Fiqh islamique > Les funérailles > Le talqin du mourant : les recommandations à l'agonie
Que faire auprès d'un musulman en agonie : l'orienter vers la qibla, lui suggérer l'attestation de foi, le réconforter, puis les premiers gestes après le décès.
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Mis à jour le 07 septembre 2026 à 15h44
Le mourant est celui que la mort et ses anges ont atteint : on entend par là celui dont la mort est proche. Les fuqaha ont décrit des signes d'agonie parmi ceux que reconnaissent les spécialistes : les pieds se relâchent au point de ne plus se dresser, le nez se courbe, les tempes s'enfoncent, la peau du visage s'étend et ne montre plus de contraction.
Il est recommandé de tourner le mourant vers la qibla au moment où son regard s'éteint, et non avant, afin de ne pas l'effrayer. On l'oriente couché sur le côté droit, face à la qibla, par égard avec sa position dans la tombe ; si le lieu est trop étroit, on le met sur le côté gauche face à la qibla, et s'il ne le peut pas, sur le dos, en relevant légèrement sa tête pour que son visage soit tourné vers la qibla. Cet usage fait l'accord des quatre imams : an-Nawawi consigne l'unanimité sur le fait qu'il est recommandé de présenter le mourant à la qibla. Al-Bara ibn Ma'rur avait recommandé à sa famille de l'orienter vers la qibla à son agonie ; le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit : « Il a atteint la fitra », rendit son tiers à son fils et pria sur lui (rapporté par al-Hakim, qui l'a jugé authentique).
Il revient à celui qui assiste le mourant de lui suggérer la parole : « la ilaha illallah ». Le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) a dit : « Suggérez à vos mourants : il n'y a de divinité qu'Allah ; celui dont la dernière parole sera il n'y a de divinité qu'Allah entrera au Paradis un jour de son éternité, quoi qu'il ait subi avant » (rapporté par Muslim, avec l'addition d'Ibn Hibban). an-Nawawi enseigne que c'est une recommandation sur laquelle les savants sont unanimes. On ne lui répète pas sans cesse ni on ne s'y attarde, de crainte qu'il ne soit gêné par son état et ne dise ce qui ne convient pas : s'il l'a dite une fois, on ne la répète que s'il parle à nouveau, pour que sa parole s'achève sur elle. Le talqin doit venir de quelqu'un de confiance, non suspect, pour ne pas embarrasser le mourant. Si des paroles de mécréance échappent au mourant, on ne le juge pas mécréant : on le traite comme les morts des musulmans, considérant la perte de raison qui l'accable.
La récitation de sourate Yasin auprès du mourant est une pratique répandue, sur la foi du hadith rapporté par Ahmad : « Yasin est le cœur du Coran ; quiconque le récite en cherchant le visage d'Allah et l'au-delà lui sera pardonné ; récitez-le pour vos mourants » ; la chaîne de ce hadith est discutée par les savants.
La sounna inclut d'être présent auprès du mourant pour le rappeler, le réconforter, lui fermer les yeux au moment venu et remplir ses droits : c'est un accord des savants. Après le décès, on hâte la préparation du lavage et l'enterrement, conformément à la recommandation du Prophète de presser les funérailles (rapporté par al-Bukhari) ; on s'occupe de ses dettes, on informe ses proches et connaissances, puis vient le ghusl, le kafan et la prière funéraire, développés dans les pages suivantes.