Le nombre de rak'a du tarawih

Fiqh islamique > La prière > Les prières surérogatoires : rawatib, tarawih, witr et duha > Le nombre de rak'a du tarawih

Mis à jour le 25 septembre 2026 à 15h23

Cette partie fait partie de la section complète : Toutes les sections de cette partie.

Le nombre de rak'a du tarawih

Asad ibn Amr rapporte d'Abou Youssouf : je demandai a Abou Hanifa au sujet du tarawih et de ce qu'avait fait Omar (qu'Allah l'agree). Il dit : « Le tarawih est une sunna confirmee ; Omar n'a rien invente de sa propre initiative et n'y fut pas innovateur : il n'y a ordonne que sur la base d'un fondement qu'il detenait et d'un pacte venant du Messager d'Allah (paix et salut sur lui). Omar a institue cela et a reuni les gens derriere Oubayy ibn Ka'b ; ils le prierent en groupe alors que les compagnons etaient nombreux : Outhman, Ali, Ibn Mas'oud, Talha, al-Abbas et son fils, al-Zoubayr, Mou'adh, Oubayy et d'autres parmi les emigrants et les auxiliaires, qu'Allah les agree tous ; aucun d'eux ne le lui a reproche, ils l'ont plutot aide, suivi et ordonne » (« al-Ikhtiyar li-Ta'lil al-Mukhtar » 1/75 ; « al-Bahr al-Ra'iq » 1/71 ; « Hashiyat al-Tahtawi » 1/270 ; « Fatawa al-Subki » 1/156). (Le « takharrus » evoque ici designe le mensonge et toute parole fondee sur la conjecture, selon « al-Qamus al-Muhit ».)

Al-Souyouti dit : ce que les hadiths authentiques et bons apportent est l'ordre de la station nocturne de Ramadan et l'encouragement, sans specification de nombre ; il n'est pas etabli que le Prophete (paix et salut sur lui) ait prie le tarawih en 20 rak'a : il pria quelques nuits une prière dont le nombre ne fut pas mentionne, puis s'abstint la quatrieme nuit, par crainte que cela ne leur soit impose et qu'ils n'en soient plus capables (« al-Masabih fi Salat al-Tarawih » 14). Ibn Hajar al-Haytami fut interroge : est-il authentique, ou rapporte, qu'il (paix et salut sur lui) ait prie le tarawih en 20 rak'a ? Il repondit : cela n'est pas authentique ; l'ordre de la station nocturne de Ramadan et son encouragement viennent sans mention de nombre ; sa prière avec eux fut des nuits dont le nombre ne fut pas mentionne, puis il s'abstint la quatrieme nuit par cette crainte. Quant a ce qui est rapporte par des voies diverses, « il priait en Ramadan 20 rak'a et le witr », avec dans une version l'ajout « hors du groupe », c'est un hadith extremement faible (« al-Fatawa al-Fiqhiyya al-Kubra » 1/194).

Ils se sont ensuite disputeres sur le nombre choisi de rak'a de la station nocturne des gens en Ramadan. La majorite des juristes, Abou Hanifa, al-Shafi'i, Ahmad et Malik selon l'un de ses 2 dires, vont vers la station de 20 rak'a hors le witr, d'apres ce que Malik rapporte de Yazid ibn Rouman : « Les gens se tenaient en prière, du temps d'Omar ibn al-Khattab, en Ramadan, en 23 rak'a » (rapporte par Malik dans le « Muwatta » 252, avec une chaine sahih). Al-Bayhaqi rapporte d'as-Sa'ib ibn Yazid, compagnon (qu'Allah l'agree) : « Du temps d'Omar (qu'Allah l'agree), ils se tenaient en prière au mois de Ramadan en 20 rak'a » (rapporte par al-Bayhaqi 2/496, authentifie par al-Nawawi dans « al-Majmu' » 5/52). Al-Bayhaqi dit : la conciliation entre les 2 recits est possible : ils se tenaient en 11 rak'a, puis en 20, et faisaient le witr en 3 (« Sunan al-Bayhaqi » 2/496).

Al-Qastallani dit : Malik rapporta dans le « Muwatta » de Yazid ibn Rouman 23 rak'a, et dans une autre version 11 ; al-Bayhaqi les a conciliees : ils se tenaient en 11 rak'a, puis en 20, et faisaient le witr en 3 ; et ce qui advint du temps d'Omar (qu'Allah l'agree) est compte comme un consensus. Quant a la parole d'Aicha : « Il n'augmentait pas, en Ramadan ou ailleurs, au-dela de 11 rak'a » (il s'agit du Prophete, paix et salut sur lui), nos compagnons l'ont rapportee au witr (« Irchad al-Sari » 3/426). Al-Kasani dit : Omar a reuni les compagnons du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) au mois de Ramadan derriere Oubayy ibn Ka'b (qu'Allah l'agree), qui pria avec eux 20 rak'a, et personne ne le desapprouva : ce fut donc un consensus sur cela (« Bada'i al-Sana'i » 2/272). Ibn Abidin dit : sur cela repose la pratique des gens d'Orient et d'Occident (« Radd al-Muhtar » 1/474).

Al-Dardir dit : ce sont 23 rak'a avec le shaf' et le witr, ainsi qu'il en etait la pratique ; puis elles furent fixees a 36 rak'a, sans le shaf' ni le witr, du temps d'Omar ibn Abd al-Aziz ; mais ce sur quoi la pratique a continue, anciens et modernes, est le premier (« Radd al-Muhtar » 1/315). Al-Dasuqi dit : c'etait la pratique des compagnons et des successeurs (« Hashiyat al-Dasuqi » 1/315). Ali al-Sanhuri dit : c'est ce sur quoi les gens agissent, et cela s'est maintenu jusqu'a notre epoque dans toutes les cites (« Charh al-Zarqani » 1/284).

L'imam Malik, dans la version d'Ibn al-Qasim, va vers la recommandation de 36 rak'a et le witr, d'apres ce qu'Ibn Abi Shayba rapporte de Dawoud ibn Qays : « J'ai ete temoin, a Medine, du temps d'Omar ibn Abd al-Aziz, avec Abban ibn Outhman, de gens qui priaient 36 rak'a et faisaient le witr en 3 » (rapporte par Ibn Abi Shayba dans « al-Musannaf » 7689, avec une chaine sahih). Malik dit : c'est l'ordre ancien chez nous, c'est-a-dire a Medine.

Al-Nawawi dit : quant au comportement des gens de Medine qu'ils ont mentionne, nos compagnons disent : la raison en est que les gens de la Mecque faisaient un tour (tawaf) entre chaque 2 tarwiha et priaient 2 rak'a, sans tour apres la cinquieme tarwiha ; les gens de Medine voulurent les egaler et mirent a la place de chaque tour 4 rak'a, ajoutant ainsi 16 rak'a, avec le witr en 3 : le total devint 39, et Allah sait mieux.

Les auteurs du « al-Shamil » et du « al-Bayan » et d'autres rapportent de leurs compagnons : seuls les gens de Medine peuvent faire, dans le tarawih, l'acte des gens de Medine en priant 36 rak'a, car ils ont la distinction de l'emigration du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) et de sa sepulture, a la difference des autres. Le cadi Abou al-Tayyib dit en commentaire : al-Shafi'i a dit que les autres n'ont pas le droit de rivaliser avec les gens de la Mecque ni de les concurrencer (« al-Majmu' » 5/53 ; « Hashiyat al-Jamal » 1/490). La question est large parmi les savants : Malik dit : l'ordre chez nous est de 39, et a la Mecque de 23, sans etroitesse dans aucun des 2 (« Nayl al-Awtar » 3/64). Abou al-Hasan al-Maliki dit : tout cela est large, c'est-a-dire permis : se tenir en 20 rak'a ou en 36 (« Kifayat al-Talib » 1/582).

Les hanbalites disent : on ne descend pas au-dessous de 20 rak'a, et depasser les 20 ne pose aucun probleme, par texte explicite. Abdallah, fils de l'imam Ahmad, dit : j'ai vu mon pere prier en Ramadan ce que je ne puis compter ; et Abd al-Rahman ibn al-Aswad se tenait en prière 40 rak'a et faisait le witr ensuite en 7 (« Kashshaf al-Qina' » 1/426 ; « Charh Muntaha al-Iradat » 1/245 ; « al-Mubdi' » 2/17). Le cheikh al-Islam Ibn Taymiyya dit : le Prophete (paix et salut sur lui) n'a fixe aucun nombre pour la station de Ramadan ; il n'augmentait pas, en Ramadan ou ailleurs, au-dela de 13 rak'a, mais il allongeait les rak'a. Lorsqu'Omar les reunit derriere Oubayy ibn Ka'b, il priait avec eux 20 rak'a puis le witr en 3, en allegant la récitation a hauteur de l'augmentation du nombre, car cela est plus leger pour les diriges que l'allongement d'une seule rak'a. Puis une partie des anciens se tenait en 40 rak'a avec le witr en 3, d'autres en 36 avec le witr en 3 ; tout cela est admis : quel que soit le mode de station adopte en Ramadan parmi ces voies, c'est bien fait. Le meilleur varie selon les etats des priants : s'ils peuvent supporter une longue station de 10 rak'a plus 3 ensuite, comme le Prophete (paix et salut sur lui) priait pour lui-meme en Ramadan et ailleurs, c'est le meilleur ; s'ils ne le peuvent, la station de 20 rak'a est la meilleure : c'est ce que pratique la plupart des musulmans, un milieu entre 10 et 40 ; et 40 rak'a ou d'autres nombres sont permis, rien de cela n'est deteste, plusieurs imams comme Ahmad et d'autres l'ont declare explicitement. Celui qui croit que la station de Ramadan a un nombre fixe par le Prophete (paix et salut sur lui) qu'on ne peut augmenter ni diminuer se trompe (« Majmu' al-Fatawa » 22/272 ; voir « al-Bahr al-Ra'iq » 2/72 ; « 'Umdat al-Qari » 7/178 ; « al-Tamhid » 8/114 et au-dela ; « al-Istidhkar » 2/69-70 ; « al-Kafi » 1/74 ; « Bidayat al-Mujtahid » 1/290 ; « al-Fawa'id al-Dawani » 1/319 ; « al-Qawanin al-Fiqhiyya » 1/62 ; « Charh Ibn Battaal » 3/141 ; « Charh Mukhtasar Khalil » 2/9 ; « Hashiyat al-Adawi » 1/579 ; « Tarh al-Tathrib » 3/88 ; « al-Mughni » 2/366).

L'horaire de la prière du tarawih

La majorite des juristes va vers le fait que l'horaire de la prière du tarawih commence apres la prière de l'isha et avant le witr, jusqu'au lever de l'aube seconde. En raison de la transmission des successeurs d'apres les anciens, parce qu'elle est connue par l'acte des compagnons, qui priaient apres l'isha avant le witr, et parce qu'elle est une sunna qui suit l'isha : son horaire est donc avant le witr. S'il la prie avant l'isha, la majorite des juristes, qui est l'avis le plus sain chez les hanafites, tient qu'elle ne compte pas comme tarawih et reste une simple surerogatoire (« Ma'ani al-Athar » 2/273 ; « Radd al-Muhtar » 1/473 ; « Majma' al-Anhar » 1/202 ; « Ghimar 'Uyun al-Basa'ir » 1/120 ; « Mawahib al-Jalil » 3/70 ; « Charh al-Zarqani » 1/283 ; « al-Majmu' » 5/52 ; « Kashshaf al-Qina' » 1/426 ; « Matalib Uli al-Nuha » 1/562).

On interrogea le cheikh al-Islam Ibn Taymiyya au sujet de celui qui prie le tarawih apres le maghrib : est-ce sunna ou innovation ? On mentionna que l'imam al-Shafi'i l'aurait prie apres le maghrib et achevee apres la derniere isha. Il repondit : « Louange a Allah, Seigneur des mondes : la sunna dans le tarawih est de la prier apres la derniere isha, comme s'y sont accordes les anciens et les imams ; le recit rapporte d'al-Shafi'i (qu'Allah l'agree) est faux. Les imams ne la priaient qu'apres l'isha du temps du Prophete (paix et salut sur lui) et du temps de ses califes bien guides, ainsi que les imams des musulmans ; on ne connait personne qui ait deliberement prie avant l'isha. Cela se nomme la station de Ramadan, comme le Prophete (paix et salut sur lui) l'a dit : Allah vous a impose le jeune de Ramadan, et je vous ai institue sa station : celui qui jeune et se tient en prière obtient le pardon de ses peches passes. » Or la station nocturne, en Ramadan comme ailleurs, n'a lieu qu'apres l'isha ; il est dit explicitement dans les Sunan que lorsqu'il pria avec eux la station de Ramadan, il pria apres l'isha. La station nocturne du Prophete (paix et salut sur lui) etait son witr : il priait la nuit, en Ramadan comme ailleurs, 11 rak'a ou 13, mais en les allongeant. Lorsque cela devint penible pour les gens, Oubayy ibn Ka'b se tint avec eux, du temps d'Omar ibn al-Khattab, en 20 rak'a puis le witr, en allegant la station : le dedoublement du nombre compensait la longueur. Une partie des anciens se tenait en 40 rak'a, avec une station plus legere et le witr en 3 ; d'autres en 36 rak'a puis le witr ; leur station connue a lieu apres la derniere isha.

Les Rafidites, en revanche, detestent la prière du tarawih : s'ils la prient avant la derniere isha, ce n'est pas la prière du tarawih, comme eux, aux ablutions, lavent les pieds au debut et les essuient a la fin. Celui qui la prie avant l'isha a donc suivi la voie des innovateurs qui s'opposent a la sunna, et Allah sait mieux (« Majmu' al-Fatawa » 23/119, 121).

La prière en groupe dans le tarawih

Les juristes s'accordent sur la legalite du groupe dans la prière du tarawih, en raison de l'acte du Prophete (paix et salut sur lui), qui reunissait ses compagnons et sa famille comme le montre le hadith d'Abou Dharr, de l'acte des compagnons (qu'Allah les agree) et de leurs successeurs depuis l'epoque d'Omar ibn al-Khattab (qu'Allah l'agree), et de la continuite de la pratique jusqu'a nos jours. Ils se sont toutefois disputeres : la station avec les gens en groupe est-elle meilleure, ou la prière en solitaire ?

Les hanafites, hormis Abou Youssouf, Ibn Abd al-Hakam chez les malikites, les hanbalites et les chafeites selon l'avis le plus sain chez eux, vont vers la superiorite du groupe. L'imam Malik, Abou Youssouf chez les hanafites et les chafeites selon un avis, vont vers la superiorite de la prière en solitaire dans la maison (« Ma'ani al-Athar » 2/273 ; « Charh Fath al-Qadir » 1/468 ; « Tabyin al-Haqa'iq » 1/179 ; « 'Umdat al-Qari » 4/188 ; « Mukhtasar Ikhtilaf al-'Ulama » 1/313 ; « al-Istidhkar » 2/70 ; « al-Tamhid » 8/115 ; « Hashiyat al-Adawi » 1/581 ; « al-Majmu' » 5/51 ; « al-Mughni » 2/367 ; « Charh Muntaha al-Iradat » 1/245). Les hanafites disent : la prière du tarawih en groupe est une sunna collective (kifaya) selon l'avis le plus sain ; si tous la delaisssaient, ils seraient en faute ; celui qui la delaisse et prie chez lui delaisse la vertu, et s'il prie chez lui en groupe, il n'atteint pas le merite du groupe de la mosquée (« al-Bahr al-Ra'iq » 2/73 ; « Hashiyat Ibn Abidin » 2/442 ; « Majma' al-Anhar » 1/202).

Ibn Qudama dit : le choix d'Abou Abdallah (Ahmad) est de la faire en groupe ; dans la version de Youssouf ibn Moussa : le groupe dans le tarawih est meilleur, et s'il s'agit d'un homme suivi par les gens et qu'il la prie chez lui, je crains que les gens ne l'imitent. Jabir, Ali et Abdallah la priaient en groupe, en vertu du consensus des compagnons sur cela, et de la reunion par le Prophete (paix et salut sur lui) de ses compagnons et de sa famille dans le hadith d'Abou Dharr, et de sa parole : « Lorsque des gens prient avec l'imam jusqu'a ce qu'il se retire, la station de cette nuit leur est inscrite » ; et cela est propre a la station de Ramadan (« al-Mughni » 2/367-368 ; « Charh Muntaha al-Iradat » 1/245 ; « al-Insaf » 2/181).

Les malikites disent : la prière du tarawih dans les maisons est recommandee si les mosquees ne se vident pas, d'apres le hadith :

Pratiquez la prière dans vos maisons, car la meilleure prière de l'homme est celle de sa maison, hormis la prière obligatoire.Rapporte par Boukhari (5722, suspendu) et Mouslim (781)

et par crainte de l'ostentation, qui est interdite. Ils se sont disputeres sur celui qui la prie chez lui : la prie-t-il seul ou avec les gens de sa maison ? Deux dires ; al-Zarqani dit : peut-etre les 2 se valent-ils en superiorite. Cette recommandation est conditionnee a 3 choses :

  • que les mosquees ne se vident pas ;
  • qu'il soit plein d'entrain pour la faire chez lui, sans la delaisser ;
  • et qu'il ne reside pas loin des 2 sanctuaires sacres.

Si une condition manque, la faire en mosquée est meilleure. Al-Zarqani dit : il est deteste a celui qui se trouve dans la mosquée de la prier en solitaire en s'ecartant du groupe qui y prie, et davantage encore si sa solitude vide le groupe de la mosquée (« Charh al-Zarqani » 1/283 ; « Hashiyat al-Dasuqi » 1/315 ; « Tafsir al-Qurtubi » 8/373 ; « 'Umdat al-Qari » 4/189 ; « al-Istidhkar » 1/70).

Abou al-Abbas al-Qurtubi dit : apres avoir mentionne la pratique des compagnons dans le tarawih en groupe, Malik est le plus en droit de s'y attacher, sur la base de son principe d'adhesion a la pratique des gens de Medine. Al-'Iraqi dit : il est rapporte de Malik qu'il se tenait d'abord en prière dans la mosquée, puis y renonca : il a donc sur la question 2 dires, et Allah sait mieux (« Tarh al-Tathrib » 3/88). Quant aux chafeites, al-Nawawi dit : elle est permise en solitaire et en groupe ; laquelle est meilleure ? Deux avis celebres, rapportes par un certain nombre : l'avis le plus sain, par accord des compagnons de l'ecole, est la superiorite du groupe, transcrit par al-Buwayti et suivi par la plupart de nos anciens compagnons ; l'autre avis est la superiorite du solitaire. Nos compagnons iraquiens, al-Saydalani, al-Baghawi et d'autres Khorassaniens disent : le desaccord ne concerne que celui qui memorise le Coran, ne craint pas la paresse s'il est seul, et dont l'absence ne desorganise pas le groupe de la mosquée ; si l'une de ces conditions manque, le groupe est meilleur sans desaccord. L'auteur du « al-Shamil » rapporte qu'Abou al-Abbas et Abou Ishaq disaient : la prière du tarawih en groupe est meilleure que le solitaire, par le consensus des compagnons et le consensus des gens des cites (« al-Majmu' » 5/51 ; « Sharh Muslim » 6/38). Al-Tahawi dit : quiconque choisit la prière en solitaire doit le faire dans la securite, sans que la station de la mosquée ne soit interrompue ; sinon non (« Mukhtasar Ikhtilaf al-'Ulama » 1/314 ; « al-Tamhid » 8/119 ; « Tarh al-Tathrib » 3/88).

Le statut de la prière du witr

A propos du nom de tahajjud : al-Nawawi dit : l'avis le plus sain, transcrit dans « al-Umm » et « al-Mukhtasar », est que le witr se nomme tahajjud ; il existe un avis selon lequel il ne se nomme pas ainsi, le witr etant autre que le tahajjud (« al-Majmu' » 5/72 ; « Rawdat al-Talibin » 1/329). Le hafiz Ibn Rajab dit : ce second dire, mentionne par certains de nos compagnons, doit s'appuyer sur l'idee que le witr est la seule rak'a isolee ; si l'on dit que le witr est la rak'a avec ce qui la precede, alors le witr est le tahajjud meme sans en avoir l'intention (« Fath al-Bari » d'Ibn Rajab 6/209).

La majorite des juristes, malikites, chafeites et hanbalites, Abou Youssouf et Mohammad chez les hanafites, et Abou Hanifa selon une version, tiennent que le witr est une sunna confirmee et non une obligation. La preuve de son statut de sunna est la parole du Prophete (paix et salut sur lui) : « Allah est impair (witr) et aime l'impair ; accomplissez le witr, gens du Coran. » Hadith hasan (rapporte par at-Tirmidhi 453 et Ahmad 1/143-145) ; le Prophete (paix et salut sur lui) l'a pratique et s'y est attache.

Ils ont prouve la non-obligation par ce que Malik rapporte dans le « Muwatta » et Abou Dawoud et d'autres, d'apres Abdallah ibn Mouhayriz : un homme de la tribu de Kinana, appele al-Moukhadji, entendit un homme en Syrie, surnomme Abou Mohammad, dire : « Le witr est obligatoire. » Al-Moukhadji alla trouver Oubada ibn al-Samit, l'intercepta sur son chemin vers la mosquée et lui informa cela. Oubada dit : Abou Mohammad a menti ; j'ai entendu le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dire :

Cinq prieres qu'Allah le Tres-Haut a inscrites aux serviteurs : celui qui les accomplit sans en negliger une par mepris de leur droit a aupres d'Allah un pacte de le faire entrer au Paradis ; celui qui ne les accomplit pas n'a aucun pacte aupres d'Allah : s'Il veut, Il le chatie, et s'Il veut, Il le fait entrer au Paradis.Hadith sahih : rapporte par Malik dans le « Muwatta » (268) et Abou Dawoud (425)

Ali (qu'Allah l'agree) dit : « Le witr n'est pas une nécessité comme vos prieres obligatoires, mais le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) l'a institue en disant : Allah est impair et aime l'impair ; accomplissez le witr, gens du Coran. » Hadith sahih (rapporte par at-Tirmidhi 453 et Ibn Madja 1169).

Selon la parole du Prophete (paix et salut sur lui), lorsqu'un bedouin lui demanda ce qu'Allah lui imposait dans le jour et la nuit, il dit : 5 prieres ; l'homme dit : y a-t-il autre chose pour moi ? Il dit : « Non, sauf si tu fais du surcroit volontaire » (rapporte par Boukhari 46 et Mouslim 11) : c'est une declaration explicite qu'on ne peche pas en delaissant ce qui est autre que les 5. Ils disent aussi : le witr est permis sur la monture sans nécessité, il n'est donc pas obligatoire comme les sunnas : Ibn Omar rapporte que le Prophete (paix et salut sur lui) « faisait le witr sur son chameau » (approuve par Boukhari 1044 et Mouslim 700, dont le texte est celui-ci), et que « le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) glorifiait Allah sur la monture quelle que soit sa direction et y faisait le witr, mais n'y pratiquait pas la prière obligatoire » (rapporte par Boukhari 1331 et Mouslim 19). S'il avait ete obligatoire, il ne l'aurait pas pratique sur la monture, contrairement aux prieres obligatoires : son caractere de surerogatoire et de sunna est ainsi clair, par leur consensus sur le fait que cela n'est pas permis pour la prière obligatoire.

Le Prophete (paix et salut sur lui) dit a Mou'adh lorsqu'il l'envoya au Yemen, a la fin de sa vie : « Informe-les qu'Allah leur a impose 5 prieres dans chaque jour et chaque nuit » (rapporte par Boukhari 1331 et Mouslim 19) ; si le witr etait obligatoire, les prieres imposees seraient 6 dans chaque jour et chaque nuit. Les signes des sunnas y sont apparents : elles s'accomplissent en suivant l'isha, alors que l'obligatoire ne suit pas un autre obligatoire ; elles n'ont ni adhan, ni iqama, ni prière en groupe, tandis que les prieres obligatoires ont adhan, iqama et groupe, et cela fait partie des indices des sunnas (« Bada'i al-Sana'i » 1/270-271 ; « Ma'ani al-Athar » 2/222, 225 ; « Tabyin al-Haqa'iq » 1/168 ; « al-'Inaya » 2/181 ; « al-Istidhkar » 2/114-115 ; « al-Tamhid » 23/288 ; « Charh Ibn Battaal » 2/580 ; « Bidayat al-Mujtahid » 1/132 ; « al-Hawi al-Kabir » 2/278, 280 ; « Hilayat al-'Ulama » 2/114 ; « al-Majmu' » 5/34, 39 ; « Sharh Muslim » 5/211 ; « Fath al-Bari » 2/489 ; « al-Mughni » 2/356, 358 ; « Fath al-Bari » d'Ibn Rajab 6/211, 266 ; « al-Mubdi' » 2/3 ; « Kashshaf al-Qina' » 1/415).

Abou Hanifa et Abou Bakr ibn Ja'far chez les hanbalites vont vers l'obligation (wajib) du witr, sans qu'il soit une obligation (farida), car son negateur n'est pas mecreant. La preuve est la version de Kharidja ibn Hudhafa rapportant que le Prophete (paix et salut sur lui) dit : « Allah vous a ajoute une prière : c'est le witr ; priez-la entre l'isha et l'aube. » Hadith faible (rapporte par Abou Dawoud 1418 et Ibn Madja 1168, entre autres, avec le texte : le Messager d'Allah sortit vers nous et dit : « Allah vous a accorde une prière, et elle est meilleure pour vous que les chamelles rousses : c'est le witr ; Il l'a fixee pour vous entre l'isha et le lever de l'aube. »). L'argumentation par ce hadith est double : il a ordonne cette prière, et l'ordre absolu vaut obligation ; il l'a nommee « ajout », et l'ajout a une chose ne se concoit que dans son genre, sinon il s'agit d'une association et non d'un ajout ; l'ajout ne se concoit que sur ce qui est mesure, c'est-a-dire l'obligatoire, tandis que le surcroit volontaire n'est pas mesure, si bien que l'ajout ne s'y realise pas. On ne dit pas qu'elle est un ajout a l'obligatoire, mais un ajout dans la pratique, non dans l'obligation : ils la pratiquaient deja, comme le montre sa parole « c'est le witr », qui la nomme avec l'article défini ; une telle designation ne se fait qu'avec la familiarite, et c'est pourquoi ils ne demanderent pas ce que c'etait : s'ils n'avaient pas eu l'habitude de la pratiquer, ils auraient demande. Cela prouve que l'obligation porte sur l'acte, non sur la nouveaute de la pratique ; et on ne dit pas qu'elle est un ajout aux sunnas, car elles s'accomplissaient deja a titre de sunna.

Il est rapporte d'Aicha (qu'Allah l'agree) que le Prophete (paix et salut sur lui) dit : « Accomplissez le witr, gens du Coran ; celui qui n'accomplit pas le witr n'est pas des notres » (ce texte regroupe 2 hadiths rapportes par Abou Dawoud 1416 et 1419, affaiblis par le cheikh al-Albani dans « Da'if Abi Dawoud ») ; l'ordre absolu vaut obligation, et la menace sur l'abandon prouve l'obligation. Il est aussi rapporte du Prophete (paix et salut sur lui) : « Le witr est un droit obligatoire ; celui qui n'accomplit pas le witr n'est pas des notres » (hadith faible : Abou Dawoud 1419 ; Ahmad 5/357). Il est rapporte d'Abou Hanifa que le witr est sunna, comme deja mentionne ; il existe aussi une troisieme version de lui : qu'il est obligation (farida). Ibn al-Humam explique : par « sunna », il entend que le witr est etabli par la sunna, ce qui ne contredit pas l'obligation ; et par « farida », une obligation pratique, c'est-a-dire le wajib (« al-Hidaya » et « Fath al-Qadir » 1/300, 303, edition Boulaq).

Le debut et la fin de l'horaire du witr

Al-Kasani dit : si le witr n'est pas une obligation, les 5 prieres obligatoires ne deviennent pas 6 par l'ajout du witr ; et l'on deduit par la que l'ajout du witr aux 5 n'est pas une abrogation de celles-ci, puisque chaque prière du jour et de la nuit demeure obligatoire apres cet ajout (« Ma'ani al-Athar » 2/225 ; « al-Hidaya » 1/65 ; « al-Ikhtiyar » 1/60 ; « Tabyin al-Haqa'iq » 1/168 ; « al-'Inaya » 2/181 ; « al-Bahr al-Ra'iq » 2/40 ; « al-Mughni » 2/356 ; « Fath al-Bari » d'Ibn Rajab 6/211, 266).

Ibn al-Mundir dit : les gens de science se sont accordes sur le fait que le temps compris entre la prière de l'isha et l'aube est un horaire pour le witr (« al-Awsat » 5/190, 195). Ibn Abd al-Barr dit : les anciens parmi les savants, puis les successeurs apres eux, se sont disputeres sur la fin de l'horaire du witr, apres leur accord sur son debut apres la prière de l'isha et sur le fait que la nuit entiere, jusqu'a l'eclatement de l'aube, est un horaire pour lui, car il est la derniere prière de la nuit (« al-Istidhkar » 2/207).

Les hanbalites et les chafeites selon l'avis le plus solide chez eux disent : si le priant combine le maghrib et l'isha en avance, c'est-a-dire dans le temps du maghrib, l'horaire du witr commence apres l'achevement de la prière de l'isha. Celui qui prie le witr avant de prier l'isha : son witr n'est pas valide, l'horaire n'etant pas entre ; s'il l'a fait par oubli, il le recommence. Il existe un avis chez les chafeites selon lequel l'horaire du witr est celui de l'isha : s'il prie le witr avant de prier l'isha, son witr est valide. La fin de l'horaire chez les chafeites et les hanbalites est le lever de l'aube seconde, d'apres le hadith de Kharidja deja cite (« al-Mughni » 2/359 ; « Matalib Uli al-Nuha » 1/551 ; « Kashshaf al-Qina' » 1/415-416 ; « al-Qalyubi sur Charh al-Minhaj » 1/213 ; « al-Majmu' » 5/20, 40).

Les malikites vont vers le fait que le debut de l'horaire du witr suit une prière de l'isha valide, fut-elle apres le tiers de la nuit ; si son invalidite apparait, l'horaire du witr n'est pas entre, et s'il a prie le witr apres une isha invalide, il le recommence apres l'avoir refaite et apres la disparition du crepuscule rouge. S'il a avance l'isha au moment du maghrib pour un voyage ou la pluie, l'horaire du witr n'entre qu'apres la disparition du crepuscule. La fin de l'horaire du witr chez eux est le lever de l'aube, sauf en cas de nécessité : celui que le sommeil a vaincu et qui n'a pas accompli son witr peut le prier entre le lever de l'aube et la prière de sobh, tant qu'il ne craint pas de perdre la prière de sobh au lever du soleil.

S'il ouvre la prière de sobh seul, puis se rappelle qu'il lui doit le witr, il lui est recommande de la couper, c'est-a-dire la prière de sobh, en faveur du witr, tant qu'il ne craint pas la sortie de l'horaire de sobh. Le « Charh al-Saghir » precise : l'homme isole se rappelle le witr alors qu'il est dans la prière de sobh : on lui recommande de la couper en faveur du witr, tant qu'il ne craint pas la sortie de son horaire ; il accomplit alors le shaf' et le witr, puis recommence le fajr. La coupure est permise a l'imam qui dirige (selon l'avis le plus juste) : elle lui est permise selon une version, et recommandee comme pour l'homme isole selon l'autre ; s'il coupe, son dirige coupe-t-il aussi ou choisit-il un autre imam ? Deux dires (« Charh al-Saghir » 1/271 ; « Hashiyat al-Adawi sur al-Risala » 1/260 ; al-Zarqani 1/288).

Ibn Abd al-Barr dit : nos compagnons et d'autres se sont disputeres au sujet de celui qui se rappelle le witr pendant la prière de sobh, et le dire de Malik lui-meme s'est divise en 2. Une fois, il dit : il coupe et prie le witr ; c'est le choix d'Ibn al-Qasim, qui rejoint ainsi le dire d'Abou Hanifa rendant le witr obligatoire. Une autre fois, il dit : il ne coupe pas, il poursuit la prière de sobh, rien ne lui incombe et il ne recommence pas le witr : c'est l'avis d'al-Shafi'i et de la majorite des savants, et c'est le plus juste ; car la coupure pour celui qui se rappelle une prière alors qu'il prie ne se justifie que par l'ordre des prieres du jour, et il est connu qu'il n'y a pas de rang entre le witr et la prière de sobh, le witr n'etant pas de son genre : le rang n'existe que dans les prieres obligatoires, non dans les surerogatoires. On ne connait personne qui ait dit qu'on coupe la prière de sobh pour celui qui se rappelle en elle qu'il n'a pas fait le witr, hormis Abou Hanifa et Ibn al-Qasim ; le dire juste de Malik est qu'il ne la coupe pas. Abou Thawr et Mohammad ont dit : il ne coupe pas, et c'est l'avis de la majorite de nos compagnons et le fond de notre ecole ; sans l'obligation (wajib) du witr selon Abou Hanifa, la coupure n'aurait pas ete envisagee, et Allah sait mieux.

Si l'on dit : la coupure de la prière de sobh a ete ordonnee pour le witr parce que le witr ne se rattrape pas et ne se prie pas apres la prière de sobh, son horaire etant avant l'aube et avant la prière de sobh, et qu'il fait partie de la sunna confirmee : celui qui l'oublie puis se le rappelle pendant la prière de sobh la coupe si le temps est ample, prie le witr puis sobh, realisant ainsi la sunna et l'obligatoire chacun dans son temps. La reponse : cela n'a aucun fondement dans la Loi commune, le fondement etant de ne pas annuler son acte et de ne pas quitter une prière obligatoire avant de l'avoir achevee pour autre chose qui lui incombe. Or achever ce qui doit etre acheve est une obligation, et le witr est une sunna : comment couper une obligation pour une sunna ? Les savants se sont accordes sur le fait qu'on ne coupe pas une prière obligatoire pour une prière recommandee, a l'exception du witr, sur lequel ils se sont disputeres ; le dispute doit revenir au consensus. Les juristes des cites se sont accordes aussi sur le fait qu'on ne coupe pas la prière de sobh pour le witr lorsqu'on est derriere un imam ; l'homme isole suit par analogie et reflexion, et c'est l'avis de la majorite des savants ; la reussite vient d'Allah. Le dire de Malik et de ses compagnons ne s'est pas dispute au sujet de celui qui entre en prière avec le tayammum puis voit surgir l'eau pendant la prière : il poursuit et ne coupe pas, ce qui est encore plus prioritaire que la coupure pour le witr (« al-Istidhkar » 2/122-123).

Les hanafites vont vers le fait que l'horaire du witr est l'horaire de l'isha, c'est-a-dire de la disparition du crepuscule au lever de l'aube ; avancer le witr avant la prière de l'isha n'est pas permis, non parce que l'horaire n'est pas entre, mais par obligation d'ordonner le witr apres l'isha, sauf en cas d'oubli. S'il prie le witr avant l'isha par oubli, ou s'il prie les 2, c'est-a-dire l'isha et le witr, puis apparait l'invalidite de la prière de l'isha, comme celui qui prie l'isha sans ablutions sans le savoir, fait ensuite ses ablutions, prie le witr, puis se souvient : il recommence la prière de l'isha par accord, et, selon Abou Hanifa, ne recommence pas le witr, tandis qu'Abou Youssouf et Mohammad le font recommencer. La raison d'Abou Hanifa : l'ordre de l'un sur l'autre est obligatoire en cas de rappel et tombe en cas d'oubli. La raison des 2 autres : le witr etant sunna, son horaire est ce qui suit l'horaire de l'isha, car il la suit, comme l'horaire des 2 rak'a du fajr ; d'ou la parole du Prophete (paix et salut sur lui) : « Mon Seigneur m'a ajoute une prière, c'est le witr, et son horaire est compris entre l'isha et le lever de l'aube » (hadith sahih, rapporte par l'imam Ahmad 2339) ; or l'existence d'un « entre » 2 choses suppose que ces 2 choses existent avant. La reponse : la precision « apres l'isha » ne nie pas la validité avant elle. Sur la base de cette divergence, celui qui prie le witr croyant avoir prie l'isha, puis decouvre qu'il ne l'a pas prie, prie l'isha par consensus ; Abou Hanifa ne fait pas recommencer le witr, Abou Youssouf et Mohammad si. Et s'il se rappelle, pendant qu'il prie sobh, qu'il n'a pas fait le witr alors que le temps est ample : Abou Hanifa n'y permet pas de couper la prière de sobh pour prier le witr, car l'obligatoire (wajib) est rattache a l'obligation (farida) dans la pratique, l'ordre entre eux etant du ; Abou Youssouf et Mohammad le permettent, l'ordre entre la sunna et la prière obligatoire n'etant pas du (« Bada'i al-Sana'i » 1/271-272 ; « Ma'ani al-Athar » 2/228-229 ; « Fath al-Qadir » 1/303 ; « al-Fatawa al-Hindiyya » 1/51).

Les autres pages du pilier

À explorer aussi sur le site

بسم الله الرحمن الرحيم ven. 12 Rabi' 2
الجمعة 12 ربيع الآخر
أحدب متزايد Gibbeuse Croissante Jour 13.8 / 29.5
Illumination 99%
Pleine lune dans 1 jour
سبحان الله وبحمده Gloire et louange à Allah