Les tortures de Quraysh contre les Musulmans qui suivirent le Prophète

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Les tortures de Quraysh contre les premiers Musulmans : Bilal sous la pierre disant « Un, Un », les rachats d’Abu Bakr, Soumayya première martyre, Abu Jahl incitateur, l’excuse de la contrainte (an-Nahl 106), Khabbab et les peignes de fer, d’après Ibn Ishaq, al-Boukhari, Mouslim et Ahmad.

Mis à jour le 07 septembre 2026 à 23h07

Chaque tribu s’acharne sur ses Musulmans

Ibn Ishaq a dit : ils s’en prirent alors à quiconque avait embrassé l’Islam et suivi le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) parmi ses Compagnons : chaque tribu s’acharna sur les Musulmans qu’elle comptait en son sein, les emprisonnant et les torturant par les coups, la faim et la soif, sous le soleil brûlant de la Mecque, s’en prenant à ses plus faibles pour les détourner de leur religion. Les uns cédèrent sous la dureté de l’épreuve ; les autres tinrent bon, Allah les protégeant d’eux.

Bilal sous la pierre : « Un, Un »

Bilal était l’affranchi d’Abu Bakr, appartenant à certains des Bani Joumah, un métis parmi leurs clients : Bilal ibn Rabah, sa mère se nommant Hamama. Il était véridique dans l’Islam, pur de cœur. Omayya ibn Khalaf le faisait sortir à l’heure la plus chaude, ordonnait qu’on posât la grande roche sur sa poitrine et lui disait : « Tu resteras ainsi, par Allah, jusqu’à mourir, ou jusqu’à mécroire en Mohamed et adorer al-Lat et al-Uzza. » Et lui, dans cet état, disait : « Un, Un. »

Ibn Ishaq a dit : Hicham ibn Urwa me rapporta, d’après son père : Waraqa ibn Nawfal passait près de lui tandis qu’on le torturait ainsi, et qu’il disait : « Un, Un », et Waraqa disait : « Un, Un, par Allah, ô Bilal. » Puis il s’adressait à Omayya ibn Khalaf et à ceux des Bani Joumah qui faisaient cela de lui : « Je jure par Allah : si vous le tuez dans cet état, je le prendrai pour tombeau. » Ibn Kathir note que certains ont buté sur ce propos : Waraqa mourut après le début de la mission, pendant la trêve de la révélation, et les conversions n’eurent lieu qu’après la descente de « Ô, toi (Muhammad) ! » : comment Waraqa passait-il près de Bilal en train d’être torturé ? La question mérite réflexion.

Abu Bakr rachète les esclaves torturés

Ibn Ishaq mentionna ensuite le passage d’Abu Bakr près de Bilal en train d’être torturé : il l’acheta d’Omayya contre un esclave noir qu’il possédait, l’affranchit et le soulagea de la torture. Il mentionna aussi ses achats d’un groupe d’esclaves et d’esclaves convertis : parmi eux Bilal, Amir ibn Fouhayra, Oumm Oubays, et Zinnira dont la vue fut frappée puis qu’Allah le Très-Haut lui rendit, ainsi qu’an-Nahdiyya et sa fille, qu’il acheta des Bani Abd ad-Dar : leur maîtresse les avait envoyées lui moudre son grain et les entendit leur dire : « Par Allah, je ne vous affranchirai jamais. » Abu Bakr dit : « Affranchis-les, ô unté. » Elle répondit : « Affranchis-les : c’est toi qui les as corrompues. » Il dit : « À quel prix ? » Elle dit : « Tel et tel. » Il dit : « Prises : elles sont libres. Rendez-lui sa farine. » Elles dirent : « Ou nous la viderons, ô Abou Bakr, puis nous la lui rendrons ? » Il dit : « Cela, si vous voulez. » Il acheta aussi une esclave des Bani Moummal, clan des Bani Adi, que ’Oumar battait pour l’Islam.

Le conseil d’Abou Quhafa et la sourate al-Layl

Mohamed ibn Abdallah ibn Abi Atiq rapporta, d’après Amir ibn Abdallah ibn az-Zoubayr, d’après certains des siens : Abou Quhafa dit à Abu Bakr : « Ô mon fils, je te vois affranchir des faibles ; si tu avais fait ce que tu as fait en affranchissant des hommes vigoureux, ils te défendraient et se tiendraient devant toi. » Abu Bakr dit : « Ô mon père, je ne vise que ce que je vise. » On rapporte que ces versets ne furent descendus qu’à son sujet et au sujet de la parole de son père :

« Celui qui donne et craint (Allah) et déclare véridique la plus belle récompense Nous lui faciliterons la voie au plus grand bonheur. Et quant à celui qui est avare, se dispense (de l’adoration d’Allah), et traite de mensonge la plus belle récompense, Nous lui faciliterons la voie à la plus grande difficulté »

Sourate al-Layl, 5-10

Les sept premiers et l’armure de fer

Ce qu’ont déjà rapporté l’imam Ahmad et Ibn Majah, d’après Asim ibn Bahdala, d’après Zirr, d’après Ibn Mas’oud : « Les premiers à manifester l’Islam furent sept : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), Abu Bakr, Ammar, sa mère Soumayya, Souhayb, Bilal et al-Miqdad. Quant au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), Allah le protégea par son oncle ; Abu Bakr, Allah le protégea par son peuple ; quant aux autres, les polythéistes s’en saisirent, les revêtirent d’armures de fer et les firent cuire au soleil : il n’y en avait pas un qu’ils n’eussent fait plier à leur volonté, hormis Bilal, qui légèra sa vie pour Allah le Très-Haut et fut peu de chose aux yeux de son peuple. Ils le saisirent, confièrent aux garçons de le promener dans les vallées de la Mecque, tandis qu’il disait : « Un, Un. » ath-Thawri le rapporta, d’après Mansour, d’après Moujahid, de façon suspendue.

La famille de Yassir et Soumayya, première martyre

Les Bani Makhzoum emmenaient Ammar ibn Yassir, son père et sa mère, qui étaient une maison d’Islam : à l’heure la plus chaude, ils les torturaient sous le soleil brûlant de la Mecque. Le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) passait près d’eux et disait, selon ce qui m’est parvenu : « Patience, ô famille de Yassir : votre rendez-vous est le Paradis. » al-Bayhaqi rapporta, d’après al-Hakim, une chaîne remontant à Jabir : le messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) passa près d’Ammar et de sa famille torturés et dit : « Bonne nouvelle, ô famille d’Ammar, ô famille de Yassir : votre rendez-vous est le Paradis. » Quant à sa mère, ils la tuèrent : elle ne refusait que l’Islam. L’imam Ahmad rapporta, d’après Waki’, d’après Soufyan, d’après Mansour, d’après Moujahid : le premier martyr de l’Islam fut la mère d’Ammar, Soumayya : Abu Jahl la transperça de sa lance dans ses parties intimes. Ce récit est suspendu.

Abu Jahl, l’incitateur, et l’excuse de la contrainte

Mohamed ibn Ishaq a dit : Abu Jahl, le pervers, était celui qui poussait à eux certains hommes de Quraysh : lorsqu’il apprenait qu’un homme honorable et protégé avait embrassé l’Islam, il le blâmait et l’humiliait, disant : « Tu as quitté la religion de ton père, qui valait mieux que toi : je ridiculiserai ta patience, renverserai ton avis et anéantirai ton honneur. » S’il était marchand : « Par Allah, je ruinerai ton commerce et ferai périr ton bien. » S’il était faible, il le battait et poussait les gens contre lui : que Allah le maudisse et le rende laid.

Hakim ibn Jubayr rapporta, d’après Said ibn Jubayr, qui dit : j’ai interrogé Abdallah ibn Abbas : « Les polythéistes atteignaient-ils, dans la torture des Compagnons du messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), ce qui pouvait excuser leur défection de leur religion ? » Il dit : « Oui, par Allah : ils battaient l’un d’eux, le faisaient mourir de faim et de soif, jusqu’à ce qu’il ne pût rester assis, à cause de la dureté de son épreuve, jusqu’à ce qu’ils eussent obtenu de lui ce qu’ils lui demandaient de la séduction, au point de lui dire : Al-Lat et al-Uzza sont-elles ta divinité à la place d’Allah ? Et il disait : oui. Par rachat d’eux, de la violence qu’ils lui faisaient subir. »

Ibn Kathir dit : c’est pour de telles situations qu’Allah le Très-Haut fit descendre :

« Quiconque a renié Allah après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère d’Allah et ils ont un châtiment terrible. »

Sourate an-Nahl, 106

Ceux-là étaient excusés par l’humiliation et la torture qui leur étaient infligées : qu’Allah nous préserve de cela par Son pouvoir et Sa force.

Khabbab : la dette d’al-As, les peignes de fer et la chaleur du sol

L’imam Ahmad rapporta, d’après Abou Mou’awiya, d’après al-A’mach, d’après Moulim, d’après Masrouq, d’après Khabbab ibn al-Aratt : « J’étais un forgeron, et al-As ibn Wa’il me devait de l’argent. J’allai le lui réclamer et il dit : Par Allah, je ne te paierai pas tant que tu n’auras pas mécru en Mohamed. Je dis : Par Allah, je ne mécroirai pas en Mohamed tant que tu ne seras pas mort et ressuscité. Il dit : Quand je serai mort et ressuscité, j’aurai richesse et enfants, et je te paierai. Allah fit alors descendre : As-tu vu celui qui ne croit pas à Nos versets et dit : On me donnera certes des biens et des enfants ? ... Nous hériterons ce dont il parle, tandis qu’il viendra à Nous, tout seul. » Rapporté par les deux Sahihs et d’autres voies, d’après al-A’mach. Dans une formulation d’al-Boukhari : « J’étais forgeron à la Mecque et fabriquai une épée pour al-As ibn Wa’il ; je vins réclamer son prix », et il cita le hadith.

al-Boukhari rapporta, d’après al-Houmaydi, d’après Soufyan, d’après Bayan et Isma’il, qu’ils dirent : nous avons entendu Qays dire : j’ai entendu Khabbab : « Je vins au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) alors qu’il reposait la tête sur un manteau, à l’ombre de la Kaaba, et que nous avions subi des polythéistes une grande dureté. Je dis : Ne vas-tu pas invoquer Allah ? Il s’assit, le visage rougeoyant, et dit : » « Ceux qui vous ont précédés étaient peignés avec des peignes de fer, ce qui séparait leurs os de leur chair et de leurs nerfs, sans que cela les détournât de leur religion ; on posait la scie au milieu du crâne de l’un d’eux et le sciait en deux, sans que cela le détournât de sa religion. Allah accomplira certes cette affaire, jusqu’à ce que le cavalier voyage de Sanaa à Hadramaout sans craindre qu’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et le loup contre ses brebis ; mais vous vous hâtez. » Bayan ajouta : « et le loup sur son troupeau », et dans une version : « mais vous vous hâtez ». al-Boukhari seul le rapporta, sans Mouslim ; il en existe une autre version, abrégée de celle-ci : Allah est le plus savant.

L’imam Ahmad rapporta, d’après Abd ar-Rahman, d’après Soufyan ; et Ibn Ja’far rapporta, d’après Shu’ba, d’après Abou Ishaq, d’après Sa’id ibn Wahb, d’après Khabbab : « Nous nous plaignîmes au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) de la dureté du tarmida, et il ne pria pas pour nous », c’est-à-dire dans la prière. Ibn Ja’far dit : il ne pria pas pour nous. Il rapporta aussi, d’après Soulayman ibn Dawoud, d’après Shu’ba, d’après Abou Ishaq, que Said ibn Wahb dit : j’ai entendu Khabbab : « Nous nous plaignîmes au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) de la dureté du tarmida, et il ne pria pas pour nous. » Shu’ba dit : il vise le midi. Mouslim, an-Nasaï et al-Bayhaqi le rapportèrent, d’après Abou Ishaq as-Sabi’i, d’après Sa’id ibn Wahb, d’après Khabbab : « Nous nous plaignîmes au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) de la chaleur du tarmida. » al-Bayhaqi ajouta : « sur nos visages et nos paumes, et il ne pria pas pour nous. » Dans une version : « Nous nous plaignîmes au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) de la prière sur le tarmida, et il ne pria pas pour nous. » Ibn Majah le rapporta, d’après Ali ibn Mohamed at-Tanafisi, d’après Waki’, d’après al-A’mach, d’après Abou Ishaq, d’après Haritha ibn MouDarrib al-Abdi, d’après Khabbab : « Nous nous plaignîmes au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) de la chaleur du tarmida, et il ne pria pas pour nous. »

Ibn Kathir conclut : ce qui me paraît, et Allah est le plus savant, est que ce hadith est abrégé du premier : ils se plaignirent à lui (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) de ce qu’ils subissaient des polythéistes comme tortures sous la chaleur du sol brûlant, qu’on les traînait sur leurs visages et qu’ils s’en protégeaient avec leurs paumes, et d’autres formes de torture, comme il est déjà parvenu d’Ibn Ishaq et d’autres ; ils lui demandèrent d’invoquer Allah contre les polythéistes ou de chercher du secours contre eux. Il leur promit cela, sans l’accomplir dans l’immédiat, et leur informa de ceux qui les avaient précédés : ils subissaient un châtiment plus dur que le leur, sans que cela les détournât de leur religion ; et il leur annonça la bonne nouvelle qu’Allah allait accomplir cette affaire,

la faire triompher, l’élever, la répandre et la soutenir dans les régions et les horizons, jusqu’à ce que le cavalier voyage de Sanaa à Hadramaout sans craindre qu’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et le loup contre ses brebis, « mais vous vous hâtez ». C’est pourquoi il dit : « Nous nous plaignîmes au messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) de la chaleur du tarmida sur nos visages et nos paumes, et il ne pria pas pour nous », c’est-à-dire qu’il n’invoqua pas pour eux dans l’immédiat. Quiconque s’appuie sur ce hadith pour nier la fraîcheur du sol, ou pour l’obligation que le priant touche directement le sol avec les paumes, selon l’un des deux avis d’ach-Chafi’i : la question mérite réflexion. Allah est le plus savant.

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