Accueil > Réfutations et réponses aux accusations contre l'islam > Mohamed a-t-il fait tuer ses critiques ?
Le dossier est plus complexe que le cliché : un cas de guerre documenté (Ka'b ibn al-Ashraf, qui incitait armée contre Médine), des récits de poètes rapportés uniquement par une source tardive à chaîne faible, et une réalité de Médine où les moqueurs vivants ont été la règle.
Le dossier sépare deux catégories. Ka'b ibn al-Ashraf fut tué en pleine guerre, après avoir incité publiquement à la destruction de Médine et financé la coalition contre elle : c'est un fait de guerre documenté par al-Bukhari (4037), pas un règlement de compte pour un poème. Les récits d'Asma bint Marwan et d'Abu Afak viennent d'Ibn Ishaq seul, avec des chaînes que la science du hadith juge faibles : ils ne constituent pas une preuve. En revanche, les moqueurs et dissidents vivants à Médine ont été nombreux et jamais touchés.
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureKa'b ibn al-Ashraf était un notable de Médine, poète et riche marchand, qui s'est engagé dans l'incitation armée après la bataille de Badr : il composait des vers appelant à la vengeance et partait à La Mecque animer la coalition contre Médine. Al-Bukhari rapporte le déclencheur : « Man li-Ka'b ibn al-Ashraf, fa-innahu qad adha Allaha wa-rasulah » : qui me délivrera de Ka'b ibn al-Ashraf ? Il a offensé Allah et Son messager.
Muhammad ibn Maslama se leva et lui demanda : aimez-vous que je le tue ? Il répondit : oui (rapporté par al-Bukhari 4037). Un chef de guerre neutralise celui qui lève des coalitions pour anéantir sa cité : c'est le droit de la guerre tel que toutes les civilisations l'ont pratiqué, pas une censure d'opinion.
Les deux récits les plus cités contre le Prophète (paix et salut sur lui) viennent d'une source unique : la Sira d'Ibn Ishaq (mort en 150 H), qui les rapporte avec des chaînes que la science du hadith juge faibles, dont un rapporteur isolé et contesté par les critiques du rijal. Ni al-Bukhari ni Muslim ni aucune des grandes compilations authentifiées ne les contiennent. La méthode islamique de l'histoire interdit de bâtir une charge sur un rapport sans chaîne solide : ces récits restent des anecdotes historiques discutées, pas des preuves établies.
La réalité documentée de Médine contredit le cliché de la censure sanglante : le chef des hypocrites, Abdullah ibn Ubayy, a passé une décennie à saboter, moquer et trahir, et il est mort de mort naturelle dans son lit. Des satiristes ont continué leurs vers contre l'islam sans être touchés, et le Prophète (paix et salut sur lui) a laissé vivants ceux qu'une justice de guerre n'atteignait pas. À Ta'if, la ville qui l'avait lapidé jusqu'au sang, il a refusé l'offre de l'ange d'écraser les deux montagnes sur ses habitants, en espérant que leurs descendants croiraient (rapporté par Muslim 1795).
Le Coran fixe la réaction aux moqueurs en deux versets de méthode : « Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d'eux jusqu'à ce qu'ils entament une autre discussion. » (Coran 6:68), et « lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. » (Coran 4:140). Le châtiment de l'offense n'appartient pas aux hommes : « Ceux qui offensent Allah et Son messager, Allah les maudit ici-bas, comme dans l'au-delà et leur prépare un châtiment avilissant. » (Coran 33:57). La page l'islam impose-t-il de tuer les blasphémateurs ? traite la règle de fond, et la page Banu Qurayza le cas de guerre le plus cité.
Le récit n'existe que dans la Sira d'Ibn Ishaq, avec une chaîne de transmission que les maîtres du hadith jugent faible (un rapporteur isolé et contesté), et il est absent des recueils de hadith authentiques. Les historiens sérieux du hadith ne bâtissent pas de règle ni d'accusation sur ce rapport : son authenticité est discutée au point que certains chercheurs doutent même de l'existence du personnage.
Ka'b était un notable juif de Médine passé à l'incitation armée : après la bataille de Badr, il composait des poèmes appelant à venger les morts mecquois et à marcher sur Médine, et il voyageait à La Mecque pour financer la coalition. Dans un conflit armé ouvert, l'incitation à l'anéantissement de la cité est un acte de guerre : le traiter comme un « critique tué pour ses opinions » refuse le contexte.
Ils ont vécu. Le chef des hypocrites, qui passait sa vie à saboter et moquer, n'a jamais été touché et est mort de mort naturelle ; des satiristes ont continué leurs vers et sont restés des citoyens de Médine ; le Prophète (paix et salut sur lui) a prié pour la ville de Ta'if qui l'avait lapidé. La règle coranique est mise à distance des railleurs, pas leur mise à mort : le châtiment de l'offense appartient à Allah.