Accueil > Réfutations et réponses aux accusations contre l'islam > Pourquoi les juifs de Médine ont-ils été expulsés ?
Deux expulsions en 4 ans, chacune précédée d'une rupture de pacte documentée pendant une guerre ouverte. Le Coran fixe lui-même la règle : pactes respectés tant qu'ils tiennent, rompus publiquement en cas de trahison.
Les expulsions de Banu Qaynuqa (l'an 2) et de Banu Nadir (l'an 4) ont suivi des ruptures de pacte pendant la guerre ouverte contre La Mecque. La règle coranique du pacte est explicite : respect complet tant que l'autre tient le sien, « respectez pleinement le pacte conclu avec eux jusqu'au terme convenu » (Coran 9:4), et rupture franche et déclarée en cas de trahison, jamais sournoise : « Et si jamais tu crains vraiment une trahison de la part d'un peuple, dénonce alors le pacte (que tu as conclu avec), d'une façon franche et loyale » (Coran 8:58). Banu Nadir s'est rendu sans bataille : une victoire « sans combat » (Coran 59:6).
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureLa charte de Médine liait musulmans, juifs et païens dans une défense commune de la cité. La guerre contre La Mecque a commencé en l'an 2 avec les confiscations et les déportations subies par les musulmans de La Mecque, et chaque faction de Médine a dû choisir : la charte était un pacte de défense mutuelle, et la trahison pendant la guerre était le crime suprême de toutes les constitutions de l'époque. Le Coran a fixé la règle qui préside à toutes les affaires de pacte : « A l'exception des associateurs avec lesquels vous avez conclu un pacte, puis ils ne vous ont manqué en rien, et n'ont soutenu personne contre vous: respectez pleinement le pacte conclu avec eux jusqu'au terme convenu. » (Coran 9:4), et en cas de trahison redoutée : « dénonce alors le pacte (que tu as conclu avec), d'une façon franche et loyale car Allah n'aime pas les traîtres. » (Coran 8:58).
Banu Qaynuqa, artisans et orfèvres de Médine, ont rompu après Badr : la Sira rapporte l'incident d'un orfèvre juif qui insulta et agressa une femme musulmane au marché, tué par un musulman, suivi d'une montée armée de la faction. Le pacte rompu, le siège a duré 15 jours, puis la faction est partie vers le nord avec ses biens et ses outils : pas d'exécution, pas de confiscation personnelle. La Sira d'Ibn Ishaq est la source de l'incident ; l'expulsion elle-même est un fait historique consensuel, cohérent avec la règle du pacte en guerre.
Banu Nadir, agriculteurs fortifiés des environs de Médine, ont franchi le pas : la Sira rapporte la tentative de meurtre du Prophète (paix et salut sur lui) par une pierre lancée du haut d'un mur pendant une visite diplomatique. Le Coran raconte l'affaire en sourate l'Exode : « C'est Lui qui a expulsé de leurs maisons, ceux parmi les gens du Livre qui ne croyaient pas, lors du premier exode. Vous ne pensiez pas qu'ils partiraient, et ils pensaient qu'en vérité leurs forteresses les défendraient contre Allah. » (Coran 59:2). Après des jours de siège, la faction s'est rendue et est partie avec ses biens meubles : une victoire sans bataille, que le Coran souligne : « Le butin provenant de leurs biens et qu'Allah a accordé sans combat à Son Messager, vous n'y aviez engagé ni chevaux, ni chameaux » (Coran 59:6). Les palmiers restés sur place ont été coupés pendant le siège, fait assumé et même commenté par le poète Hassan ibn Thabit (rapporté par al-Bukhari 2326) : un acte de guerre contre des ressources stratégiques, pas un délit de religion.
Ce dossier prouve que l'islam de Médine a appliqué une règle publique : pacte respecté tant qu'il tient, trahison en guerre payée, rupture annoncée franchement, sanction proportionnée (expulsion, pas exécution). Il ne prouve aucune persécution religieuse : les juifs restés loyaux à la charte de Médine ont vécu à Médine toute la période du Prophète (paix et salut sur lui), et c'est la belligérance d'une faction, jamais la confession, qui a déclenché chaque affaire. La page Banu Qurayza traite le troisième cas, celui d'une justice de guerre après un siège, et la page l'islam est-il antisémite ? la question de fond.
Il y a eu notification, siège et négociation, pas surprise : le Coran exige de déclarer la rupture du pacte avant toute action (Coran 8:58). Banu Qaynuqa a subi un siège de 15 jours puis est partie avec ses biens et ses outils de métier ; Banu Nadir a eu des jours de siège, une reddition négociée et un départ avec ses biens meubles, sur 600 chameaux chargés. La sanction de la trahison en temps de guerre était partout ailleurs la mort ou l'esclavage : l'expulsion avec ses biens fut une option clémente.
Le récit de la tentative de meurtre (la pierre du toit, révélée au Prophète par une information divine) vient de la Sira d'Ibn Ishaq, avec la cohérence du dossier : le Coran 59:2 raconte l'affaire comme une expulsion divine sans en cacher la nature, et les sources tardives convergent sur le fond. L'expulsion n'a pas eu besoin de ce récit pour être justifiée : la belligérance continue de la faction en pleine guerre suffisait selon la règle du pacte.
Les terres et les palmiers abandonnés sont tombés à l'État de Médine sans bataille : le Coran les classe parmi le fay', un bien que le chef de l'État emploie pour les démunis, les orphelins et les voyageurs (Coran 59:7). C'est un transfert de patrimoine en temps de guerre, documenté et encadré, pas un pillage privé : al-Bukhari rapporte qu'Umar en vivait une année sur deux et dépensait le reste.