Accueil > Réfutations et réponses aux accusations contre l'islam > L'islam divise-t-il le monde en deux camps pour la conquête ?
La dichotomie monde de l'islam / monde de la guerre n'existe dans aucun texte fondateur : c'est une construction de juristes classiques pour décrire leur époque. Les juristes contemporains la remplacent par le pays du pacte et de la sécurité.
Non : cette division n'existe dans aucun verset ni hadith : elle est une construction des juristes classiques (Abu Hanifa, al-Mawardi) pour classer les territoires de leur époque, avec plusieurs classifications concurrentes. Les juristes contemporains décrivent les pays où le musulman vit libre et protégé comme des terres de pacte et de sécurité, et la règle permanente du Coran est celle des traités tenus : « le traité conclu avec eux devra être respecté jusqu'au terme convenu » (Coran 9:4).
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Mis à jour le 17 octobre 2026
📖 2 min de lectureLes mots dar al-islam et dar al-harb n'apparaissent ni dans le Coran ni dans les hadiths : ils sont nés dans les traités de siyasa des juristes des premiers siècles, qui devaient classer les territoires d'une carte politique mouvante.
Abu Hanifa et ses disciples, al-Mawardi et d'autres ont proposé des grilles concurrentes (2, 3, 5 catégories selon les auteurs), avec des critères variables : cette dispersion même prouve le caractère d'outil d'analyse, pas de dogme.
Ce que les textes fondateurs donnent, ce sont des règles : pacte tenu jusqu'au terme (Coran 9:4), rupture annoncée franchement en cas de trahison (Coran 8:58), paix proposée dès qu'elle est possible (Coran 8:61), bienfaisance envers les non-belligérants : « Allah ne vous défend pas de traiter avec bonté et équité ceux d'entre eux qui ne vous ont ni persécutés en raison de votre foi, ni contraints à l'exil » (Coran 60:8).
Les juristes contemporains ont largement remplacé la vieille dichotomie par celle qui colle aux faits : la terre du pacte et de la sécurité, où le musulman vit sous la protection des lois. Un citoyen musulman d'Europe ou d'Amérique vit dans une terre de pacte : ses obligations y incluent le respect des lois civiles, la fidélité au contrat social, et la justice envers son voisin, car ces pays ne sont ni en guerre contre lui ni hostiles à sa foi.
Les voix qui récitent encore la vieille dichotomie en brandissant la conquête parlent d'une grille datée, pas d'une règle vivante du droit islamique. La page la charia veut-elle s'imposer en Occident ? et la page le verset 9:29 traitent les questions liées.
Des traités de droit public rédigés entre les 8e et 11e siècles pour décrire la carte politique de l'époque : des terres gouvernées par l'islam, des terres en guerre contre lui, et des terres de trêve. Les juristes eux-mêmes divergeaient sur les critères et le nombre des catégories, preuve que c'était une grille d'analyse contextuelle, jamais un dogme révélé : aucun verset n'utilise ces mots.
Non selon les juristes contemporains : les pays où le musulman pratique sa religion librement, sous la protection des lois, sont des terres de pacte et de sécurité, où les obligations incluent le respect des lois du pays. C'est la position des grandes instances sunnites depuis des décennies, et la page <a href="/refutations/charia-occident.html">la charia veut-elle s'imposer en Occident ?</a> traite ce cadre en détail.
Elle décrivait des rapports de force, elle n'ordonnait rien : le Coran commande la paix dès que l'autre l'incline (Coran 8:61), la bienfaisance envers les non-belligérants (Coran 60:8), et la fidélité aux traités signés (Coran 9:4). L'histoire islamique a vécu des trêves de décennies et des alliances croisées : le droit islamique classique connaît la paix durable, et la « guerre permanente » relève des slogans modernes, pas des textes.