L'omra répétée dans l'année et dans le voyage

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Mis à jour le 24 septembre 2026 à 19h46

Ce chapitre poursuit les feuilles consacrées à la 'umra d'après l'encyclopédie de fiqh (al-Mawsou'a al-fiqhiyya). Il s'ouvre sur l'achèvement des rites : les sept parcours du sa'i, le rasage ou le raccourcissement des cheveux, puis le tawaf de l'adieu. Il examine ensuite trois questions : la répétition de la 'umra dans la même année, sa répétition dans un même voyage, puis la récompense de la 'umra à la mesure de la peine et des dépenses. Pour chacune, la mawsou'a expose les positions des écoles avec leurs preuves, les hadiths et les athars concernés, ainsi que les références classiques de chaque madhhab.

L'achèvement de la 'umra : fin du sa'i, rasage et tawaf de l'adieu

Le pèlerin redescend ensuite et agit comme lors du premier parcours, jusqu'à accomplir sept parcours qui s'achèvent à Marwa ; il multiplie dans sa marche les invocations et l'évocation d'Allah. Puis, lorsque celui qui fait la 'umra a terminé son sa'i, il se rase la tête ou la raccourcit, le rasage étant préférable. Il est ainsi totalement dégagé de sa sacralisation, et demeure à La Mecque dégagé de la sacralisation aussi longtemps qu'il le souhaite.

Il lui incombe ensuite le tawaf de l'adieu lorsqu'il veut voyager depuis La Mecque, selon l'opinion la plus juste des savants, sauf s'il est Mecquois ou si sa résidence se trouve dans le Haram : dans ce cas, le tawaf de l'adieu ne lui est pas obligatoire. Sur ce point, la mawsou'a renvoie aux références classiques suivantes : « al-Mabsut » (4/35), « Touhfat al-Fouqaha » (1/410), « Bada'i' as-Sana'i' » (3/326), « al-Jawhara an-Nira » (2/117), « al-Moudawwana » (2/501, 502), « al-Istidhkar » (4/212, 372), « al-Kafi » (1/110), « al-Qawanin al-fiqhiyya » (p. 90), « Hachiyat ad-Dasuqi 'ala ach-Charh al-Kabir » (2/21, 40), « Rawdat at-Talibin » (3/118), « al-Majmu' » (8/14), « Charh Mouslim » (8/79), « at-Tanbih » (1/79), « al-Ihya » (1/257), « ar-Rawd al-Mourbi' » (1/523), « Matalib ouli an-Nouha » (2/444), « Charh Muntaha al-Iradat » (1/595), « Charh al-'Umda » (3/651), « al-Mughni » (3/228) et « Kashshaf al-Qina' » (2/519).

La 'umra répétée dans la même année : les deux écoles

Les gens de la science ont divergé sur cette question : la répétition de la 'umra dans la même année est-elle permise et recommandée, ou déconseillée ? Deux avis ont été soutenus.

Premier avis : il est déconseillé de la répéter. Les Malikis, selon la position la plus célèbre du madhhab, ainsi que Sa'id ibn Jubayr, al-Hasan al-Basri, an-Nakha'i et al-Muzani parmi les chafiites, estiment déconseillé de répéter la 'umra plus d'une fois dans la même année, et que c'est la multiplication du tawaf qui doit être recherchée. Le début de l'année se compte à partir du mois de Mouharram : celui qui fait une 'umra en Dhoul-Hijja puis une autre en Mouharram est en droit de le faire, sans aucun blâme sur sa deuxième 'umra, car il l'a accomplie dans une autre année.

Al-Hattab al-Maliki (qu'Allah lui fasse miséricorde) ajoute : est excepté du blâme celui dont les entrées répétées à La Mecque se font depuis un lieu d'où la sacralisation lui incombe ; c'est ce qui paraît, bien que je n'aie vu personne l'énoncer explicitement, car s'il entrait en sacralisation pour un hajj, il l'entrerait avant son temps, et s'il ne s'entoure pas de sacralisation, il entre sans sacralisation (« Mawahib al-Jalil », 2/468).

Les Malikis ont justifié leur avis par deux arguments :

  • La 'umra est une adoration qui englobe le tawaf et le sa'i ; elle ne se fait donc dans l'année qu'une seule fois, à l'image du hajj.
  • Le Prophète (paix et salut sur lui) a accompli des 'umras, puis est venu à La Mecque pour un hajj auquel il a associé une 'umra (qiran), sans jamais accomplir deux 'umras en une seule année ; or ses actes relèvent soit de l'obligation, soit de la recommandation. L'année de la conquête de La Mecque (an 8 de l'Hégire), il marcha sur HouNayn et, à son retour, accomplit une 'umra depuis al-Ji'rana : une 'umra unique, qu'il ne répéta pas, alors qu'il en avait le temps. Si cela avait été recommandé, il l'aurait fait, ou l'aurait recommandé d'une manière qui lève toute excuse.

Second avis : il est recommandé de la répéter. La majorité des jurisconsultes, à savoir les hanafites, les chafiites, les hanbalites et les zahirites, ainsi qu'Ibn Abd al-Barr, Ibn al-Mawwaz, Moutrif et al-Lakhmi parmi les Malikis, tiennent pour recommandée la répétition de la 'umra dans la même année et sa multiplication. Parmi les Compagnons (qu'Allah les agrée), on rapporte ce faire de Omar ibn al-Khattab, Ali ibn Abi Talib, Abdallah ibn Omar, Abdallah ibn Abbas, Aïcha et Anas ibn Malik ; parmi les Tabi'oun, Ikrima, Ata' et Tawus.

La majorité s'appuie sur l'ordre du Prophète (paix et salut sur lui), sur l'incitation à la 'umra et sur le faire de ses Compagnons après lui.

Les preuves du second avis : hadiths et athars

En premier lieu, les hadiths. Le premier est le long hadith de Jabir (qu'Allah l'agrée) sur la 'umra interrompue d'Aïcha lors du hajj de l'adieu :

Nous étions venus en sacralisation pour un hajj isolé avec l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui), et Aïcha était venue en sacralisation pour une 'umra. Lorsque nous fûmes à as-Sarif, elle eut ses règles. À notre arrivée, nous fîmes le tawaf de la Ka'ba puis celui de as-Safa et Marwa, et l'Envoyé d'Allah ordonna à ceux d'entre nous qui n'avaient pas d'animal de sacrifice de se dégager de la sacralisation. Nous dîmes : quel dégagement ? Il dit : le dégagement total. Nous eûmes donc des rapports avec nos épouses, nous nous parfumâmes et revêtîmes nos vêtements, alors qu'il ne restait que quatre nuits avant Arafat. Puis nous entrâmes en sacralisation le jour de at-Tarwiya. L'Envoyé d'Allah rendit visite à Aïcha et la trouva en pleurs ; il lui demanda : qu'as-tu ? Elle dit : mes règles m'ont surprise ; les gens se sont dégagés de la sacralisation et je ne m'en suis pas dégagée, je n'ai pas fait le tawaf de la Maison, et les gens s'apprêtent à partir pour le hajj. Il dit : voilà une chose qu'Allah a inscrite aux filles d'Adam ; fais le grand ablution, puis entre en sacralisation pour le hajj. Elle le fit et accomplit les stations ; lorsqu'elle fut purifiée, elle fit le tawaf de la Ka'ba puis celui de as-Safa et Marwa. Il lui dit : tu t'es dégagée de ton hajj et de ta 'umra. Elle dit : Envoyé d'Allah, je sens que je n'ai pas fait le tawaf de la Maison avant d'avoir accompli mon hajj. Il dit : va donc avec elle, ô Abd ar-Rahman, et fais-lui faire une 'umra depuis at-Tan'im, et cela eut lieu la nuit de al-Hasba.Rapporté par Boukhari (1693) et Mouslim (1213), la formulation étant celle de Boukhari ; il en existe de nombreuses autres variantes

Ibn al-Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) en tire la conclusion : « De ce hadith d'Aïcha se tirent de grands principes des rites, parmi lesquels la permission de deux 'umras en une seule année, voire en un seul mois » (« Zad al-Ma'ad », 2/175).

Le deuxième hadith est celui d'Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) :

Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare, et le hajj agréé n'a pour salaire que le Paradis.Hadith authentique, déjà cité précédemment dans l'ouvrage

Sa portée absolue et générale implique la différence entre la 'umra et le hajj : si la 'umra ne se faisait dans l'année qu'une seule fois, elle serait comme le hajj, et on dirait alors « le hajj à la suite du hajj » (« Majmu' al-Fatawa », 26/268).

En deuxième lieu, les athars des Compagnons. L'imam ach-Chafi'i (qu'Allah l'agrée) rapporte dans son « Mousnad » et dans « al-Oumm », et al-Bayhaqi dans « as-Sounan », que Anas ibn Malik, Ali ibn Abi Talib, Aïcha et Ibn Omar (qu'Allah les agrée) agissaient ainsi :

  • Ibn Uyayna rapporte d'Ibn Abi Husayn, d'un des enfants de Anas ibn Malik : « Nous étions avec Anas ibn Malik à La Mecque : chaque fois que ses cheveux lui avaient repoussé après le rasage, il sortait et faisait une 'umra. » L'expression « hammama ra'souhou » signifie que les cheveux repoussent après le rasage et noircissent, comme on le dit du poussin dont la peau noircit sous le duvet et du visage du jeune garçon (voir « al-Fa'iq » d'az-Zamakhchari, 1/321).
  • De Ibn Abi Najih, de Mujahid, d'Ali ibn Abi Talib (qu'Allah l'agrée) : « chaque mois, une 'umra ».
  • De Sufyan, de Yahya ibn Sa'id, d'Ibn al-Musayyib : Aïcha (qu'Allah l'agrée) fit deux 'umras dans une année, une depuis Dhoul-Houlayfa et une depuis al-Jouhfa.
  • Sadaka ibn Yasar rapporte d'al-Qasim ibn Muhammad que Aïcha, Mère des croyants et épouse du Prophète (paix et salut sur lui), fit deux 'umras dans une année. Sadaka dit : je demandai : quelqu'un lui en a-t-il tenu grief ? Il répondit : « Gloire à Allah ! La Mère des croyants ! », et je me sentis gêné.
  • Moussa ibn Oqba rapporte de Nafi' : Abdallah ibn Omar fit des 'umras des années durant, à l'époque d'Ibn az-Zoubir, deux fois chaque année.
  • Abd al-Wahhab ibn Abd al-Majid rapporte de Habib al-Mu'allim : Ata' fut interrogé sur la 'umra chaque mois ; il dit : oui.

Ces athars sont rapportés dans le « Mousnad » d'ach-Chafi'i (1/113), dans « al-Oumm » (2/135, 136) et dans « as-Sounan al-Koubra » d'al-Bayhaqi (4/344).

L'exposé détaillé d'ach-Chafi'i

Ach-Chafi'i (qu'Allah l'agrée) dit : « La 'umra est permise durant toute l'année : rien n'empêche qu'un homme fasse la 'umra plusieurs fois dans l'année, et tel est le dire de la masse des Mecquois et des habitants des autres villes. Quelqu'un des Hijazis a toutefois déconseillé la 'umra dans l'année, hormis une seule fois. Puisque la 'umra est valable en tout mois, elle ne ressemble pas au hajj, qui n'est valable qu'un jour d'un mois précis, et si on ne le saisit pas, on attend l'année suivante ; on ne peut donc pas la comparer au hajj, et elle s'en distingue sous tous ces rapports. »

Si un homme demande : « qu'est-ce qui prouve ce que tu décris ? », on lui répond : Aïcha faisait partie de ceux qui n'avaient pas d'animal de sacrifice, et de ceux à qui le Prophète (paix et salut sur lui) ordonna que sa sacralisation soit une 'umra ; elle eut ses règles et ne put pas faire le tawaf, et l'Envoyé d'Allah lui ordonna d'entrer en sacralisation pour le hajj : elle devint ainsi qarina. Sa 'umra était en Dhoul-Hijja, puis elle lui demanda de la faire 'umra et il la fit en Dhoul-Hijja : elle eut donc deux 'umras dans un mois. « Comment donc, après l'ordre du Prophète (paix et salut sur lui), quelqu'un nierait-il deux 'umras en un mois, en prétendant que la 'umra ne se fait dans l'année qu'une seule fois ? » Ach-Chafi'i cite ensuite les athars déjà mentionnés d'Anas, d'Ali, d'Aïcha, de Sadaka ibn Yasar et de Nafi', avec leurs chaînes de transmission.

Ach-Chafi'i poursuit : « Dans ce que j'ai décrit de la 'umra d'Aïcha par ordre du Prophète (paix et salut sur lui), et de sa 'umra en Dhoul-Hijja, ainsi que dans le fait qu'il a fait la 'umra pendant les mois du hajj, il y a la preuve que la 'umra est permise au temps du hajj comme en dehors. Si elle est permise deux fois dans un mois par ordre du Prophète (paix et salut sur lui), la ressemblance avec le hajj, qui ne se fait qu'une seule fois dans l'année, est écartée, et elle devient valable en tout mois. Et lorsque son auteur veut entrer en sacralisation pour autre chose, un hajj ou une 'umra, il ne doit pas entrer en sacralisation pour autre chose avant de l'avoir achevée. »

Ach-Chafi'i dit aussi : « Lorsqu'un homme entre en sacralisation pour une 'umra, il a le droit d'ajouter le hajj à sa 'umra tant qu'il n'est pas entré dans le tawaf de la Maison ; dès qu'il y est entré, il ne peut plus y ajouter le hajj, et même s'il le faisait, aucun hajj ne lui incomberait ; car il agit pour sortir de sa 'umra à un moment où l'ajout du hajj n'est pas possible. S'il était entré en sacralisation pour le hajj, il ne pourrait pas y ajouter la 'umra, et même s'il le faisait, il ne serait pas en sacralisation pour une 'umra et ne devrait aucune fidya. »

Il dit encore : « Celui qui n'a pas fait le hajj peut faire la 'umra durant toute l'année. Celui qui fait le hajj n'ajoute pas la 'umra au hajj avant d'avoir achevé les actes du hajj, c'est-à-dire les derniers jours du tachriq s'il demeure jusqu'à leur fin ; s'il part avec la première dispersion, il peut faire la 'umra ce jour-là et elle lui incombe, car plus aucun acte du hajj ne lui reste, bien que le différer me soit plus aimé ; et s'il entrait en sacralisation pour la 'umra le jour de la première dispersion sans partir, sa sacralisation serait nulle, car il est retenu par un acte du hajj dont il ne sort que par son achèvement et sa sortie d'eux. »

Il conclut : « Quelques-uns de nos collègues hijazis ont divergé et dit : la 'umra ne se fait dans l'année qu'une seule fois. Cela contredit la sounna de l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui), car il a fait faire à Aïcha deux 'umras dans un seul mois d'une seule année, et contredit le faire d'Aïcha elle-même, d'Ali, d'Ibn Omar et d'Anas (qu'Allah les agrée), ainsi que celui de la masse des gens. Le fondement de leur dire : s'ils affirment que la 'umra est valable durant toute l'année, comment l'ont-ils comparée au hajj, qui n'est valable qu'un jour de l'année ? Et quel moment, parmi les mois, serait le temps de la 'umra ? S'ils répondent : n'importe quel moment, comment ne pas faire la 'umra, autant de fois qu'on veut, en n'importe quel moment ? Le dire de la masse est conforme à ce que nous avons dit » (« al-Oumm », 2/135, 136).

Al-Mawardi et la réfutation de l'avis malikite

Al-Mawardi (qu'Allah lui fasse miséricorde) rapporte : ach-Chafi'i a dit : « Celui qui prétend que la 'umra ne se fait dans l'année qu'une seule fois contredit la sounna de l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui), car il a fait faire à Aïcha deux 'umras dans un seul mois, et contredit le faire d'Aïcha elle-même, d'Ali, d'Ibn Omar et d'Anas. » Al-Mawardi commente : « Et cela est comme il a dit : il est permis de faire la 'umra plusieurs fois dans l'année ; c'est le dire de la majorité, tenu par les Compagnons Omar, Ali, Ibn Omar, Aïcha et Anas, et par les Tabi'oun Ikrima, Ata' et Tawus. »

« Malik, an-Nakha'i, Sa'id ibn Jubayr, Ibn Sirin et al-Muzani ont dit : la 'umra n'est valable dans l'année qu'une seule fois, comme le hajj, en raison de leur association dans l'ordre ; et cela est une erreur. Notre preuve est ce que rapporte Aïcha : l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) fit deux 'umras dans une année, en Chawwal et en Dhoul-Qi'da ; et il est rapporté qu'il fit faire à Aïcha deux 'umras dans une année : elle s'était entourée de sacralisation pour une 'umra et, entrant à La Mecque, ses règles vinrent ; le Prophète (paix et salut sur lui) lui dit : "abandonne ta 'umra", c'est-à-dire abandonne les actes de ta 'umra. Lorsqu'elle eut achevé le qiran, elle dit : "Envoyé d'Allah, toutes tes épouses repartent avec deux sacrifices et moi avec un seul" ; il ordonna à son frère Abd ar-Rahman de la faire 'umra depuis at-Tan'im, et elle obtint ainsi deux 'umras. »

Abou Salih rapporte d'Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) que l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) a dit : « Le hajj agréé n'a pour salaire que le Paradis, et deux 'umras expient ce qui les sépare. » Ali ibn Abi Talib est rapporté avoir accompli quatre 'umras dans un seul mois, et des propos semblables sont rapportés d'Ibn Omar, d'Anas et d'Aïcha (qu'Allah les agrée).

Une remarque linguistique est ensuite citée : « On a dit : la 'umra a été ainsi nommée parce qu'elle est permise durant toute la vie ('oumr), et on a appelé les "'oummar" de la Maison ceux qui pratiquent constamment la 'umra. Puisque toute l'année est le temps de la 'umra, cela indique sa répétition et la permission de la faire maintes fois, comme les actes surérogatoires dans la prière et le jeûne ; et c'est en ce sens qu'elle se distingue du hajj, qui a un temps précis dont la perte fait perdre le hajj : Arafat. Les deux se séparent donc sous cet angle » (« al-Hawi al-Kabir », 4/31, 33).

Ibn Abd al-Barr et les Malikis dissidents

Ibn Abd al-Barr (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit dans « al-Istidhkar » (4/112, 114) : « Quant au dire de Malik en ce chapitre, je ne vois pas qu'il soit interdit à quiconque de faire la 'umra plusieurs fois dans l'année : d'autres l'ont dit. La majorité des savants est sur la permission de la 'umra durant toute l'année, car elle n'a, selon tous, ni un temps connu qui lui serait réservé, ni un temps interdit où elle devrait être suspendue, si ce n'est depuis le tawaf du hajj autour de la Maison, ou sa fin dans ce tawaf, ou le moment du tawaf d'arrivée, jusqu'à l'achèvement du hajj ; en dehors de ce moment, l'accomplissement de la 'umra est permis durant toute l'année. »

« Certains savants recommandent toutefois de ne pas dépasser une 'umra dans le mois, et d'autres recommandent à celui qui fait la 'umra de n'en faire qu'une dans l'année, comme Malik l'a dit, car l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) n'a pas réuni deux 'umras en une année. La majorité est sur la permission d'en multiplier dans le jour et la nuit, car c'est une œuvre de bien et de bienfaisance dont on ne doit s'abstenir que sur preuve, et aucune preuve ne l'interdit ; bien plus, la preuve y invite par la parole d'Allah (le Très-Haut) : »

« Et faites le bien »

Sourate al-Hajj, 77

Et l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) a dit : « Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare, et le hajj agréé n'a pour salaire que le Paradis. » « Quant à la recommandation, elle n'est pas contraignante et ne doit pas contraindre celui qui la pratique. »

Abd ar-Razzaq rapporte qu'Ibrahim disait : « on ne faisait pas la 'umra dans l'année plus d'une fois » ; que Ja'far rapporte de Hicham, d'al-Hasan, qu'il déconseillait deux 'umras dans une année ; et Ibn Sirin dit : « la 'umra deux fois dans l'année est déconseillée ». Ceux qui ont permis la 'umra plusieurs fois dans l'année sont Ali, Ibn Abbas, Ibn Omar, Aïcha et Anas (qu'Allah les agrée), al-Qasim ibn Muhammad, Tawus et Sa'id ibn al-Musayyib.

Abd ar-Razzaq rapporte aussi, d'Ibn Uyayna, de Yahya ibn Sa'id, de Sa'id ibn al-Musayyib : « Aïcha fit la 'umra trois fois dans une année : une fois depuis al-Jouhfa, une fois depuis at-Tan'im et une fois depuis Dhoul-Houlayfa. » Oubaydallah et Abdallah, les deux fils de Omar, rapportent de Nafi' : « Ibn Omar fit deux 'umras dans l'année des combats. » Et Ma'mar rapporte d'ath-Thawri, de Sadaka, d'al-Qasim : « Aïcha, ayant manqué le hajj cette année-là, fit la 'umra cette année-là trois fois. » Sadaka dit : « Je demandai à al-Qasim : quelqu'un lui en a-t-il tenu grief ? Il répondit : Gloire à Allah ! Sur la Mère des croyants ?! »

At-Tabari rapporte cette parole d'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : « La 'umra se fait durant toute l'année, sauf quatre jours : le jour d'Arafat, le jour du sacrifice et les jours du tachriq. » Abou Omar (Ibn Abd al-Barr) commente : c'est le dire d'Abou Hanifa et de ses compagnons : la 'umra est permise durant toute l'année, sauf le jour d'Arafat, le jour du sacrifice et les jours du tachriq, où elle est déconseillée.

Al-Qasim déconseillait deux 'umras dans l'année, tout en disant : « chaque mois, une 'umra ». Tawus dit pareillement : « chaque mois, une 'umra », et il est rapporté d'Ali (qu'Allah l'agrée) : « chaque mois, une 'umra ». Ikrima dit : « il fait la 'umra quand il veut ». Ata' dit : « s'il veut, il fait deux 'umras dans chaque mois ». De Tawus : « quand les jours du tachriq sont passés, fais la 'umra autant que tu veux ». Ath-Thawri dit : « toute l'année est le temps de la 'umra : quiconque veut en fait une, quand il veut » ; et c'est le dire d'Abou Hanifa, d'ach-Chafi'i et des jurisconsultes en général, sauf la restriction que nous avons mentionnée concernant les jours du tachriq. Le dire d'ath-Thawri peut porter à comprendre que la 'umra est permise à quiconque a fait le tawaf de l'ifada, car il est alors entré totalement dans l'état de dégagement, et la 'umra n'est pas obligatoire pendant les jours du tachriq.

Ibn Abd al-Barr (qu'Allah lui fasse miséricorde), qui compte parmi les grands savants malikites, dit encore : « Je ne connais pas, pour celui qui déconseille la 'umra plusieurs fois dans l'année, d'argument tiré d'un Livre ni d'une Sounna auquel il faille se soumettre. La 'umra est une œuvre de bien, et Allah a dit : "Et faites le bien" (Sourate al-Hajj, 77) ; il est donc obligatoire d'appliquer la généralité de ce verset, et recommandé d'y inciter, jusqu'à ce qu'intervienne ce qui exige la soumission » (« al-Istidhkar », 20/21).

Une assemblée de Malikis, outre Ibn Abd al-Barr, l'a aussi permis : Moutrif, Ibn al-Majichoun, Ibn al-Mawwaz et Ibn Habib. Ibn Habib (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « rien n'empêche une 'umra chaque mois ». Al-Lakhmi rapporta de Moutrif et d'Ibn al-Mawwaz la permission de la répéter plusieurs fois dans l'année et choisit cet avis ; le texte de Moutrif, cité dans le livre d'Ibn Habib, est : « rien n'empêche la 'umra plusieurs fois dans l'année, j'espère qu'il n'y a aucun mal en cela ». Al-Lakhmi (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « je ne vois pas qu'on empêche quiconque de se rapprocher d'Allah par une œuvre d'obéissance, ni de s'accroître en bien là où aucun texte d'interdiction n'est venu » (« Mawahib al-Jalil », 6/498 ; « Zad al-Ma'ad », 2/98). Ibn Qoudama dit : « rien n'empêche de faire la 'umra plusieurs fois dans l'année ».

L'avis d'Ibn Qoudama et la critique de Tawus

La 'umra répétée est rapportée d'Ali, d'Ibn Omar, d'Ibn Abbas, d'Anas et d'Aïcha (qu'Allah les agrée), ainsi que d'Ata', de Tawus, d'Ikrima et d'ach-Chafi'i ; ont déconseillé deux 'umras dans l'année al-Hasan, Ibn Sirin et Malik. An-Nakha'i dit : « on ne faisait pas la 'umra dans l'année qu'une seule fois, et parce que le Prophète (paix et salut sur lui) ne l'a pas fait ».

Les défenseurs du second avis répondent : Aïcha fit deux 'umras dans un mois par ordre du Prophète (paix et salut sur lui), une 'umra avec son qiran et une 'umra après son hajj ; et le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare », hadith rapporté par Boukhari et Mouslim. Ali a dit : « chaque mois, une 'umra » ; et Anas, chaque fois que ses cheveux repoussaient, sortait faire une 'umra ; les deux sont rapportés par ach-Chafi'i dans son « Mousnad ». Ikrima dit : « il fait la 'umra quand le toucher de ses cheveux devient possible ». Ata' dit : « s'il veut, il fait deux 'umras dans chaque mois ».

Quant à la multiplication rapprochée des 'umras et à leur enchaînement, elle n'est pas recommandée selon l'apparent du dire des anciens rapporté ci-dessus. Ahmad dit pareillement : « lorsqu'il fait la 'umra, il doit se raser ou se raccourcir les cheveux, et le rasage de la tête devient possible en dix jours » ; l'apparent est donc qu'il n'est pas recommandé de faire la 'umra à moins de dix jours d'intervalle. Dans la version d'al-Athram : « s'il veut, il fait une 'umra chaque mois ». Certains compagnons d'Ahmad disent : « la multiplication des 'umras est recommandée ».

Les dires des anciens et leurs conduites confirment ce qui précède, car on n'a pas rapporté du Prophète (paix et salut sur lui) ni de ses Compagnons l'enchaînement rapproché des 'umras ; ce qui est rapporté d'eux, c'est la désapprobation de cela, et le juste est de les suivre. Tawus dit : « ceux qui font la 'umra depuis at-Tan'im, je ne sais s'ils seront récompensés ou châtiés ». On lui demanda : pourquoi seraient-ils châtiés ? Il dit : « parce qu'il délaisse le tawaf de la Maison, sort de quatre milles et revient ; or le temps de ce aller-retour de quatre milles suffirait pour deux cents tawafs, et chaque tawaf de la Maison est meilleur que de marcher pour rien ».

« Le Prophète (paix et salut sur lui) fit quatre 'umras en quatre voyages, sans dépasser une 'umra par voyage, et aucun de ses compagnons non plus ; rien ne nous est parvenu d'un seul d'entre eux qui aurait réuni deux 'umras en un seul voyage, sauf Aïcha, lorsqu'elle eut ses règles et qu'il lui fit faire la 'umra depuis at-Tan'im parce qu'elle estimait sa 'umra du qiran annulée ; c'est pourquoi elle dit : "Envoyé d'Allah, les gens repartent avec un hajj et une 'umra, et moi je repars avec un seul hajj". Il la fit 'umra pour cela ; et si cela avait été un mérite, ils n'auraient pas été unanimes à le délaisser » (« al-Mughni », 3/90).

Ibn al-Qayyim : la discussion sur l'abandon de la 'umra d'Aïcha

Ibn al-Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) expose ensuite les avis : Malik a dit : « je déconseille de faire dans l'année plus d'une 'umra » ; Moutrif, parmi ses compagnons, l'a contredit, de même qu'Ibn al-Mawwaz : Moutrif dit : « rien n'empêche la 'umra plusieurs fois dans l'année », et Ibn al-Mawwaz : « j'espère qu'il n'y a aucun mal en cela ». Aïcha fit deux 'umras dans un mois ; « je ne vois pas qu'on empêche quiconque de se rapprocher d'Allah (le Très-Haut) par une œuvre d'obéissance, ni de s'accroître en bien là où aucun texte d'interdiction n'est venu ».

C'est l'avis de la majorité, sauf qu'Abou Hanifa (qu'Allah lui fasse miséricorde) a excepté cinq jours où la 'umra n'est pas permise : le jour d'Arafat, le jour du sacrifice et les jours du tachriq précisément ; et les chafiites ont excepté celui qui demeure à Mina pour la lapidation des jours du tachriq. Aïcha fit deux 'umras dans une année ; on demanda à al-Qasim : « personne ne lui en a-t-il tenu grief ? » Il dit : « sur la Mère des croyants ?! » Et Anas sortait faire une 'umra chaque fois que ses cheveux repoussaient. Il est rapporté d'Ali (qu'Allah l'agrée) qu'il faisait la 'umra plusieurs fois dans l'année, et il a dit : « Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare ».

Suffit en cela qu'il fit faire à Aïcha une 'umra depuis at-Tan'im, en plus de celle dont elle s'était entourée de sacralisation, la même année. On ne dira pas qu'Aïcha avait abandonné sa 'umra et que celle-ci en serait l'acquittement, car la 'umra ne peut légalement être abandonnée : le Prophète (paix et salut sur lui) lui a dit : « ton tawaf te suffit pour ton hajj et ta 'umra », et dans une version : « tu t'es dégagée des deux à la fois ».

Si l'on objecte : le Sahih de Boukhari établit qu'il lui dit : « abandonne ta 'umra, défais tes cheveux et peigne-toi », dans une autre version : « défais tes cheveux et peigne-toi », et dans une autre : « entre en sacralisation pour le hajj et laisse la 'umra » ; cela serait explicite sur l'abandon de sa 'umra de deux points de vue : d'abord sa parole « abandonne-la et laisse-la », ensuite son ordre de se peigner. Ibn al-Qayyim répond : « le sens de "abandonne-la" est : laisse ses actes et le fait de s'y limiter, et sois en hajj avec elle ; il faut que ce soit le sens de sa parole "tu t'es dégagée des deux à la fois" lorsqu'elle acheva les actes du hajj. Sa parole "ton tawaf te suffit pour ton hajj et ta 'umra" est explicite sur ce que la sacralisation de la 'umra n'a pas été abandonnée : ce sont ses actes indépendants qui ont été laissés, et son hajj, en s'achevant, a achevé son hajj et sa 'umra. Puis il la fit 'umra depuis at-Tan'im pour réjouir son cœur, car elle viendrait avec une 'umra indépendante comme ses compagnes. »

Éclaire cela le hadith que Mouslim rapporte dans son Sahih, d'az-Zouhri, d'Ourwa, d'elle (qu'Allah l'agrée) :

Nous sommes sortis avec l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) l'année du hajj de l'adieu. J'eus mes règles et restai menstruée jusqu'au jour d'Arafat, et je ne m'étais entourée de sacralisation que pour une 'umra. L'Envoyé d'Allah m'ordonna de défaire mes cheveux, de me peigner, d'entrer en sacralisation pour le hajj et de laisser la 'umra. Je le fis ; et lorsque j'eus accompli mon hajj, l'Envoyé d'Allah m'envoya avec Abd ar-Rahman ibn Abi Bakr et m'ordonna de faire une 'umra depuis at-Tan'im à la place de ma 'umra que le hajj avait rattrapée, sans que je m'en sois dégagée.Rapporté par Boukhari (313) et Mouslim (1211)

C'est un hadith d'une authenticité et d'une clarté totales : elle ne s'était pas dégagée de sa 'umra et y était restée jusqu'à ce que le hajj y fût ajouté. C'est son information sur elle-même, jointe à la parole de l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) à son sujet, et l'une confirme l'autre. Dans la parole du Prophète (paix et salut sur lui) : « Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare, et le hajj agréé n'a pour salaire que le Paradis », il y a une preuve claire de la différenciation dans la répétition ; car si la 'umra était comme le hajj, faite une seule fois dans l'année, il les aurait égalées et non différenciées.

Ach-Chafi'i (qu'Allah lui fasse miséricorde) rapporte d'Ali (qu'Allah l'agrée) : « fais une 'umra chaque mois ». Waki' rapporte d'Isra'il, de Souwayd ibn Abi Najiya, d'Abou Ja'far, que Ali a dit : « fais la 'umra dans le mois autant que tu peux ». Et Sa'id ibn Mansour rapporte de Sufyan ibn Abi Husayn, d'un des enfants de Anas, que Anas, lorsqu'il était à La Mecque, sortait dès que ses cheveux repoussaient vers at-Tan'im et faisait une 'umra (« Zad al-Ma'ad », 2/98 et suivantes).

Ibn Hazm (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « Quant à la 'umra, nous aimons la multiplier, en raison de son mérite que nous avons cité... et c'est le dire d'ach-Chafi'i, d'Abou Hanifa et d'Abou Soulayman, et c'est celui que nous suivons ; car l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) a fait faire à Aïcha deux 'umras dans le même mois sans le désapprouver, bien plus, il y a encouragé et informé que la 'umra expie ce qui la sépare de l'autre ; la multiplication est donc meilleure » (« al-Muhalla », 7/68).

La synthèse d'an-Nawawi

L'imam an-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) conclut : « Question dérivée : les écoles de ces femmes sur la répétition de la 'umra dans l'année. Notre madhhab est qu'elle n'est pas déconseillée, bien plus, elle est recommandée ; c'est le dire d'Abou Hanifa, d'Ahmad et de la majorité des savants des anciens et des modernes ; al-Mawardi, as-Sarakhsi et al-Abdari l'ont rapporté de la majorité ; Ibn al-Moundhir le rapporte d'Ali ibn Abi Talib, d'Ibn Omar, d'Ibn Abbas, d'Anas, d'Aïcha, d'Ata' et d'autres (qu'Allah les agrée). Al-Hasan al-Basri, Ibn Sirin et Malik ont dit : la 'umra plus d'une fois dans l'année est déconseillée, car c'est une adoration qui englobe le tawaf et le sa'i, qui ne se fait dans l'année qu'une fois, comme le hajj. »

Ach-Chafi'i, ses compagnons, Ibn al-Moundhir et d'autres ont argumenté par le hadith authentique : Aïcha s'était entourée de sacralisation pour une 'umra l'année du hajj de l'adieu ; ses règles vinrent ; le Prophète (paix et salut sur lui) lui ordonna d'entrer en sacralisation pour le hajj ; elle le fit, devint qarina et accomplit les stations ; purifiée, elle fit le tawaf et le sa'i ; le Prophète (paix et salut sur lui) lui dit : « tu t'es dégagée de ton hajj et de ta 'umra » ; elle demanda au Prophète (paix et salut sur lui) de lui faire faire une autre 'umra, il l'y autorisa et elle fit depuis at-Tan'im une autre 'umra ; rapporté par Boukhari et Mouslim en version longue, que l'auteur transmet résumée. Ach-Chafi'i précise : « sa 'umra était en Dhoul-Hijja, puis il lui fit faire l'autre 'umra en Dhoul-Hijja : elle eut donc deux 'umras en Dhoul-Hijja ».

On rapporte aussi d'Aïcha qu'elle fit deux 'umras dans une année, c'est-à-dire après la mort du Prophète (paix et salut sur lui), et, dans une version, trois 'umras ; et d'Ibn Omar qu'il fit la 'umra des années durant, à l'époque d'Ibn az-Zoubir, deux fois chaque année. Ach-Chafi'i mentionna tous ces athars, puis al-Bayhaqi avec leurs chaînes de transmission. Quant au hadith mentionné par l'auteur du Sahih (Mouslim), il n'a pas d'indication apparente, car Aïcha n'a pas dit qu'il la fit faire en Dhoul-Qi'da et en Chawwal d'une seule année. Nos compagnons ont aussi argumenté par le hadith d'Abou Hourayra : « Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare », rapporté par Boukhari et Mouslim et déjà cité au début du livre du hajj ; mais son indication n'est pas apparente, bien qu'al-Bayhaqi et d'autres l'aient invoqué et ouvert le chapitre par lui ; quelques-uns de nos compagnons ont dit : son argument est que le Prophète (paix et salut sur lui) n'a pas différencié selon que les deux 'umras étaient dans une année ou deux : c'est une remarque faible.

On a aussi argumenté par l'analogie avec la prière : c'est une adoration non limitée à un temps, dont la répétition dans l'année n'est pas déconseillée. Ach-Chafi'i dit dans « al-Moukhtasar » : « celui qui dit que la 'umra ne se fait dans l'année qu'une seule fois contredit la sounna de l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) », visant le hadith précédent d'Aïcha. On objecte : le hadith d'Aïcha établit que le Prophète (paix et salut sur lui) lui dit : « abandonne ta 'umra, défais tes cheveux, peigne-toi et entre en sacralisation pour le hajj » ; elle le fit, puis fit une 'umra : l'apparent est qu'il ne lui est résulté qu'une seule 'umra.

La réponse est qu'Aïcha ne l'a pas abandonnée, c'est-à-dire qu'elle ne s'en est pas dégagée en la délaissant : ni la 'umra ni le hajj ne sortent de l'état par la seule intention d'en sortir, sans divergence. Son abandon est celui de ses actes indépendants : elle s'était entourée de sacralisation pour le hajj après sa 'umra et devint qarina ; le Prophète (paix et salut sur lui) dit « abandonne-la », c'est-à-dire laisse ses actes indépendants, du fait de leur inclusion dans les actes du hajj ; quant à l'ordre de se peigner, il n'a aucune indication, car celui qui est en sacralisation a chez nous le droit de se peigner, comme l'expliquent al-Qadi Abou at-Tayyib et d'autres. Quant à la réponse à l'argument de Malik par analogie avec le hajj : le hajj est limité à un temps dont la répétition dans l'année n'est pas concevable, tandis que la 'umra n'est pas limitée à un temps et sa répétition est concevable, comme la prière (« al-Majmu' », 7/116, 118).

La 'umra répétée dans un même voyage

Les gens de la science qui admettent la répétition de la 'umra dans l'année ont divergé : est-elle permise dans un même voyage, en sortant vers la zone profane (hal) et en revenant avec une autre 'umra, ou non ? La majorité des jurisconsultes, à savoir les hanafites, les chafiites, les hanbalites et les zahirites, ainsi qu'Ibn Abd al-Barr et d'autres Malikis, et parmi les Tabi'oun Ata', Qatada et ath-Thawri, admettent la répétition dans un même voyage ; ils ont toutefois divergé sur la durée qui sépare les deux 'umras.

Les preuves de la majorité

Première preuve, la parole du Prophète (paix et salut sur lui) :

Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare, et le hajj agréé n'a pour salaire que le Paradis.Rapporté par Boukhari (1683) et Mouslim (1349)

Al-Hafiz Ibn Hajar (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « Ce hadith indique la recommandation de multiplier les 'umras, contrairement à celui qui dit qu'il est déconseillé de faire la 'umra plus d'une fois dans l'année, comme les Malikis, et à celui qui dit une fois par mois, parmi les autres. » Ibn at-Tin dit : « Sa parole "une 'umra à la suite d'une autre 'umra" peut s'entendre de la préposition "à" au sens de "avec" : la 'umra avec la 'umra expie ce qui les sépare » (« Fath al-Bari », 3/598 ; al-Baji tient le même propos qu'Ibn at-Tin, voir « Charh az-Zarqani », 2/359).

Deuxième preuve, le hadith authentique sur Aïcha : elle s'était entourée de sacralisation pour une 'umra l'année du hajj de l'adieu ; ses règles vinrent ; le Prophète (paix et salut sur lui) lui ordonna d'entrer en sacralisation pour le hajj ; elle le fit, devint qarina, accomplit les stations ; purifiée, elle fit le tawaf et le sa'i ; le Prophète (paix et salut sur lui) lui dit : « tu t'es dégagée de ton hajj et de ta 'umra à la fois » ; elle demanda au Prophète (paix et salut sur lui) de lui faire faire une autre 'umra (rapporté par Boukhari (1693) et Mouslim (1213) en version longue, transmise ici résumée). Ach-Chafi'i dit : « sa 'umra était en Dhoul-Hijja, puis il lui fit faire l'autre 'umra en Dhoul-Hijja : elle eut donc deux 'umras en Dhoul-Hijja » (« al-Majmu' », 7/116).

Troisième preuve, le hadith d'Ibn Abbas (qu'Allah les agrée) :

Une 'umra en Ramadan équivaut à un hajj, ou à un hajj avec moi.Rapporté par Boukhari (1764) et Mouslim (1256)

Le savant Waliyy ad-Din Abou Abdallah Muhammad ibn Abdallah al-Khatib at-Tabrizi dit dans « Michkat al-Masabih » : « on a encore tiré de sa parole (paix et salut sur lui) "une 'umra en Ramadan équivaut à un hajj" la recommandation de répéter la 'umra et de la multiplier. » Al-Mouhibb at-Tabari (p. 566) y voit une preuve de la recommandation de répéter la 'umra sous deux angles : « premièrement, l'indéfini placé dans un contexte de supériorité vise la généralité : si tu dis "un homme de Banou Taym équivaut à une tribu autre qu'elle", on ne comprend que cela : chacun de ses membres en est ainsi ; il en est de même de toute 'umra en Ramadan. Deuxièmement, "une 'umra en Ramadan" vise soit toute 'umra de quiconque, soit une 'umra de quiconque, soit une 'umra d'un seul homme non désigné ; le premier sens est celui qui est recherché, le troisième n'est visé par personne, et le second découle du premier : le jugement s'étend par l'énoncé de la corrélation, car le mérite de l'acte ne peut provenir que du temps ; ce qui est établi pour un acte l'est donc pour son pareil, tant que la cause de la caractéristique persiste et qu'il n'est pas possible que le jugement fasse défaut. Celui qui prétend la particulariser par la non-répétition, ou par l'adresse directe, ou par un miquat déterminé, ou qui la contredit, doit apporter la preuve ».

Quant à la supériorité de la 'umra de Ramadan et au fait que le Prophète (paix et salut sur lui) ne l'ait pas multipliée, al-Kamal Ibn al-Houmam (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « Ramadan est supérieur par le fait que le Prophète (paix et salut sur lui) l'a spécifié de sa parole, et il l'a délaissée parce qu'il y était associé un fait particulier : son occupation d'autres adorations en Ramadan dans la dévotion totale, et le souci de ne pas imposer de peine à sa communauté ; s'il y avait fait la 'umra, ils seraient sortis avec lui, et il était compatissant envers eux. Il a rapporté, pour d'autres adorations, qu'il les délaissait afin de ne pas les accabler alors qu'il les aimait, comme la prière de nuit avec eux en Ramadan, et son envie de donner à boire de sa propre main avec les porteurs d'eau de Zamzam, puis son renoncement de crainte que les gens ne les débordent sur leur tâche. Et le Prophète (paix et salut sur lui) ne fit la 'umra dans l'année qu'une seule fois » (« Charh Fath al-Qadir », 3/139). Ce dire d'al-Kamal s'accorde avec ce qui est établi chez les usulistes : l'indication de la parole prime sur l'indication de l'acte.

Al-'Azim Abadi (qu'Allah lui fasse miséricorde) répond à la même objection : « le Prophète (paix et salut sur lui) était occupé, dans les adorations, par ce qui est plus important que la 'umra, et il ne pouvait pas réunir ces adorations et la 'umra ; s'il avait multiplié les 'umras, la communauté se serait empressée de l'imiter et cela l'aurait accablée. Le Prophète (paix et salut sur lui) délaissait beaucoup d'actes qu'il aimait faire, de crainte de la peine pour sa communauté ; lorsqu'il entra dans la Maison, il en sortit attristé et, interrogée à ce sujet, Aïcha lui demanda pourquoi ; il dit : "je crains d'avoir imposé une peine à ma communauté". Il avait aussi envisagé de descendre demander la pluie avec les porteurs d'eau de Zamzam pour le pèlerin, et craignit que les gens de Zamzam ne soient débordés sur leur tâche après lui » (« Awn al-Ma'boud », 5/330).

Quatrième preuve, le hadith de Abdallah ibn Dinar, d'Ibn Omar (qu'Allah les agrée) : « Le Prophète (paix et salut sur lui) se rendait à la mosquée de Qouba chaque samedi, à pied ou monté, et Abdallah faisait de même » (rapporté par Boukhari (1135) et Mouslim (1399)). Cinquième preuve, la parole du Prophète (paix et salut sur lui) : « une prière dans la mosquée de Qouba équivaut à une 'umra » (hadith authentique rapporté par at-Tirmidhi (324), Ibn Majah (1411) et d'autres). C'est l'un des arguments les plus justes et les plus subtils : sa visite de la mosquée de Qouba chaque samedi, établie dans le Sahih, n'a pour motif que le mérite de la 'umra ; sa répétition indique donc la recommandation et le mérite de répéter la 'umra.

Sixième preuve, la parole du Prophète (paix et salut sur lui) : « enchaînez le hajj et la 'umra : ils éliminent la pauvreté et les péchés comme le soufflet de la forge élimine les impuretés du fer, de l'or et de l'argent » (hadith authentique, déjà cité). Cela indique la licéité de la répétition : l'enchaînement entre les hajjs peut se faire en tant que mutamatti' ou qarin ; sur cette base, on enchaîne entre la 'umra de son hajj et une 'umra indépendante. Al-'Azim Abadi ajoute que le hadith indique la recommandation de multiplier les 'umras et que le dire malikite n'est pas juste ; le juste est la permission d'en multiplier, Moutrif et Ibn al-Mawwaz ayant contredit Malik (« Awn al-Ma'boud », 5/329). Ach-Chawkani (qu'Allah lui fasse miséricorde) conclut : « le hadith indique la recommandation de multiplier les 'umras, contrairement à celui qui dit qu'il est déconseillé d'en faire plus d'une dans l'année, comme les Malikis, ou plus d'une dans le mois, parmi les autres » (« Nayl al-Awtar », 5/7).

Les positions des écoles sur la multiplication des 'umras

Les hanafites. Ibn Abidin (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « la multiplication de la 'umra n'est pas déconseillée, contrairement à Malik ; bien plus, elle est recommandée, conformément à la majorité » (« Hachiyat Ibn Abidin », 3/472). Ibn al-Houmam, traitant de la sortie de La Mecque vers la zone profane (hal) pour y faire une 'umra, écrit : « il a été prétendu que la sounna pour la 'umra est de la faire en entrant à La Mecque, non en sortant, en sorte que le résident de La Mecque sorte vers la zone profane (hal) pour faire une 'umra, comme on le fait aujourd'hui ; cela n'est pourtant pas interdit » (« Fath al-Qadir », 3/137).

Les chafiites. An-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) rapporte : « ach-Chafi'i et ses compagnons ont dit : toute l'année est le temps de la 'umra ; l'entrée en sacralisation pour elle est permise en tout moment de l'année, aucun moment n'est déconseillé, les mois du hajj et les autres sont égaux dans sa permission sans blâme ; deux, trois et davantage de 'umras dans la même année ne sont pas déconseillées, ni dans le même jour ; bien plus, la multiplication est recommandée, sans divergence chez nous » (« al-Majmu' », 7/113, 114). Il dit ailleurs : « le mutamatti' demeure à La Mecque dégagé de la sacralisation et fait ce qu'il veut du coït et autres ; s'il veut faire une 'umra surérogatoire, cela lui est permis, bien plus, il est recommandé pour lui d'en multiplier » (« al-Majmu' », 8/85). Al-Haytami dit : « il est sounna de multiplier la 'umra, même dans un seul jour, car elle est meilleure que le tawaf pour celui qui s'y tient » (« al-Manhaj al-Qawim », 1/561). Al-Ghazali (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « le résident de La Mecque doit multiplier la 'umra et le tawaf » (« al-Ihya », 1/257). Et ach-Chafi'i dit dans « al-Imla' » : « il a été recommandé à l'homme qu'aucun mois ne passe sans qu'il y fasse une 'umra ; et s'il peut en faire deux ou trois dans le mois, je l'aimerais pour lui » (« Fatawa al-Haramayn », 2/404).

Les hanbalites. Al-Bahouti (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : « la meilleure des 'umras est celle de Ramadan, et sa répétition y est recommandée, car elle équivaut à un hajj », d'après le hadith d'Ibn Abbas élevé au Prophète (paix et salut sur lui) : « elle équivaut à un hajj », rapporté par Boukhari et Mouslim. Ahmad dit : « celui qui saisit un jour de Ramadan a saisi la 'umra de Ramadan » (« Kashshaf al-Qina' », 2/520 ; « Charh Muntaha al-Iradat », 1/595). Toutefois, Ibn Qoudama rapporte d'Ahmad : « lorsqu'il fait la 'umra, il doit se raser ou se raccourcir les cheveux, et le rasage de la tête devient possible en dix jours » ; et il commente : « l'apparent est qu'il n'est pas recommandé de faire la 'umra à moins de dix jours d'intervalle » (« al-Mughni », 3/90, 91). Ce propos d'Ahmad concerne celui qui se rase les cheveux ; mais on peut faire la 'umra et se raccourcir les cheveux : sur cette base, on peut faire deux 'umras avec seulement un court intervalle entre elles.

Les Malikis. Ibn Abd al-Barr (qu'Allah lui fasse miséricorde), qui compte parmi les grands savants malikites, dit : « la majorité est sur la permission d'en multiplier dans le jour et la nuit, car c'est une œuvre de bien et de bienfaisance dont on ne doit s'abstenir que sur preuve, et aucune preuve ne l'interdit ; bien plus, la preuve y invite : "Et faites le bien" (Sourate al-Hajj, 77). Et l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) a dit : "Une 'umra à la suite d'une autre 'umra est une expiation de ce qui les sépare, et le hajj agréé n'a pour salaire que le Paradis" (hadith authentique, déjà cité). Quant à la recommandation, elle n'est pas contraignante et ne contraint pas celui qui la pratique » (« al-Istidhkar », 4/113). Al-Lakhmi dit : « je ne vois pas qu'on empêche quiconque de se rapprocher d'Allah par une œuvre d'obéissance, ni de s'accroître en bien là où aucun texte d'interdiction n'est venu » (« Mawahib al-Jalil », 6/498). C'est aussi le dire d'Ibn Hazm (qu'Allah lui fasse miséricorde) : « quant à la 'umra, nous aimons la multiplier en raison de son mérite ; c'est le dire d'ach-Chafi'i, d'Abou Hanifa et d'Abou Soulayman, et c'est celui que nous suivons ; car l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui) a fait faire à Aïcha deux 'umras dans le même mois sans le désapprouver, bien plus, il y a encouragé et informé que la 'umra expie ce qui la sépare de l'autre ; la multiplication est donc meilleure » (« al-Muhalla », 7/68).

L'avis d'Ibn Taymiyya et d'Ibn al-Qayyim : pas de 'umra répétée depuis La Mecque dans un même voyage

Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya et son disciple Ibn al-Qayyim (qu'Allah leur fasse miséricorde) estiment que la répétition de la 'umra dans un même voyage n'est pas instituée légalement. Ibn Taymiyya fut interrogé : lequel est meilleur pour celui qui est à La Mecque, le tawaf de la Maison ou la sortie vers la zone profane (hal) pour y faire une 'umra et revenir ? La multiplication des 'umras est-elle recommandée pour celui qui est à La Mecque, en Ramadan ou en dehors, ou plutôt le tawaf ? De même, la multiplication des 'umras pour le non-Mecquois est-elle recommandée ? Y a-t-il, dans la 'umra du Prophète (paix et salut sur lui) depuis al-Ji'rana et dans la 'umra de al-Houdaybiya, un fondement pour celui qui fait la 'umra depuis La Mecque, comme dans son ordre à Aïcha de faire la 'umra depuis at-Tan'im ? Et sa parole « elle équivaut à un hajj » concerne-t-elle la 'umra de l'étranger ou englobe-t-elle le Mecquois qui sort vers la zone profane (hal) pour faire la 'umra en Ramadan ?

Il répondit : « Celui qui est à La Mecque, résident, voisin du Haram (moujawir), nouvellement arrivé ou autre : son tawaf de la Maison est meilleur pour lui que la 'umra, qu'il sorte vers le plus proche des lieux de la zone profane (hal), at-Tan'im où furent bâties les mosquées dites mosquées de Aïcha, ou vers le plus lointain, de quelque côté du Haram, que ce soit depuis al-Ji'rana ou al-Houdaybiya ou autre ; et cela fait l'unanimité chez les anciens de la communauté, et je ne connais aucun imam de l'islam qui en diverge, pour la 'umra du Mecquois. Quant à la 'umra depuis le miquat, en se rendant au miquat pour y entrer en sacralisation, ou en revenant chez soi pour reprendre le voyage depuis là : ce n'est pas une 'umra de Mecquois, mais une 'umra complète, dont il n'est pas question ici ; il y a là un débat : la résidence à La Mecque est-elle préférable, ou le retour dans son pays ou au miquat ? Nous citerons le propos de certains de ceux qui ont préféré la résidence à La Mecque et le tawaf au retour pour la 'umra depuis le miquat. »

« Le débat ne porte que sur ceci : la sortie pour la 'umra depuis la zone profane (hal) est-elle déconseillée au Mecquois, ou non ? Est-il déconseillé à celui à qui la 'umra est instituée, comme l'étranger dans l'année, d'en faire plus d'une, ou non ? La multiplication des 'umras est-elle recommandée, ou non ? » Que le tawaf de la Maison soit meilleur que la 'umra pour celui qui est à La Mecque, cela ne fait pas de doute pour qui connaît la sounna de l'Envoyé d'Allah (paix et salut sur lui), la sounna de ses successeurs, les athars des Compagnons, les anciens de la communauté et leurs imams : le tawaf de la Maison est parmi les meilleures adorations et les meilleurs actes de rapprochement qu'Allah (le Très-Haut) ait institués dans Son Livre et sur la langue de Son Prophète (paix et salut sur lui), et il est parmi les plus grandes adorations des gens de La Mecque, qu'on y réside ou non. Étant ainsi, celui qui demeure à la Maison en tournant autour d'elle et en l'embellissant par l'adoration a accompli ce qui est plus complet que le sens de celui qui fait la 'umra, et a atteint le but de la 'umra ; il ne lui est donc pas recommandé de délaisser cela en sortant du service de la mosquée pour devenir ensuite l'un de ceux qui l'embellissent, car il a échangé le moindre contre le meilleur.

Il dit ensuite : « voilà ce qui indique la supériorité du tawaf ; il indique que la 'umra depuis La Mecque avec délaissement du tawaf n'est pas recommandée ; ce qui est recommandé, c'est le tawaf sans la 'umra ; la 'umra est alors une innovation que les anciens n'ont pas pratiquée, qui n'a été ordonnée ni dans le Livre ni dans la Sounna, et sur laquelle ne se dresse aucune preuve légale de recommandation ; ce qui est tel est parmi les innovations blâmables, d'un commun accord des savants. »

Il dit encore : « Troisième question : une fois qu'il est établi, par la sounna et l'unanimité des anciens de la communauté, que l'enchaînement des 'umras n'est pas recommandé mais déconseillé pour celui qui entre en sacralisation depuis le miquat, celui qui enchaîne les 'umras depuis La Mecque au mois de Ramadan est plus digne du blâme : deux écueils se combinent en effet chez lui. »

« Le premier : la 'umra depuis La Mecque, sur laquelle ils se sont accordés pour la déconseiller au lieu du tawaf. Le second : l'enchaînement des 'umras, sur lequel ils se sont accordés pour dire qu'il n'est pas recommandé, bien plus qu'il devrait être déconseillé absolument, autant que je sache, pour celui qui ne peut le remplacer par le tawaf, et il est le plus éloigné ; comment donc celui qui peut le remplacer par l'abondance du tawaf, qui est recommandé et ordonné, surtout pour les arrivants ? La majorité des savants tient en effet que leur tawaf de la Maison est meilleur pour eux que la prière dans la Mosquée sacrée, malgré le mérite de la prière dans la Mosquée sacrée... jusqu'à la fin de ses propos » (« Majmu' al-Fatawa », 26/248, 301). Il a écrit là-dessus plus de cinquante pages : que celui qui veut les consulte.

Ibn Hajar, ach-Chawkani et la réponse à l'objection du réconfort du cœur

Al-Hafiz Ibn Hajar (qu'Allah lui fasse miséricorde) cite : « L'auteur de "al-Hadi", c'est-à-dire Ibn al-Qayyim, a dit : il n'est pas rapporté que le Prophète (paix et salut sur lui) ait fait la 'umra durant tout son séjour à La Mecque avant l'Hégire, ni après l'Hégire en y entrant seulement ; il n'a jamais fait la 'umra en sortant de La Mecque vers la zone profane (hal) pour y revenir ensuite avec une 'umra, comme les gens le font aujourd'hui ; et il ne s'est établi chez aucun Compagnon de le faire de son vivant, sauf Aïcha seule. » Ibn Hajar ajoute : « après qu'Aïcha l'a fait par son ordre, cela indique sa licéité » (« Fath al-Bari », 3/606). Ach-Chawkani commente : « mais cela n'indique la licéité que si son ordre ne visait pas à réjouir son cœur, comme il a été dit » (« Nayl al-Awtar », 5/26) ; parmi ceux qui ont tenu ce propos : al-Bahouti dans « Kashshaf al-Qina' » (2/521), az-Zarqani dans son « Charh al-Mouwatta' » (2/499), as-San'ani dans « as-Subl » (2/187), et d'autres.

Cet auteur répond à la remarque d'ach-Chawkani par la parole de l'imam Hamd ibn Nasir ibn Outhman Al Ma'mmar at-Tamimi al-Hanbali (mort en 1225 H), dans son livre « Al-Fawakih al-'idhab, réfutation de celui qui ne soumet pas le jugement à la Sounna et au Livre » : « La parole de celui qui a dit que le Prophète (paix et salut sur lui) l'envoya avec son frère pour cette 'umra afin de réjouir son cœur n'est d'aucune façon un argument ; car le Prophète (paix et salut sur lui) ne lui ordonne pas une 'umra, qui est un nusuk et une adoration, sauf selon le mode légal valable pour la généralité des gens, en raison de l'égalité de tous les hommes dans les règles de l'obligation. La 'umra mentionnée d'elle est donc indubitablement un nusuk, et la situation dans laquelle le Prophète (paix et salut sur lui) ordonna l'accomplissement de ce nusuk est, sans aucun doute, légale pour tous les gens, sauf si une preuve de particularisation existe, à laquelle il faut alors revenir ; or l'histoire de la 'umra d'Aïcha ne comporte aucune preuve établie de particularisation. Et la science est auprès d'Allah le Très-Haut ».

La récompense de la 'umra à la mesure de la peine et des dépenses

Ceux qui admettent la répétition de la 'umra dans un même voyage disent : la 'umra faite depuis La Mecque a une récompense moindre que celle venue du miquat de son peuple. L'illustration en est la parole du Prophète (paix et salut sur lui) dans l'histoire d'Aïcha ; Boukhari et Mouslim rapportent d'elle (qu'Allah l'agrée) :

Envoyé d'Allah, les gens rentrent avec deux rites et moi avec un seul. Il lui fut dit : attends ; quand tu seras purifiée, sors vers at-Tan'im et entre en sacralisation, puis rejoins-nous à tel et tel endroit ; mais elle (la récompense) est à la mesure de ta dépense ou de ta peine.Rapporté par Boukhari (1695, chapitre de la récompense de la 'umra selon la peine) et Mouslim (1211)

Dans une version d'al-Hakim, qui la déclara authentique : « ta récompense dans ta 'umra est à la mesure de ta dépense » (« al-Moustadrak », 1/644). Al-Hafiz Ibn Hajar dit : « on en a tiré que la 'umra de celui qui est à La Mecque depuis le lieu de la zone profane (hal) le plus proche a une récompense moindre que celle faite depuis le lieu le plus éloigné : c'est l'apparent de ce hadith » (« Fath al-Bari », 3/611).

Ach-Chafi'i dit dans « al-Imla' » : « les meilleurs lieux de la zone profane (hal) pour la 'umra sont al-Ji'rana, car le Prophète (paix et salut sur lui) y entra en sacralisation, puis at-Tan'im, car il y autorisa Aïcha. Lorsque ces deux lieux sont écartés, j'aime mieux le plus éloigné, afin que le voyage soit plus grand. » Al-Mouwaffaq rapporte dans « al-Mughni » d'Ahmad : « le Mecquois, plus il s'éloigne pour sa 'umra, plus sa récompense est grande. » Les hanafites disent : « le meilleur des lieux de la zone profane (hal) pour la 'umra est at-Tan'im », et quelques chafiites et hanbalites les ont suivis. La raison en est ce qui précède : il n'est pas rapporté qu'aucun Compagnon, du vivant du Prophète (paix et salut sur lui), soit sorti de La Mecque vers la zone profane (hal) pour s'entourer de sacralisation pour la 'umra, sauf Aïcha ; quant à sa 'umra depuis al-Ji'rana, elle eut lieu à son retour d'at-Ta'if, de passage vers Médine. Mais il n'en découle pas que at-Tan'im soit nécessairement le lieu du mérite, car ce khabar indique que le mérite est dans l'accroissement de la peine et de la dépense : at-Tan'im ne serait donc meilleur qu'un lieu qui lui serait égal dans la zone profane (hal), non un lieu plus éloigné que lui.

An-Nawawi dit : « l'apparent du hadith est que la récompense et le mérite dans l'adoration s'accroissent par l'abondance de la peine et de la dépense. » C'est ainsi qu'il a dit, mais cela n'est pas systématique : une adoration peut être plus légère qu'une autre et pourtant plus méritoire et plus récompensée, relativement au temps, comme la veille de la nuit du Destin relativement à d'autres nuits de Ramadan ; relativement au lieu, comme deux rak'a dans la Mosquée sacrée relativement à davantage de rak'a ailleurs ; relativement à la noblesse de l'adoration, pécuniaire ou corporelle, comme la prière obligatoire relativement à un plus grand nombre de rak'a ou une récitation plus longue, et de même la prière surérogatoire ; de même le dirham de la zakat relativement à une aumône volontaire plus abondante. Ibn Abd as-Salam l'a indiqué dans « al-Qawa'id » : « la prière était la fraîcheur de l'œil du Prophète (paix et salut sur lui) et elle est pénible pour d'autres que lui ; la prière d'un autre, malgré sa peine, n'est jamais égale à sa prière ».

An-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) conclut : « sa parole "mais selon ta peine, ou ta dépense" : l'apparent est que la récompense et le mérite dans l'adoration s'accroissent par l'abondance de la peine et de la dépense ; la peine visée est celle que la charia ne blâme pas, et de même la dépense » (« Charh Mouslim », 8/152, 153).

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