Islam > Coran > Tajwid > Spécificités de la lecture de Hafs
Les lectures du Saint Coran sont de deux types : 1. les usûl (règles générales), 2. le fursh (les particularités).
Les usûl désignent les règles générales et constantes, comme les jugements du nûn sâkina et du tanwîn, les jugements des madd, et autres semblables.
Le fursh désigne les jugements propres à certains mots coraniques, comme « الصراط » dans sourate al-Fâtiha dans : {اهْدِنَا الصِّرَاطَ الْمُسْتَقِيمَ} ¹ : Qunbal le lit avec un sîn pur, et Hamza le lit avec l'ichmâm, divergeant en cela de Khallâd et des autres, dont Hafs, qui le lisent avec un sâd pur. Et ainsi de suite.
Vient ci-après une partie des mots dont les jugements ont pour la plupart été traités dans les chapitres précédents du livre, et que le lecteur qui lit pour Hafs doit observer.
Dans la parole du Très-Haut : {أَأَعْجَمِيٌّ وَعَرَبِيٌّ} ² (Fussilat), il se lit avec le tashîl, c'est-à-dire l'adoucissement de la deuxième hamza entre elle et l'alif, selon une seule voie, et il ne lui est permis rien d'autre.
Dans la parole du Très-Haut : {بِسْمِ اللَّهِ مَجْرَاهَا وَمُرْسَاهَا} ³ (Hûd), il se lit avec l'imâla, c'est-à-dire le rapprochement de la fatha de la kasra et de l'alif du yâ'.
Dans la parole du Très-Haut : {اللَّهُ الَّذِي خَلَقَكُمْ مِنْ ضَعْفٍ ثُمَّ جَعَلَ مِنْ بَعْدِ ضَعْفٍ قُوَّةً ثُمَّ جَعَلَ مِنْ بَعْدِ قُوَّةٍ ضَعْفًا وَشَيْبَةً} ¹ (ar-Rûm), les trois occurrences se lisent avec la fatha et la damma du dâd, la fatha étant la priorité dans la récitation.
Dans la parole du Très-Haut : {وَاللَّهُ يَقْبِضُ وَيَبْصُطُ} ² (al-Baqara), il se lit avec un sîn pur.
Dans la parole du Très-Haut : {وَزَادَكُمْ فِي الْخَلْقِ بصْطَةً} ³ (al-A'râf), il se lit avec un sîn pur.
Dans la parole du Très-Haut : {أَمْ هُمُ الْمُصيْطِرُونَ} ⁴ (at-Tûr), il se lit avec le sâd ou le sîn, et la prononciation par le sâd est la plus répandue.
Dans la parole du Très-Haut : {لَسْتَ عَلَيْهِمْ بِمُصَيْطِرٍ} ⁵ (al-Ghâchiya), il se lit avec un sâd pur.
Cela dans toutes les expressions suivantes : « أنا » là où elle apparaît dans le Coran, comme {أَنَا أُنَبِّئُكُمْ بِتَأْوِيلِهِ} ⁶ (Yûsuf) ; « لكنّا » dans {لَكِنَّا هُوَ اللَّهُ رَبِّي} ⁷ (al-Kahf) ; « الظنونا » dans {وَتَظُنُّونَ بِاللَّهِ الظُّنُونَا} ⁸ ; « الرسولا » dans {وَأَطَعْنَا الرَّسُولَا} ⁹ ; « السبيلا » dans {فَأَضَلُّونَا السَّبِيلَا} ¹⁰, les trois dans sourate al-Ahzâb ; et {قَوَارِيرَا}, première position dans {وَأَكْوَابٍ كَانَتْ قَوَارِيرَ} ¹¹ (ad-Dahr). Toutes ces expressions se lisent avec le maintien de l'alif à l'arrêt et sa suppression en liaison, conformément au rasm. Quant à {قَوَارِيرَا} dans la deuxième position de {قَوَارِيرَ مِنْ فِضَّةٍ} ¹, l'alif y est supprimée en liaison comme à l'arrêt.
Dans sourate al-Insân : {إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَلاسِلا} ², il se lit en liaison avec la fatha du lâm sans tanwîn ; à l'arrêt, il se lit soit avec l'alif, soit avec le sâkina du lâm, les deux voies étant correctes et récitées.
Il s'agit de : {وَلَيَكُونًا} , {لَنَسْفَعًا} , {وَإِذًا}. {وَلَيَكُونًا} vient de : {وَلَيَكُونًا مِنَ الصَّاغِرِينَ} ³ (Yûsuf) ; {لَنَسْفَعًا} de : {كَلَّا لَئِنْ لَمْ يَنْتَهِ لَنَسْفَعًا بِالنَّاصِيَةِ} ⁴ (al-'Alaq) ; et {وَإِذًا} de : {وَإِذًاً لا يَلْبَثُونَ خِلافَكَ إِلَّا قَلِيلاً} ⁵ (al-Isrâ').
Dans : {فَمَا آتَانِيَ اللَّهُ خَيْرٌ مِمَّا آتَاكُمْ} ⁶ (an-Naml), il se lit avec la fatha du yâ' en liaison ; à l'arrêt, il y a deux voies : le maintien du yâ' ou sa suppression.
Dans : {بِئْسَ الِاسْمُ الْفُسُوقُ بَعْدَ الْإِيمَانِ} ⁷ (al-Hujurât), si nous commençons par ce mot, deux voies s'offrent : commencer par une hamza ouverte puis un lâm fermé puis un sîn sâkina, ou supprimer la hamza de wasl et commencer par un lâm fermé puis un sîn sâkina.
Ces mots se lisent avec un madd long de six mouvements ou avec un tashîl intermédiaire (bayna bayna) : {آلذَّكَرَيْنِ}, aux deux positions d'al-An'âm ; {آلآنَ}, aux deux positions de Yûnus ; {آللَّهُ}, dans Yûnus et an-Naml. La voie de l'ibdâl avec le madd long est la plus appropriée et la plus probable.
Dans {كهيعص}, début de Maryam, et {حم، عسق}, début d'ach-Chûrâ, le tawassut (moyen) de quatre mouvements est permis ainsi que le madd long de six mouvements, qui est le meilleur.
Dans : {مَا لَكَ لا تَأْمَنَّا} ¹ (Yûsuf), il se lit avec l'ichmâm ou le rûm, que certains appellent al-iktilâs.
Les sakan obligatoires dans lesquels Hafs s'est distingué de tous les lecteurs sont en quatre positions :
Quant aux sakan permises, elles sont en deux positions :
Le sâkina du hâ' de kunâya dans {أَرْجِهْ}, dans al-A'râf et ach-Chu'arâ', ainsi que {فَأَلْقِهْ} dans an-Naml ; et la damma du hâ' sans diminutif (min ghayri sila) dans {يَرْضَهُ لَكُمْ} (az-Zumar) ; quant à {وَيَتَّقْهِ} dans an-Nûr, Hafs l'a lu avec le sâkina du qâf et la kasra du hâ' sans diminutif ; quant à {وَيَخْلُدْ فِيهِ مُهَانًا} dans al-Furqân, il l'a lu avec la sila à hauteur de deux mouvements.
L'izhâr du nûn devant le wâw dans chacun de : {يس، وَالْقُرْآنِ الْحَكِيمِ} et {نْ وَالْقَلَمِ}.
L'idghâm du thâ' dans le dhâl dans : {يَلْهَثْ ذَلِكَ} (al-A'râf), et l'idghâm du bâ' dans la mîm dans : {ارْكَبْ مَعَنَا} (Hûd), un idghâm complet (kâmil) en raison de l'homogénéité entre eux.
L'idghâm du tâ' dans le tâ' dans chacun de {بَسَطتَ} (al-Mâ'ida) et {أَحَطْتُ} (an-Naml), un idghâm incomplet (nâqis) avec le maintien de la caractéristique de l'itbâq, en raison de la proximité entre eux.
Dans : {أَلَمْ نَخْلُقْكُمْ مِنْ مَاءٍ مَهِينٍ} ¹ (al-Mursalât), on a divergé sur l'idghâm du qâf dans le kâf, complet ou incomplet. À cette divergence fait allusion l'imam Ibn al-Jazarî en disant : « والخلف بنخلقكم وقع ». Les deux voies sont correctes, et le sens de l'idghâm complet est l'introduction du qâf dans le kâf d'une introduction totale, de sorte que rien du qâf n'apparaît ; le sens de l'idghâm incomplet est le maintien de la caractéristique de l'isti'lâ' et la disparition de la caractéristique du qalqala.
L'imam Ibn al-Jazarî a mentionné dans le livre at-Tamhîd que l'idghâm complet est le plus approprié, en suivant Abû 'Amr ad-Dânî.
À ces sept premiers mots fait allusion l'auteur de Lâ'âlî al-bayân en disant :
ءأعجمي سهلت أخراها ... لحفصنا وميلت مجراها
واضمم أو افتح ضعف روم وأتى ... سينا ويبسط ثاني بسطة
والصاد في مصيطر خذ وكلا ... هذين في المصيطرون نقلا
Note 1 : le verset 6.
Note 2 : le verset 44.
Note 3 : le verset 41.
Note 1 : le verset 54.
Note 2 : le verset 245.
Note 3 : le verset 69.
Note 4 : le verset 37.
Note 5 : le verset 22.
Note 6 : le verset 45.
Note 7 : le verset 38.
Note 8 : le verset 10.
Note 9 : le verset 66.
Note 10 : le verset 67.
Note 11 : le verset 15.
Note 1 : le verset 16.
Note 2 : le verset 4.
Note 3 : le verset 32.
Note 4 : le verset 15.
Note 5 : le verset 76.
Note 6 : le verset 36.
Note 7 : le verset 11.
Note 1 : le verset 11.
Note 1 : le verset 20.
← Retour au sommaire du tajwid
Mis à jour le 01 octobre 2026