Sacrifier l'Aïd en Occident : les organismes, la viande distribuée aux pauvres du pays ou à l'étranger, et les règles pratiques.
Le musulman d'Occident fait son oudhiya selon trois voies : l'abattage local, l'organisme national ou international, ou l'envoi à l'étranger. Les règles classiques du sacrifice s'appliquent partout, et les instances contemporaines ont précisé le cas des abattoirs mécanisés.
La règle de base de l’oudhiya en terre non musulmane
- Le sacrifice n'est pas limité à la Mecque : c'est la sounna des musulmans de chaque lieu au moment de l'Aïd (sourate al-Hajj 34), pratique des compagnons en terre conquise ;
- le temps : après la prière de l'Aïd jusqu'au coucher du soleil du 13 Dhul-Hijja selon la majorité ;
- l'animal et le sacrificateur : conditions d'âge et d'absence de défaut (voir la page des conditions), sacrificateur musulman avec basmala et takbir.
L’abattage mécanisé et la viande du pays pour l’oudhiya
- Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche a publié un « critère des aliments halal et de l'abattage rituel » et la fatwa n° 29 (5e session) sur l'étourdissement : l'abattage reste valide si l'animal est vivant au moment de la saignée, que celle-ci soit manuelle ou mécanique, le nom d'Allah étant prononcé ;
- le Comité permanent des fatwas et Ibn Baz : même principe : l'abattage mécanisé est valide quand un musulman accomplit la tasmiya et que l'animal n'est pas mort avant la saignée ; l'étourdissement qui tue l'animal invalide le sacrifice ;
- la viande d'ahl al-kitab achetée sur place : licite de base (sourate al-Ma'ida 5) tant qu'on ne sait rien d'interdit, selon la méthode du Prophète rapportée des compagnons : ne pas multiplier les enquêtes quand le sacrificateur est un homme du Livre.
Les organismes de sacrifice de l’oudhiya
- Le mandat (wakala) : confier le sacrifice à un organisme est valide si le sacrifice est réel, dans le temps fixé, et la viande traitée selon l'intention ; exiger preuves et rapports ;
- la destination : distribuer aux pauvres du pays, à l'étranger, ou partager avec sa famille : les trois licites ; l'envoi aux zones de famine est admis par les savants contemporains ;
- la part familiale : manger de sa bête, en conserver et en distribuer est la Sounna rapportée ; l'organisme peut réserver une part au foyer ;
- la peau : pas de vente sans remplacement (voir la page du partage).
Note pratique sur l’oudhiya en terre non musulmane
Choisir un organisme certifié (contrôle vétérinaire, transparence de la distribution), fixer l'intention et la date, et impliquer les enfants : l'oudhiya est l'éducation annuelle du don.