Accueil > Réfutations et réponses aux accusations contre l'islam > Que s'est-il passé à Khaybar ?
Khaybar est devenue un slogan anti-juif moderne. Le dossier historique montre autre chose : une forteresse belligérante neutralisée après la coalition contre Médine, et des habitants qui ont gardé leurs terres en cultivant pour la moitié des récoltes.
Khaybar était la base arrière de la coalition qui venait d'assiéger Médine (la bataille du Fossé, l'an 5) : ses richesses avaient financé la fédération qui voulait anéantir la cité musulmane. La campagne de l'an 7 a neutralisé ce centre militaire. L'issue documentée contredit le cliché de l'expulsion : al-Bukhari et Muslim rapportent que les juifs de Khaybar ont gardé leurs palmiers et leurs terres, cultivées moyennant la moitié des récoltes (Sahih Muslim 1551), et ils y sont restés des décennies.
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureEn l'an 5, une fédération de tribus arabes et de factions juives, poussée et financée notamment par les notables de Khaybar, a marché sur Médine avec environ 10 000 hommes : c'est la bataille du Fossé, où la cité n'a survécu que par le système défensif improvisé et une tempête qui a dispersé les assiégeants (le Coran en fait le récit dans la sourate les Coalisés : « Mais Allah est venu à eux par où ils ne s'attendaient point, et a lancé la terreur dans leurs cœurs. » (Coran 59:2)). Khaybar, à 150 kilomètres au nord, était le réservoir de cette stratégie : richesses, forteresses, réseaux tribaux. Neutraliser cette base était une nécessité militaire que nul commandant de l'époque aurait contestée.
La campagne a pris les forteresses de la région une à une, par siège et par négociation, jusqu'à la reddition de la citadelle principale. L'issue ne fut ni un massacre ni une déportation : un contrat de culture. Muslim le rapporte avec précision : le Prophète (paix et salut sur lui) a laissé aux juifs de Khaybar leurs palmiers et leurs terres, à condition qu'ils les cultivent avec leurs propres moyens, et que la moitié des récoltes revienne à l'État de Médine (Sahih Muslim 1551). Al-Bukhari cite ce partage comme référence de traitement des villes ouvertes (rapporté par al-Bukhari 2334 et 3125).
Le contrat de Khaybar contredit point par point le cliché de l'expulsion : les habitants ont gardé leurs biens fonciers, continué leur agriculture, et vécu sur place des décennies. La page Banu Qurayza traite le cas de Médine même, où une justice de guerre a tranché une trahison pendant un siège ; Khaybar montre l'autre visage du même droit de guerre : la sécurité obtenue, la population de travail maintenue. Les juifs de Khaybar sont restés des cultivateurs prospères, et leur affaire foncière a même reparu sous le califat d'Umar, preuve qu'ils y vivaient toujours.
Pendant cette période de cohabitation, une femme juive tenta même d'empoisonner le Prophète (paix et salut sur lui) avec un mouton offert : elle avoua son intention, et il refusa qu'on la tuât (rapporté par al-Bukhari 2617 et Muslim 2190). L'attentat contre sa personne n'a déclenché ni représailles ni expulsion : le contrat de culture a continué. C'est la mesure de la différence entre la neutralisation d'une menace militaire et une vindicte.
Le cri « Khaybar Khaybar » est né au 20e siècle dans des milieux militants, qui ont détaché le nom du 7e siècle pour en faire un symbole anti-juif. C'est une double fraude historique : elle transforme une opération contre une cité belligérante en attaque contre les juifs comme peuple, alors que les habitants de Khaybar ont été maintenus dans leurs terres ; et elle instrumentalise un événement de guerre dans un conflit politique contemporain. L'islam de ces mêmes textes donne aux juifs le statut de gens du Livre, protège leurs lieux de culte (Coran 22:40) et interdit l'agression : la page l'islam est-il antisémite ? traite la question de fond.
Khaybar n'est pas restée neutre : ses notables ont financé et poussé la grande coalition de l'an 5 qui a assiégé Médine avec 10 000 hommes, et ses forteresses servaient de base à l'arrière. Dans le droit de la guerre de toutes les époques, la base logistique d'une coalition en campagne est une cible légitime : la campagne de l'an 7 a visé ce centre d'organisation.
Non : l'issue documentée est un contrat de culture. Muslim le rapporte précisément : le Prophète (paix et salut sur lui) a laissé aux juifs de Khaybar leurs palmiers et leurs terres, qu'ils cultivaient avec leurs propres moyens, contre la moitié des récoltes. Ils sont restés des décennies sur place, jusqu'à des décisions bien postérieures sous le calife Umar, dans un contexte différent.
C'est un cri politique du 20e siècle, né dans des milieux militants, qui détache le mot de son contexte du 7e siècle pour en faire un symbole anti-juif. L'histoire documentée le dément : Khaybar fut une opération contre une cité-forteresse belligérante, suivie d'un statut agricole et fiscal pour ses habitants, pas une persécution d'un peuple pour sa religion.