Islam > Coran > Tajwid > L'origine des différences de lectures
Ibn Hâchim a dit :
إن السبب في اختلاف القراءات السبع وغيرها هو أن الجهات التي وجهت إليها المصاحف التي كتبت في عهد الخليفة عثمان كان بها من الصحابة من حمل عنه أهل تلك الجهة وتلقُّوا عنه القرآن، وكانت المصاحف خالية من النَّقط والشَّكْل، فثبت أهل كل ناحية على ما كانوا تلقوه سماعًا عن الصحابة بشرط موافقة ذلك لخط المصحف العثماني، وتركوا ما يخالفه امتثالا لأمر الخليفة عثمان الذي وافقه عليه الصحابة لما رأوا في ذلك من الاحتياط للقرآن، ومن ثَمَّ نشأ الاختلاف بين قرَّاء الأمصار
« La cause de la différence entre les sept lectures et les autres réside en ceci : les régions vers lesquelles furent expédiés les mushafs copiés à l'époque du calife 'Outhmân comptaient parmi les Compagnons celui dont les gens de cette région avaient reçu la transmission et auprès duquel ils avaient appris le Coran par récitation orale. Les mushafs étant dépourvus de points et de vocalisation, les gens de chaque région s'en tenaient à ce qu'ils avaient reçu par audition des Compagnons, à condition que cela concordât avec l'écriture du mushaf outhmâni, et ils délaissaient ce qui le contredisait, par obéissance à l'ordre du calife 'Outhmân, auquel les Compagnons avaient acquiescé vu la précaution prise pour le Coran. De là naquit la différence entre les lecteurs des grandes villes » (fin de citation) ¹.
D'après cela, il t'apparaît clairement que la différence entre les lectures n'est pas une différence d'opposition ou de contradiction, car cela est impossible dans le Coran que le faux n'atteint ni de face ni par derrière : c'est une différence de variété et de diversité, comme si l'on disait par exemple : «هلمَّ أو تعالَ أو أقبل» (avance, approche, viens), toutes ces expressions ayant un seul sens.
Cette différence est en réalité née à la suite de ce que les Compagnons avaient reçu par audition du Messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui ainsi que sur sa famille), et parce que le calife 'Outhmân (qu'Allah l'agrée) ne s'est pas contenté d'expédier les mushafs seuls vers les régions pour y enseigner le Coran : il envoya avec eux un groupe de lecteurs parmi les Compagnons, qui enseignaient aux gens le Coran par récitation guidée (at-talqîn).
Leurs lectures varièrent selon la variété de leurs transmissions, et les mushafs outhmânis n'imposaient aucune lecture déterminée du fait de leur absence de points et de vocalisation, de sorte qu'au moment du talqîn ils admettaient les variantes transmises. Chaque Compagnon fit ainsi réciter aux habitants de son territoire ce qu'il avait entendu par audition du Messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui ainsi que sur sa famille), et c'est une lecture que l'écriture du mushaf outhmâni, dont des copies furent expédiées vers tous les horizons, peut admettre.
Ainsi, par exemple, le terme «فتبينوا» dans la parole du Très-Haut {إِنْ جَاءَكُمْ فَاسِقٌ بِنَبَأٍ فَتَبَيَّنُوا} ² (Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez), dépourvu de points, admet la lecture «فَتَثَبَّتُوا» (vérifiez avec examen approfondi).
Sur cette base, les habitants de chaque territoire s'attachèrent à ce qu'ils avaient reçu par audition du Compagnon qui leur fit réciter le Coran, et délaissèrent le reste : c'est pourquoi apparut la divergence entre les lectures.
Note 1 : voir le livre {القراءات المتواترة}, p. 36, du docteur Muhammad Richâd Khalîfa.
Note 2 : sourate al-Houjourât, 6.
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Mis à jour le 01 octobre 2026