Accueil > Réfutations et réponses aux accusations contre l'islam > Le mariage temporaire (mut'a) est-il islamique ?
La mut'a a existé un instant dans l'histoire législative de l'islam : permise dans une situation de guerre, interdite définitivement par le Prophète (paix et salut sur lui) le jour de Khaybar. Les sunnites tiennent cette fermeture ; les chiites duodécimains la jugèrent toujours ouverte : voici le dossier.
La mut'a (mariage à durée fixée avec dotation) fut permise un temps, puis interdite définitivement par le Prophète (paix et salut sur lui) : Muslim rapporte la permission en début de campagne (Sahih Muslim 1405), puis l'interdiction, celle qu'Ali résume : « le Prophète (paix et salut sur lui) a interdit la mut'a des femmes le jour de Khaybar » (Sahih Muslim 1407). Les sunnites la considèrent donc fermée ; les chiites duodécimains la tiennent toujours licite : c'est une des grandes divergences entre les deux branches de l'islam.
Sommaire :
Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureMuslim rapporte la séquence complète. D'abord la permission : un crieur annonça de la part du Prophète (paix et salut sur lui) que la mut'a fut permise aux compagnons en campagne (Sahih Muslim 1405).
Puis le récit de Sabra al-Juhani, qui participa de cette permission, puis l'annonça retirée (Sahih Muslim 1406). Et la fermeture définitive, dans la bouche d'Ali : « le Prophète (paix et salut sur lui) a interdit la mut'a des femmes le jour de Khaybar, et la chair des ânes domestiques » (Sahih Muslim 1407). Les trois textes, dans le même recueil authentique, racontent une législation en 2 temps : une solution transitoire, puis la règle finale qui la ferme.
Le schéma est celui d'autres legislations coraniques progressives : une situation humaine réelle (des hommes en campagne longue, loin de leurs foyers) reçoit une solution encadrée provisoire, puis la règle définitive arrive et ferme. Le mariage coranique est défini par la durée indéterminée, la maison, l'héritage mutuel et le soin : « Puis, de même que vous jouissez d'elles, donnez-leur leur mahr comme une chose due. » (Coran 4:24), lu par les sunnites comme la dotation du mariage, et par les chiites comme un contrat à terme. La divergence d'interprétation est réelle, mais la Sunna dans les deux Sahihs tranche pour les sunnites : la porte temporaire est fermée depuis le jour de Khaybar.
Ce sujet sépare les deux grandes branches de l'islam de façon claire : les sunnites de toutes écoles tiennent l'interdiction définitive et l'argument de la masse des récits concordants ; les chiites duodécimains maintiennent la licéité et s'appuient sur leur lecture du verset et de leur corpus. La divergence est ancienne, publique et assumée : elle ne se règle pas en caricaturant l'un ou l'autre camp. Ce que les deux camps partagent : la dotation obligatoire, l'attente avant remariage, la filiation reconnue sans dispute, et la condamnation des unions sans aucun cadre.
Elle n'est pas la prostitution : la dotation fixée d'avance, la durée déclarée, l'attente réglementaire et la filiation garantie sont des garde-fous qui n'existent pas dans le commerce sexuel. Et elle n'est pas le mariage coranique : elle ne crée ni maison ni héritage mutuel ni durée. C'est précisément cette distance d'avec le mariage coranique qui fonde la réponse sunnite : l'islam a voulu le mariage comme contrat de durée et de maison, et il a fermé la porte temporaire dès qu'il a pu, pour que le cadre définitif soit le seul cadre. La page pourquoi le Prophète a-t-il eu plusieurs épouses ? traite le mariage en islam du côté du Prophète (paix et salut sur lui), et la page pourquoi l'islam autorise-t-il 4 femmes ? le cadre général.
Parce que la législation islamique a procédé par étapes pour des situations humaines réelles : des hommes en guerre, loin de leurs foyers, dans une société sans hôtels ni encadrement, reçurent une solution provisoire encadrée (dotation obligatoire, durée déclarée, filiation reconnue). Puis le cadre définitif fut posé : le mariage à durée indéterminée seule, avec ses droits complets. C'est le même schéma que la législation du vin : une étape, puis la règle finale.
Les chiites duodécimains considèrent que l'interdiction rapportée n'a jamais existé ou n'a pas valeur définitive, et ils lisent le verset de la dotation (Coran 4:24) comme parlant d'un contrat à terme. Les sunnites répondent que les récits d'interdiction sont massifs, concordants et rapportés par Ali lui-même, et que la loi finale du mariage est celle que toute l'ère prophétique a close. La divergence est ancienne, documentée et assumée des deux côtés.
L'accusation est lancée par les sunnites contre la position chiite et par les adversaires de l'islam contre les deux. Dans le cadre qui la régissait : dotation fixée d'avance, durée déclarée, attente avant remariage, filiation pleinement reconnue, elle avait des garde-fous que n'a pas la prostitution, et elle reste fondamentalement différente du mariage coranique qui vise la durée, la maison et l'héritage. La réponse sunnite est simple : c'est justement parce que le mariage coranique vise la durée que la porte temporaire a été fermée définitivement.