Rukana, le lutteur de Quraysh vaincu par le Prophète Mohamed

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Rukana, le plus fort de Quraysh, terrassé par le Prophète Mohamed : le pari de lutte, l’arbre invoqué et revenu à sa place, les rachats de brebis, les cinq moqueurs punis (al-Walid, al-Aswad, al-Harith, al-As), le testament d’al-Walid et la rimâ, d’après Ibn Ishaq, ach-Chafi’i, Ahmad et al-Bayhaqi.

Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07

Le pari de lutte et la chute de Rukana

Ibn Ishaq a dit : son père Ishaq ibn Yasar me raconta que Rukana ibn Abd Yazid ibn Hachim ibn al-Mouttalib ibn Abd Manat était le plus fort homme de Quraysh. Il se trouva un jour seul avec le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dans l’une des vallées de la Mecque, et le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui dit : « Ô Rukana, ne crains-tu pas Allah et n’acceptes-tu pas ce à quoi je t’appelle ? » Il dit : « Si je savais que ce que tu dis est vrai, je te suivrais. » Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Et vois-tu : si je te terrassais, saurais-tu que je dis vrai ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Lève-toi donc : je te lutte. » Rukana se leva vers lui et lutta avec lui : lorsque le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) l’eut saisi,

il l’étendit à terre, sans qu’il ne maîtrisât plus rien de lui. Rukana dit : « Reviens, ô Mohamed. » Il revint et le terrassa de nouveau. Rukana dit : « Ô Mohamed, par Allah, voilà qui est étonnant : toi, tu me terrasses ?! » Il dit : « Plus étonnant encore : veux-tu que je te le montre, si tu crains Allah et suis mon ordre ? » Rukana dit : « Quoi ? » Il dit : « J’invoque pour moi cet arbre que tu vois : qu’il vienne à moi. » Rukana dit : « Invoque-le. » Il l’invoqua : l’arbre vint jusqu’à se tenir devant le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Il lui dit : « Retourne à ta place. » Et l’arbre retourna à sa place. Rukana alla vers son peuple et dit : « Ô Bani Abd Manaf, votre compagnon ensorcelle les gens de la terre : par Allah, je n’ai jamais vu sorcier plus habile que lui », et il les informa de ce qu’il avait vu et de ce qui s’était fait.

Tel est comment Ibn Ishaq rapporta ce récit, de façon suspendue et avec ce texte. Abou Dawoud et at-Tirmidhi le rapportèrent, d’après Abou al-Hasan al-Asqalani, d’après Abou Ja’far ibn Mohamed ibn Rukana, d’après son père : Rukana lutta avec le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) le terrassa. at-Tirmidhi dit : rapport rare, nous ne connaissons ni Abou al-Hasan ni Ibn Rukana. Ibn Kathir ajoute : Abou Bakr ach-Chafi’i rapporta, par une chaîne excellente, d’après Ibn Abbas (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), que Yazid ibn Rukana lutta avec le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), et le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) le terrassa trois fois, chaque fois contre cent brebis. À la troisième, il dit : « Ô Mohamed, nul n’a jamais posé mon dos à terre avant toi, et nul ne m’était plus haïssable que toi : j’atteste qu’il n’y a pas de divinité qu’Allah et que tu es le messager d’Allah. » Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se leva de dessus lui et lui rendit ses brebis.

Quant à l’histoire de son invocation de l’arbre qui vint à lui, elle viendra dans le livre Dala’il an-Nubuwwa après la sira, par de bonnes voies authentiques, en relations multiples, si Allah le veut : en Lui est la confiance. Il a déjà précédé, au sujet d’Abou al-Asadd, qu’il lutta avec le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et que le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) le terrassa.

Les faibles du peuple et la sourate al-An’am

Ibn Ishaq a dit : lorsque le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) s’asseyait dans la mosquée, s’asseyaient près de lui les opprimés parmi ses Compagnons : Khabbab, Ammar, Abou Foukayha Yassar, affranchi de Safwan ibn Oumayya, Souhayb et leurs semblables parmi les Musulmans. Quraysh se moqua d’eux, et les uns disaient aux autres : « Voilà ses compagnons, comme vous voyez : sont-ce ceux qu’Allah a favorisés parmi nous par la guidée et la religion de vérité ?! Si ce que Mohamed apportait était un bien, ceux-là ne nous auraient pas devancés vers lui, et Allah ne les aurait pas préférés à nous. » Allah fit alors descendre à leur sujet :

« Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, implorent leur Seigneur, cherchant sa Face “Wajh”. Leur demander compte ne t’incombe en rien, et te demander compte ne leur incombe en rien. En les repoussant donc, tu serais du nombre des injustes. Ainsi, éprouvons-Nous (les gens) les uns par les autres, pour qu’ils disent: “Est-ce là ceux qu’Allah a favorisés parmi nous?” N’est-ce pas Allah qui sait le mieux lesquels sont reconnaissants? Et lorsque viennent vers toi ceux qui croient à nos versets (le’... »

Sourate al-An’am, 52-54

Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) s’asseyait souvent près d’al-Marwa, à la vente d’un esclave chrétien nommé Jabr, esclave des Bani al-Hadrami. Les gens disaient : « Par Allah, ce n’est pas Jabr qui enseigne à Mohamed le plus de ce qu’il apporte. » Allah fit descendre à ce propos leur parole :

« Et Nous savons parfaitement qu’ils disent: “Ce n’est qu’un être humain qui lui enseigne (le Coran)”. Or, la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère [non arabe], et celle-ci est une langue arabe bien claire. »

Sourate an-Nahl, 103

Il mentionna ensuite la descente de la sourate al-Kawthar au sujet d’al-As ibn Wa’il, lorsqu’il dit du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : « Il est sans postérité : sa mémoire s’éteindra à sa mort. » Allah fit descendre : « Celui qui te hait sera certes sans postérité », c’est-à-dire celui dont la mention sera tranchée après lui, dût-il laisser des milliers de descendants : la mention, la renommée et la langue de vérité ne tiennent pas à la multitude des enfants et des générations. Nous avons traité cette sourate dans notre livre de l’exégèse : à Allah la louange. Il fut rapporté d’Abou Ja’far al-Baqir qu’al-As ibn Wa’il ne dit cela que lorsqu’mourut al-Qasim, fils du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), qui avait atteint l’âge de monter les montures.

« Pourquoi pas un ange ? » et les moqueries punies

Il mentionna ensuite la descente de la parole d’Allah : « Et ils disent : Pourquoi ne lui a-t-on pas fait descendre un Ange ? », à cause de la parole d’Oubayy ibn Khalaf, de Zam’a ibn al-Aswad, d’al-As ibn Wa’il et d’an-Nadr ibn al-Harith : « Pourquoi ne t’est pas descendu un ange qui parle aux gens à ta place ? » Ibn Ishaq a dit : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) passa, selon ce qui nous est parvenu, près d’al-Walid ibn al-Mughira, d’Omayya ibn Khalaf et d’Abou Jahl ibn Hicham, qui le chambrièrent et se moquèrent de lui : cela le piqua vivement, et Allah fit descendre à leur sujet : « Certes, on s’est moqué de messagers avant toi, mais ceux qui se sont raillés d’eux, leur propre raillerie les enveloppa. »

Ibn Kathir cite aussi : « Certes, des messagers avant toi ont été traités de menteurs. Ils endurèrent alors avec constance d’être traités de menteurs et d’être persécutés, jusqu’à ce que Notre secours leur vînt. Et nul ne peut changer les paroles d’Allah, et il t’est déjà parvenu une partie de l’histoire des Envoyés » ; et la parole du Très-Haut : « Nous t’avons effectivement défendu vis-à-vis des railleurs. » Soufyan rapporta, d’après Ja’far ibn Iyas, d’après Said ibn Jubayr, d’après Ibn Abbas : « Les railleurs : al-Walid ibn al-Mughira, al-Aswad ibn Abd Yaghouth az-Zuhri, al-Aswad ibn al-Mouttalib Abou Zam’a, al-Harith ibn Aytal et al-As ibn Wa’il as-Sahmi. » Jibril vint à lui : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) s’en plaignit, et Jibril lui montra al-Walid et désigna son front : « Tu es à l’abri de lui. » Puis il montra al-Aswad ibn al-Mouttalib et désigna sa nuque : « Tu es à l’abri de lui. » Puis il montra al-Aswad ibn Abd Yaghouth et désigna sa tête : « Tu es à l’abri de lui. » Puis il montra al-Harith ibn Aytal et désigna son ventre : « Tu es à l’abri de lui.

» al-As ibn Wa’il passa, et il désigna la plante de son pied : « Tu es à l’abri de lui. » Quant à al-Walid, il passa près d’un homme de Khouza’a qui se fabriquait des flèches : il atteignit sa tempe et la trancha. Quant à al-Aswad ibn Abd Yaghouth, des plaies sortirent sur sa tête et il en mourut. Quant à al-Aswad ibn al-Mouttalib, il devint aveugle : il s’était assis sous un acacia en disant : « Ô mon fils, ne me défendez-vous pas ? Je suis tué ! », et de dire : « Ô mon fils, ne m’empêchez-vous pas de lui ? Je suis perdu : voici l’épine plantée dans mon œil ! », et ils disaient : « Nous ne voyons rien. » Il resta ainsi jusqu’à ce que ses yeux devinssent aveugles. Quant à al-Harith ibn Aytal, l’eau jaune saisit son ventre jusqu’à ce que ses entrailles sortissent de sa bouche, et il en mourut. Quant à al-As ibn Wa’il, un jour, une épine entra dans sa tête et la remplit, et il en mourut. D’autres dirent dans ce hadith : il monta vers Taïf sur un âne, chancela sur une épine qui entra dans la plante de son pied et le tua. al-Bayhaqi le rapporta de manière semblable à ce texte.

La version d’Urwa et les cinq moqueurs

Ibn Ishaq a dit : les grands parmi les moqueurs étaient, selon ce que me rapporta Yazid ibn Rouman, d’après Urwa ibn az-Zoubayr, cinq hommes, dotés de dents et d’honneur parmi leur peuple : al-Aswad ibn al-Mouttalib Abou Zam’a : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) invoqua contre lui : « Ô Allah, rends-le aveugle et prive-le de ses fils » :, al-Aswad ibn Abd Yaghouth, al-Walid ibn al-Mughira, al-As ibn Wa’il et al-Harith ibn at-Toulatila. Il mentionna qu’Allah le Très-Haut fit descendre à leur sujet :

« Expose donc clairement ce qu’on t’a commandé et détourne-toi des associateurs. Nous t’avons effectivement défendu vis-à-vis des railleurs. Ceux qui associent à Allah une autre divinité. Mais ils sauront bientôt. »

Sourate al-Hijr, 94-96

Il mentionna que Jibril vint au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) tandis qu’ils tournaient autour de la Maison : il se leva, et le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se leva à son côté. al-Aswad ibn al-Mouttalib passa près de lui et jeta sur son visage une feuille verte : il devint aveugle. al-Aswad ibn Abd Yaghouth passa près de lui et désigna son ventre : son ventre devint hydropique et il en mourut enflé. al-Walid ibn al-Mughira passa près de lui et désigna la cicatrice d’une plaie au-dessous de sa cheville, qu’il avait reçue des années auparavant en passant près d’un homme de Khouza’a qui se fabriquait des flèches : une flèche s’était accrochée à son izar et l’avait égratigné légèrement ; cela se rompit ensuite et il mourut. al-As ibn Wa’il passa près de lui et désigna la plante de son pied : il monta sur un âne pour Taïf, chancela sur une épine qui entra dans la plante de son pied et le tua. al-Harith ibn at-Toulatila passa près de lui et désigna sa tête : il secoua du pus qui le tua.

Le testament d’al-Walid et les suites du sang

Ibn Ishaq a dit : lorsque la mort approcha d’al-Walid ibn al-Mughira, il fit un testament à ses trois fils : Khalid, Hicham et al-Walid. Il leur dit : « Ô mes fils, je vous recommande trois choses : mon sang chez Khouza’a, ne le laissez pas s’éterniser : par Allah, je sais qu’ils en sont innocents, mais je crains qu’après ce jour on ne vous en insulte ; ma créance chez Thaqif, ne la délaissez pas jusqu’à l’avoir prise ; mon gage chez Abou Ouzayhir ad-Doussi, qu’il ne vous échappe pas. » Abou Ouzayhir avait marié al-Walid à sa fille, puis l’avait retenue sans la lui faire entrer jusqu’à sa mort, ayant déjà pris son gage, c’est-à-dire sa dot. Lorsqu’al-Walid mourut, les Bani Makhzoum s’acharnèrent sur Khouza’a pour en obtenir le prix du sang d’al-Walid, disant : « C’est la flèche de votre compagnon qui l’a tué. » Khouza’a les leur refusa jusqu’à ce qu’ils échangassent des insultes et que l’affaire devînt rude entre eux ; puis Khouza’a leur donna une partie du prix du sang, et ils firent la paix et se garantirent mutuellement.

Ibn Ishaq a dit : Hicham ibn al-Walid agressa ensuite Abou Ouzayhir au marché de Dhu al-Majaz et le tua : c’était un noble parmi son peuple, et sa fille était auprès d’Abou Soufyan : et cela eut lieu après Badr. Yazid ibn Abi Soufyan se leva et rassembla les gens contre les Bani Makhzoum, son père étant absent. Lorsqu’Abou Soufyan revint, l’acte de son fils Yazid le piqua vivement : il le blâma et le frappa, paya le prix du sang d’Abou Ouzayhir et dit à son fils : « Tu as décidé que Quraysh s’entretue pour un homme de Dous ! » Hassan ibn Thabit écrivit pour lui une qasida poussant Abou Soufyan dans le sang d’Abou Ouzayhir, qui dit : « Mauvais fut le penser de Hassan, que certains de nous tuent les autres, alors que nos nobles sont partis le jour de Badr. » Lorsque Khalid ibn al-Walid embrassa l’Islam et assista à Taïf avec le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), il lui demanda sa part de la rimâ de son père chez les gens de Taïf.

Ibn Ishaq a dit : certains hommes de science me mentionnèrent que ces versets étaient descendus à ce sujet : « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants », et ce qui suit. Ibn Ishaq a dit : il n’y avait chez les Bani Ouzayhir de vendetta connue de nous jusqu’à ce que l’Islam séparât les gens, hormis que Dirar ibn al-Khattab ibn Mirdas al-Fihri partit avec un groupe de Quraysh au pays de Dous et s’arrêta chez une femme nommée Oumm Ghaylan, affranchie de Dous, qui coiffait les femmes et préparait les mariées. Daws voulut les tuer pour Abou Ouzayhir : Oumm Ghaylan se tint devant eux, et des femmes avec elle, et les en empêcha. as-Souhayli dit : on rapporte qu’elle l’introduisit entre sa cuirasse et son corps.

Ibn Hicham a dit : aux jours d’’Oumar ibn al-Khattab, Oumm Ghaylan vint à lui, croyant que Dirar était son frère. ’Oumar lui dit : « Je ne suis son frère qu’en Islam, et j’ai reconnu ta faveur envers lui. » Il lui fit don sur le titre de fille de la route. Ibn Hicham dit aussi : Dirar ibn al-Khattab avait rejoint ’Oumar ibn al-Khattab le jour d’Ouhoud, le frappait avec le plat de la lance et disait : « Sauve-toi, fils de al-Khattab, je ne te tuerai pas. » ’Oumar le lui reconnaissait après l’Islam (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui).

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