Le pacte des vertueux (hilf al-fudul), assisté par le jeune Mohamed

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Le pacte des vertueux (hilf al-fudul) : son hadith, la cause du commerçant de Zoubayd lésé par al-As ibn Wa’il, la fille du Khat’ami enlevée par Noubayh, les vers d’az-Zoubayr ibn Abd al-Muttalib et l’anecdote d’al-Hossein avec al-Walid, d’après al-Bayhaqi, Ibn Ishaq et Ibn Qoutayba.

Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07

« J’ai assisté avec mes oncles au pacte des vertueux »

Le hafiz al-Bayhaqi rapporta par de longues chaînes, remontant à Jubayr ibn Mou’im, d’après son père : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « J’ai assisté avec mes oncles au pacte des vertueux : je n’aimerais point le rompre, et j’aime bien qu’on m’offre les jeunes chamelles rousses. » Bichr ibn al-Mouffaddal le rapporta de même, d’après Abd ar-Rahman. Et Abou Nasr ibn Qatada rapporta, par une autre chaîne, d’après Abou Hurayra : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Je n’ai assisté à aucun pacte de Quraysh, hormis le pacte des vertueux : je n’aimerais pas qu’on m’offre les jeunes chamelles rousses, et j’aurais rompu [tout autre pacte]. »

al-Bayhaqi dit : c’est ainsi que fut rapporté ce commentaire, intégré au hadith : « les vertueux sont Hachim, Omayya, Zouhra et Makhzoum » : j’en ignore l’auteur. Certains historiens ont pensé qu’il visait le pacte des Fudul, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) n’ayant pas connu le pacte des parfumés. Ibn Kathir conclut : cela ne fait aucun doute, car Quraysh s’allia après la mort de Qoussay et se disputa ce que Qoussay avait confié à son fils Abd ad-Dar : l’abreuvage, le ravitaillement, l’étendard, l’assemblée et la garde ; les Bani Abd Manat les lui contestèrent, chaque parti soutenu par des clans de Quraysh, s’alliant pour soutenir leur faction. Les gens des Bani Abd Manat apportèrent une jatte de parfum : ils y plongèrent leurs mains, s’allièrent, puis se frottèrent les mains aux angles de la Maison et furent nommés « les parfumés » ; cela fut ancien. Ce qui est visé ici est le pacte des Fudul, conclu dans la maison d’Abdallah ibn Jou’dan, comme le rapporta al-Houmaydi, d’après Soufyan ibn Ouyayna, d’après Abdallah et Abd ar-Rahman, fils d’Abu Bakr, qui dirent : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « J’ai assisté dans la maison d’Abdallah ibn Jou’dan à un pacte : si l’on m’y appelait en Islam, je répondrais. Ils s’étaient alliés à rendre les droits à leurs titulaires, et à ce qu’aucun injuste n’humilie un lésé. »

La cause du pacte : le commerçant de Zoubayd lésé

Le pacte des Fudul eut lieu vingt ans avant la mission, au mois de Dhu al-Qa’da, quatre mois après la guerre al-Fijar, laquelle eut lieu en Chabban de cette même année. Ce fut le pacte le plus noble et le plus honorable dont on ait entendu parler chez les Arabes. Le premier à l’appeler fut az-Zoubayr ibn Abd al-Mouttalib, et sa cause : un homme de Zoubayd vint à la Mecque avec une marchandise qu’al-As ibn Wa’il lui acheta, puis retint son droit. Le Zoubaydi chercha du secours contre lui auprès des alliés : Abd ad-Dar, Makhzoum, Joumah, Sahm et Adi ibn Ka’b, qui refusèrent d’aider contre al-As ibn Wa’il, qui avait le dessus. Voyant le mal, le Zoubaydi fit vœu au sommet d’Abou Qoubays, au lever du soleil : Quraysh étant dans ses assemblées autour de la Kaaba : et cria de toutes ses forces :

« Ô gens de Fihr, la marchandise d’un lésé … au sein de la Mecque, éloigné de sa maison et de son clan ; »

« Un pèlerin aux cheveux ébouriffés qui n’a point accompli sa visite : … ah, les hommes ! entre le Hijr et la Pierre ; »

« Le sacré est sacré pour celui dont la noblesse s’est accomplie : … nulle sacralité pour le vêtement du pervers traître. »

Az-Zoubayr ibn Abd al-Mouttalib se leva alors et dit : « Pourquoi ce peuple est-il abandonné ? » Hachim, Zouhra et Taym ibn Mourra se réunirent dans la maison d’Abdallah ibn Jou’dan, qui leur prépara un repas. Ils s’allièrent en Dhu al-Qa’da, mois sacré, s’engageant et se promettant devant Allah : « Nos mains seront une seule main avec le lésé contre l’injuste, jusqu’à ce que son droit lui soit rendu, tant qu’un océan mouillera une toison et que le Thabir et Hira resteront à leur place. » Quraysh nomma ce pacte « pacte des Fudul », disant : « Ceux-là sont entrés dans une vertu de l’affaire. » Ils marchèrent ensuite vers al-As ibn Wa’il, lui arrachèrent la marchandise du Zoubaydi et la lui rendirent. Az-Zoubayr ibn Abd al-Mouttalib dit en cela :

« J’ai juré de conclure contre eux un pacte, … alors que nous sommes tous gens d’une même maison ; »

« Nous l’appellerons al-Fudul quand nous l’aurons conclu : … l’étranger y trouve honneur grâce au protecteur ; »

« Et ceux autour de la Maison savent que nous … protégeons le lésé et interdisons toute honte. »

Az-Zoubayr dit aussi :

« Les Fudul se sont engagés et alliés … à ce qu’aucun injuste ne demeure au sein de la Mecque ; »

« Une affaire sur laquelle ils se sont engagés et promis : … l’hôte et le surpris chez eux sont en sûreté. »

La fille du Khat’ami enlevée par Noubayh

Qasim ibn Thabit mentionna dans le Gharib al-Hadith qu’un homme de Khat’arm vint à la Mecque en pèlerin ou en visiteur, avec sa fille nommée al-Qatoul, l’une des plus basses femmes du monde. Noubayh ibn al-Hajjaj la lui enleva et la fit disparaître. Le Khat’ami dit : « Qui se portera garant pour moi contre cet homme ? » On lui dit : « Aux Fudul. » Il se tint près de la Kaaba et cria : « Ô pacte des Fudul ! » Les voilà se ruant vers lui de tous côtés, sabres dégainés, disant : « Le secours t’est venu : qu’as-tu ? » Il dit : « Noubayh m’a lésé au sujet de ma fille et me l’a arrachée par force. » Ils marchèrent avec lui jusqu’à la porte de sa demeure ; il sortit vers eux et ils dirent : « Sors la jeune fille, malheur à toi ! Tu sais qui nous sommes et notre pacte. » Il dit : « Je le ferai, mais laissez-moi cette nuit avec elle. » Ils dirent : « Par Allah, jamais : point de plaisir au débauché ! » Il la leur sortit en disant :

« Mes compagnons sont partis, et je n’ai pas salué al-Qatoula, … je ne leur ai point fait d’adieux gracieux ; »

« Lorsque les Fudul résolurent de me l’interdire : … ils me voient, et je ne crains point les Fudoula ; »

« Ne dites point qu’au soir où partit la caravane … vous serez pour moi une chose que je ne dirais pas. »

Il mentionna d’autres vers que ceux-ci. Et il fut dit : ce pacte fut nommé « pacte des Fudul » car il ressemblait à un pacte que Jurhum avait conclu sur le même genre : soutenir le lésé contre son injuste ; et ses initiateurs furent trois notables, chacun portant le nom de Fadl : al-Fadl ibn Fadala, al-Fadl ibn Wada’a et al-Foudayl ibn al-Harith. Tel est l’avis d’Ibn Qoutayba ; d’autres dirent : c’étaient al-Foudayl ibn Choura’a, al-Fadl ibn Wada’a et al-Fadl ibn Qouda’a, et as-Souhayli a cité cela (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui).

Mohamed ibn Ishaq a dit : des tribus de Quraysh se liguèrent pour un pacte et se réunirent dans la maison d’Abdallah ibn Jou’dan, en raison de son honneur et de son renom, et leur pacte eut lieu chez lui : les Bani Hachim, les Bani Abd al-Mouttalib, Asad ibn Abd al-Ouzza, Zouhra ibn Kilab et Taym ibn Mourra. Ils s’engagèrent et se promirent de ne laisser à la Mecque aucun lésé, des siens ou d’autres, parmi les gens venus à elle, sans être avec lui contre quiconque l’aurait lésé, jusqu’à ce que son grief lui fût rendu. Quraysh nomma ce pacte « pacte des Fudul ».

Mohamed ibn Zayd al-Konfoudh at-Taymi me rapporta qu’il entendit Talha ibn Abdallah ibn Awf az-Zuhri dire : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « J’ai assisté dans la maison d’Abdallah ibn Jou’dan à un pacte : je n’aimerais pas qu’on m’offre pour lui les jeunes chamelles rousses ; et si l’on m’y appelait en Islam, je répondrais. »

Ibn Ishaq a dit : Yazid ibn Abdallah ibn Oussama ibn al-Hadi al-Lithi m’informa que Mohamed ibn Ibrahim at-Taymi lui raconta qu’il y eut dispute entre al-Hossein ibn Ali ibn Abi Talib et al-Walid ibn Outba ibn Abi Soufyan : al-Walid étant alors gouverneur de Médine, nommé par son oncle Mou’awiya ibn Abi Soufyan : au sujet d’un bien, à Dhu al-Marwa. al-Walid abusa de son pouvoir sur le droit d’al-Hossein, qui dit : « Je jure par Allah : tu me rendras mon droit, ou je prendrai mon épée, me lèverai dans la mosquée du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et invoquerai le pacte des Fudul. » Abdallah ibn az-Zoubayr, qui était auprès d’al-Walid quand al-Hossein tint ces propos, dit : « Et moi, je jure par Allah : s’il l’invoque, je prendrai mon épée et me lèverai avec lui jusqu’à ce que son droit lui soit rendu, ou que nous mourions tous. » La nouvelle parvint à al-Missouar ibn Makhrama az-Zuhri, qui dit la même chose ; et à Abd ar-Rahman ibn Outhman ibn Oubaydillah at-Taymi, qui dit pareillement. Lorsqu’al-Walid ibn Outba apprit cela, il rendit à al-Hossein son droit jusqu’à ce qu’il fût satisfait.

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