Le divorce judiciaire (tafriq) : rompre par le juge

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Quand l'épouse ne peut pas obtenir le talak ni le khul' : les cas de dissolution par le juge (dommage, défaut d'entretien, absence, défaut caché).

Le tafriq permet à l'épouse de faire rompre le mariage par le juge quand un droit est bafoué : défaut grave de l'époux (impuissance, folie, lèpre, selon les listes propres à chaque école) ou entretien devenu impossible. Sur l'insolvabilité, les écoles divergent : hanafites et chaféites orientent vers la patience (« si le débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai », al-Baqara 280) ; malikites et hanbalites laissent le juge rompre. Pour malikites, chaféites et hanbalites, la rupture n'a lieu que par décision du juge, sur la demande de l'épouse ; le mari riche mais avare est plutôt contraint de dépenser, comme Hind (al-Bukhari 5049 ; Muslim 1714).

Mis à jour le 07 octobre 2026

Les défauts qui ouvrent la voie au divorce judiciaire

Les 4 écoles s'accordent : un défaut grave de l'un des époux donne à l'autre la faculté de faire rompre le mariage. Les listes varient : pour les hanafites, la femme peut demander la rupture si le mari est impuissant (délai d'un an donné par le juge pour essayer), castré ou atteint d'un vice l'empêchant de rapporter ; les malikites et chaféites ajoutent la folie, la lèpre, la vitiligo selon des conditions propres ; chaque école détaille ses critères. Condition générale chez les fuqaha : celui qui est sain n'a plus la faculté s'il connaissait le défaut au moment du contrat ou y a consenti ensuite ; exception chez malikites et hanbalites pour l'impuissance, dont elle peut demander compte même après un silence prolongé.

L’insolvabilité du mari : un motif de divorce judiciaire

Les savants s'accordent sur un point : le mari qui était aisé puis est tombé dans la gêne ne voit pas son mariage rompu, l'épouse attendant alors l'entretien des gens dans la gêne. Les avis se partagent s'il ne peut rien verser : hanafites et chaféites dans l'avis apparent refusent la rupture et orientent l'épouse vers la patience et le prêt au mari, d'après « si le débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai » (al-Baqara 280) ; malikites et hanbalites permettent au juge de rompre si l'entretien devient impossible. En revanche, le mari qui refuse de donner alors qu'il en a les moyens ne rompt pas le mariage non plus : la femme saisit l'autorité qui l'oblige, l'emprisonne en cas de refus et fait vendre ses biens.

Prends de quoi suffire à toi et à ton enfant, selon la convenance.

al-Bukhari 5049 ; Muslim 1714

Ce hadith adressé à Hind, épouse d'Abu Sufyan avare, fonde la voie du prélèvement forcé : le Prophète lui ordonna de prendre sans ouvrir le divorce.

Un acte de divorce judiciaire : le juge et la demande de la femme

Pour malikites, chaféites et hanbalites, la rupture prononcée pour insolvabilité ou défaut n'a lieu que par décision du juge ; à défaut de juge, une communauté de musulmans probes peut tenir sa place selon les malikites. Elle ne se produit que sur la demande de l'épouse, car c'est son droit. Chez les hanafites, 2 avis existent sur le pouvoir de la femme de choisir elle-même la rupture pour les défauts majeurs.

Divorce judiciaire : répudiation ou annulation ?

La nature de cette rupture divise les écoles : hanafites et malikites la comptent comme une répudiation définitive unique ; chaféites et hanbalites la voient comme une annulation qui ne décompte aucun divorce. Pour la rupture liée à l'entretien, chaféites, hanbalites et Ibn al-Mundhir la tiennent pour une annulation sans retour ; malikites la comptent comme une répudiation révocable, mais le retour ne devient possible qu'après que le mari a retrouvé de quoi tenir son engagement.

Note pratique sur le divorce judiciaire (tafriq)

Le tafriq n'est pas une porte de sortie facile : il suppose un droit bafoué, une instance devant l'autorité et l'impossibilité d'obtenir justice autrement. Les familles et les savants cherchent d'abord la réconciliation ; la rupture vient en dernier recours.

Sources et références

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Certes, Allah et Ses Anges prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez, priez sur lui et adressez [lui] vos salutations.

Sourate Al-Ahzab, verset 56

Prière sur le Prophète ﷺ