le chapitre du début de l’Hégire de La Mecque vers Médine. az-Zouhri a rapporté, d’après Urwa, d’après Aicha : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), alors qu’il était à La Mecque, dit aux musulmans : « il m’a été montrée la demeure de votre émigration : il m’a été montrée une plaine plantée de palmiers entre deux terrains volcaniques. » Les musulmans émigrèrent donc vers Médine dès que le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) l’eut mentionné, et ceux des musulmans qui avaient émigré en Abyssinie revinrent à Médine. Al-Boukhari le rapporta.

Et Abou Moussa rapporta du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : « j’ai vu en songe que j’émigrerais de La Mecque vers une terre aux palmiers, et je pensai que c’était al-Yamama ou Hajar : et voici que c’était Médine, Yathrib. » Et ce hadith, al-Boukhari l’a rapporté ailleurs dans sa forme longue, et Mouslim le rapporta : les deux, d’après Abou Kourayb. Mouslim ajouta : et Abdallah ibn Barrad, tous deux d’après Abou Ousama, d’après Bourayd ibn Abdallah ibn Abi Bourda, d’après son grand-père Abi Bourda, d’après Abou Moussa Abdallah ibn Qays al-Ach’ari, du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), le hadith dans sa forme longue.

Et le hafiz Abou Bakr al-Bayhaqi a dit : le hafiz Abou Abdallah nous informa sous la dictée : Abou l-Abbas al-Qasim ibn al-Qasim as-Sayyari nous informa, à Marv : Ibrahim ibn Hilal nous a rapportés, d’après Ali ibn al-Hassan ibn Chaqiq, d’après ’Issa ibn Obayd al-Kindi, d’après Ghaylan ibn Abdallah al-Amiri, d’après Abi Zur’a ibn Amr ibn Jarir, d’après Jarir : le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah m’a inspiré : de ces trois pays, celui où tu t’es installé est la demeure de ton émigration : Médine, ou al-Bahrayn, ou Qinnasrin. » Les gens du savoir ont dit : Médine lui fut ensuite désignée, et il ordonna à ses compagnons d’émigrer vers elle. C’est un hadith très étrange. Et at-Tirmidhi le rapporta dans les mérites, dans son Jami’, seul par cette voie, d’après Abou Ammar al-Houssayn ibn Hourayth, d’après al-Fadl ibn Moussa, d’après ’Issa ibn Obayd, d’après Ghaylan ibn Abdallah al-Amiri, d’après Abi Zur’a ibn Amr ibn Jarir, d’après Jarir : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah m’a inspiré : de ces trois, celui où tu t’es installé est la demeure de ton émigration : Médine, ou al-Bahrayn, ou Qinnasrin. » Puis il dit : étrange, nous ne le connaissons que par le hadith d’al-Fadl, et Abou Ammar en est l’unique rapporteur. Je dis : et ce Ghaylan ibn Abdallah al-Amiri, Ibn Hibban l’a mentionné dans ath-Thiqat, mais il a dit : il rapporta d’Abi Zur’a un hadith étrange au sujet de l’émigration. Et Allah est le plus savant.

La permission de combattre et l’ordre d’émigrer

Ibn Ishaq a dit : lorsque Allah le Très-Haut permit la guerre, par Sa parole : « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certes Capable de les secourir - ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, - contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : Allah est notre Seigneur », les versets d’al-Hajj, du trente-neuvième au quarantième : et lorsque Allah permit la guerre, et que ce groupe d’Ansar lui eut prêté allégeance sur l’islam et le soutien, envers lui et quiconque le suivrait parmi les musulmans qui viendraient les rejoindre, le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ordonna à ses compagnons parmi les émigrés de son peuple, et aux musulmans qui étaient avec lui à La Mecque, de sortir vers Médine, d’émigrer vers elle et de rejoindre leurs frères parmi les Ansar, et il dit : « Allah vous a fait des frères, et une demeure où vous serez en sécurité. » Ils sortirent donc un à un, et le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) demeura à La Mecque, attendant que son Seigneur lui permette de sortir de La Mecque et d’émigrer vers Médine.

Le premier de ses compagnons parmi les émigrés de Quraysh, des Banu Makhzoum, qui émigra vers Médine fut Abou Salama, Abdallah ibn Abd al-Asad ibn Hilal ibn Abdallah ibn Omar ibn Makhzoum : son émigration vers Médine fut un an avant l’allégeance de l’Aqaba, lorsque Quraysh l’eut blessé à son retour d’Abyssinie : il décida donc d’y retourner, puis apprit qu’il avait à Médine des frères, et se décida pour elle.

L’odyssée d’Oumm Salama et la noblesse d’Outhman ibn Talha

Ibn Ishaq a dit : mon père me raconta, d’après Salama ibn Abdallah ibn Omar ibn Abi Salama, d’après sa grand-mère Oumm Salama : lorsque Abou Salama eut résolu de sortir vers Médine, il harnacha pour moi son chameau, me chargea dessus, et mit auprès de moi mon fils Salama ibn Abi Salama dans mon giron : puis il sortit, me conduisant sur son chameau. Lorsque les hommes de Banu al-Moughira l’eurent vu, ils se levèrent vers lui et dirent : c’est toi-même que tu emmènes, tu as eu le dessus sur nous en cela : crois-tu que nous te laissions emmener notre compagne errer avec toi dans le pays ? Ils lui arrachèrent la bride du chameau et me prirent. Oumm Salama dit : les Banu Abd al-Asad, le clan d’Abou Salama, se mirent en colère et dirent : par Allah, nous ne laisserons pas notre fils avec elle, puisqu’on lui a arraché sa compagne. Ils se disputèrent mon fils Salama entre eux jusqu’à lui déboîter le bras : et les Banu Abd al-Asad l’emportèrent, les Banu al-Moughira me retinrent chez eux, et mon mari Abou Salama partit à Médine : on avait séparé mon enfant, mon mari et moi.

Oumm Salama dit : je sortais chaque matin m’asseoir dans la plaine, et je ne cessais de pleurer jusqu’au soir, durant une année, ou presque, jusqu’à ce qu’un homme de mes cousins, un des Banu al-Moughira, passât auprès de moi : il vit mon état, eut compassion de moi, et dit aux Banu al-Moughira : ne laissez donc pas partir cette malheureuse, séparée que vous l’avez faite de son mari et de son enfant ? Ils me dirent : va vers ton mari si tu veux. Les Banu Abd al-Asad me rendirent alors mon fils. Je harnachai mon chameau, pris mon enfant et le mis dans mon giron, puis je sortis pour aller vers mon mari à Médine, sans personne d’entre les créatures d’Allah avec moi, jusqu’à ce que, parvenant à at-Tan’im, je rencontrasse Outhman ibn Talha ibn Abi Talha, frère de lait de Banu Abd ad-Dar.

Il dit : où vas-tu, ô fille d’Abi Oumayya ? Je dis : je vais vers mon mari, à Médine. Il dit : tu n’as donc personne avec toi ? Je dis : je n’ai avec moi personne sinon Allah et mon fils. Il dit : par Allah, tu n’as pas de lieu de repos. Il prit la bride du chameau et partit avec moi en s’éloignant de moi : et par Allah, jamais je n’ai accompagné un homme arabe plus généreux que lui. À chaque halte, il faisait s’agenouiller mon chameau, puis s’éloignait de moi ; lorsque je descendais, il s’éloignait avec son chameau, le déchargeait, l’attachait à un arbre, puis s’écartait sous un autre arbre, et s’y allongeait. Lorsque le soir approchait, il se levait vers mon chameau, le mettait devant moi et le harnachait, puis s’éloignait de moi et disait : monte. Lorsque j’avais monté et pris place sur mon chameau, il venait, prenait la bride, et me conduisait jusqu’à me faire descendre. Il ne cessa d’agir ainsi avec moi jusqu’à me mener à Médine. Lorsqu’il aperçut le village de Banu Amr ibn Awf, à Qouba, il dit : ton mari est dans ce village, entre-y avec la bénédiction d’Allah : et Abou Salama y résidait. Puis il repartit vers La Mecque. Elle disait : je ne connais pas de famille en islam qui ait subi ce qu’ont subi les gens d’Abou Salama, et je n’ai jamais vu compagnon plus généreux qu’Outhman ibn Talha.

Et cet Outhman ibn Talha ibn Abi Talha al-Abdari embrassa l’islam après al-Houdaybiya, et émigra avec Khalid ibn al-Walid. Et son père et ses frères furent tués le jour d’Ouhoud : al-Harith, Kilab et Moussafi’, et son oncle Outhman ibn Abi Talha. Et le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui rendit, le jour de la conquête, à lui et à son cousin Chayba, père de Banu Chayba, les clés de la Kaaba : il les confirma dans l’islam comme elles l’étaient en la Jahiliya. Et à ce sujet est descendue la parole du Très-Haut : « Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droit », le cinquante-huitième verset d’an-Nissa.

La maison vide de Banou Jahch et le poème d’Abou Ahmed ibn Jahch

Ibn Ishaq a dit : puis le premier qui l’atteignit parmi les émigrés, après Abou Salama, fut Amir ibn Rabia, allié de Banu Adi, avec sa femme Layla bint Abi Hathma al-Adawiyya ; puis Abdallah ibn Jahch ibn Ri’ab ibn Ya’mar ibn Sabra ibn Mourra ibn Kathir ibn Ghanm ibn Doudan ibn Asad ibn Khuzayma, allié de Banu Oumayya ibn Abd Chams : il partit avec sa famille et son frère Abou Ahmed, qui était nommé Abd, selon Ibn Ishaq, et il est dit : Thamama. as-Souhayli a dit : le premier nom est le plus correct. Et Abou Ahmed était un homme aveugle : il tournait autour de La Mecque, dans sa partie haute et sa partie basse, sans guide, et il était poète. Et auprès de lui était al-Fari’a bint Abi Soufyan ibn Harb, dont la mère était Oumayma bint Abd al-Mouttalib ibn Hachim. La demeure de Banu Jahch fut donc fermée, vide de ses habitants. Outba ibn Rabia passa devant elle, avec al-Abbas ibn Abd al-Mouttalib et Abou Jahl ibn Hicham, tandis qu’ils montaient vers le haut de La Mecque. Outba la vit, ses portes battantes, sans qu’aucun habitant n’y demeurât : lorsqu’il la vit ainsi, il respira du haut des hauteurs et dit :

Toute demeure, si longue que soit sa tranquillité, verra un jour la calamité et la misère la saisir.

Ibn Hicham a dit : et ce vers est d’Abou Dawoud al-Iyadi, dans une qasida de lui. as-Souhayli a dit : le nom d’Abou Dawoud est Handhala ibn Charqiyya. Et il est dit : Jariya. Puis Outba dit : la demeure de Banu Jahch s’est éteinte, vide de ses habitants. Abou Jahl dit : qu’y pleureras-tu, de la rareté de la rareté ? Puis il dit, s’adressant à al-Abbas : cela est de l’œuvre de ton neveu : il a divisé notre communauté, dispersé notre affaire, et coupé entre nous.

Ibn Ishaq a dit : Abou Salama, Amir ibn Rabia et les Banu Jahch descendirent donc à Qouba, chez Moubachchir ibn Abd al-Moundhir. Puis les émigrés arrivèrent un à un. Et les Banu Ghanm ibn Doudan étaient des gens d’islam qui avaient entendu l’appel de l’émigration vers Médine, leurs hommes et leurs femmes : Abdallah ibn Jahch, son frère Abou Ahmed, ’Ouqqacha ibn Mihsan, Chouja’ et ’Oqba, fils de Wahb, Arbad ibn Houmayra, Mounqidh ibn Noubata, Sa’id ibn Rouqaych, Mouhriz ibn Nadla, Yazid ibn Rouqaych, Qays ibn Jabir, Amr ibn Mihsan, Malik ibn Amr, Safwan ibn Amr, Thaqf ibn Amr, Rabia ibn Aktham, az-Zoubayr ibn Obayda, Tammam ibn Obayda, Sakhbara ibn Obayda, et Mohamed ibn Abdallah ibn Jahch. Et parmi leurs femmes : Zaynab bint Jahch, Hamna bint Jahch, Oum Habib bint Jahch, Jouzama bint Jandal, Oum Qays bint Mihsan, Oum Habib bint Thamama, Amina bint Rouqaych et Sakhbara bint Tamim. Abou Ahmed ibn Jahch dit un poème à leur émigration vers Médine :

Lorsque la mère d’Abou Ahmed me vit partir au matin, sous la garantie de Celui que je crains dans l’occulte, et le plus redouté,

Elle dit : si tu dois véritablement agir, dirige-nous à travers les pays, et que Yathrib soit loin,

Je lui dis : qu’est Yathrib face à l’incertitude ? Et ce que veut le Miséricordieux, le serviteur l’accomplit.

Vers Allah mon visage, et vers le Messager, et quiconque oriente vers Allah un jour son visage n’est pas déçu.

Combien de parents sincères nous avons laissés, et de parentes qui pleurent et se lamentent,

Tu vois que notre éloignement de notre pays est un malheur, tandis que nous voyons que nous cherchons l’aspiration.

J’ai appelé les Banu Ghanm à réunir leur sang, et vers la vérité, lorsque la refuge s’est levé pour les gens,

Ils ont répondu, louange à Allah, lorsque l’appelant les a appelés vers la vérité : vers le succès, ils ont été réceptifs.

Et nous étions avec des compagnons qui avaient délaissé la guidée : ils nous ont combattus avec les armes et se sont ligués,

Comme deux groupes : l’un d’eux est bien guidé, soutenu dans la vérité, et l’autre groupe est châtié.

Ils ont outrepassé et souhaité un mensonge : Iblis les a détournés de la vérité, et ils ont échoué et déçu.

Nous nous sommes tournés vers la parole du Prophète Mohamed : les guides de la vérité nous ont été favorables et nous ont accueillis.

J’ai hérité par des parents qui leur sont proches : mais nulle parenté avec les proches, quand on ne s’en rapproche pas,

Quel fils de sœur, après nous, vous garantira la sécurité ? Et quelle alliance, après mon alliance, sera attendue ?

Vous saurez un jour lequel d’entre nous, lorsqu’ils ont chancelé et que l’affaire des gens a chancelé pour la vérité, est le plus juste.

Le piège tendu à ’Ayyach ibn Abi Rabia et le repentir de Hicham ibn al-’As

Ibn Ishaq a dit : puis sortirent ’Oumar ibn al-Khattab et ’Ayyach ibn Abi Rabia, et ils arrivèrent à Médine. Nafi’ me raconta, d’après Abdallah ibn Omar, d’après son père : lorsque nous avons voulu émigrer vers Médine, moi, ’Ayyach ibn Abi Rabia et Hicham ibn al-’As, nous nous sommes donné rendez-vous au Tana’dib, près de la meule de Banu Ghifar, au-dessus de Sarif, et nous avons dit : celui d’entre nous qui n’y sera pas au matin sera retenu : que ses deux compagnons partent. ’Oumar a dit : je fus au matin au Tana’dib avec ’Ayyach, et Hicham fut retenu : il fut égaré, et s’égar effectivement. Lorsque nous arrivâmes à Médine, nous descendîmes chez Banu Amr ibn Awf, à Qouba. Abou Jahl ibn Hicham et al-Harith ibn Hicham sortirent alors vers ’Ayyach, qui était leur cousin et le frère de lait de leur mère, jusqu’à arriver à Médine, tandis que le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) était à La Mecque. Ils lui parlèrent et lui dirent : ta mère a fait vœu de ne laisser aucun peigne toucher sa tête jusqu’à ce qu’elle te voie, ni s’abriter du soleil qu’en te voyant. ’Ayyach en fut attendri.

Je lui dis : par Allah, ce peuple ne veut de toi que t’égarer de ta religion : garde-toi d’eux : par Allah, si les poux tourmentaient ta mère, elle se peignerait, et si la chaleur de La Mecque s’intensifiait sur elle, elle s’abriterait. Il dit : j’accomplirai le vœu de ma mère ; et là-bas j’ai de l’argent que je prendrai. Je dis : par Allah, tu sais que je suis parmi les plus riches de Quraysh : la moitié de ma richesse est pour toi, et ne va pas avec eux. Il refusa : il voulut absolument partir avec eux. Lorsqu’il eut fait cela, je lui dis : puisque tu l’as fait, prends cette ma chamelle : c’est une chamelle robuste et docile : attache-toi à son dos, et si le moindre doute sur l’affaire de ce peuple surgit en toi, sauve-toi sur elle. Il sortit donc avec elle, accompagné des deux, jusqu’à ce qu’ils fussent à mi-chemin. Abou Jahl lui dit : ô mon frère, par Allah, mon chameau est devenu lourd : ne me remplacerais-tu sur ta chamelle ? Il dit : oui.

Ils firent s’agenouiller les deux bêtes pour qu’il montât sur elle : et dès qu’ils furent à terre, ils se jetèrent sur lui, l’attachèrent, puis l’amenèrent à La Mecque : et ils l’égarent, et il s’égar effectivement. ’Oumar dit : nous disions : Allah n’accepte pas le repentir de celui qui a été égaré. Et ils disaient cela d’eux-mêmes, jusqu’à ce que le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) arrivât à Médine, et qu’Allah fit descendre : « Dis : O Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. Et revenez repentant à votre Seigneur, et soumettez-vous à Lui, avant que ne vous vienne le châtiment et vous ne recevez alors aucun secours. Et suivez la meilleure révélation qui vous est descendue de la part de votre Seigneur, avant que le châtiment ne vous vienne soudain, sans que vous ne [le] pressentiez », les versets d’az-Zoumar, du cinquante-troisième au cinquante-cinquième. ’Oumar dit : je l’écrivis de ma main, et j’envoyai à Hicham ibn al-’As.

Hicham dit : lorsqu’elle me fut parvenue, je la lus à Dhi Touwa, en gravissant et en la rectifiant, sans la comprendre, jusqu’à ce que je dise : ô Allah, fais-moi comprendre. Allah jeta dans mon cœur qu’elle était descendue à propos de nous, et de ce que nous disions de nous-mêmes, et qu’on disait de nous. Je retournai donc à mon chameau, m’y assis, et rejoignis le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) à Médine. Ibn Hicham mentionna que celui qui amena Hicham ibn al-’As et ’Ayyach ibn Abi Rabia à Médine fut al-Walid ibn al-Walid ibn al-Moughira : il les déroba de La Mecque, les porta sur son chameau en marchant avec eux : il trébucha, et son doigt saigna. Il dit :

N’es-tu qu’un doigt qui a saigné, et ce que tu as rencontré est dans le chemin d’Allah.

Les premiers arrivés à Médine et le sacrifice de Souhayb

Et al-Boukhari a dit : Abou l-Walid nous a rapportés : Chou’ba nous a rapportés : Abou Ishaq nous informa : j’ai entendu al-Bara’ dire : le premier arrivé chez nous fut Mouss’ab ibn ’Oumayr et Ibn Oumm Maktoum, puis Ammar et Bilal arrivèrent chez nous.

Et Mohamed ibn Bachchar me raconta : Ghoundar nous a rapportés, d’après Chou’ba, d’après Abou Ishaq : j’ai entendu al-Bara’ ibn ’Azib dire : le premier arrivé chez nous fut Mouss’ab ibn ’Oumayr et Ibn Oumm Maktoum : ils instruisaient les gens dans le Coran. Puis arrivèrent Bilal, Sa’d et Ammar ibn Yasir. Puis ’Oumar ibn al-Khattab arriva, avec vingt des compagnons du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Puis le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) arriva. Et je n’ai jamais vu les gens de Médine se réjouir de quoi que ce fût comme ils se réjouirent du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : jusqu’à ce que les esclaves se missent à dire : le messager d’Allah est arrivé ! Avant même qu’il fût arrivé, j’avais déjà lu : « Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très Haut », dans une sourate d’al-Moufassal. Et Mouslim le rapporta dans son Sahih, du hadith d’Isra’il, d’après Abou Ishaq, d’après al-Bara’ ibn ’Azib, de façon semblable : et il y précise que Sa’d ibn Abi Waqqas émigra avant l’arrivée du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) à Médine. Moussa ibn ’Oqba, d’après az-Zouhri, a prétendu qu’il n’émigra qu’après le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : et le correct est ce qui précède.

Ibn Ishaq a dit : lorsque ’Oumar ibn al-Khattab arriva à Médine, lui et ceux de ses gens qui le rejoignirent : son frère Zayd ibn al-Khattab, Amr et Abdallah, fils de Souraqa ibn al-Mo’tamir, Khounays ibn Houzafa as-Sahmi, époux de sa fille Hafsa, son cousin Sa’id ibn Zayd ibn Amr ibn Noufayl, Waqid ibn Abdallah at-Tamimi, leur allié, Khoulay ibn Abi Khoulay et Malik ibn Abi Khoulay, alliés de Banu ’Ijl, et les Banu al-Boukayr : Iyas, Khalid, ’Aqil et Amir, et leurs alliés de Banu Sa’d ibn Layth : ils descendirent chez Rafa’a ibn Abd al-Moundhir ibn Zanbar, chez Banu Amr ibn Awf, à Qouba.

Ibn Ishaq a dit : puis les émigrés se succédèrent : Talha ibn Obaydallah et Souhayb ibn Sinan descendirent chez Khoubayb ibn Isaf, frère de Bal-Harith ibn al-Khazraj, à as-Sounh. Et il est dit : plutôt, Talha descendit chez As’ad ibn Zourara. Ibn Hicham a dit : on m’a rapporté d’Abou ’Outhman an-Nahdi qu’il a dit : il m’est parvenu que lorsque Souhayb voulut émigrer, les mécréants de Quraysh lui dirent : tu es venu à nous pauvre et humilié, ta richesse a crû chez nous et tu as atteint ce que tu as atteint, et maintenant tu veux sortir avec ta richesse et ta vie ? Par Allah, cela ne sera pas. Souhayb leur dit : voyez : si je vous fais don de ma richesse, me laisserez-vous partir ? Ils dirent : oui. Il dit : voici, je vous fais don de ma richesse. Cela parvint au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), qui dit : « Souhayb a gagné, Souhayb a gagné. »

Et le Bayhaqi a dit : le hafiz Abou Abdallah nous informa sous la dictée : Abou l-Abbas Isma’il ibn Abdallah ibn Mohamed ibn Mikal nous informa : ’Abdan al-Ahwazi nous informa : Zayd ibn al-Harith nous a rapportés, d’après Ya’qoub ibn Mohamed az-Zouhri, d’après Houssayn ibn Houdayfa ibn Sayfi ibn Souhayb : mon père et mes oncles me racontèrent, d’après Sa’id ibn al-Moussayyab, d’après Souhayb : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « il m’a été montré la demeure de votre émigration : une plaine entre deux terrains volcaniques : ce sera Hajar, ou ce sera Yathrib. » Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) partit donc vers Médine, et Abou Bakr partit avec lui. Et j’avais résolu avec lui de sortir, mais des jeunes gens de Quraysh m’en empêchèrent. Je passai cette nuit debout, sans m’asseoir : ils dirent : Allah l’a occupé de son ventre. Et je ne me plaignais d’aucune douleur. Ils s’endormirent, et je sortis : et après que j’eus couru, certains d’entre eux me rattrapèrent pour me ramener.

Je leur dis : accepteriez-vous que je vous donne des awaq d’or, et que vous me laissiez partir et me rendiez libre ? Ils le firent. Je les accompagnai donc jusqu’à La Mecque, puis je leur dis : creusez sous le seuil de la porte : il y a dessous des awaq : et allez vers une telle personne, prenez les deux habits. Je partis donc, et arrivai au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) à Qouba, avant qu’il en eût déplacé. Lorsqu’il me vit, il dit : « ô Abou Yahya, le commerce a été profitable », trois fois. Je dis : ô messager d’Allah, personne ne m’a devancé vers toi : et il ne t’a informé que Jibril (que la paix soit sur lui).

L’hospitalité des Ansar : où descendirent les émigrés

Ibn Ishaq a dit : descendirent aussi Hamza ibn Abd al-Mouttalib, Zayd ibn Haritha, Abou Marthad Kannaz ibn al-Houssayn et son fils Marthad, les deux Ghanawi, alliés de Hamza, ainsi que Anasa et Abou Kabcha, affranchis du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : chez Koulthoum ibn Hidm, frère de Banu Amr ibn Awf, à Qouba. Et il est dit : chez Sa’d ibn Khaythama. Et il est dit : plutôt, Hamza descendit chez As’ad ibn Zourara. Et Allah est le plus savant. Il dit : descendirent aussi Obayda ibn al-Harith et ses deux frères at-Toufayl et Houssayn, Mistah ibn Outhatha, Souwaybit ibn Sa’d ibn Hourayla, frère de Banu Abd ad-Dar, et Toulayb ibn ’Oumayr, frère de Banu Abd ibn Qoussay, et Khabbab, affranchi d’Outba ibn Ghazwan : chez Abdallah ibn Salama, frère de Bal’jlane, à Qouba. Et Abd ar-Rahman ibn ’Awf descendit, avec des hommes parmi les émigrés, chez Sa’d ibn ar-Rabi’. Et az-Zoubayr ibn al-’Awwam et Abou Sabra ibn Abi Roum descendirent chez Moundhir ibn Mohamed ibn ’Oqba ibn Ouhiha ibn al-Joulah, à al-’Ousba, demeure de Banu Jahjaba. Mouss’ab ibn ’Oumayr descendit chez Sa’d ibn Mou’adh.

Et Abou Houdayfa ibn ’Outba et Salam, son affranchi, descendirent chez : Ibn Ishaq hésita ici, et al-Oumawi dit : chez Khoubayb ibn Isaf, frère de Banu Haritha. Et ’Outba ibn Ghazwan descendit chez Abbad ibn Bichr ibn Waqch, chez Banu Abd al-Achhal. Et Outhman ibn ’Affan descendit chez Aw ibn Thabit ibn al-Moundhir, frère de Hassan ibn Thabit, dans la demeure de Banu an-Najjar. Ibn Ishaq a dit : et les célibataires parmi les émigrés descendirent chez Sa’d ibn Khaythama : car il était célibataire. Et Allah est le plus savant sur tout cela.

Et Ya’qoub ibn Soufyan a dit : Ahmed ibn Abi Bakr ibn al-Harith ibn Zourara ibn Mouss’ab ibn Abd ar-Rahman ibn ’Awf me raconta : Abd al-Aziz ibn Mohamed nous a rapportés, d’après Obaydallah, d’après Nafi’, d’après Ibn Omar : nous arrivâmes de La Mecque et descendîmes à al-’Ousba : ’Oumar ibn al-Khattab, Abou Obayda ibn al-Jarrah et Salam, affranchi d’Abou Houdayfa : et Salam, affranchi d’Abou Houdayfa, était leur imam, car il était le plus versé d’entre eux dans le Coran.

بسم الله الرحمن الرحيم mar. 25 Rabi' 1
الثلاثاء 25 ربيع الأول
هلال متناقص Dernier Croissant Jour 25.9 / 29.5
Illumination 14%
Nouvelle lune dans 4 jours
حسبنا الله ونعم الوكيل Allah nous suffit, quel excellent protecteur