Le jeûne du voyageur et du malade

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Le voyageur et le malade peuvent rompre et rattraper : les preuves, les conditions admises par les écoles, et la valeur de jeûner malgré la concession.

Le malade qui craint, par le jeûne, une aggravation, un retard de guérison ou l'atteinte d'un organe peut rompre : les 4 écoles s'accordent dessus, rompre est pour lui une sounna et il rattrape ensuite jour pour jour. Le voyageur a le choix : « Si tu veux, jeûne ; si tu veux, romps » (al-Bukhari 1943, Muslim 789). Selon la majorité, jeûner est préférable si le jeûne ne fatigue pas ; les hanbalites et plusieurs malikites jugent rompre préférable. Restent les conditions : une vraie distance, un voyage licite pour la majorité, et ne pas rompre avant d'avoir quitté sa ville (al-Baqara 185).

Mis à jour le 07 octobre 2026

Le malade qui peut rompre le jeûne

Les 4 écoles s'accordent : le malade qui craint, par le jeûne, une aggravation de son mal, un retard de guérison ou l'atteinte d'un organe, peut rompre et rattrape ; et rompre est pour lui une sounna, achever le jeûne étant déconseillé car cela peut mener à la ruine de la santé. an-Nawawi cite al-Qadi Iyad : la majorité des savants définit l'illness dispensée comme celle qui rend le jeûne pénible. Il précise : la peine dure suffit, sans exiger l'incapacité totale de jeûner. Ibn Qudama parle de maladie grave ; on demanda à Ahmad : quand le malade rompt-il ?

Il dit : « Quand il ne peut plus. » Et : « Quelle maladie est plus dure que la fièvre ? » Certains anciens ont permis de rompre pour tout mal, même la rage de dent, mais la réponse leur oppose que le verset vise le mal que le jeûne nuit.

Le sain qui craint d’être malade en jeûnant

La majorité (hanafites, malikites dans un avis, shafi'ites, hanbalites en principe) : le sain qui craint la maladie par forte probabilité, sur un signe, une expérience ou le dire d'un médecin habile et pieux, peut rompre ; la simple imagination ne donne pas la licence. Les shafi'ites ajoutent : celui que la faim et la soif accablent au point de craindre la ruine doit rompre, même sain et résident, sur « et ne vous jetez pas dans la ruine » (al-Baqara 195). Celui qui jeûne malgré tout : son jeûne est valable et compte, mais Ibn Qudama le dit accompli en déconseillé.

Le jeûne du voyageur : valide

Les 4 écoles jugent valide le jeûne du voyageur. Aisha a rapporté que Hamza ibn Amr al-Aslami, grand jeûneur, demanda : « Jeûnerai-je en voyage ? » Il répondit : « Si tu veux, jeûne ; si tu veux, romps » (al-Bukhari 1943, Muslim 789). Et Anas a dit : « Nous voyagions avec le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et on ne reprochait ni au jeûneur de jeûner ni à celui qui rompt de rompre » (al-Bukhari 1947, Muslim 787).

Jeûner ou rompre : que vaut mieux ?

La majorité (hanafites, malikites, shafi'ites, hanbalites dans un avis) : jeûner est préférable si le jeûne ne le fatigue pas, sur « que vous jeûniez est meilleur pour vous » et le hadith de Hamza qui donne le choix ; Ibn Rushd écrit : ce qui est licence, il vaut mieux la quitter.

Les hanafites ajoutent une limite : si la plupart de ses compagnons rompent ou partagent la dépense, rompre avec eux est préférable.

Les hanbalites (dans le madhhab) et plusieurs malikites (Ibn Habib, Ibn Abd al-Barr) jugent rompre préférable : « Ce n'est pas de la piété que de jeûner en voyage », et : « Prenez les facilités qu'Allah vous a accordées ».

Les conditions de la licence de rompre le jeûne

Une vraie distance : l'équivalent de 2 jours de marche modérée, environ 49 km, selon les malikites, shafi'ites et hanbalites. Une résidence hors du chez-soi : malikites et shafi'ites, l'intention de s'installer 4 jours et nuits au plus ; hanbalites, davantage ; hanafites, 15 jours. Un voyage licite : la majorité (malikites, shafi'ites, hanbalites) refuse la licence au voyageur pécheur (brigandage, guerre injuste, commerce d'illicites) ; les hanafites l'accordent même en voyage pécheur, car les textes n'ont pas distingué les voyages. Sortir des habitations : Ibn Qudama : il ne rompt pas avant de laisser les maisons derrière son dos, c'est-à-dire de sortir des constructions ; la parole d'Anas, qui mangea avant de partir et dit « c'est une sounna », a été comprise comme le fait qu'il avait déjà quitté la ville, et le consensus des 4 écoles interdit de rompre avant de quitter son lieu de résidence, sur « Quiconque d'entre vous aperçoit le mois, qu'il le jeûne » (al-Baqara 185).

Quand rompre le jeûne, et quand la licence finit

Trois cas fixent le moment : si le départ a eu lieu avant l'aube, ou que l'aube le surprend en voyage avec l'intention de rompre, il rompt par accord. S'il a pris l'intention de jeûner de nuit : les hanafites, malikites et shafi'ites (dans un avis) ne lui permettent pas de rompre ce jour-là ; s'il rompt tout de même, pas d'expiation chez la plupart (avis de Malik le plus répandu : aucune expiation, vu la confusion possible). Si la licence cesse : de retour dans sa ville en journée, les hanafites et les hanbalites (dans le madhhab) lui imposent de s'abstenir le reste du jour pour la sacralité du temps ; les malikites, les shafi'ites et une version hanbalite n'imposent rien. Celui qui décide de s'installer en un lieu redevient résident : il prie complet et jeûne Ramadan.

Les métiers éprouvants (moissonneurs, ouvriers, gardiens) prennent l'intention de nuit, puis rompent si la peine les accable.

Note pratique sur le jeûne du voyageur et du malade

Avant le voyage : décider dès la nuit si l'on jeûne ou rompt, et ne pas rompre avant d'avoir quitté la ville. Le malade évalue son cas avec un médecin de confiance et rattrape ensuite jour pour jour.

L'argumentaire chez les classiques

Bidayat al-Mujtahid · Ibn Rushd · comparatif

La deuxième section du jeûne obligatoire, qui est le propos sur la rupture du jeûne (fitr) et ses règles. Ceux qui rompent le jeûne selon la Loi sont de trois catégories : une catégorie à qui la rupture et le jeûne sont tous deux permis par unanimité ; une catégorie sur qui la rupture est obligatoire, avec divergence à ce sujet parmi les musulmans.

Cause de leur divergence : ce qu'on a rapporté d'Abou Hourayra, qu'il disait : «Celui qui se réveille en état de majoration pendant Ramadan a rompu (le jeûne)». Et il a été rapporté de lui qu'il a dit : «Ce n'est pas moi qui ai dit cela ; Muhammad (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et le Seigneur de la Kaaba». Et Ibn al-Majichoun, des compagnons de Malik, a soutenu que la femme ayant ses menstrues, si elle devient pure avant l'aube et retarde la grande ablution, son jour est un jour de rupture. Les propos de ces gens-là sont des propos isolés et rejetés par les Sounnas connues et établies.

Questions fréquentes

À partir de quelle distance suis-je « voyageur » ?

La référence classique : environ 80-90 km (2 marhala) ; les savants contemporains ajoutent les voyages reconnus comme tels par la coutume.

Le voyageur doit-il rompre son jeûne ?

C'est une autorisation, pas une obligation ; rompre et rattraper est plus aisé, jeûner est valide si sans difficulté.

Le malade chronique rattrape-t-il ses jours ?

S'il guérit, oui ; s'il ne guérit pas, il paie la fidya (voir la page fidya) : c'est la règle du vieillard et du malade durable.

Puis-je rattraper mes jours après Ramadan à mon rythme ?

Oui, les jours se rattrapent dans l'année ; la prudence recommande de ne pas retarder au Sha'bân suivant (Aïcha les rattrapait en Sha'bân).

Sources et références

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