Le talak (répudiation) : définition et formes

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Le talak : les formules explicites et allusives, l'intention, le talak révocable (raj'i) et irrévocable (ba'in), le triple divorce d'un seul énoncé.

Mis à jour le 07 septembre 2026 à 15h44

Le talak : légitime, mais détesté

Tous les savants s'accordent : le talaq est légiféré, par le Livre, la Sounna et l'accord de la Oumma : « Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les pour leur délai » (at-Talaq 1), « Le divorce est deux fois ; alors soit reprise selon la convenance, soit libération avec bienfaisance » (al-Baqara 229). Abdullah ibn Umar avait répudié sa femme en période de règles ; le Prophète l'obligea à la reprendre. Et la Sounna pèse le regret : « Ce qu'Allah déteste le plus des choses licites est le divorce » (Abu Dawud), et : « Tout divorce est licite, sauf celui du détenu et de celui que la raison a quitté ».

Les cinq statuts du talaq

  • obligatoire : chez les hanafites, quand la femme cause un tort que le maintien ne répare plus ; chez les malikites, quand le maintien conduit à l'illicite ;
  • recommandé : quand l'épouse désobéit, néglige la prière, ou que la mésentente crainte de faire tomber les limites d'Allah, selon les écoles ;
  • permis : en dehors de ces cas, quand un besoin réel l'exige ;
  • déconseillé : sans aucun besoin, d'après chaféites et hanbalites ; Ibn Qudama rapporte deux avis, interdit ou simplement licite ;
  • interdit : le divorce d'innovation, prononcé pendant les règles ou dans une période de pureté où le mari a consommé le mariage, avant de connaître une grossesse : interdit par consensus, mais il se produit quand même.

Les formules du talak : explicites et allusives

Les paroles du talaq se partagent en deux. Le talaq explicite : « tu es répudiée », « je te répudie » : il se produit sans intention, d'un accord des savants, qu'il soit dit sérieusement ou en plaisantant. Le talaq allusif : toute parole qui peut viser le divorce comme autre chose : il ne se produit qu'avec l'intention, par consensus également. Le divorce s'exprime par la langue : la volonté du coeur seul ne le fait pas tomber, selon l'accord des fuqaha.

Le talak révocable et le talak définitif

Le divorce est par principe révocable : le mari peut reprendre son épouse pendant son délai. Il devient définitif dans trois cas : avec la troisième répudiation, avec le khul', et avant la consommation. Après trois répudiations, elle ne redevient licite pour lui qu'après qu'elle a épousé un autre mari dans un mariage réel : « s'il la répudie, elle ne lui est plus licite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre époux » (al-Baqara 230). Les hanafites distinguent une séparation légère (nouveau contrat possible après le délai) et une séparation lourde (exigeant un mariage intermédiaire consommé) ; Ibn Taymiyya parle de séparation majeure et mineure. Si le mari dit « tu es répudiée trois fois » d'une seule formule à une femme non consommée, les quatre écoles comptent trois répudiations, et elle ne lui redevient licite qu'après un autre mariage.

Note pratique sur le talak (répudiation)

Le talaq est une porte de sortie, non une arme : prononcé dans la pureté sans consommation, espacé, il garde au couple une chance de retour. Jamais sous colère, jamais en période de règles, jamais pour blesser. Avant de prononcer un seul mot, consulter un savant.

Questions fréquentes

Le talak prononcé sous la colère est-il valide ?

Valide selon les quatre écoles si la raison reste présente (la parole dite en connaissance) ; nul si la raison est totalement absente ; sous contrainte : n'opère pas selon le jumhur, opère selon les hanafites.

Combien de fois peut-on prononcer le talak ?

Deux talaks révocables, puis le troisième devient définitif ; après le troisième, le remariage exige un mariage intermédiaire consommé (voir la page).

Le talak répété trois fois en une séance compte-t-il pour trois ?

Trois selon la majorité des écoles ; un seul selon Ibn Taymiyya et Ibn al-Qasim (rapport d'Umar antérieur) : divergence célèbre à trancher avec un savant.

Peut-on rétracter un premier talak ?

Oui : le talak révocable permet au mari de reprendre son épouse pendant l'iddah, sans nouveau contrat ni nouvelle dot.

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