Islam > Coran > Tajwid > Tafkhim et tarqiq
Ce qui est rendu léger dans certains cas et emphatisé dans d'autres, ce sont les trois lettres exceptées des lettres d'istifâl : l'alif, le lâm et le râ'. Voici leurs jugements en détail.
L'alif suit ce qui la précède en tafkhîm et en tarqîq, à l'opposé de la ghounna, qui, elle, suit ce qui la suit. L'auteur de « Lâli' al-Bayân » a dit :
................ وتتبع الألف ... ما قبلها والعكس في الغن أُلف
« ... et l'alif suit ce qui la précède... et l'inverse pour la ghounna : l'alif ».
Si la lettre qui précède l'alif est une lettre d'isti'lâ' ou son équivalent, comme le râ' emphatisée, alors l'alif est emphatisée, comme dans {قَالَ} ¹, {التَّرَاقِي} ².
Et si ce qui la précède est une lettre d'istifâl dont le tarqîq fait l'unanimité, elle est rendue légère, comme dans {الْكِتَابِ} ³. Cela découle de ce que l'alif n'implique aucune action d'orgue, de sorte qu'elle ne peut être qualifiée de tafkhîm ni de tarqîq par elle-même⁴.
Le lâm du Noble Coran est tantôt sâkina, tantôt mobile.
Le lâm sâkina relève de l'izhâr ou de l'idghâm, et l'on en a déjà traité dans le jugement des lâms sâkina.
Quant au lâm mobile, son jugement varie entre tafkhîm et tarqîq, et voici l'exposé :
La règle de base dans le lâm est le tarqîq, car elle est une lettre d'istifâl, qu'elle porte une fatha comme {لَكُمْ} ⁵, une kasra comme {ذَلِكَ} ⁶, ou une damma comme {قُلُوبُهِمْ} ⁷. Elle n'est emphatisée que dans le terme de la Majesté (lafz al-djalâla), en deux situations :
Et à cela renvoie l'imam Ibn al-Jazarî par sa parole :
وفخِّم اللام من اسمِ اللهِ ... عن فتح أو ضم كعبدُ الله
« Et emphatise le lâm du nom d'Allah... après une fatha ou une damma, comme 'Abd Allah ».
Lorsqu'elle suit une kasra, son jugement est le tarqîq de manière absolue, que la kasra soit accolée à elle ou séparée d'elle, et qu'elle soit originelle ou secondaire, comme dans {لِلَّه} ¹, {بسمِ الله} ², {قُلِ اللَّهُمَّ} ³, {أَحَدٌ، اللَّهُ الصَّمَدُ} ⁴.
Le râ' du Noble Coran présente quatre états :
Voici l'exposé détaillé de ces états :
Il couvre huit figures :
Le râ' dont le jugement varie entre tarqîq et tafkhîm, mais où le tarqîq est préférable ; il a quatre types :
Le premier type : le râ' à l'arrêt (sâkina), suivi d'un yâ' effacé pour l'allègement (takhfîf), et qui n'apparaît dans le Noble Coran que dans deux mots :
Le premier : {وَنُذُرِ}, précédé d'un wâw ; le second : {يَسْرِ}.
Quant à {نذر} précédé du wâw, il se trouve en six endroits de la sourate al-Qamar : quatre dans la parole du Très-Haut {فَكَيْفَ كَانَ عَذَابِي وَنُذُرِ} ⁹ et deux dans {فَذُوقُوا عَذَابِي وَنُذُرِ} ¹⁰. Quant à {يَسْر}, il est dans la sourate al-Fajr, dans la parole du Très-Haut {وَاللَّيْلِ إِذَا يَسْرِ} ¹¹. Celui qui rend légère la lettre dans ces deux mots considère l'origine, qui est le yâ' effacé pour l'allègement, et la liaison, puisque le râ' y est léger à cause de sa kasra : il applique alors à l'arrêt le traitement de la liaison.
Et celui qui l'emphatise ne considère ni l'origine ni la liaison, mais prend en compte l'élément survenu, qui est l'arrêt avec le sukûn et l'effacement du yâ'.
Le deuxième type : le râ' à l'arrêt, suivi d'un yâ' effacé pour la construction (binâ'), qui n'apparaît que dans le mot {أَسْرِ}, que ce soit avec la particule fâ ou avec an.
Quant à {أَسْرِ}, il se trouve en trois endroits :
Quant à {أَنْ أَسْرِ}, il se trouve en deux endroits :
Ce mot est un impératif construit sur l'effacement de la lettre faible, qui est le yâ'. Celui qui le rend léger considère l'origine, qui est le yâ' effacé pour la construction, et la liaison, puisque le râ' y est léger à cause de sa kasra : il applique alors à l'arrêt le traitement de la liaison. Et celui qui l'emphatise ne considère ni l'origine ni la liaison, mais prend en compte l'élément survenu, qui est l'arrêt avec le sukûn et l'effacement du yâ'.
Le troisième type : le râ' à l'arrêt, précédé d'une sâkina portant l'isti'lâ', elle-même précédée d'une kasra, et qui, en liaison, porte la kasra. Ce type n'apparaît dans le Noble Coran qu'en un seul endroit : {الْقِطْر}, dans la parole du Très-Haut {وَأَسَلْنَا لَهُ عَيْنَ الْقِطْرِ} ⁶, dans Saba'.
Celui qui le rend léger considère son tarqîq en liaison, et le fait que ce qui précède la sâkina portant l'isti'lâ' soit une kasra, qui entraîne le tarqîq du râ' indépendamment de la sâkina intermédiaire. Celui qui l'emphatise prend en compte l'élément survenu, qui est l'arrêt, sans considérer la liaison, et il considère la sâkina intermédiaire comme une barrière solide empêchant le tarqîq, car la tâ' est une lettre d'isti'lâ' forte.
Le quatrième type : le râ' sâkina au milieu du mot après une kasra originelle, suivi dans son mot d'une lettre d'isti'lâ' portant la kasra.
Ce type n'apparaît dans le Noble Coran qu'en un seul endroit : le mot {فِرْقٍ}, dans la parole du Très-Haut {فَكَانَ كُلُّ فِرْقٍ كَالطَّوْدِ الْعَظِيمِ} ¹, dans ach-Chou'arâ'.
Celui qui le rend léger considère la kasra qui le précède, sans considérer la lettre d'isti'lâ' qui le suit du fait de sa kasra ; et la kasra le place à un degré faible de tafkhîm avec lequel le tarqîq du râ' convient.
Celui qui l'emphatise considère la lettre d'isti'lâ' qui le suit, sans considérer la kasra qui le précède, ni la kasra de la lettre d'isti'lâ', et il le rattache à {قِرْطَاسٍ} et à ses semblables.
Et à la préférence du tarqîq dans ces mots renvoie l'auteur de « Lâli' al-Bayân » par sa parole :
........................ ... ورق فرق أعلى
ورق را يسر وأسر أحرى ... كالقطر مع نذر عكس مصر
« ... et rends léger firq et a'lâ / rends léger le râ' de yasr et de asr, c'est plus sûr... comme al-qitr avec nudhur, à l'inverse de misr ».
Et c'est ce qu'a choisi l'imam Ibn al-Jazarî, qu'Allah fasse miséricorde à son âme, dans an-Nachr.
Le râ' dont le jugement varie entre tafkhîm et tarqîq, mais où le tafkhîm est préférable ; il a deux types :
Le premier type : le râ' à l'arrêt, précédé d'une sâkina portant l'isti'lâ', elle-même précédée d'une kasra, et qui, en liaison, est ouverte.
Ce type n'apparaît dans le Noble Coran qu'en un seul mot : {مِصْرَ} sans tanwîn, qui se trouve en quatre endroits :
Celui qui l'emphatise considère son état en liaison, où le tafkhîm y est obligatoire, sans tenir compte de la kasra qui précède la lettre d'isti'lâ' séparant la kasra du râ', et il considère la lettre d'isti'lâ' comme une barrière solide empêchant le tarqîq.
Et celui qui le rend léger ne considère pas son état en liaison ; il prend en compte l'élément survenu, qui est l'arrêt, et considère la kasra qui précède la lettre d'isti'lâ' comme cause de son tarqîq, sans se soucier de la lettre d'isti'lâ'.
Le deuxième type : le râ' à l'arrêt, précédé d'une fatha, d'une damma, ou d'une sâkina précédée d'une fatha ou d'une damma, et qui, en liaison, porte la kasra.
Ce type est abondant dans le Coran : ce qui le précède est une fatha, comme {الْبَشَرِ} ⁵ ; ce qui le précède est une damma, comme {بِالنُّذُرِ} ⁶ ; ce qui le précède est une sâkina précédée d'une fatha, comme {وَالْعَصْرِ، وَالْفَجْرِ} ¹ ; et la sâkina précédée d'une damma, comme {الْعُسْرِ} ².
Celui qui l'emphatise ne considère pas son état en liaison, mais considère le sukûn survenu et s'y appuie, puisqu'il n'y a pas avant lui de cause de tarqîq.
Et celui qui le rend léger considère l'obligation de le rendre léger en liaison, du fait de sa kasra : il applique alors à l'arrêt le traitement de la liaison. Et à cela renvoie le savant al-Mutawallî par sa parole :
والراجح التفخيم في للبَشَرِ ... والفجرِ أيضًا وكذا بالنذرِ
« Et le préférable est le tafkhîm dans bil-bachar... et dans al-Fajr également, ainsi que bil-nudhur ».
Comme l'a dit l'auteur de « Lâli' al-Bayân » :
........................ وفُخِّمَت ... في الوقف وهو راجح إذا كسرت
« ... et elle fut emphatisée... à l'arrêt, et cela est préférable lorsqu'elle porte la kasra ».
C'est celui qui se trouve en dehors des cas déjà mentionnés, et il se ramène le plus souvent à ce qui suit :
Note 1 : Sourate al-Baqara : 30.
Note 2 : Sourate al-Qiyâma : 26.
Note 3 : Sourate al-Baqara : 2.
Note 4 : D'après le livre « Nihâyat al-Qawl al-Mufîd », p. 94.
Note 5 : Sourate al-Baqara : 22.
Note 6 : Sourate al-Baqara : 2.
Note 7 : Sourate al-Baqara : 118.
Note 8 : Sourate al-Mâ'ida : 116.
Note 9 : Sourate al-Ahzâb : 4.
Note 10 : Sourate Maryam : 30.
Note 11 : Sourate al-Anfâl : 32.
Note 1 : Sourate al-Baqara : 284.
Note 2 : Sourate al-Fâtiha : 1.
Note 3 : Sourate Âl 'Imrân : 26.
Note 4 : Sourate al-Ikhlâs : 1, 2.
Note 5 : Sourate an-Nûr : 37.
Note 6 : Sourate an-Nisâ' : 4.
Note 7 : Sourate al-Qadr : 3.
Note 8 : Sourate al-Insân : 25.
Note 9 : Sourate al-An'âm : 70.
Note 1 : Sourate at-Tawba : 72.
Note 2 : Sourate Houd : 41.
Note 3 : Sourate al-'Asr : 1.
Note 4 : Sourate az-Zoumar : 68.
Note 5 : Sourate al-Isrâ' : 101.
Note 6 : Sourate Nûh : 28.
Note 7 : Sourate al-Ma'ârij : 5.
Note 8 : Sourate Luqmân : 18.
Note 9 : Sourate Nûh : 1.
Note 10 : Sourate Ghâfir : 15.
Note 11 : Sourate al-Qamar : 7.
Note 12 : Sourate al-Qamar : 11.
Note 13 : Sourate al-Muddaththir : 28.
Note 1 : Sourate al-Furqân : 18.
Note 2 : Sourate Tâ-Hâ : 71.
Note 3 : Sourate an-Nahl : 8.
Note 4 : Sourate ach-Chou'arâ' : 50.
Note 5 : Sourate at-Taghâboun : 1.
Note 6 : Sourate an-Nisâ' : 59.
Note 7 : Sourate al-Mâ'ida : 19.
Note 8 : Sourate Âl 'Imrân : 49.
Note 9 : Sourate al-Qamar : 16, 18, 21, 30.
Note 10 : Sourate al-Qamar : 37, 39.
Note 11 : Sourate al-Fajr : 4.
Note 1 : Sourate Houd : 81.
Note 2 : Sourate al-Hijr : 65.
Note 3 : Sourate ad-Dukhân : 23.
Note 4 : Sourate Tâ-Hâ : 77.
Note 5 : Sourate ach-Chou'arâ' : 52.
Note 6 : Sourate Saba' : 12.
Note 1 : Sourate ach-Chou'arâ' : 63.
Note 1 : Sourate Yûnous : 87.
Note 2 : Sourate Yûsouf : 21.
Note 3 : Sourate Yûsouf : 99.
Note 4 : Sourate az-Zoukhrouf : 51.
Note 5 : Sourate al-Muddaththir : 25.
Note 6 : Sourate al-Qamar : 23.
Note 1 : Le début des sourates al-'Asr et al-Fajr.
Note 2 : Sourate ach-Charh : 5-6.
Note 3 : Sourate Âl 'Imrân : 51.
Note 4 : Sourate Âl 'Imrân : 193.
Note 5 : Sourate al-Baqara : 177.
Note 6 : Sourate al-Baqara : 25.
Note 7 : Sourate al-Baqara : 17.
Note 8 : Sourate al-Qamar : 26.
Note 9 : Sourate al-Hadîd : 3.
Note 1 : Sourate Âl 'Imrân : 36.
Note 2 : Sourate al-Houjourât : 11.
Note 3 : Sourate al-Isrâ' : 106.
Note 4 : Sourate al-Baqara : 256.
Note 5 : Sourate al-An'âm : 7.
Note 6 : Sourate at-Tawba : 122.
Note 7 : Sourate at-Tawba : 107.
Note 8 : Sourate an-Naba' : 21.
Note 9 : Sourate al-Fajr : 14.
Note 10 : Sourate an-Nûr : 55.
Note 11 : Sourate al-Isrâ' : 24.
Note 12 : Sourate al-Fajr : 28.
Note 13 : Sourate al-Mâ'ida : 106.
Note 14 : Sourate an-Nûr : 50.
Note 15 : Sourate an-Naml : 40.
Note 16 : Sourate at-Tôr : 28.
Note 17 : Sourate al-Moursalât : 32.
Note 1 : Sourate al-Qamar : 45.
Note 2 : Sourate an-Naml : 40.
Note 3 : Sourate Âl 'Imrân : 154.
Note 4 : Sourate an-Nasr : 1.
Note 5 : Sourate al-Baqara : 24.
Note 6 : Sourate Saba' : 18.
Note 7 : Sourate al-Insân : 21.
Note 8 : Sourate al-Baqara : 185.
Note 9 : Sourate al-Baqara : 210.
Note 10 : Sourate al-Inchiqâq : 14.
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Mis à jour le 01 octobre 2026