Les cas particuliers de la succession

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Le disparu, l'enfant mort-né, l'héritier meurtrier, le mécréant et le converti : les situations frontière de la succession et les solutions des écoles.

Mis à jour le 24 septembre 2026 à 00h48

Le meurtrier, exclu de la succession

Accord des savants : le meurtre volontaire prive de l'héritage : « le meurtrier n'hérite pas », parole du Prophète (paix et salut sur lui). La sagesse : l'héritage suppose la continuité de l'affection, et le meurtrier la rompt ; permettre son héritage ouvrirait la porte aux crimes pour hâter une succession. Le meurtrier involontaire et quasi volontaire : accord des savants qu'il ne prend rien de la diya de sa victime ; la divergence porte sur le reste du patrimoine de celle-ci.

La différence de religion et la succession

Accord des jurisconsultes : le non-musulman n'hérite pas du musulman, et le musulman n'hérite pas du non-musulman : « le musulman n'hérite pas du mécréant, ni le mécréant du musulman » (al-Bukhari 6383 ; Muslim 1614) ; l'épouse non-musulmane d'un musulman est dans ce cas. Pour le musulman héritier d'un mécréant : deux avis ; la majorité des savants et des Compagnons (Umar, Ali, Zayd, Ibn Masud, Ibn Abbas ; Malik, Abu Hanifa, ash-Shafi'i, Ahmad) l'interdisent, un second avis l'autorise. Celui qui se convertit après le décès de son proche musulman et avant la division : la majorité (Sa'id ibn al-Musayyib, Abu Hanifa, Malik, ash-Shafi'i et la plupart des jurisconsultes) : il n'hérite pas, la succession ayant déjà passé aux héritiers musulmans ; une version d'Ahmad le fait hériter. L'apostat n'hérite pas de son proche musulman (accord des savants). Entre non-musulmans, l'héritage passe entre eux même si leurs religions diffèrent : le hadith « les gens de deux cultes ne se succèdent pas » est expliqué par le couple islam et mécréance (Ibn Taymiyya).

L’enfant à naître dans la succession

Accord des savants : l'enfant dans le ventre de sa mère hérite et est hérité s'il naît vivant et pousse son premier cri : « Quand l'enfant pousse son premier cri, il hérite » (rapporté d'Abu Hurayra) ; « Quand l'enfant pousse son premier cri, on prie sur lui et il hérite » (rapporté de Jabir). La succession est suspendue : si l'enfant exclut tous les autres (frères, soeurs, oncles et leurs enfants), la totalité attend la naissance ; s'il ne fait que réduire les parts (époux, épouse), les conjoints reçoivent la plus petite des deux parts possibles et le reste attend.

Le disparu et le captif dans la succession

Accord des quatre écoles : la disparition dans une absence dont l'issue apparente est la sécurité (voyage, études, captivité chez qui ne tue pas) ne fait pas présumer la mort : sa part attend. La durée d'attente divise : hanbalites et Ibn Majishun des malikites attendent jusqu'à quatre-vingt-dix ans depuis la naissance ; les autres écoles retiennent des durées différentes.

L’hermaphrodite dans la succession

Le khuntha présente les deux organes, ou un passage unique ; quand le sexe ne se laisse pas trancher, les jurisconsultes examinent par quelle voie il urine : la voie majoritaire fixe son rang, et le classement suit alors les règles des hommes ou des femmes.

Note pratique sur les cas particuliers de la succession

Ces cas de bord appellent la prudence : suspendre, attendre, documenter. La succession n'est jamais pressée au détriment d'un droit possible.

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