Accueil > Réfutations et réponses aux accusations contre l'islam > Pourquoi le Prophète dit-il de plonger la mouche dans le breuvage ?
L'un des hadiths les plus moqués du web : plonger la mouche tombée dans le breuvage, car l'une de ses ailes porte la maladie et l'autre le remède. Le texte est authentique et rapporté deux fois par al-Bukhari. Sa place est dans la médecine prophétique : une recommandation, pas une règle.
Le texte est authentique : « quand la mouche tombe dans le breuvage de l'un de vous, qu'il la plonge puis la retire, car dans l'une de ses ailes il y a une maladie et dans l'autre un remède » (rapporté par al-Bukhari 3320 et 5782). Il appartient à la médecine prophétique, une recommandation de santé, pas une obligation cultuelle : celui qui retire la mouche sans la plonger ne commet aucun péché. Et la microbiologie moderne décrit exactement la simultanéité annoncée : les germes sur le corps de l'insecte, des substances antibactériennes sur ses ailes.
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureAl-Bukhari rapporte le texte deux fois : « quand la mouche tombe dans le breuvage de l'un de vous, qu'il la plonge puis la retire, car dans l'une de ses ailes il y a une maladie et dans l'autre un remède » (rapporté par al-Bukhari 3320), et la seconde version précise « qu'il la plonge tout entière puis la jette » (rapporté par al-Bukhari 5782). L'authenticité n'est pas en cause : le même texte dans deux chapitres du Sahih, par des chaînes différentes. Ce qui se discute est sa catégorie, et c'est là que les polémistes font leur erreur.
Al-Nawawi et Ibn Hajar ont commenté ce texte comme les autres textes de médecine prophétique : une instruction de santé bénéfique dans son contexte, pas une obligation religieuse ni une règle de pureté. Le fiqh de la pureté reste celui des versets et des hadiths d'impureté majeure, et un insecte non nuisible ne souille pas un breuvage au sens légal. C'est pourquoi personne, dans 14 siècles d'islam, n'a jamais traité le fait de retirer la mouche sans la replonger comme un péché : la recommandation existe, la contrainte n'existe pas.
La recherche moderne a documenté deux faits qui se rejoignent : la mouche transporte des germes pathogènes accrochés aux poils de son corps et de ses pattes, et son organisme sécrète des substances à activité antibactérienne, présentes notamment sur ses ailes. La formule du hadith, « l'une de ses ailes porte la maladie, l'autre le remède », décrit cette simultanéité avec une précision qui a surpris les microbiologistes : le même insecte porte le pathogène et l'agent qui s'y oppose. Le texte ne promet ni stérilisation ni dose thérapeutique : il annonce un équilibre, et laisse le contexte décider.
Il ne dit pas que le breuvage devient sacré ni que la mouche purifie : aucune règle de charia ne dépend de ce geste. Il ne dit pas non plus que les mouches soignent : la médecine musulmane classique n'a jamais prescrit les insectes comme thérapeutique.
Et il n'interdit pas l'hygiène moderne : la même tradition qui rapporte ce texte rapporte aussi l'ordre de couvrir les récipients et de se laver les mains. La lecture polémique qui fait de ce hadith une preuve d'obscurantisme oublie que la tradition le classe depuis toujours dans la sagesse sanitaire, à côté de la quarantaine imposée contre la peste et des règles des épidémies. La page l'islam refuse-t-il la médecine moderne ? traite le cadre général de la santé en islam.
Non : les savants ont toujours classé ce texte dans la médecine prophétique, c'est-à-dire une recommandation bénéfique, jamais une obligation ni un pilier de la purification religieuse. Personne n'a jamais été blâmé dans l'histoire de l'islam pour avoir retiré une mouche d'un verre sans la replonger, et les règles de pureté du fiqh ne dépendent pas de ce geste.
Le hadith décrit précisément cette réalité : l'une des ailes porte le mal, l'autre le remède. Les travaux microbiologiques ont montré que la mouche transporte des bactéries sur son corps et sécrète aussi des substances à activité antibactérienne : la simultanéité du mal et du remède sur le même insecte est ce que le texte annonce. Il ne promet ni stérilisation ni immunité, et les savants précisent que le contexte (la dose, la boisson, l'état de santé) reste déterminant.
Il est l'un des textes que les chercheurs citent parmi les descriptions inattendues du corpus prophétique, avec la quarantaine imposée contre la peste 14 siècles avant sa formulation. La posture sereine est celle des savants musulmans eux-mêmes : un texte de médecine prophétique à lire comme tel, dont la fécondité scientifique est un signe parmi d'autres, jamais la base d'une doctrine.