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Dans la langue : l'iqlâb signifie le retournement d'une chose de son côté. On dit : qalabta ch-chay'a, c'est-à-dire : tu l'as retournée de son côté.
Dans la terminologie : le retournement du nûn sâkina ou du tanwîn en un mîm dissimulé accompagné de ghounna.
L'iqlâb a une seule lettre : le bâ'. Lorsque le bâ' suit le nûn sâkina (dans un mot ou entre deux mots), ou suit le tanwîn (et cela ne se produit qu'entre deux mots), ou suit un nûn annexe du tanwîn qui n'existe que dans {لَنَسْفَعًا بِالنَّاصِيَةِ} ¹, l'iqlâb est obligatoire, c'est-à-dire : retourner le nûn sâkina ou le tanwîn en un mîm, puis dissimuler ce mîm avec la ghounna.
Pour que l'iqlâb se réalise, trois choses sont indispensables :
Et il faut, lors de la prononciation de l'iqlâb, éviter de presser les lèvres sur le mîm retourné ; il faut plutôt la prononcer sâkina avec douceur, sans lourdeur ni excès².
{أَنۢبِـُٔونِى} (al-Baqara, 31) ; {وَأَمَّا مَنۢ بَخِلَ وَٱسْتَغْنَىٰ} (al-Layl, 8) ; {سَمِيعٌۢ بَصِيرٌۭ} (al-Hajj, 61).
Le nûn sâkina et le tanwîn, à la rencontre de la lettre bâ', rendent difficile l'izhâr et l'idghâm, en raison de la lourdeur de la prononciation (du fait de la différence entre le nûn, le tanwîn et le bâ' au niveau du point d'articulation), de même que l'ikhfa est difficile car il comporte aussi une certaine lourdeur, du fait du manque de proportion entre les deux points d'articulation. On y parvient donc en retournant le nûn ou le tanwîn en mîm, ce qui facilite la dissimulation (en raison du partage du point d'articulation et des caractéristiques de sonorité (jahr), d'istifâl, d'infitâh et d'idhlâq avec le bâ', et du partage de la ghounna, du jahr, du tawassut, de l'istifâl, de l'infitâh et de l'idhlâq avec le nûn (c'est-à-dire en toutes les caractéristiques)).
Et à cette règle de l'iqlâb renvoie cheikh al-Jamazûrî par sa parole :
والثَّالثُ الإقلابُ عند الباءِ ... ميمًا بِغُنَّةٍ مع الإخفاءِ
« Et le troisième est l'iqlâb devant le bâ'... un mîm avec la ghounna, en même temps que la dissimulation »
Note 1 : sourate al-'Alaq, 15.
Note 2 : d'après « Nihâyat al-Qawl al-Mufîd », p. 24, avec adaptation.
Note 1 : sourate al-Baqara, 31.
Note 2 : sourate al-Layl, 8.
Note 3 : sourate al-Hajj, 61.
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Mis à jour le 01 octobre 2026