Le qunut : dans le witr et dans l'épreuve

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Le qunut dans le witr et au fajr : les positions des 4 écoles, la formule enseignée à Hassan ibn Ali en arabe et phonétique, le qunut de 'Omar en calamité et les règles pratiques.

Le qunut est l'invocation dite debout dans la prière, principalement dans le witr, et au fajr selon certaines écoles. Pour le witr, les écoles se répartissent en 4 positions : Abu Hanifa en fait une obligation avant l'inclinaison, les malikites le déconseillent, les chafi'ites et les hanbalites le recommandent, avant ou après l'inclinaison (al-Bukhari 957, Muslim 677). La formule la plus suivie est celle enseignée par le Prophète à Hassan ibn Ali, hadith authentique (Abu Dawud 1425, at-Tirmidhi 464, an-Nasa'i 1745) ; selon an-Nawawi, toute invocation accomplit le qunut. Au fajr, il n'est pas légiféré pour les hanafites, qui le qualifient d'innovation (at-Tirmidhi 402), les hanbalites le déconseillent, les malikites le recommandent dans les calamités et les chafi'ites le maintiennent sounna.

Mis à jour le 07 octobre 2026

Le qunut est l'invocation dite debout dans la prière. Il a 2 lieux principaux : le witr dans la nuit, et la prière du fajr selon certaines écoles. Les compagnons ont observé le qunut du witr avant l'inclinaison : 'Umar, 'Ali, Ibn Mas'ud et Ibn 'Abbas rapportent qu'ils suivaient la prière de nuit du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et qu'il faisait le qunut avant de s'incliner (rapporté par Malik dans le Muwatta). La formule du Prophète dans le qunut

La formule rapportée du Prophète pour le qunut est bien connue : Allahoumma, guide-nous parmi ceux que Tu as guidés, accorde-nous la santé parmi ceux à qui Tu l'as accordée, protège-nous parmi ceux que Tu as protégés, et bénis-nous dans ce que Tu nous as donné, et préserve-nous du mal de ce que Tu as décrété. C'est Toi qui décrètes et nul ne décrète contre Toi

Le qunut dans le witr : que disent les écoles ?

Les fuqaha sont répartis en 4 positions sur le qunut du witr. Pour

Abu Hanifa, il est une obligation (wajib) du witr, dit avant l'inclinaison, en toute l'année ; ses 2 compagnons Abu Yusuf et Muhammad en font une sounna, toujours avant l'inclinaison : 'Umar, 'Ali, Ibn Mas'ud et Ibn 'Abbas rapportent : « nous avons observé la prière de nuit du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : il faisait le qunut avant l'inclinaison » (al-Bukhari 957, Muslim 677).

Pour l'école malikite, le qunut dans le witr est déconseillé ; Malik l'enseignait pourtant dans la seconde moitié de Ramadan selon les Médinois et Ibn Wahb, tandis qu'Ibn al-Qasim transmet qu'il le désapprouvait. Pour l'école chafi'ite, il est recommandé dans le witr, en particulier dans la seconde moitié de Ramadan ; an-Nawawi juge fort l'avis qui le recommande en toute l'année, sur la foi du hadith de Hassan ibn Ali.

Pour les hanbalites, il est sounna dans le witr, dans la dernière raka, en toute l'année ; une autre transmission d'Ahmad le limite à la seconde moitié de Ramadan.

Le placement varie : après l'inclinaison selon l'avis sûr des chafi'ites et selon les hanbalites (al-Bukhari 957 et Muslim 677 rapportent : « il faisait le qunut après l'inclinaison »), avant l'inclinaison selon les hanafites, et Ubayy ibn Ka'b rapporte que le Prophète faisait le qunut du witr avant l'inclinaison (rapporté par Abu Dawud). Ibn Surayj parmi les chafi'ites permet de choisir entre les 2 moments.

La formule enseignée par le Prophète à Hassan ibn Ali

La formule la plus suivie est celle que le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) enseigna à Hassan ibn Ali : « il m'a appris des paroles que je dis dans le witr ». Elle est rapportée par Abu Dawud, at-Tirmidhi, an-Nasa'i et Ahmad, avec une chaîne authentique :

اللَّهُمَّ اهدِنِي فِيمَن هَدَيتَ، وَعافِنِي فِيمَن عافَيتَ، وَتَولَّنِي فِيمَن تَولَّيتَ، وَبارِك لي فِيمَا أَعطَيتَ، وَقِنِي شَرَّ ما قَضيتَ؛ إِنَّكَ تَقضِي ولا يُقضَى عَلَيكَ، وَإِنَّه لَا يَذِلُّ مَنْ وَالَيتَ، وَلا يَعِزُّ مَنْ عادَيتَ، تَبارَكتَ رَبَّنَا وَتَعالَيتَ

Allahoumma ihdini fiman hadayt, wa 'afini fiman 'afayt, wa tawallani fiman tawallayt, wa barik li fima a'tayt, wa qini charra ma qadayt, innaka taqdi wa la youqda 'alayk, innahou la yadhillou man walayt, wa la ya'izzou man 'adayt, tabarakta Rabbana wa ta'alayt.

Ô Allah, guide-moi parmi ceux que Tu as guidés, accorde-moi la protection parmi ceux à qui Tu l'as accordée, prends-moi en charge parmi ceux dont Tu prends en charge, et bénis pour moi ce que Tu m'as donné. Préserve-moi du mal de ce que Tu as décrété : c'est Toi qui décrètes et nul ne décrète contre Toi. Celui que Tu prends en charge n'est jamais humilié, et celui que Tu prends pour ennemi n'est jamais honoré. Béni sois-Tu, notre Seigneur, et élevé.

Abu Dawud 1425, at-Tirmidhi 464, an-Nasa'i 1745, Ahmad ; hadith authentique

Les savants ajoutent après cette formule la prière sur le Prophète : Allahoumma salli 'ala Mouhammadin wa 'ala ali Mouhammad. an-Nawawi rapporte de ses compagnons qu'on peut ajouter à la fin : « à Toi la louange sur ce que Tu as décrété ; je Te demande pardon et je reviens vers Toi », et qu'il n'y a pas de mal à l'addition « et celui que Tu prends pour ennemi n'est jamais honoré ».

Les autres formules : 'Ali et le qunut de 'Omar

Une autre formule licite est rapportée de 'Ali ibn Abi Talib par at-Tirmidhi :

اللَّهمَّ إنِّي أعوذُ برِضَاكَ مِن سَخَطِكَ، وَبِمُعافاتِكَ مِن عُقوبَتِكَ، وَأعوذُ بِكَ مِنكَ، لَا أُحصِي ثَنَاءً عَلَيكَ، أنتَ كما أثنَيتَ على نَفسِك

Allahoumma inni a'oudhou biridaka min sakhatik, wa bi mou'afatika min 'ouqoubatik, wa a'oudhou bika mink, la ouhsi thana an 'alayka, anta kama athnayta 'ala nafsik.

Ô Allah, je cherche protection dans Ton agrément contre Ton courroux, et dans Ton pardon contre Ton châtiment. Je Te cherche protection contre Toi-même : je ne puis dénombrer Tes louanges, Tu es tel que Tu T'es loué Toi-même.

rapportée par at-Tirmidhi

Le qunut de 'Omar en calamité est parvenu lui aussi : il invoquait le pardon pour les croyants et les croyantes, la réconciliation de leurs cœurs, la victoire sur l'ennemi, et la malédiction de ceux qui s'écartent du chemin d'Allah.

Les hanbalites récitent d'ailleurs une formule qui réunit les 3 : l'ouverture « Allahoumma, nous Te demandons aide et pardon... », la formule de Hassan, et la demande de protection d'après 'Ali. Ibn Taymiya rapporte d'après 'Omar un qunut de la longueur d'une centaine de versets, suivi de la prière sur le Prophète.

Le qunut au fajr et dans les calamités

Le qunut permanent du fajr divise les écoles en 3 positions.

Pour les hanafites, il n'est pas légiféré :

Abu Hanifa le qualifie d'innovation, et les hanbalites le déconseillent. Leur preuve est le hadith d'Abu Malik al-Achja'i : « mon père a prié derrière le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), Abu Bakr, 'Umar et 'Uthman : faisaient-ils le qunut du fajr ? Il répondit : mon fils, c'est une chose introduite plus tard » (rapporté par at-Tirmidhi 402, an-Nasa'i 1080 et Ibn Majah 1241, hadith authentique).

Ils invoquent aussi Anas : le Prophète fit le qunut du subh pendant un mois pour invoquer contre des tribus arabes, puis l'abandonna (rapporté par al-Bukhari et Muslim), et l'abandon indique l'abrogation, comme pour le qunut du maghreb, abandonné par consensus.

Les malikites le recommandent dans les calamités : le Prophète invoquait contre Ri'l, Dhakwan et 'Usayya, qui avaient tué les compagnons envoyés pour enseigner le Coran, et il invoquait aussi pour les musulmans faibles et opprimés. Ces qunut étaient ponctuels, liés à des événements.

Les chafi'ites, sur l'avis de 'Omar et d'Ubayy ibn Ka'b, le maintiennent sounna au fajr, surtout dans la seconde moitié de Ramadan.

Les règles pratiques du qunut

Aucune formule n'est fixée : an-Nawawi enseigne que n'importe quelle invocation accomplit le qunut, et qu'on peut même réciter un verset ou plus du Coran contenant une invocation, mais le mieux est ce que la Sounna est venue avec. Al-Karkhi estime que sa durée tient environ à la récitation d'une sourate courte comme « Quand le ciel se fendra ». L'imam le dit à voix haute, l'homme qui prie seul à voix basse ; on lève les mains vers le ciel en le récitant, et il est sounna d'y ajouter la prière sur le Prophète. Celui qui oublie le qunut et s'en souvient après l'inclinaison ne revient pas en arrière selon les hanafites.

Enfin, le hadith rapporté par Muslim où la bonté de la prière réside « dans la longueur du qunut » parle de la station debout, non de l'invocation : c'est l'avis unanime des savants, rapporté par an-Nawawi.

Sources et références

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Certes, Allah et Ses Anges prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez, priez sur lui et adressez [lui] vos salutations.

Sourate Al-Ahzab, verset 56

Prière sur le Prophète ﷺ