Ramadan : définition et statut du jeûne

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Mis à jour le 27 septembre 2026

Le jeûne de Ramadan consiste à s'abstenir, de l'apparition de l'aube au coucher du soleil, de la nourriture, de la boisson et des relations conjugales, avec une intention de jeûne. Les feuilles qui suivent établissent son statut : un pilier de l'islam appuyé sur quatre preuves, le Coran, la Sunna, l'unanimité et la raison, puis les mérites que la Sunna lui promet, du jeûne récompensé par Allah Lui-même jusqu'à l'intercession du jeûne et du Coran.

Chaque avis est restitué tel que les feuilles l'attribuent, avec les numéros de hadiths tels qu'ils y figurent.

Le Coran érige le jeûne de Ramadan en obligation

L'unanimité de la nation porte que le jeûne du mois de Ramadan est une obligation et un pilier de l'islam, et que celui qui le nie ou le rejette est mécréant. La preuve de son caractère obligatoire tient dans le Livre, la Sunna, l'unanimité et la raison. Le Livre d'abord, dans le verset du jeûne :

Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous soyez pieux. (183) Des jours comptés. Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage jeûnera un nombre égal d'autres jours. Ceux qui le supportent à peine ont en compensation la nourriture d'un pauvre, et quiconque fait davantage de son propre gré, cela lui est meilleur. Mais jeûner est meilleur pour vous, si vous saviez. (184) Le mois de Ramadan est celui durant lequel le Coran est descendu, guide pour les gens et preuves claires de la guidée et du discernement. Quiconque d'entre vous est présent ce mois-là, qu'il jeûne, et quiconque est malade ou en voyage jeûnera un nombre égal d'autres jours. Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas pour vous la difficulté, afin que vous complétiez le nombre, que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir guidés, et que vous soyez reconnaissants. (185)

Sourate al-Baqara, 183-185

Sa parole « le jeûne vous a été prescrit » signifie : il vous a été rendu obligatoire.

La Sunna classe le jeûne parmi les piliers

Deux hadiths rapportés par les deux cheikhs érigeaient le jeûne en pilier :

L'islam est bâti sur cinq : le témoignage qu'il n'y a de divinité qu'Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de l'aumône, le pèlerinage et le jeûne de Ramadan.

rapporté par al-Boukhari (8) et Mouslim (16)

Un Bédouin vint au Messager d'Allah, la tête agitée, et dit : Ô Messager d'Allah, apprends-moi ce qu'Allah m'a rendu obligatoire de prières. Il dit : les cinq prières, sauf si tu veux faire une surérogatoire. Il dit : apprends-moi ce qu'Allah m'a rendu obligatoire de jeûnes. Il dit : le mois de Ramadan, sauf si tu veux faire une surérogatoire. Il dit : apprends-moi ce qu'Allah m'a rendu obligatoire d'aumônes. Le Messager d'Allah lui exposa alors les prescriptions de l'islam. Il dit : Par Celui qui t'a honoré, je ne ferai rien en surérogatoire et je ne diminuerai rien de ce qu'Allah m'a rendu obligatoire. Le Messager d'Allah dit : il a réussi s'il est véridique, ou il entrera au Paradis s'il est véridique.

rapporté par al-Boukhari (1762) et Mouslim (11)

L'unanimité des savants sur le statut de pilier

an-Nawawi écrit : que le jeûne de Ramadan soit un pilier et une obligation fait l'objet d'un consensus, les preuves du Livre, de la Sunna et de l'accord se renforcent mutuellement, et les savants se sont unis pour dire qu'aucun autre jeûne n'est obligatoire (al-Majmu', 7/413). Le vizir Ibn Hubayra ajoute : ils se sont unis pour dire que le jeûne du mois de Ramadan est l'un des piliers de l'islam et une obligation parmi ses obligations (al-Ifsah, 1/380 ; al-Mughni, 4/116). al-Kasani conclut : la nation a fait consensus sur l'obligation du jeûne du mois de Ramadan, et seul un mécréant le nie (Bada'i al-Sana'i, 2/578).

La sagesse du jeûne : cinq motivations

Le sens rationnel de cette obligation se déroule en cinq points. Premièrement, le jeûne est une voie vers la gratitude envers la faveur : il consiste à retenir l'âme de la nourriture, de la boisson et du coït, qui comptent parmi les faveurs les plus hautes ; s'en priver un temps notable fait connaître leur valeur, les faveurs demeurant ignorées de qui ne les a pas perdues ; le jeûneur est alors porté à acquitter leur droit par la gratitude, qui est obligatoire par la raison et par la Loi, verset : « afin que vous soyez reconnaissants » (sourate al-Baqara 185). Deuxièmement, le jeûne est une voie vers la piété : l'âme qui se soumet à s'abstenir du licite par désir de l'agrément d'Allah et crainte de Son châtiment douloureux est plus disposée à s'abstenir de l'interdit ; le jeûne devient ainsi cause de préservation des choses interdites d'Allah, verset : « afin que vous soyez pieux » (sourate al-Baqara 183).

Troisièmement, le jeûne dompte la nature et brise le désir : l'âme rassasiée convoite les désirs, l'âme affamée s'en abstient ; le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) a dit :

Ô assemblée de jeunes gens, que celui d'entre vous qui a les moyens se marie, car cela abaisse le regard et préserve la chasteté ; et celui qui n'en a pas les moyens, qu'il jeûne, car le jeûne est pour lui un bouclier.

rapporté par al-Boukhari (4771) et Mouslim (1400)

Le jeûne devient ainsi une voie vers l'abstention des désobéissances. Quatrièmement, le jeûne appelle la miséricorde et la compassion pour les pauvres : le jeûneur qui goûte la douleur de la faim se souvient de celui dont c'est la condition en tout temps, et l'attendrissement le porte à se précipiter vers la bienfaisance, ce qui lui vaut la belle récompense auprès d'Allah (Fath al-Qadir, 2/233). Cinquièmement, le jeûne accorde au jeûneur la condition des pauvres en supportant ce qu'ils supportent parfois, et c'est là une élévation de rang auprès d'Allah (Fath al-Qadir, 2/233).

Le jeûne, une œuvre qu'Allah récompense Lui-même

Les hadiths sur les mérites du jeûne sont nombreux. Le premier est celui d'Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) :

Allah a dit : toute œuvre du fils d'Adam est pour lui, sauf le jeûne : il est pour Moi et c'est Moi qui en récompense. Le jeûne est un bouclier. Le jour où l'un de vous jeûne, qu'il ne tienne pas de propos obscène et n'élève pas la voix ; si quelqu'un l'insulte ou le provoque au combat, qu'il dise : je suis en jeûne. Par Celui qui détient l'âme de Muhammad, l'haleine de la bouche du jeûneur est plus agréable à Allah que l'odeur du musc. Le jeûneur a deux joies : une joie quand il rompt, et une joie quand il rencontre son Seigneur à cause de son jeûne.

rapporté par al-Boukhari (1894, 1904, 5927) et Mouslim (1151)

Dans la version de Mouslim : toute œuvre du fils d'Adam est multipliée, la bonne action dix fois son pareil jusqu'à sept cents fois ; Allah dit : sauf le jeûne, il est pour Moi et c'est Moi qui en récompense, il abandonne son désir, sa nourriture et sa boisson pour Moi ; le jeûneur a deux joies, une à la rupture et une à la rencontre de son Seigneur, et l'haleine de sa bouche est plus agréable à Allah que l'odeur du musc. Dans une version d'al-Boukhari : le jeûne est un bouclier, que le jeûneur ne tienne pas de propos obscène ni n'agisse avec ignorance, et si quelqu'un le provoque ou l'insulte, qu'il dise deux fois : je suis en jeûne ; il abandonne sa nourriture, sa boisson et son désir pour Moi, et la bonne action dix fois son pareil.

an-Nawawi (Sharh Sahih Muslim, 8/29-30) rapporte que les savants ont divergé sur le sens de « il est pour Moi », toutes les adorations étant pour Allah : on y a vu l'adoration que personne n'a élevée en culte hormis Allah, les mécréants d'aucune époque n'ayant divinisé le jeûne contrairement à la prosternation, à l'aumône et à l'invocation ; l'éloignement de l'ostentation, le jeûne étant caché, contrairement à la prière, au pèlerinage, à l'expédition et à la charité apparentes ; l'absence de part pour l'âme du jeûneur, selon al-Khattabi ; la ressemblance avec l'attribut de la richesse par lequel Allah se décrit, le jeûneur se rapprochant par ce qui touche cet attribut ; le privilège d'Allah d'être seul à connaître la mesure de sa récompense et sa multiplication, les autres adorations ayant vu leur récompense annoncée par les créatures ; enfin une attribution honorifique, comme « la chamelle d'Allah », alors que le monde entier appartient à Allah. La parole « et c'est Moi qui en récompense » annonce l'immensité du mérite et l'abondance de la récompense : le généreux qui annonce qu'il récompense lui-même laisse attendre l'ampleur du don.

Distance du Feu, intercession et entrée au Paradis

  • Abou Sa'id al-Khoudri (qu'Allah l'agrée) : le Prophète a dit : celui qui jeûne un jour pour la cause d'Allah, Allah éloigne son visage du Feu de soixante-dix automnes (rapporté par al-Boukhari (2840) et Mouslim (1153)).
  • Abdallah ibn Amr (qu'Allah l'agrée) : le jeûne et le Coran intercèdent pour le serviteur le jour de la Résurrection ; le jeûne dit : Seigneur, je l'ai privé de nourriture et de désirs le jour, fais de moi son intercesseur ; le Coran dit : je l'ai privé de sommeil la nuit, fais de moi son intercesseur ; et les deux intercèdent (hassan sahih, rapporté par Ahmad (2/174) et al-Hakim (1/740)).
  • Houdayfa (qu'Allah l'agrée) : celui qui dit qu'il n'y a de divinité qu'Allah en recherchant le visage d'Allah est scellé par cela et entre au Paradis ; celui qui jeûne un jour en recherchant le visage d'Allah est scellé par cela et entre au Paradis ; celui qui donne une aumône en recherchant le visage d'Allah est scellé par cela et entre au Paradis (hadith sahih, rapporté par Ahmad (5/391)).
  • Abou Oumama (qu'Allah l'agrée) : je vins au Messager d'Allah et dis : ordonne-moi une œuvre que je prenne de toi ; il dit : adonne-toi au jeûne, il n'a pas d'équivalent (hadith sahih, rapporté par an-Nasa'i (2220, 2222) et Ahmad (5/249)).
  • Abou Oumama al-Bahili (qu'Allah l'agrée) : le Prophète a dit : celui qui jeûne un jour pour la cause d'Allah, Allah place entre lui et le Feu une tranchée pareille à celle qui sépare le ciel de la terre (hassan sahih, rapporté par at-Tirmidhi (1624)).

Note pratique

En pratique, le jeûne de Ramadan est un pilier qu'aucune école ne discute : le nier fait sortir de l'islam. Sa forme est simple, l'abstention de l'aube au coucher du soleil avec intention, et sa sagesse tient en peu de mots : goûter la privation pour reconnaître les faveurs, craindre Allah et se rapprocher des pauvres. Les points réellement débattus, l'intention, les conditions et les invalidateurs, occupent les pages qui suivent.

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