Le Hadj des femmes : mahram, vêtements et règles

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La femme au pèlerinage : la question du mahram selon les écoles, l'ihram féminin, le Hadj pendant les règles et la foule.

Mis à jour le 07 septembre 2026 à 15h44

Le Hadj des femmes : deux conditions en plus

La femme réunit les conditions générales de la capacité (moyens, santé, sécurité, route) et deux conditions propres : un mari ou un mahram de confiance, et ne pas être en période d'attente ('idda).

Le mari ou le mahram pour le Hadj

Les hanafites et les hanbalites (dans le madhhab) font du mahram une condition du Hadj : sans mari ni mahram, le Hadj ne s'impose pas à elle. Le fondement : « Que la femme ne fasse pas le Hadj sans un mahram avec elle » (rapporté par ad-Daruqutni 2/322, hadith sahih), et le hadith : « Qu'un homme ne soit pas seul avec une femme et que la femme ne voyage qu'avec un mahram. Un homme se leva : ô messager d'Allah, je me suis inscrit pour telle expédition et ma femme est partie en Hadj. Il dit : Va, fais le Hadj avec ta femme » (al-Bukhari 2844, Muslim 1341). Abu Bakr al-Jassas en tire trois enseignements : la question portait sur le Hadj sans que le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) n'en dénie l'obligation ; sa parole « voyage » visait tout voyage ; et l'ordre de délaisser l'expédition (obligatoire) pour le Hadj de l'épouse montre que ce Hadj était obligatoire, non surérogatoire. Les hanafites poussent la conséquence : si elle ne trouve pas de mahram, elle attend jusqu'à l'âge où le Hadj ne lui est plus possible (vieillesse, cécité, boiterie), puis elle envoie quelqu'un faire le Hadj à sa place ; si l'absence de mahram dure jusqu'à sa mort, la délégation devient licite. Chez les hanafites et les hanbalites, une divergence interne porte sur le rang de la condition : condition de l'obligation (pas de legs imposé à sa mort) ou de l'accomplissement (le legs s'impose).

L’attente (idda) avant le Hadj

Les fuqaha s'accordent en général : la femme en 'idda de divorce ou de décès ne part pas pour le Hadj si la durée du voyage l'excède, sur « ...ne les expulsez pas de leurs maisons, et qu'elles n'en sortent pas » (at-Talaq 65:1) : l'attente se déroule en un temps précis, le Hadj peut se faire plus tard, et la maison prime. Les hanafites et les malikites généralisent à toute 'idda (divorce irrévocable, révocable, décès, dissolution) : si elle se consacre malgré tout, son Hadj est valide mais péché. Les hanbalites détaillent : sortie interdite dans l'attente de décès, permise dans celle du divorce irrévocable, la femme révocable gardant le rang d'épouse ; et chez les shafi'ites, le mari peut retenir sa répudiée révocable le temps de l'attente.

Le Hadj surérogatoire

Ibn al-Mundhir rapporte l'accord de tous les savants qu'il a retenus : le mari peut empêcher sa femme de partir pour un Hadj surérogatoire, son droit passant avant une adoration non obligatoire.

Son ihram et ses rites de Hadj

Dans l'ihram, la femme couvre tout son corps sauf le visage et les mains : ni niqab, ni gants ; face aux passants, elle laisse tomber son voile depuis la tête (détail dans la page « Les interdictions de l'ihram »). Elle n'a pas à éviter les vêtements cousus propres aux hommes. Sa station, son tawaf et son sa'i suivent les règles communes, avec la dispense du tawaf d'adieu pour la menstruée.

Note pratique sur le Hadj des femmes

Une femme sans mahram diffère son Hadj jusqu'à l'incapacité, puis le fait accomplir par un délégué selon les hanafites. L'attente de divorce ou de deuil passe avant le voyage, et le Hadj obligatoire se planifie avec son époux.

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