Accueil > Réfutations et réponses aux accusations contre l'islam > L'islam impose-t-il de tuer les blasphémateurs ?
Le Coran réserve le jugement des insulteurs à Allah, le Prophète (paix et salut sur lui) a enduré et pardonné les moqueurs, et les cas de mort cités par les polémiques sont des cas de trahison de guerre.
Non. Le Coran ne fixe aucune peine terrestre pour l'insulte à la religion : il réserve la malédiction des offenseurs à Allah (« ceux qui offensent Allah et Son messager, Allah les maudit ici-bas comme dans l'au-delà », Coran 33:57) et recommande la riposte mesurée ou l'endurance : « Et si vous punissez, infligez une punition égale au tort qu'il vous a fait. Et si vous endurez, cela est certes meilleur pour les endurants » (Coran 16:126). Mohamed (paix et salut sur lui) a enduré 13 ans d'insultes sans exécuter un seul moqueur, pardonné le satiriste Ka'b ibn Zuhayr et protégé le bédouin qui urina dans la mosquée.
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Mis à jour le 07 octobre 2026
📖 3 min de lectureLe Coran ne dit pas une seule fois : punissez l'insulteur. Il répartit les rôles : « Ceux qui offensent Allah et Son messager, Allah les maudit ici-bas, comme dans l'au-delà, et leur prépare un châtiment avilissant » (Coran 33:57) : la sanction de l'offense religieuse appartient au Seigneur offensé, pas aux serviteurs. Et il prescrit la règle du citoyen insulté : « Et si vous punissez, infligez une punition égale au tort qu'il vous a fait. Et si vous endurez, cela est certes meilleur pour les endurants » (Coran 16:126). L'endurance est déclarée meilleure par le texte même qui admet la riposte égale : voilà le plafond posé, et il est loin du meurtre.
À La Mecque, Mohamed (paix et salut sur lui) fut appelé sorcier, poète fou, divinisateur, et ses ennemis composèrent des vers contre lui : il répondit par la prédication, jamais par une exécution. À Médine, le satiriste Ka'b ibn Zuhayr, auteur de vers virulents, vint se soumettre et récita son poème Bānat Su'ād : le Prophète (paix et salut sur lui) lui jeta sa cape en récompense (documenté dans la Sira). Et le bédouin qui urina dans la mosquée fut protégé de ses compagnons furieux, l'urine lavée, l'homme instruit avec douceur (rapporté par al-Bukhari). Voilà la sunna du blasphème : la réponse mesurée, la porte toujours ouverte, la sentence réservée à Allah.
Les polémiques alignent des exécutions sans contexte : les cas documentés sont des affaires de guerre. Ka'b ibn al-Ashraf composait des élégies appelant à venger Badr et coordonnait avec l'ennemi assiégeant : il fut traité en combattant ennemi actif, pas en critique. Les autres cas cités relèvent du même cadre : trahison de pacte en temps de siège, incitation au meurtre, desertion vers l'ennemi. Le critère du droit islamique est l'acte de guerre, pas l'opinion : la page Banu Qurayza démonte la plus grosse de ces affaires, et la page les guerres de Mohamed le cadre général.
Les meurtres de citoyens accusés de blasphème par des foules ou des individus sont condamnés par les grandes institutions savantes de l'islam, qui rappellent la règle : nul particulier ne détient la peine, le jugement des cœurs appartient à Allah, et la vie d'un homme ne se prend pas sur une accusation. Le musulman blessé par une insulte a un programme en 3 gestes fixé par le Livre : la patience déclarée meilleure, la réponse par la sagesse et la bonne exhortation, et l'appel de celui qui insulte par ce qui est meilleur. Tuer au nom du moqué est la trahison la plus absolue de sa méthode. La page l'islam hait-il les non-musulmans ? complète le tableau du vivre-ensemble.
Les cas cités (Ka'b ibn al-Ashraf par exemple) sont des cas de trahison en temps de guerre : appel au meurtre de la communauté, coordination avec l'ennemi assiégeant, rupture de pacte. Ce sont des crimes de guerre jugés comme tels, pas des opinions punies : la page Banu Qurayza détaille la mécanique de ces affaires. Un citoyen qui critique sans appeler à la tuerie n'entre dans aucun de ces cas.
Elles sont des constructions juridiques modernes de divers pays, avec leurs instruments propres (peines d'État, procédures), et elles sont critiquées aussi par des savants musulmans quand elles instrumentalisent la religion contre des règlements de comptes. Ce que la religion fixe, c'est le sort de l'offenseur entre les mains d'Allah et la règle du citoyen : la patience ou la riposte égale, jamais la vigilance meurtrière.
Par la méthode du Coran : refuser la caricature par le discours, le boycott civil, la réponse par la connaissance de celui qu'on insulte, et la patience qui vaut mieux. Le Prophète (paix et salut sur lui) a pardonné ses satiristes venus se repentir et n'a jamais tué un moqueur pour ses vers : tuer au nom du moqué est la trahison la plus absolue de sa méthode.