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La jeunesse du Prophète Mohamed : orphelin recueilli, surnommé al-Amine, protégé de la jahiliya, l’interdiction de marcher nu aux pierres de la Kaaba, les idoles évitées et la station d’Arafat, d’après Ibn Ishaq, Jabir et Zayd ibn Haritha.
Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07
Tel est le chapitre de son origine (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), de celui qui l’éleva, de la suffisance qu’Allah lui accorda et de Sa protection sur sa vie : il fut orphelin et Allah lui donna refuge, pauvre et Allah l’enrichit. Allah a dit :
« Ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin? Alors Il t’a accueilli! Ne t’a-t-Il pas trouvé égaré? Alors Il t’a guidé. Ne t’a-t-Il pas trouvé pauvre? Alors Il t’a enrichi. »
Sourate ad-Duha, 6-8
Mohamed ibn Ishaq a dit : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) grandit ainsi, Allah l’élevant, le protégeant et le gardant des abjections de la jahiliya, en vue de l’honneur qu’Il voulait lui donner et de Sa mission. Il devint le meilleur de son peuple par la virilité d’âme, le meilleur caractère, la plus noble lignée, le meilleur voisinage, la plus grande patience, la parole la plus vraie, la confiance la plus grande, et le plus éloigné des obscénités et des mœurs qui souillent les hommes, par pureté et par générosité.
Il n’avait dans son peuple qu’un seul nom : al-Amine, le digne de confiance, pour ce qu’Allah avait rassemblé en lui de qualités droites.
Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) évoquait, parmi ce par quoi Allah le protégea dans son enfance et à l’époque de sa jahiliya, le récit suivant : « J’étais parmi des garçons de Quraysh qui transportaient des pierres pour leurs jeux : chacun de nous s’était dévêtu et avait mis son izar sur le cou pour porter les pierres. J’avançais avec eux ainsi, puis je reculais quand une force invisible me frappait comme un coup violent. » On lui dit : « Serre ton izar. » Il le resserra, puis porta les pierres vêtu, son izar sur lui, parmi ses compagnons.
Ibn Kathir note que ce récit ressemble à celui qui figure dans le Sahih, lors de la construction de la Kaaba, quand il transportait les pierres avec son oncle al-Abbas. Si ce n’est pas la même histoire, elle l’a précédée comme un prélude : Allah est le plus savant.
Abd ar-Razzak a rapporté, d’après Ibn Jurayj, d’après Amr ibn Dinar, qu’il entendit Jabir ibn Abdallah dire : lorsque la Kaaba fut construite, le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) allait porter les pierres, et al-Abbas lui dit : « Mets ton izar sur ton épaule sous les pierres. » Il le fit, puis s’effondra au sol, les yeux tournés vers le ciel, puis se releva et dit : « Mon izar. » Il resserra alors son izar sur lui.
Ce récit fut rapporté dans les deux Sahihs d’après Abd ar-Razzak, ainsi que par la voie de Rawh ibn Ubada, d’après Zakariyya ibn Abi Ishaq, d’après Amr ibn Dinar, d’après Jabir, de manière semblable.
al-Bayhaqi rapporta aussi le propos d’al-Abbas : « Je portais les pierres vers la Maison lorsque Quraysh la construisit. Quraysh désignait les hommes deux par deux pour porter les pierres, et les femmes portaient l’argile. Nous étions, le fils de mon frère et moi, à porter sur nos cous, nos izar en dessous ; lorsque la foule nous couvrait, nous nous en couvrions. Tandis que je marchais et que Mohamed marchait devant moi, il s’effondra sur le visage : je courus, jetai ma pierre, et il regardait le ciel. Je demandai : qu’as-tu ? Il se releva, saisit son izar et dit : on m’a interdit de marcher nu. Et moi je le cachais aux gens, de peur qu’ils ne disent : il est possédé. »
Younous ibn Bukayr rapporta, d’après Mohamed ibn Ishaq, d’après al-Hasan ibn Mohamed ibn Ali ibn Abi Talib, d’après son père, d’après son grand-père Ali ibn Abi Talib, que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit :
« Je n’ai jamais eu l’intention de ce que les gens de la jahiliya avaient l’intention avec les femmes, sauf deux nuits, et Allah me protégea des deux. Une nuit, je dis à un garçon de la Mecque, alors que nous gardions les brebis de ses gens : garde mes brebis jusqu’à ce que j’entre à la Mecque et que je passe la soirée comme passent la soirée les garçons. Il le fit. J’entrai jusqu’à la première maison que je rencontrai, où j’entendis des flûtes et des instruments : je demandai ce que c’était, et l’on me dit qu’un tel épousait une telle. Je m’assis pour regarder, mais Allah frappa mon oreille : par Allah, rien ne m’éveilla sinon le contact du soleil. Je rentrai auprès de mon compagnon, qui me demanda ce que j’avais fait, et je répondis : rien. Une autre nuit, je lui dis pareillement : garde mes brebis jusqu’à ce que je passe la soirée. J’entendis ce que j’avais entendu la première nuit, je m’assis pour regarder, et Allah frappa mon oreille jusqu’au contact du soleil. Par Allah, je n’y pensai plus et n’y retournai plus, jusqu’à ce qu’Allah m’honorât par Sa prophétie. »
Rapporté par Ibn Ishaq dans sa sira, d’après Ali ibn Abi Talib
Ibn Kathir précise que ce hadith est très rare dans sa chaîne : il peut venir d’Ali lui-même, et sa fin peut être interpolée. Sa chaîne fut mentionnée par Ibn Hibban dans les Thiqaqat, et certains l’ont compté parmi les rapporteurs du Sahih, sans que notre sheikh n’ait pu le confirmer dans son Tahdhib : Allah est le plus savant.
al-Bayhaqi rapporta, d’après Zayd ibn Haritha : « Il y avait une idole de cuivre appelée Isaf ou Na’ila que les polythéistes touchaient en circulant. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) fit le tawaf, et j’en fis de même avec lui. Lorsque je passai, je la touchai, et le Prophète dit : ne la touche pas. Nous circûlâmes encore, et je me dis en moi-même : je ne cesserai de la toucher jusqu’à voir ce qu’il en sera. Je la touchai, et le Prophète dit : ne t’avais-je pas interdit ? »
D’autres complétèrent son propos : « Par Celui qui l’a honoré et a fait descendre sur lui le Livre, il ne toucha jamais une idole, jusqu’à ce qu’Allah l’honorât de ce dont Il l’a honoré et fît descendre sur lui. » On a déjà cité aussi la parole du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) à Bahira, lorsque celui-ci voulut l’interroger par al-Lat et al-Uzza : « Ne m’interroge pas par elles : par Allah, rien ne m’a jamais dégoûté autant qu’elles. »
al-Bayhaqi rapporta, d’après Jabir ibn Abdallah : le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) assistait aux assemblées des polythéistes. Deux anges derrière lui, l’un dit à son compagnon : allons nous placer derrière le messager d’Allah. L’autre répondit : comment nous placerions-nous derrière lui, alors que son habitude est de toucher les idoles ? Après cela, il n’assista plus aux assemblées des polythéistes.
Ibn Kathir note que ce hadith fut jugé étrange par plus d’un imam contre Ousman ibn Abi Shayba, jusqu’à ce que l’imam Ahmad dise de lui : son frère ne prononcerait pas une pareille chose. al-Bayhaqi rapporta de certains l’interprétation : il assistait aux assemblées de ceux qui touchaient les idoles, avant que ne lui fût fait descendre [la révélation] : Allah est le plus savant. Et le hadith de Zayd ibn Haritha a déjà établi qu’il s’écarta de ces assemblées jusqu’à ce qu’Allah l’honorât par Sa mission.
Il est établi aussi qu’il ne s’arrêtait pas à Muzdalifa la nuit d’Arafat, mais stationnait avec les gens à Arafat. Younous ibn Bukayr rapporta, d’après Mohamed ibn Ishaq, que Jubayr ibn Mut’im dit : « J’ai vu le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), sur la religion de son peuple, stationnant à Arafat sur sa chamelle, au milieu de son peuple, jusqu’à ce qu’Allah lui accordât avec eux la réussite. »
al-Bayhaqi explique : sa « religion de son peuple » désigne ce qui subsistait de l’héritage d’Ibrahim et d’Ismaïl (que la paix soit sur eux deux), et il n’a jamais rien associé à Allah. On comprend de ce propos également qu’il stationnait à Arafat avant que ne lui fût révélée [la prophétie] : c’était une réussite d’Allah envers lui. al-Bayhaqi le rapporta aussi d’après l’imam Ahmad : « J’ai vu le messager d’Allah avant que ne lui fût descendue [la prophétie], debout sur sa chamelle parmi les gens à Arafat. » Ahmad rapporta de même, par la voie de Soufyan, d’après Mohamed ibn Jubayr ibn Mut’im, d’après son père : « J’avais perdu ma chamelle à Arafat et je partis à sa recherche, et voici le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) debout. Je me dis : celui-ci est des hums, qu’est-ce qu’il fait ici ? » Ce récit fut rapporté par les deux Sahihs, d’après Soufyan ibn Uyayna.