Islam > Coran > Tajwid > Lahn : définition et divisions
La récitation du Noble Coran est une récitation mudjab (une récitation avec tajwid qui est une obligation personnelle (fard 'ayn) pour quiconque veut lire quelque chose du Noble Coran. Le lahn y est donc illicite (harâm), et la falsification y est un péché.)
Sur ce, il convient au lecteur du Noble Coran de connaître le lahn pour l'éviter.
Le lahn est l'erreur et l'écart de la justesse ; il comporte d'autres sens qui ne sont pas visés ici.
Le lahn se divise en deux :
C'est une erreur qui touche le mot et qui altère la construction du mot, qu'elle altère son sens ou non. Il a été appelé jali (évident) parce qu'il altère de façon manifeste, dont la connaissance est partagée entre les savants de la lecture et les gens du commun.
Exemple de celui qui altère le sens : la kasra du tâ' dans {أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ}, ainsi que sa damma.
Et exemple de celui qui n'altère pas le sens : la damma du hâ' dans {الْحَمْدُ لِلَّهِ}.
Le jugement de cette division : illicite par consensus, en particulier si le lecteur le commet volontairement ou s'il s'en montre négligent.
C'est une erreur qui touche le mot et qui altère le 'urf (l'usage reconnu) de la lecture, sans altérer la construction. Il a été appelé khafi (dissimulé) ;
parce qu'il n'est connu que du connaisseur des règles du tajwid seul, et il se dissimule aux gens du commun.
Exemple de cela : délaisser l'izhâr, l'idghâm ou l'ikhfa, globalement, délaisser les règles du tajwid pendant la lecture.
Le jugement de cette division : l'interdiction selon l'avis le plus juste si le lecteur le commet volontairement ou s'il s'en montre négligent ; on a dit la détestation¹. Et certains l'ont rabaissé encore par le non-respect des mesures des maddodes par défaut ou par excès, ou par l'inégalité entre elles, et la faiblesse de la maîtrise dans la réalisation des caractéristiques, et l'application des règles comme l'excès de répétition dans les râ' et le rendu nasal excessif des nûn et l'emphase des lâm hors de son lieu d'emphase, et semblable².
Et à tout cela renvoie le savant accompli cheikh Ibrâhîm 'Alî Chahhâta as-Samnûdî par sa parole³ :
اللحنُ قسمانِ جليٌّ وخفي ... كلٌّ حرامٌ معْ خلافٍ في الخفي
أما الجليُّ فهْوَ مبنىً غُيِّرا ... ثمَّ الخفيُّ ما على الوصْفِ طَرَا
وواجبٌ شرعًا تجنُّبُ الجَلِيّ ... وواجبُ صناعةٍ تركُ الخفيّ
« Le lahn est deux divisions : jali et khafi... chacune illicite, avec divergence sur le khafi.
Quant au jali, c'est une construction modifiée... puis le khafi est ce qui survient sur la description.
Éviter le jali est une obligation légale (char'an)... et délaisser le khafi est une obligation de fabrication (san'a) »
Et je trouve admirable en ce lieu la parole de l'imam Ibn al-Jazarî dans an-Nachr :
"والناس في ذلك بين محسن مأجور، ومسيء آثم أو معذور؛ فمن قدر على تصحيح كلام الله -تعالى- باللفظ الصحيح، العربي الفصيح، وعدل إلى اللفظ الفاسد العجمي أو النبطي، استغناء بنفسه، واستبدادًا واتكالا على ما ألف من حفظه، واستكبارًا عن الرجوع إلى عالم يوقفه على صحيح لفظه؛ فإنه مقصِّرٌ بلا شك، وآثم بلا ريب، وغاشٌ بلا مِرْيَة، فقد ثبت عن أبي رقية تميم بن أوس الدَّاري -رضي الله عنه- أن النبي -صلى الله عليه وآله وسلم- قال: "الدينُ النصيحةُ"، قلنا لمن؟ قال: "لله ولكتابه ولرسوله ولأئمة المسلمين وعامتهم" رواه مسلم. أما من كان لا يطاوعه لسانه، أو لا يجد من يهديه إلى الصواب فإن الله لا يكلِّف نفسًا إلا وُسْعَها".
« Et les gens en cela sont entre un bienfaiteur récompensé, et un fauteur fautif ou excusé : quiconque peut corriger la parole d'Allah (le Très-Haut) par la prononciation correcte, l'arabe éloquent, et se détourne vers une prononciation fausse, 'ajmî ou nabatéenne, se suffisant de lui-même, s'imposant et s'appuyant sur ce qu'il a mémorisé de sa mémorisation, et par dédain de revenir vers un savant qui l'instruirait de sa prononciation correcte, celui-là est fautif sans doute, fautif sans doute, trompeur sans ambiguïté. Il est établi d'après Abou Ruqayya Tamîm ibn Aws ad-Dârî (qu'Allah l'agrée) que le Prophète (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui ainsi que sur sa famille) a dit : "La religion est le conseil", nous avons dit : pour qui ? Il a dit : "Pour Allah, Son Livre, Son Messager, les imams des musulmans et leur commun" (rapporté par Mouslim). Quant à celui dont la langue ne peut pas obéir, ou qui ne trouve personne qui le guide vers la justesse, alors Allah ne charge une âme que selon sa capacité. » Fin des paroles d'Ibn al-Jazarî avec adaptation.
En vérité, le musulman doit faire l'effort de lire le Noble Coran d'une lecture correcte, exempte de lahn et de falsification, afin d'obtenir l'agrément de son Seigneur, et d'être parmi les anges rapprochés. Il est en effet établi d'après 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) qu'elle a dit : le Messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui ainsi que sur sa famille) a dit : « Celui qui excelle dans la lecture du Coran est avec les nobles messagers scribes, honorés et vertueux ; et celui qui lit le Coran et peine dessus, peinant à le déchiffrer, il aura deux récompenses. » Rapporté par Mouslim, dont la mention a précédé.
Note 1 : voir « al-'Amîd fî ahkâm at-tajwîd », p. 9.
Note 2 : d'après le livre « Qawâ'id at-Tajwîd » du docteur 'Abd al-'Azîz al-Qârî, p. 28.
Note 3 : voir le livre « Mawâzîn al-Adâ' fî at-tajwîd wa-l-waqf wa-l-ibtidâ' », manuscrit.
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Mis à jour le 01 octobre 2026