Accueil > Sira > Le mariage du Prophète Mohamed avec Khadija bint Khuwaylid
Comment le Prophète Mohamed a épousé Khadija bint Khuwaylid : le commerce vers la Syrie, Maysara et le moine, la demande en mariage de Khadija, la dot de vingt chamelles, l’âge des époux et leurs enfants, d’après Ibn Ishaq, Ibn Hisham et al-Bayhaqi.
Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07
Ibn Ishaq a dit : Khadija bint Khuwaylid était une femme commerçante, noble et fortunée, qui engageait des hommes pour faire fructifier ses capitaux. Lorsque lui parvinrent les nouvelles du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : la véracité de sa parole, la grandeur de sa confiance et la noblesse de ses mœurs, elle l’invita à partir en commerce pour elle vers la Syrie. Elle lui offrit une rétribution supérieure à celle qu’elle accordait aux autres marchands, avec son serviteur Maysara. Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accepta et partit avec son bien, accompagné de Maysara.
Arrivé en Syrie, il s’assit à l’ombre d’un arbre proche du monastère d’un moine. Le moine s’enquit auprès de Maysara : « Qui est cet homme assis sous l’arbre ? » Maysara répondit : « C’est un homme de Quraysh, des gens du Sanctuaire. » Le moine dit : « Aucun ne s’assied sous cet arbre sinon un prophète. »
Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) vendit sa marchandise et acheta ce qu’il voulut, puis repartit vers la Mecque avec Maysara. Aux heures où la chaleur écrasait tout, Maysara voyait, selon ce que l’on rapporte, deux anges qui ombrageaient le Prophète tandis qu’il chevauchait sa monture.
De retour à la Mecque, le bien de Khadija fut vendu avec un gain double ou proche du double. Maysara raconta à Khadija la parole du moine et ce qu’il voyait des deux anges. Khadija, femme résolue, noble et avisée en qui Allah voulut une part d’honneur, l’invita et lui dit, selon ce que l’on rapporte : « Ô fils de mon oncle, je te désire pour ta parenté, ta position parmi ton peuple, ta confiance, ta belle moralité et la véracité de ta parole. » Puis elle se proposa à lui en mariage.
Elle était la plus noble par sa lignée parmi les femmes de Quraysh, la plus honorée et la plus riche : tout son peuple aurait souhaité ce mariage s’il en avait eu la possibilité. Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) en informa ses oncles. Son oncle Hamza sortit avec lui jusqu’à ce qu’ils entrassent chez Khuwaylid ibn Asad, qui la maria au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui).
Ibn Hisham a dit : il lui donna en dot vingt chamelles jeunes ; elle fut la première femme qu’il épousa, et il n’en épousa aucune autre jusqu’à sa mort. Ibn Ishaq a dit : elle donna au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) tous ses enfants, à l’exception d’Ibrahim : al-Qasim, de qui il prit sa kunya, puis at-Tayyib, at-Tahir, Zaynab, Ruqayya, Umm Kulthum et Fatima.
Ibn Hisham a dit : l’aîné fut al-Qasim, puis at-Tayyib puis at-Tahir ; l’aînée des filles fut Ruqayya, puis Zaynab, puis Umm Kulthum, puis Fatima. al-Bayhaqi rapporte, d’après al-Hakim, que Mus’ab ibn Abdallah az-Zubayri disait : l’aîné fut al-Qasim, puis Zaynab, puis Abdallah, puis Umm Kulthum, puis Fatima, puis Ruqayya ; les premiers à mourir de sa descendance furent al-Qasim, puis Abdallah.
Khadija atteignit soixante-cinq ans selon certains, cinquante selon d’autres, et c’est le plus juste. On rapporta qu’al-Qasim avait atteint l’âge de monter les montures avant de mourir après le début de la prophétie, tandis que d’autres dirent qu’il mourut en bas âge ; le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit alors : « Il aura une nourrice au Paradis qui achèvera son allaitement. » La parole connue sur ce point concerne Ibrahim.
Younous ibn Bukayr a rapporté, d’après Ibrahim ibn Outhman, d’après al-Hakam, d’après Miqsam, d’après Ibn Abbas : Khadija donna au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) deux garçons et quatre filles : al-Qasim et Abdallah, puis Fatima, Umm Kulthum, Zaynab et Ruqayya. az-Zubayr ibn Bakkar dit : Abdallah est at-Tayyib et c’est lui at-Tahir, nommé ainsi parce qu’il naquit après la prophétie ; ils moururent avant la mission, tandis que les filles atteignirent la mission, entrèrent en Islam et émigrèrent avec lui (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), comme l’a rapporté Ibn Hisham.
Quant à Ibrahim, sa mère fut Mariya la Copte, offerte au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) par le Muqawqis, maître d’Alexandrie, d’un village du district d’Ansina. Nous parlerons de ses épouses et de ses enfants dans un chapitre qui leur sera consacré à la fin de la sira, si Allah le veut : à Lui la confiance.
Ibn Hisham a dit : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avait vingt-cinq ans lorsqu’il épousa Khadija, selon ce que plus d’un savant rapporta, parmi eux Abu Amr al-Madani. Ya’qoub ibn Soufyan écrivit, d’après Ibrahim ibn al-Mundhir, que plus d’un rapporteur disait que Amr ibn Asad maria Khadija au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) alors qu’il avait vingt-cinq ans, et que Quraysh bâtissait la Kaaba.
al-Bayhaqi rapporte de même, d’après al-Hakim, que le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avait vingt-cinq ans lorsqu’il épousa Khadija, et que Khadija en avait alors trente-cinq ; d’autres dirent vingt-huit.
al-Bayhaqi a consacré un chapitre à ce par quoi le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) s’occupait avant d’épouser Khadija. Il y rapporte, d’après Abu Hurayra :
« Allah n’a envoyé aucun prophète qui n’ait fait paître des brebis. » Ses Compagnons demandèrent : « Et toi, ô messager d’Allah ? » Il répondit : « Oui, j’ai fait paître les brebis des gens de la Mecque contre quelques qirats. »
Rapporté par al-Boukhari, d’après Abu Hurayra
al-Bayhaqi rapporta ensuite, par la voie d’ar-Rabii ibn Badr, chaîne qu’il jugea faible, d’après Abu az-Zubayr, d’après Jabir : « Je me suis engagé auprès de Khadija pour deux voyages, contre des sandales. » Il rapporta aussi, par la voie de Hammad ibn Salama, d’après Ali ibn Zayd, d’après Ammar ibn Abi Ammar, d’après Ibn Abbas, un récit dans lequel le père de Khadija la marie au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) alors qu’il est ivre.
al-Bayhaqi rapporta par une longue chaîne le récit d’Ammar ibn Yasar : chaque fois qu’il entendait les gens multiplier les propos sur le mariage du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avec Khadija, il disait : « Je suis le plus savant des hommes de son mariage avec elle : j’étais son compagnon d’arc, son proche ami et son intime. » Il sortit un jour avec le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ; arrivés à al-Hazwara, ils passèrent près de la sœur de Khadija, assise sur une peau qu’elle vendait. Elle m’appela, je m’arrêtai auprès d’elle et le Prophète patienta.
Elle demanda : « Ton compagnon n’a-t-il donc aucune intention de marier Khadija ? » Ammar reprit : je rapportai sa parole au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), qui dit : « Si, par ma vie. » Je transmis sa réponse, et elle dit : « Venez nous voir demain matin. » Nous y allâmes : ils avaient immolé une vache, revêtu leur père d’un beau vêtement et teinté sa barbe de safran.
Sa sœur parla à son frère, et le frère à leur père, à qui l’on avait fait boire du vin : on lui mentionna le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et sa position, et il demanda qu’on le marie à Khadija, ce qui fut fait. On prépara le repas de la vache et nous en mangeâmes, puis leur père s’endormit et s’éveilla sobre. Il s’écria : « Que sont ce vêtement, ce safran et ce repas ? »
Sa fille répondit : « C’est un vêtement que t’a offert Mohamed ibn Abdallah, ton allié, et une vache qu’il t’a offerte et que nous avons immolée lorsqu’il a épousé Khadija. » Il nia l’avoir mariée et sortit en criant jusqu’à l’espace du Hijr. Les Bani Hashim sortirent avec le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et vinrent le voir. Il demanda : « Où est votre compagnon que vous prétendez que j’ai marié à Khadija ? » Le Prophète se présenta : l’homme le regarda et dit : « Si je l’ai mariée, tant mieux ; sinon, c’est fait : je te la marie. »
az-Zuhri mentionna dans sa sira que le père la maria au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) alors qu’il était ivre, et as-Suhayli rapporta un récit du même genre. Mais l’accord des savants porte sur son oncle Amr ibn Asad : c’est lui qui la maria au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), et c’est ce que retint as-Suhayli, qu’il rapporta d’après Ibn Abbas. 'Aïcha a dit aussi que Khuwaylid mourut avant la guerre al-Fijar.
C’est dans cette guerre que Khuwaylid s’était opposé à Tubba, lorsque celui-ci voulut emporter la Pierre Noire vers le Yémen : il s’y dressa avec un groupe de Quraysh, jusqu’à ce que Tubba vît en songe ce qui l’effraya, renonçât et laissât la Pierre Noire à sa place. Ibn Ishaq mentionna enfin, à la fin de la sira, que c’est le frère de Khadija, Amr ibn Khuwaylid, qui la maria au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : Allah est le plus savant.