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Comment la révélation a commencé au Prophète Mohamed : les visions véridiques, la grotte de Hira, les premiers versets de la sourate al-'Alaq, Waraqa ibn Nawfal et la trêve de la révélation, d'après le Sahih d'al-Boukhari et le Bidaya wa Nihaya d'Ibn Kathir.
Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07
La révélation débuta pour le messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) alors qu'il était âgé de quarante ans. Ibn Jarir (at-Tabari) a rapporté, d'après Ibn Abbas et Sa'id ibn al-Musayyib, qu'il était alors âgé de quarante-quatre ans. Tel est le chapitre « Comment la révélation débuta pour le messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) », avec la mention de la première chose du grand Coran qui fut descendue sur lui.
Rapporté par al-Boukhari, d'après 'Aïcha, qui a dit : la première chose par laquelle débuta la révélation pour le messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) furent les visions véridiques en songe. Il ne voyait aucune vision sans qu'elle ne se réalisât aussi nettement que l'éclat de l'aube. Puis le retrait devint aimé de son cœur : il se retirait seul dans la grotte de Hira et s'y livrait au tahannuth, c'est-à-dire l'adoration durant de nombreuses nuits d'affilée, avant de repartir vers sa famille.
Il prenait des provisions pour cela, puis revenait auprès de Khadija et reprenait des provisions de même, jusqu'à ce que la vérité le rejoigne tandis qu'il se trouvait dans la grotte de Hira. L'ange vint à lui et dit : « Lis ! » Il répondit : « Je ne sais pas lire. »
« Il me saisit alors et me serra jusqu'à ce que j'en fusse accablé, puis il me relâcha et dit : Lis ! Je répondis : je ne sais pas lire. Il me saisit une seconde fois et me serra jusqu'à ce que j'en fusse accablé, puis il me relâcha et dit : Lis ! Je répondis : je ne sais pas lire. Il me saisit une troisième fois et me serra jusqu'à ce que j'en fusse accablé, puis il me relâcha et dit : »
« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume [le calame], a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas. »
Sourate al-'Alaq, 1-5
Le messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) revint alors, le cœur tremblant. Il entra chez Khadija bint Khuwaylid et dit : « Couvrez-moi, couvrez-moi ! » On le couvrit jusqu'à ce que la crainte l'eût quitté. Il raconta alors à Khadija ce qui s'était passé et dit : « J'ai craint pour moi-même. »
Khadija a dit : « Jamais, par Allah ! Allah ne t'humiliera jamais : tu maintiens les liens de la parenté, tu honores l'hôte, tu supportes le fardeau des gens, tu secours le dépourvu, et tu te portes au secours de la vérité face aux épreuves. »
Khadija partit alors avec lui jusqu'à ce qu'ils arrivent auprès de Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzza, le cousin de Khadija. C'était un homme qui avait embrassé le christianisme à l'époque de la jahiliya : il écrivait l'écriture hébraïque et transcrivait de l'Évangile en hébreu ce qu'Allah voulait qu'il écrivît. C'était un vieil homme devenu aveugle.
Khadija lui dit : « Ô cousin, écoute le fils de ton frère. » Waraqa demanda : « Ô fils de mon frère, qu'as-tu vu ? » Le messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) lui raconta ce qu'il avait vu. Waraqa dit : « C'est le Namous qu'Allah avait fait descendre sur Moussa ! Oh, si seulement j'étais alors dans la force de l'âge ; oh, si seulement j'étais vivant quand ton peuple te fera sortir ! »
Le messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) demanda : « Me feront-ils donc sortir ? » Waraqa répondit : « Oui : jamais personne n'est venu avec ce que tu apportes sans être traité en ennemi. Et si je vis ton jour, je t'aiderai d'un secours résolu. »
Waraqa ne tarda toutefois pas : il mourut. La révélation connut alors une trêve, jusqu'à ce que le messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) éprouvât, selon ce qui nous est parvenu, un chagrin tel qu'il allait, jour après jour, jusqu'à se jeter du haut des monts escarpés.
Chaque fois qu'il atteignait le sommet d'une montagne pour s'y jeter, Jibril lui apparaissait et disait : « Ô Mohamed, tu es véritablement le messager d'Allah. » Son cœur s'apaisait alors, son âme se rassurait, et il rentrait. Puis, quand la trêve se prolongeait, il reprenait le même chemin ; et chaque fois qu'il atteignait le sommet d'une montagne, Jibril lui apparaissait et lui disait la même chose. C'est ainsi que le récit fut rapporté de manière détaillée dans le chapitre de l'interprétation des songes du Sahih d'al-Boukhari.
Ibn Shihab a dit : Abu Salama ibn 'Abd ar-Rahman m'a informé que Jabir ibn 'Abdallah al-Ansari, en racontant la trêve de la révélation, disait : « Alors que je marchais, j'entendis une voix venant du ciel. Je levai les yeux : voici l'ange qui m'était venu à Hira, assis sur un siège entre le ciel et la terre. Je fus saisi d'effroi, je rentrai et dis : Couvrez-moi, couvrez-moi ! C'est alors qu'Allah fit descendre : »
« Ô, toi (Muhammad) ! Le revêtu d'un manteau ! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur. Et tes vêtements, purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi. »
Sourate al-Muddaththir, 1-5
La révélation s'intensifia alors et se succéda sans interruption.
Puis al-Boukhari dit : 'Abdallah ibn Youssouf et Abu Salih ont rapporté la suite de la chaîne d'al-Layth, de même que Hilal ibn Raddad, d'après az-Zuhri. Younous et Ma'mar ont dit : « ses débuts » (bawadiruhu).
Ce hadith a été rapporté par l'imam al-Boukhari à plusieurs endroits de son livre. Nous en avons longuement traité, isnad et matn, au début de notre commentaire du Sahih d'al-Boukhari, dans le livre du début de la révélation. À Allah reviennent la louange et la grâce.
Mouslim l'a également rapporté dans son Sahih, par la voie d'al-Layth, ainsi que par les voies de Younous et de Ma'mar, d'après az-Zuhri, comme al-Boukhari l'a rapporté de ces deux voies de manière suspendue (mu'allaq). Nous avons signalé en notes les additions de Mouslim et ses variantes. Le texte de Mouslim s'achève sur la parole de Waraqa : « je t'aiderai d'un secours résolu ».
La parole de la mère des croyants 'Aïcha conforte le récit suivant. Mohamed ibn Ishaq ibn Yasar a rapporté, d'après 'Ubayd ibn 'Umayr al-Laythi, que le Prophète (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) a dit : « Jibril vint à moi pendant mon sommeil, portant une étoffe de brocart sur laquelle se trouvait un écrit. Il dit : Lis ! Je répondis : je ne sais pas lire. Il me serra alors jusqu'à ce que je crusse que c'était la mort, puis il me relâcha », le reste étant semblable au hadith de 'Aïcha.
Ce songe fut comme un prélude à ce qui vint ensuite à l'état éveillé. Cela fut établi expressément dans les Maghazi de Moussa ibn 'Uqba, d'après az-Zuhri : il vit cela en songe, puis l'ange vint à lui à l'état éveillé.
Le hafiz Abu Nu'aym al-Isbahani rapporte dans son livre Dala'il an-Nubuwwa, d'après Alqama ibn Qays : « La première chose accordée aux prophètes est le songe, jusqu'à ce que leurs cœurs s'apaisent ; la révélation descend ensuite. » Ce propos tient d'Alqama ibn Qays lui-même : c'est une belle parole, que conforte ce qui la précède et ce qui la suit.