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Moutamâthilayn : idghâm et izhâr

Les moutamâthilayn : un type unique

Définition : les moutamâthilayn (identiques) sont les deux lettres qui se réunissent par le même nom, le même makhraj et la même sifat, comme les deux dâl dans {وَقَدْ دَخَلُوا} ¹.

Leurs divisions

Les moutamâthilayn se divisent en trois catégories :

Le moutamâthilayn saghîr (petit)

C'est que la première des deux lettres soit sâkina et la seconde mutaharrika, comme dans {اذْهَبْ بِكِتَابِي هَذَا} ¹.

Il a été nommé « petit » pour le sukûn de sa première lettre et la mobilité de la seconde, ce qui rend son idghâm facile vu la faible exécution qu'il requiert.

Son jugement : l'idghâm obligatoire, sauf en deux questions :

La première : que la première des deux lettres soit une lettre de madd, comme dans {يَا لَيْتَ قَوْمِي يَعْلَمُونَ} ² et {آمَنُوا وَعَمِلُوا} ³ ; le jugement de pareil cas est alors l'izhâr obligatoire, afin que le madd ne disparaisse pas par l'idghâm⁴ (c'est-à-dire à cause de lui). On entend par là le maintien de la lettre de madd qui disparaîtrait si on la fondait. Cela est l'école de ceux qui situent le yâ' de madd au milieu de la langue et le wâw de madd aux deux lèvres, comme leurs formes mobiles. Selon l'école de la majorité, qui considère leur makhraj comme le javf, aucune identité (tamâthul) n'a lieu entre les deux, à cause de la différence de leurs makhraj⁵.

Et si la voyelle avant le wâw s'ouvre, comme dans {عَصَوْا وَكَانُوا} ⁶, ou celle avant le yâ', comme dans {لا تَخْتَصِمُوا لَدَيَّ} ⁷, leur idghâm devient obligatoire chez tous les lecteurs⁸, car le wâw et le yâ' liquides (layyina) sortent du makhraj de leurs formes mobiles.

La seconde : que la première des deux lettres soit le hâ' de sakt, et cela dans {مَالِيَهْ، هَلَكَ} ⁹ ; chez Hafs deux visées y sont permises : l'izhâr et l'idghâm. L'izhâr n'a lieu qu'avec le sakt, et il est le plus probable.

Le moutamâthilayn kabîr (grand)

C'est que les deux lettres soient mutaharrika, que ce soit dans un seul mot, comme {مَنَاسِكَكُمْ} ¹, ou dans deux mots, comme {الرَّحِيمِ، مَالِكِ} ².

Il a été nommé « grand » parce que les deux lettres y sont mobiles, et pour celui qui y pratique l'idghâm, l'exécution y est plus abondante puisqu'il faut atoniser la première lettre avant de la fondre. Il a aussi été dit qu'il a été nommé « grand » pour la fréquence de sa occurrence, la voyelle étant plus nombreuse que le sukûn³.

Son jugement : l'izhâr obligatoire chez Hafs, sauf en deux mots :

Le premier mot : {تَأْمَنَّا} ⁴ dans Yûsouf, où deux visées existent :

Le second mot : « makanni » dans la parole du Très-Haut : {قَالَ مَا مَكَّنِّي فِيهِ رَبِّي} ⁵ dans al-Kahf ; son origine est « makanni » avec deux nûn, et Hafs a lu avec l'idghâm de la première nûn dans la seconde, d'où « makanni » avec une seule nûn chadda.

Le moutamâthilayn mutlaq (absolu)

C'est que la première des deux lettres soit mutaharrika et la seconde sâkina, comme dans {مَا نَنْسَخْ} ⁶.

Il a été nommé « absolu » parce qu'il n'est restreint ni au petit ni au grand.

Son jugement : l'izhâr obligatoire chez tous les lecteurs.

Notes de bas de page du livre

Note 1 : sourate al-Mâ'ida, 61.

Note 1 : sourate an-Naml, 28.

Note 2 : sourate Yâ-Sîn, 26.

Note 3 : sourate al-Baqara, 25.

Note 4 : de {نهاية القول المفيد في علم التجويد} p. 111.

Note 5 : du livre {العميد في علم التجويد} p. 91.

Note 6 : sourate al-Baqara, 61.

Note 7 : sourate Qâf, 28.

Note 8 : voir {نهاية القول المفيد في علم التجويد} p. 172.

Note 9 : sourate al-Hâqqa, 28, 29.

Note 1 : sourate al-Baqara, 200.

Note 2 : sourate al-Fâtiha, 3, 4.

Note 3 : de {نهاية القول المفيد} p. 105.

Note 4 : sourate Yûsouf, 11.

Note 5 : sourate al-Kahf, 95.

Note 6 : sourate al-Baqara, 106.

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Mis à jour le 01 octobre 2026

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